tortue
Bon d'accord, j'ai (légèrement) retouché la photo pour que tous mes fans ne se jettent pas sur moi dans la rue, ce qui serait, il faut bien l'admettre, très embarassant, mais l'esprit glamour y est, croyez moi. Et vous ne verrez pas ça tous les jours non plus.
Il paraitrait, après une analyse poussée du phénomène, que le truc cervico-brachial pourri qui se trouve environ euh derrière ma tête, dans la proche banlieue de ma nuque, se soit encore coincé. Enfin je n'en sais rien, je dis ça, mais je ne suis pas médecin. D'ailleurs je n'ai pas du tout envie d'aller claquer 30 euros pour m'entendre dire au final que vu que je suis la vache à lait de mon gnome, j'ai droit à peu de choses près au traitement suivant:
- collier cervical (ça j'ai déjà)
- douche chaude (c'est fait)
- bouillotte (justement j'en ai une très chouette en forme de pingouin en peluche)
- doliprane (han super)
et évidemment:
---> NE RIEN PORTER (mouarf)
Donc si quelqu'un parmi mes lecteurs voulait bien me prêter sa nurse anglaise pendant quelques jours, histoire qu'elle porte mon Gnomazizi et ses 9.5 kilos, ce serait fort aimable, merci. Elle aura juste à lui dire NON toutes les 2 minutes environ, et à le déplacer gentiment vers des endroits moins dangereux. Il faudrait aussi qu'elle soit très patiente, ce bébé n'en ayant strictement rien à battre de ce qu'on peut lui interdire, c'est lui le chef, point barre.
Surtout que c'est lui le coupable, il n'y a même pas à tortiller du popotin, j'ai mal principalement à gauche, et je ne le porte qu'à gauche. A droite, limite je le fais tomber, je dois être mal branchée sans doute?
Pour résumer: je souffre. Je n'ose pas trop me coucher pour dormir, parce que ça fait très mal la tête sur l'oreiller. Jamais j'aurais cru pouvoir écrire ça un jour, vu que l'oreiller et moi c'est une grande histoire d'amour, comme vous le prouve sans ambiguité possible cette photo sur votre droite...
Je ne peux pas lever la tête, et quasiment pas la tourner. C'est super. Il y a des gestes anodins qui deviennent des supplices, et d'autres, non prévus, qui sont des tortures. Dans la première catégorie je placerais déchiqueter avec les dents une bouchée de pain élastique. Grave erreur, il y a une sorte d'effet rebond quand le pain finit par lâcher, c'est comme si on vous arrachait les nerfs de la nuque.
Dans la seconde catégorie, nous pouvons aisément placer l'éternuement. Surtout si comme moi vous êtes sujets à des rhinites allergiques et donc à des séries d'éternuements violents. Et quand je dis violent, je parle de faire trembler les murs. Et sonores, hein, pas le truc étouffé dans la main avec un sourire contrit. Aujourd'hui quand j'éternue, j'ai comme la très nette impression que ma tête essaie de s'auto-décapiter. Du coup j'arrête d'éternuer. Vous avez déjà essayé d'arrêter d'éternuer alors que vous avez commencé? C'est vraiment difficile. Mais quand c'est la sécurité de l'attache tête/cou qui est en jeu, croyez moi sur parole, on y parvient.
Avouons qu'il n'y a pas que des inconvénients à être bloquée du cou. Oui j'ai l'air d'une niaise à siroter mon thé avec une paille parce que je ne peux plus le boire à la bouteille comme une barbare sans éducation, surtout que la seule paille dispo dans cette barraque est une paille tigrou. Oui j'ai mal. Oui je souffre. Oui des fois il y a des micro-mouvements qui déclenchent des cataclysmes de douleurs. Non je n'exagère pas.
Il ne faut cependant pas oublier qu'en souffrant je me place du côté des malades, et que, hop, c'est magique, c'est mon chéri qui prend les rennnes, qui se glisse dans mes tongs. Il gère les enfants et moi je reste là devant mon pécé, parce que j'arrive à peine à faire bouger mon mulot pour vaguement me distraire et puis c'est tout (en sirotant mon thé donc uhuhuhuhu). Ah? J'ai cliqué 8000 fois sur un rond qui tourne chez Kek? Ooops. C'est la douleur qui m'a égarée hein, l'ennui m'a fait perdre toute raison gardée.
Et puis quand on a mal comme ça, on ne va pas s'escagasser en plus à faire les comptes, même si c'est le dernier jour du mois et même si ça fait deux mois qu'ils attendent d'être comptés mes sous. Et puis le sacro saint régime, on s'assoit dessus avec son gros popotin, et on déguste une bonne glace menthe-choco, que le chéri a pris soin de nous rapporter en express de chez Picard. Et des sandouichs surimi-mayo aussi. Han.
Surtout que je suis une héroïne, car malgré la douleur, j'ai réussi à démêler ma tignasse (oui Fleafou nous rappelle aujourd'hui qu'il est de bon ton de parler de sa chevelure dans son blog, alors ne nous privons pas de respecter un tant soit peu les règles tacites de la blogosphère). Sachant que j'ai les cheveux jusqu'au milieu du dos, qu'ils étaient attachés depuis hier matin en un chignon informe (là n'imaginez pas un truc super fashion, avec une baguette chinoise, fragile et gracieux, nonon, visualisez une grosse torsade de cheveux, toute ébouriffée du bout, comme la queue d'un écureuil qui aurait mis la patte dans la prise), et surtout que je n'y avais pas passé la brosse depuis, ce fut un calvaire. A certains moments, j'envisage la tonte avec bonheur, et puis je me souviens que quand on est une fille, les cheveux longs c'est joli (oui des fois je suis conne). Et puis c'est stupide, mais quand j'étais mince, avant, j'avais les cheveux jusqu'aux fesses. Je veux maigrir, donc je laisse pousser mes cheveux. Logique complètement débile, mais ça me va comme ça. Je m'éloigne du sujet là, non? Si.
Donc j'ai réussi à laver mes cheveux, malgré l'incommensurable douleur, et je suis très fière de moi. Je vais pouvoir aller me coucher tôt pour être en pleine forme demain, et aller à nouveau affronter Radio Trottoir Maternelle*, avec mes tongs roses, mon jean, mon tee shirt et mon ECHARPE autour de mon collier cervical, ce qui m'a déjà valu ce matin quelques remarques inquisitrices quant à l'état de mon thermostat interne. Grumblllll. Ils n'ont pas intérêt à me chercher. Je suis d'une humeur de teigne quand j'ai mal. Les voilà prévenus.
J'espère cependant que cette petite plaisanterie cervicale ne va pas s'éterniser, car je veux pas critiquer (moi? jamais!) mais la minerve là, ça gratte. Et ça, c'est insupportable.
*oui je suis un thème récurrent de Radio Troittoir, parce qu'en plus, il y a à peine plus d'un an, j'étais aussi instit dans cette école. Maman et maîtresse, super copine de la dirlo, dans le secret des Dieux tout ça, blablablablabla, vive Radio Trottoir. Screugneugneu.























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