La délicieuse Racontars m'a refilé un questionnaire (ouais un autre, si ce n'est pas un monde ça, quand même) et comme je ne suis pas une dégonflée et qu'en plus le sujet me botte bien, hop là, c'est parti mon kiki, take a seat, attache ta ceinture and gooo, direction les rivages de mon enfance à moi que j'ai eue (et que je poursuis toute seule dans ma tête mais chutttt)
Citez cinq aliments, plats ou autres, qui ont fait partie de votre enfance, et qui vous manquent, parfois, quand la nostalgie vous prend...eh eh déjà c'est court comme question et y'en a qu'une, hop là, emballez c'est pesé.
1.
Les crêpes en sachet avec deux carrés de chocolat noir.C'était mon goûter quand j'étais petite et même ado, ça a continué. J'avais le droit à 2 crêpes sorties du sachet, je sais bien que les vraies crêpes c'est meilleur blabla, mais moi ce sont celles là que j'aime, aujourd'hui encore, car elles ont le parfum de la lecture après l'école, à la table de la cuisine, le parfum du calme et de la tranquillité. Et les deux carrés de choc qui allaient avec, trop bon. Il faut savoir que chez mes parents, ca ne se faisait pas de manger des gâteaux, des bonbons et autres cochonneries qui font grossir et bousillent les dents. Occasionellement, ma mère nous achetait un paquet de Figolu, et c'était bien. Des bonbons? Jamais.
Je me souviens.... sur les traces des crêpes et des carrés de chocolat, je me souviens. Je me souviens des enfants dans la cour et de leurs sachets de bonbons qu'ils avaient acheté chez l'épicier. Je me souviens de mon argent de poche qui un jour ne m'a plus été donné, car mon frère me l'avait chourré dans ma tirelire en forme de cèpe des bois. Je me souviens que de toutes façons je ne devais pas le dépenser en bonbons, car les bonbons ça abime les dents. Je me souviens que quand un enfant me donnait un bonbon, je ne le mangeais pas, je le mettais dans ma poche, et je le rapportais chez moi. Je me souviens de cette boite de chocolats de Noël, vide. Je me demande encore comment ces boîtes arrivaient jusque chez nous, elles étaient si jolies, alors que je n'ai aucun souvenir d'avoir mangé les chocolats dedans? Serait-il possible que mes parents les boulottaient en douce, et me refilaient, sans honte aucune, la boîte dépouillée?
Je me souviens de la manière précautionneuse dont je déposais le bonbon offert dans la journée dans une alvéole vide de la jolie boîte. Je me souviens de l'après-midi où la boîte a été enfin pleine. Je me souviens être allée à la bibliothèque me chercher un bon livre, un que j'avais envie de lire depuis longtemps, ou alors de relire, je ne me souviens plus bien. Je me souviens par contre très bien, d'avoir ouvert le livre à la première page, et d'avoir commencé à manger les bonbons, un à un, les uns à la suite des autres, jusqu'à ce que la boîte soit vide, et c'était délicieux, ces bonbons et ce livre mêlés, comme si absolument il fallait que je mélange les plaisirs pour les exacerber. Une fois, une seule, j'ai eu l'impression que je venais de m'acheter une grosse boite de bonbecs et que je pouvais en manger tout mon saoûl. C'était bon. A la réflexion, cela explique bien des choses mais je ne veux pas altérer le bonheur de ce souvenir.
2.
Le riz aux girolles de la forêt de Rambouillet.Il faut bien dire une chose, même si elle n'est pas très gentille, ma mère, du moins quand j'étais petite, était une piètre cuisinière. Elle n'était pas aidée, avouons le, par le fait que mes parents n'avaient vraiment pas beaucoup d'argent. J'ai le souvenir atroce de ces après-midi entières passées à mâcher le même bout de viande de boeuf, de très mauvaise qualité, plein de nerfs, et c'était immonde, et ça devenait une pâte sans goût dans ma bouche, et les nerfs refusaient de s'attendrir, et je ne pouvais quitter la table que quand j'avais fini mon assiette. Autre temps, autres principes éducatifs, il est bien évident que si je faisais subir ce traitement de choc aujourd'hui à ma Lutine, sa grand-mère appellerait la DDASS dans la minute. Mouarf.
En gros chez nous, on mangeait du riz, des pâtes, et puis de la purée-jambon, et du hachis parmentier, et de la ratatouille mais ce n'était vraiment pas bon. Quelle surprise le jour où mue par un instinct de régimeuse à toute épreuve, j'ai cuisiné ma première ratatouille. Avec l'huile d'olive, les herbes de provence, et le morceau de pain frais pour accompagner. Un régal. Mais je m'éloigne. Idem pour les endives en salade. Hum.
Mais s'il y avait bien un plat (bon ok deux) sur lesquels je ne rechignais jamais, que je regardais mon père préparer avec délices et l'eau à la bouche, c'était bien le riz aux girolles de la forêt de Rambouillet. Les girolles que nous étions allées cueillir en famille dans l'après-midi, voire même des fois depuis le matin. Le petit coin à girolles de la forêt de Rambouillet, je le revois si nettement, la terre sabloneuse, et nos petits paniers à mon frère et à moi. Mes parents qui ramassaient les grosses girolles. Et nous assis dans un coin, avec nos paniers, et un bâton chacun, avec mission de fouiller sous les feuilles tombées, et de ramasser ce que j'appelais les
bébés girolles, celles qui sont toute minuscules mais si délicieuses. Quand nos paniers étaient pleins, on rentrait, et mon père préparait le riz aux girolles. On n'avait pas une thune, mais ça on pouvait se l'offrir, et c'était sublime. Le riz, juste à point, croquant ce qu'il faut, avec les girolles, et la crème un peu, un bonheur, et rien que de l'écrire, l'eau me monte à la bouche. Il y avait ausi les pommes de terre aux plorotes, celles du parc de Saint Cloud, que nous allions cueillir mon père et moi, toujours sur la même vieille souche, tous les ans à la même époque. La vieille souche qui a disparu un beau jour. C'était si bon....
3.
Le melon d'eau, les cerises et les figues, là-bas, chez moi.Je suis née en Avignon, et à 4 ans alors que j'avais appris à parler (et à lire mais ça ne compte pas) avec cet accent qui chante, on m'a déracinée et exilée en région parisienne. Chaque été j'y retournais. C'était formidable. Arrivée en garde d'Avignon, l'accent me revenait, de suite. Aujourd'hui, c'est toujours pareil. La première personne qui me parle, en gare d'Avignon, et c'est reparti, l'accent est là. Il en faut donc pas s'étonner que j'ai des souvenirs gustatifs forts sur ce pays qui est le mien, le Lubéron.
Le plus ancien, c'est le melon d'eau, mangé en larges tranches, que le nouveau compagnon de l'une de mes tantes avait rapporté de chez le producteur... Son goût, sucré, frais, inimitable, et jamais retrouvé ici, sur la terre de béton. Et aussi, mais j'étais déjà beaucoup plus vieille, et même avec mon Chéri, si si, les cerises des cerisiers de l'allée qui mène à la maison de ma tante, sur les hauteurs d'Apt. Que les gitans viennent cueillir avec l'accord de mon oncle, parce que de toutes façons on ne pourrait pas toutes les manger, et que s'ils peuvent y gagner un peu d'argent, ce sera une bonne chose. Le saladier, le très grand, que je descendais dans l'allée, en faisant attention de ne pas le briser. Je le remplissais de cerises. Jusqu'à ras bord. Et je remontais équipée de mon butin, et je les mangeais, en regardant
Mary Poppins pour la 25 ème fois des vacances, merci à ma petite cousine intoxiquée uhhh. Trois étés plus tôt, je les mangeais en regardant
Terminator pour la septième fois en trois jours.
Et les figues, celles du figuier près de la piscine. Il faisait si chaud. Je me faisais bronzer sur la margelle au bord de l'eau, toute nue, et quand j'avais réellement trop chaud, que je ruisselais de sueur, je me laissais rouler dans l'eau rafraichissante, et je remontais ensuite, pour un tour supplémentaire. Au bout d'un moment de ce petit jeu, je m'en lassais, et j'allais m'allonger dans un chaise longue, à l'ombre du figuier. Et j'en cueillais une ou deux, guère plus, que je mangeais, encore toutes chaudes à l'intérieur, chauffée par le soleil, c'est encore meilleur. La vie, sans souci.
4.
La fameuse salade de pommes de terre au thon.J'étais petite, je me souviens. Je me souviens très bien. J'avais les oreillons.Ca me faisait un mal de chien. Je ne pouvais manger que de la compote, et j'étais contente, parce que la compote de pommes, j'aimais beaucoup. Je me souviens de cette journée, ma maman était partie chercher mon petit frère à l'école, en me laissant seule allongée dans le canapé du salon. Je lisais
Picsou Super Géant, qu'elle m'avait rapporté, c'était un cadeau parce que j'étais malade. Ils sont rentrés, et elle a préparé cette salade de pommes de terre au thon. C'est un plat que j'adorais. Et là, je ne pouvais pas le manger. Je me souviens comme si c'était hier, de cette sensation, quand je mangeais ma compote, avec mon
Picsou Super Géant à côté de moi, je savais que j'avais des trucs fabuleux, parce que quand même, un
Picsou Super Géant, ce n'était pas tous les jours hein, et un repas de compote, whaouh, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que la salade de pommes de terre au thon, ben c'était vachement mieux. Ce qu'on peut être nouille quand on est môme... Et bien sûr on ne s'étonnera pas d'apprendre qu'aujourd'hui, quand vraiment j'ai envie de comfort food, je tape dans la salade de pommes de terre, sauf que j'y mets de la crème fraiche et du cerfeuil de mon balcon, et ouais, ok, souvent, du thon.
5.
La forêt noire jamais retrouvée.C'est très bizarre. Je me souviens peu des circonstances, mais tellement du goût, et du plaisir innéfable de ma seule et unique forêt noire. Les gros copeaux de chocolat noir sur le dessus, la crème, les framboises, la génoise, le bonheur. C'était pour un anniversaire, sûrement. Le mien, peut-être. C'était sublime. Je n'en ai jamais remangé. Je crois qu'il y a eu depuis quelques fraisiers, certes délicieux, mais rien d'approchant. Je crois que je serais prête à payer cher pour en remanger une fois, mais ce sera pour qaund j'aurais perdu mes 40 kilos de trop. Ah bah ouais, y'a des priorités dans la vie.
Voilà, c'est fini, (oh non ce n'était pas si long que ça, si?) vous pouvez retourner à une vie normale, non sans avoir regardé si votre nom ne se trouve pas dans la liste des 5 personnes à qui je file le relais. Hin hin hin.
Alors hop:
Isadora
Alix
Del4yo
Heidi
Pintel.
Ouala. Ne me remerciez pas.
Je file me faire trois boules de menthe-choco, pour ma peine. Miam.