- la taie d'oreiller, blog antirides préventif -



29 avril 2007

La Boulette, arme de jet.

Chéwi aurait du savoir. Après tout c'est son troisème bébé, mais la mémoire est une traîtresse.
Hier soir, Chéwi, dans son rôle officiel de Monsieur Caca, était donc entrain de changer la couche de la Boulette. Ce qu'il faut savoir, c'est que la Boulette est le bébé le plus tranquille et le plus mignon du monde, à peu près. Au troisième tirage, banco, gros lot, on a tiré le numéro qui roupille all day long, ne se réveillant que pour téter ou remplir sa couche, ou pour lutter contre l'une de ses saloperies de coliques. Mais tant de calme ne peut que camoufler de terribles tempêtes, tout parent un tantinet averti vous le dira: toujours se méfier, rester vigilant, l'ennemi se camoufle dans son pyjama kro mimi pour mieux vous piéger ensuite.

Mais Chéwi, non, il ne faisait pas attention, il a oublié, malgré quelques petites piqûres de rappel depuis mon retour de la maternité. Ah ça je l'ai entendu jurer à chaque fois que la Boulette trempait le matelas à langer, son body, son pyjama voire sa tenue du jour. Je lui ai dit: reste toujours sur le qui-vive dès lors que tu ouvres la couche. La Huggies est ta meilleure amie, mais quand tu la vires, tu as intérêt à vite vite la remplacer par un clone, parce qu'un bébé allaité, 1. ça pipite tout le temps, et 2. ça cacate en jet. Jaune. Bruyant. Rapide.

Hier soir, Chéwi a ouvert la couche de la Boulette, et il ne s'est pas méfié. Il y avait un petit popo insignifiant, il a nettoyé, et hop la Boulette lui en a redonné une dose, qu'il a su gérer de main de maître, armé de ses cotons LP king size et de son flacon de lotion nettoie-cul. Mais, inconscient qu'il est, il a oublié une règle essentielle en ce qui concerne le changement de couche de Boulette et consorts: ne jamais, jamais, jamais, rester dans la zone de tir. Toujours se décaler sur le côté pendant les manoeuvres. Rester à l'abri, protégé.
Il a oublié.
La Boulette a tiré.
Une chemisette estivale, un jean, et le parquet ont été touchés gravement.
Le Chéwi a beuglé mais moi, je suis trop méchante, j'ai bien rigolé.
Mon fils était tout tranquille, limite béat, soulagé quoi. Ah ah ah.

Chéwi: Non mais quand même son sphyncter, c'est un truc de fou, comment ça tire loin.
Moi: Bah oué.
Chéwi: Non mais sérieux, c'est une arme de jet là!
Moi: On va aller déclarer le popotin de ton fils au commisariat. Il est dangereux.

Plus tard dans la soirée, la Boulette a décidé d'honorer le tee-shirt propre de son paternel de son premier renvoi officiel, celui en jet qui bute bien tout sur son passage. Maintenant Chéwi se promène partout avec un lange protecteur, et il clame à qui veut l'entendre qu'il y a complot contre lui, que ce bébé doit lui en vouloir d'une façon ou d'une autre.

Moi? Ben j'ai rigoulé.
Les bébés, c'est trop bien pour s'amuser en famille.
Pis ma Boulette, il ne pipite ni ne cacate sur sa mère. Il a compris l'essentiel (parce qu'il est très intelligent malgré son très jeune âge, faut le savoir) : on ne chie pas sur la bouffe.
Bravo mon loulou.

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26 avril 2007

PitiGasson et sa Boulette

Quand j'étais enceinte, PitiGasson était convaincu que ce bébé qui grandissait dans le bidon de maman, c'était SON bébé. En gros, on lui faisait cadal d'un petit frère, trop bien.

Quand je suis partie accoucher, PitiGasson pleurait parce qu'il voulait venir aussi et qu'il en avait rien à faire des oeufs au chocolat de Mamie. Après il a un tantinet révisé son jugement, parce que le chocolat c'est bon, et qu'avec les oeufs il y avait aussi un trop joli tracteur rouge en bois.

Quand j'étais à la maternité, PitiGasson était très intimidé par son petit frère, mais il a voulu le prendre dans ses bras. Par contre quand il a pleuré il n'en voulait plus. Tiens donc. Ensuite il a préféré mon lit qui monte et qui descend, vachement plus rigolo.

Quand on est rentré à la maison, avec la Boulette, et qu'il m'a vue lui donner le sein, hum hum, PitiGasson était déçu, et il a quand même avoué que bon, lui il n'avait pas des nénés aussi gros que les miens, et surtout pas de lait dedans, donc, ok, j'avais le droit de nourrir son bébé. Ben tiens, merci mon loulou.

Quand on dépose la Boulette à la Station Couches, PitiGasson se charge de la partie animation: musique, tototte, grimaces, chatouilles, tout pour que son bébé arrête de brailler parce qu'on ose lui mettre le popotin à l'air.

Quand la Boulette est allongé dans le lit, ou dans le transat, PitiGasson lui parle, et lui fait des bisous, et lui ébouriffe ses trois tifs.

Quand c'est l'heure d'aller se coucher, alors que trop pas juste la Boulette reste encore avec Maman, PitiGasson ne lui en veut même pas et il lui dit bonne nuit et lui fait un bisou.

PitiGasson, quand même, il est super chiant avec ses parents, mais avec sa Boulette, beh c'est un super grand frère. Pourvu que ça dure!


[suite de l'accouchement bi-goût quand j'aurais plus de temps, là je cours dans tous les sens, c'est fatigant hein]

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24 avril 2007

angel et l'accouchement bi-goût (4)

Après avoir demandé, je me dis quand même que c'est réputé pour être vraiment l'acte qui risque de traumatiser à vie un homme et que jusque maintenant, j'ai toujours veillé à ce que mon Chéwi reste soigneusement à ma tête, en sécurité, pendant les deux autres accouchements. Il se contentait d'entrer dans la zone à risque seulement pour couper le cordon et puis c'est tout. Du coup je lui demande si ça va aller, parce que sinon, on oublie l'examen homemade, et il file chercher une sage-femme, c'est leur boulot après tout.

Mais bon, c'est un Homme, un Vrai, un qui n'a pas peur, et qui ne recule pas devant les expériences nouvelles, et puis ce n'est pas un dégonflé non plus, sa femme vient de jongler quelque chose de bien, alors il peut bien affronter une vision un peu gore, ce n'est pas comme s'il n'avait jamais vu ce film traumatisant en cours de bio en 4ème hein.

Il s'approche du pied de mon lit, je relève mes genoux, j'écarte les jambes, il soulève le drap, et il regarde. Grand silence.

[...]

Moi: bon alors? tu vois la tête? c'est ça tu vois la tête? (non non je ne panique pas)
Lui: non non, y'a pas la tête, c'est bon.

Il repose le drap.
Ouhla, il a limite changé de couleur le gars là quand même.

Moi: Ca va? C'était trop gore, hein c'est ça, c'était horrible, tu n'aurais pas du regarder, j'aurais pas du te demander!
Lui: Bah euh non, c'est juste que je ne pensais pas que ça pouvait devenir comme ça, aussi ouvert quoi!

Ah. Ben j'ai bien fait de ne pas regarder moi-même alors.

Moi: Et alors, c'est super moche c'est ça? Tu pourras plus jamais me toucher maintenant, tout est fini entre nous?
Lui: Bah non, juste c'est euh bizarre quoi, puis vachement rouge hein.
Moi: Bah oué c'est la bétadine à mon avis.
Lui: Oué la bétadine, ça doit être ça...

Un ange passe. Les contractions sont toujours très rapprochées, j'ai carrément envie de pousser mais je ne pousse pas. La sage-femme a dit qu'elle revenait dans une heure, et j'attends. Je sais qu'elle est au four et au moulin: la grêve des obstétriciens dans le privé a rameuté dans ce grand hôpital public très réputé un maximum de gonzesses à bidon gigantesques, qui sont entrain de me chourer ma Barbie à moi, les chipies!

Je ne pousse pas, j'attends, je ne pousse pas, j'attends, je ne pousse pas, j'attends, hop une tite giclée de péri pour garder loin loin loin loin de moi la é méchante douleur, et les sensations toujours présentes: d'ailleurs je peux hyper bien bouger mes jambes, gigoter mes orteils, lever une fesse, puis l'autre, mais qu'est-ce qu'elle fiche cette sage-femme quand même? Je ne pousse pas, j'attends, je ne pousse pas j'attends mais ça donnerait quoi si je poussais hum? Allez discretos sur une contraction, je pousse, une autre, je pousse, ça n'a pas l'air de donner grand chose, mais demandons à mon nouvel obstétricien trop qualifié de vérifier la progression du binz. Verdict: ça a encore évolué, ouhla, mais toujours pas de tête.

Au bout de la troisième vérification, l'heure écoulée, la sage-femme pas reviendue, j'envoie quérir quelqu'un vite, parce que là, je sens bien que ça me déchire en deux au niveau du ça, donc bon, si on pouvait s'occuper de mon cas, ce serait fort aimable, sinon je vais devoir accoucher toute seule, avec la pompe de la péri entre les dents. Déjà que je m'envoie une dose toutes les trois minutes pour tenir le choc, ça va bien hein.

Voilà une autre Barbie qui entre, alertée par Chéwi. C'est la version brune, c'est chouette, puis celle là elle a une jolie blouse verte aussi, ils varient les tenues des poupées mannequins dans cet hôpital, on ne s'embête pas, mouarf. Hop elle soulève le drap, hop elle regarde, elle a même pas besoin de vérifier manuellement le truc: je suis à complète. Alors "complète" on pourrait croire que ca y est, j'ai le droit à une super crêpe avec tout dedans, un oeuf, des champignons, de la crème, de la tomate et du jambon, parce que j'ai trop bien travaillé et que je mérite trop de manger un truc bon, mais en fait même pas, ça veut juste dire que j'ai enfin réussi à arriver à 10, et que la Boulette est sur le point de vider les lieux et de venir nous faire son premier coucou.

YEE PEE. La victoire est proche les amis, je suis aux anges, j'ai hâte, je suis hyper hyper prête, je révise une dernière fois dans ma tête pour pas me gourer pendant que la Barbie brune prépare tout le binz en attendant que Barbie Blonde revienne (on l'a préviendue que ça urgeait). Alors pour pousser, ce n'est pas compliqué, c'est comme pour faire caca. Je sais ce n'est pas galmoàur, mais c'est la réalité vraie. On prend une graaaaande inspiration, on bloque, on pousse. Fastoche. Je pense à Alix encore dans le sas, qui joue avec son portable, qui n'a mangé que le petit sachet de madeleines que Chéwi lui a dégotté au distributeur. Je pense aussi que dans quelques minutes je ne serais plus enceinte. ENFIN! J'ai hâte de voir mon fils.

Barbie Blonde arrive, on a transformé mon lit, tout préparé pour accueillir la Boulette, yapuka. Pas d'étriers, ils sont fichus, mais on se débrouille sans, de toutes façons ce n'est pas très utile. Elle enfile les gants, le masque, les lunettes (mon dieu mais je ne vais pas l'éclabousser quand même?!!?) limite elle compte un deux trois partez, et c'est parti mon kiki. Mon moment tant attendu. Une dernière petite giclée de produit pour la route, je sais bien que ça ne sert à rien mais ça me rassure, je me souviens de la douleur de la dernière fois et je n'en veux pas, et hop je pousse. On voit la tête! Je pousse. Il a sorti les épaules! Je le sens qui me donne un dernier coup de pied, comme pour prendre son élan, et je le dis: oh un coup de pied!, et je pousse encore: il est sorti à moitié, Blondie me propose de l'attraper et de le sortir moi-même, mais je ne veux pas, déjà Docteur Quinn ce n'est pas moi hein, ensuite j'ai trop la trouille de le faire tomber, je ne le sens pas du tout ce plan. Je décline poliment l'offre, mon dieu que je suis urbaine, et elle termine de sortir la Boulette de mon ventre, avant de le poser sur moi, à peine enveloppé d'un linge.
Il est absolument magnifique.
D'une seule voix, Chéwi et moi nous exclamons qu'il ressemble à son frère comme deux gouttes d'eau.

Après que son papa ait coupé le cordon, ma chtite Boulette est nettoyé sommairement et mis contre moi, au chaud. J'en profite pour expulser la suite, beurk beurk beurk, non je n'ai pas entendu un gros POC bien lourd quand le placenta est tombé dans le haricot, non non ne pas penser à un chili con carne maintenant, mais euuuuuuurk! Et mon bébé tout neuf en profite, en me regardant bien droit dans les yeux, pour me faire caca dessus. Eh beh mon loulou, je le sens bien nous deux tiens... Je le met au sein, il est complètement réveillé mais totalement zen, il prend son temps, tout le monde a baissé les lumières, c'est tranquille. Chéwi sort pour téléphoner à la famille, et réussit l'impossible: dégotter 10 minutes en salle de naissance pour Alix. Yihaaaaaaaa!


[blablabla comme d'hab', faut actualiser ou revenir, au choix, là j'ai plus trop le temps]

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23 avril 2007

angel et l'accouchement bi-goût (3)

Un miracle, je ne vois que ça. Deux anges descendus du Paradis de la Drogue, qui viennent pour moi, c'est le bonheur. Elles viennent tout préparer pour que le Grand Manitou de la Dose puisse me shooter correctement, non mais c'est pas la meilleure nouvelle depuis neuf mois ça? Limite je danserais la lambada ET la macarena dans mon plumard tout neuf, les fesses en free style sous la blouse, si seulement je ne contractais pas comme une andouille, non mais vraiment les contractions, c'est la plaie ce truc, ça ne s'arrête donc jamais? Pas possible d'avoir une conversation suivie avec mes anges, puisque toutes les 2 minutes: ha désolée, j'ai une contraction, gnnnnnnnnnnnnnn [temps allant de 30 secondes à 1m30 environ], oui ça va mieux, on disait quoi?
La plaie je vous dis.

L'anesthésiste arrive. Mais qui m'a fichu un gars aussi moche? Non mais bonjour le service de qualité, je suis désolée Monsieur, mais j'ai pour habitude de n'avoir que de beaux médecins moi, je ne sais pas d'où ça vient, sans doute une bénédiction divine parce que je suis une femme fabuleuse et trop sympa, mais dès que je me pointe dans un hosto, je ne récupère que les canons du service. Bah là, je regarde une seconde fois, voir si le gars qui vient de rentrer ne serait pas juste un bête brancardier égaré, et que le Docteur Glamour va se pointer, mais non, c'est officiellement mort: mon anesthésiste est un thon. Allez, on s'en contentera, pis avec sa charlotte ridicule sur la tête on ne voit quasi plus sa calvitie mais toujours sa boucle d'oreille totalement incongrue. Avec un peu de chance, il est drôle. Allez, oué, je suis sûre que c'est un comique, on va trop rigouler.

Bon déjà, je le mets direct dans l'ambiance: il s'agit de MA péridurale, alors ok c'est lui le professionel de la piquouze, mais c'est dans MON dos qu'on va trafiquer, donc, y'a pas à discuter, c'est moi le chef, et pis c'est tout. Et le chef dit: Il faut attendre IMPERATIVEMENT trois minutes entre la xylocaïne et la pose du cathéter, sinon je tue tout le monde, m'en fiche d'avoir le derche in zi air, je préviens, je suis une trop une méchante en vrai, même si là je douille ma mère, rinafout', c'est trois minutes, sinon je HURLE.

J'ai du leur coller les foies, ou alors ils ont eu pitié (peut-être quelqu'un a cafté que j'ai chialé sur leur table pourrite?) mais ils ont vraiment attendu trois minutes, l'infirmière avait l'oeil collé sur l'horloge et faisait le décompte à haute voix pour l'anesthésiste. Et du coup je n'ai pas du tout eu mal pour la pose du cathéter, qui avait été le pire souvenir de mon accouchement précédent, limite je voulais plus de péridurale de ma vie entière - hérésie!!

C'est quand j'ai demandé dans combien de temps le produit allait faire effet, que j'ai pu vérifier que l'anesthésiste était un sacré comique: 20 minutes qu'il m'a répondu, l'enfoiré, en ricanant. Il a ajouté: ah oué vous vouliez vos 3 minutes, ben moi je vous en colle 20. Ce qui s'est avéré totalement faux, non mais franchement.
Parce que la péridurale, et je suis désolée pour tous les génies qui ont cru avoir inventé des machins trucs super hyper tendance et hype pour le bien-être et l'avancée de l'humanité, la péridurale donc, ça enfonce tout niveau géniosité totale. Si. Et je dirais même plus, la péridurale auto-dosée, c'est l'invention la plus fabuleuse de l'univers. Au moins.

L'infirmière et l'anesthésite m'ont bien expliqué le principe: j'ai ma petite manette là, et hop j'appuie dessus quand je sens que je risque d'avoir mal. La régle c'est: les sensations oui, la douleur non. Comment c'est ma philosophie de la vie ça les amis, ils sont hyper bien dans cet hôpital, est-ce que quelqu'un à pensé en haut lieu à leur remettre une médaille, voire à les canoniser de leur vivant? Hum? Je n'arrive pas à croire ce qui m'arrive, la seule explication possible est que je viens de passer de l'Enfer au Paradis, en sortant des urgences obstétriques pour me rendre en salle de naissance. Je teste pour la première fois de ma vie l'accouchement bi-goût, l'accouchement où tu veux qu'on te tue tout de suite tellement tu jongles, et où, le temps de la pose d'un bête cathéter, tu retrouves la foi en la vie et l'amour de ton prochain. Trash metal/Peace and love, l'accouchement bi-goût, vous devez l'essayer, l'essayer c'est l'adopter. Si. Allez, un petit effort!

Je ne suis que détente, amour et tranquillité quand Chéwi arrive enfin en salle de naissance. Il a laissé Alix dans le sas: elle n'a pas le droit d'entrer, sinon après c'est le Bronx faut croire, j'ai beau dire qu'elle sera sage et qu'elle ne chantera pas Modern Talking, rien à péter, c'est niet. On m'installe tout le dawa nécessaire à mon suivi par le KGB dans leur quartier général au bout du couloir, et donc capteurs de monitoring, tensiomètre, perf sa mère la truie, doigtier pour la sat', viennent se rajouter sans vergogne aux tuyaux de ma péridurale, me transformant illico en la plus grosse femme bionique du monde. Et y'a même pas le wifi dans cette thurne! L'abus.

Commence alors l'attente, il est environ 20:30. Je ne sens plus la douleur, je suis donc tout à fait open mind pour regarder ce qu'il ya autour de moi, et surtout le monitoring, histoire de voir si je peux battre mes records de contractions et vérifier que le tit coeur de la Boulette ne morfle pas trop à chaque fois qu'on le crabouille in utéro, pauvre loulou, vivre une expulsion, ça ne doit pas être top moumoute non plus. Chéwi fait le pied de grue, il est trop fort pour ça. La sage-femme arrive: uhhhhhhh je comprends soudain pourquoi l'anesthésiste était moche, tout le capital beauté de l'hosto a été volé par ma nouvelle sage-femme, ouhla, mais qui c'est qui va se faire accoucher par Barbie Médecin, hum? C'est Angeeeeeeeeeel! Examen, hop hop, je suis à 5. Yee pee encore la moitié du chemin à faire. Bon ben voilà, c'est pas tout ça, mais elle a plein de gonzesses à accoucher, alors elle revient dans une heure.

Et moi pendant une heure je fais quoi? En fait lutter contre la douleur ça occupe. Là il ne me reste plus qu'essayer de faire que mes fesses restent de ce monde, car elles ont tendance à s'enkiloser à la vitesse du tgv sous acide, et ce n'est pas super agréable. Alors délicatement, en prenant soin de ne pas virer tous mes branchements divers, et surtout de ne pas lâcher la précieuse pompe de la péridurale, je soulève une fesse, puis l'autre. Ca prend bien 5 minutes. Ensuite, hop, bouger les jambes. L'une après l'autre, les plier, les étendre, les plier. C'est pas que je m'enquiquine sévère, mais presque.

Et surtout, les contractions ralentissent, s'affaiblissent, je fais des scores tout pourraves au monitoring, c'est quoi ce bourdel? Limite je m'endors là, ça ne va pas du tout. C'est que je n'ai pas que ça a faire non plus, hein, attendre, c'est pénible, j'ai envie d'aller pioncer dans un vrai lit, avec un pyjama propre, et un bébé tout neuf endormi à côté de moi dans son berceau translucide. C'est là que je capte que dans cet hosto, après la pose de la péridurale, certes auto-dosée et total fabuleuse d'efficacité, ils auraient un chouïa oublié de me filer une perf' d'ocytocine, histoire de pallier au fait que la péri me ralentit considérablement le travail. Allez, zou, une mission pour Super Chéwi qui s'escagasse moyen aussi, il fait des aller-retours pour informer Xila de la suite des opérations, et à part ça beh il attend quoi. La barbe. Donc hop, mission, aller de ce pas quérir Barbie, histoire de lui demander qu'elle rapplique ses mèches blondes et son sourire colgate du côté de ma piaule. Hop.

Barbie arrive, et m'accorde gentiment le droit d'avoir une mini-dose d'ocytocine dans ma perf, pour voir si ça relance le binz. Et puisqu'elle est là, zou, perçage de poche des eaux. Bon ok, ça c'est fait. Elle se casse, en me disant qu'elle revient dans une heure, parce que là, c'est un peu le coup de feu, toutes les nanas accouchent en même temps. Ok.

Sauf que la mini-dose elle me fait un effet boeuf, que je suis au bout de dix minutes qu'elle a franchi la porte, entrain de pulvériser tous mes records de contractions, que j'appuie comme une guedin sur ma pompe, toutes les 10 minutes m'avait dit l'infirmière, pour prévenir le retour de la douleur, mais là ça a tendance à devenir 7 minutes, voire 5, parce que ça contracte toutes les 2 minutes, et que, oh malheur, j'ai comme qui dirait une énorme pesanteur et une furieuse envie de pousser. OK. On reste calme.

- Mon amour?
- Hum?
- Comme qui dirait que ça pousse là.
- Hein? Quoi? Tu veux que j'apelle la sage-femme?
- Bah non elle est occupée, et pis je me retiens de pousser tfassons, juste j'aimerais bien que tu ailles regarder si tu vois la tête, pour savoir si je dois m'affoler et rameuter les troupes, ou pas.

Tronche du mec. Impayable.
Ben il y est allé. C'est un héros quand même, parce que franchement, on m'aurait mis un miroir en face, j'aurais pas regardé, moi. Petite nature que je suis.

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22 avril 2007

La Lutine, antidépresseur naturel.

[Petite note vite écrite, en attendant que je continue le texte du dessous dès que j'ai du temps. Mais qu'est-ce qui m'a pris de vouloir trois zenfants moi déjà?]




La Boulette est allongé sur le canaprout. Il est tourné vers moi. Il me regarde.

- Il me regarde, je suis sûre qu'il me regarde.
- Bah je ne crois pas qu'il voit si loin hein.

Non mais Chéwi il est trop fort pour casser le trip "mon bébé d'amour ne voit que moi et que par moi" hein. Il en rajoute:

- A mon avis il ne voit que des formes floues à cette distance.
- Bon on va dire que là, l'énorme forme dans le fauteuil, c'est moi. Enfin l'énorme forme informe je devrais dire...

Non mais c'est que j'ai une super image de moi en ce moment, vu l'infâme escroquerie dont j'ai été victime les 10 premiers jours de vie de mon fils: sortie de la maternité, pleine d'espoir je monte sur ma balance, m'attendant comme les deux autres fois à avoir tout perdu ou presque, et horreur malheur et hallucination, seuls 4 minuscules ridicules et infinitésimals kilos s'étaient carapatés, ce qui, pour la ponte d'un oeuf de 4,100 kilos est une arnaque de première catégorie.
Bref.

C'est là que j'entends ma fille, depuis sa chambre:

- Non mais maman, tu n'es pas énorme!
- Ah? Beh je suis comment alors?
- Bah t'es grosse, énorme c'était avant hein.

Merci ma chérie, je vais tout de suite hyper mieux. Limite je vais chercher mon bikini (à la cave depuis 10 ans) pour aller faire bronzette sur la pelouse.
Surtout qu'elle a trouvé intelligent de glisser l'un des coussins de son lit sous son haut de pyjama, histoire d'illustrer son propos.

Mais je ne sais même pas si je dois me réjouir du fait d'avoir perdu mon énorme ventre, vu que croisant l'autre midi une connaissance à la caisse du LP, elle m'apostrophe en me disant: Ca y est, c'est pour bientôt? alors que 1 j'avais mon landau avec la Boulette dedans, et 2 j'étais hyper fière d'avoir réussi le matin même à rentrer dans ma jolie jupe violine d'avant grossesse et de ressembler presque à une vraie fille et non à une baleine échouée. Comprenant devant mon air indigné sa terrible bévue, elle a trouvé bon de rajouter: non mais moi aussi j'ai eu du mal à perdre mes kilos après la naissance.

TUEZ MOI TOUT DE SUITE!

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19 avril 2007

angel et l'accouchement bi-goût (2)

Il est 15:09. Une contraction vient d'essayer à la fois de me pulvériser le ventre et d'anihiler toute la zone périnéale. En clair, c'est dur comme du béton armé, ça tire, ça pousse, ça douille sa reum without spasfon. Je chope le téléphone, j'apelle Alix qui est tranquilou entrain de grignoter du chocolat dans le jardin de ses parents. L'appel durera exactement 16 secondes (oui j'ai vérifié), le temps de dire: "ok, là, c'est bon, je douille sévère, tu peux te ramener silteplééééééééééééééééé". Pareil à ma belle-mère, qui attend quand même depuis 9:00 du mat' bien sagement. Sauf que je suis un chouïa plus polie, c'est ma belle-mère quand même oh.
Je me lève, Chéwi a la tête du gars qui va à l'abattoir mais qui sait qu'il ne pas pouvoir y échapper: non mais attends j'ai trop trop trop plein de copies à corriger, une réunion alakon et tout, désoled darling, mais tu vas aller pondre all alone by yourself, mais non il n'ose pas, bien que c'est gros comme mon bide au milieu du salon que ça lui traverse momentanément l'esprit, à égalité avec la subite crise hémorroïdaire ou l'infarctus du poumon droit. Il sait qu'il va devoir attendre environ une éternité et demi avant de pouvoir grailler un truc, et déjà il défaille, le pauvre. Courageux, il va cependant chercher mon sac (une tonne huit) et le sac de la Boulette, celui avec le pyjama kro kro meuhgnon dedans (42 kilos).

Tout le monde est là, je douille avec les mâchoires serrées, histoire que ma Lutine ait encore envie de faire des enfants un jour, elle a bien idée que le bébé va sortir par la zézette de maman, son frère le lui a assez répété, mais je ne pense pas qu'elle visualise exactement la chose. En même temps si mon esprit pouvait éviter de penser dilatation la tout de suite, ce serait achtement mieux, hum hum hum, RESPIRE PROFONDEMENT! Un dernier bisou, dernières recommandations, je laisse mes zenfants avec ma belle-mère et son arme absolue, à savoir un gigantesque sac d'oeufs de Pâques, yeeee peeeeeeeee. Je peux aller pondre tranquille, mes enfants seront trop occupés à se faire la crise de foie du siècle pour mettre le boxon et envoyer leur grand-mère à Charenton.

Descendre l'escalier est légèrement une souffrance, et fugitivement je me dis que de toutes façons, va falloir que j'accouche aujourd'hui (mais pas tousuite tousuite non plus hein) parce que je serais infoutue de remonter les 32 marches. Marcher jusque la voiture? Un calvaire. Ca craque, ça grince, ça contracte, Chéwi et Alix sont loin devant, mais tout le monde il s'en fout de ma tronche ou quoi? Pourtant c'est qui qui accouche aujourd'hui je vous prie, hum? Bon alors!
S'installer dans la voiture, trodlaboulette (ahhahhahaah fallait que je la sorte, désolée), et l'oeil fixé sur l'horloge je compte les contractions, qui s'espacent, s'espaaaacent, disparaissent. Gné?

Arrivés à l'hosto, je ne contracte quasi plus, mais le pied posé par terre que hop ça repart, ce n'est pas bien violent mais ça interrompt considérablement la marche, j'ai l'air de jouer à 1 2 3 soleil!! devant la porte de la maternité, c'est rigolo, il fait super beau en plus. On arrive aux urgences maternité, et là, les amis, l'attente la plus longue de ma vie commence: JE VEUX MA PERI ET PLUVIT'KESA! Parce que si moi je sais que j'accouche aujourd'hui, mon job va être de convaincre l'équipe qu'en effet va falloir voir à se magner un peu la blouse rose avant demain, si personne ne veut mourir à coups de baffes.

Remplissage de dossiers, gnnnnnnnn, prise de tension, gnnnnnnn, température dans l'oreille, gnnnn, attente. Oh oh j'accouche là les gens, ce serait bien qu'on regarde ce qui se passe niveau foufoune, parce que oh incroyab' mais vrai, je ne vais pas accoucher par l'oreille ou le bras gauche! Si si. Même mon fils de trois ans le sait bon sang, que c'est au niveau de la zézette que ça se passe. Ah mais c'est qu'on revient me voir! C'est juste pour que j'aille pipiter dans un truc un peu près grand comme une éprouvette de Hobbit. C'est un défi peut-être? Si je gagne et que je n'en fiche pas partout, j'ai le droit à ma péri plus vite? Hum? Non ?
BANDES DE CHIENS! Vous allez payer.

Au bout d'un temps certain si ce n'est un certain temps, une sage femme apparait, telle l'ange de la délivrance un peu. Elle répond farpaitement à mon cahier des charges: elle apprécie mon humour et comprend ma trouille, on est parties elle et moi sur de bonnes bases. Sauf que bon. Sauf que déjà, après examen (on fait sortir les deux zigotos là, le chéri et la toupine) je ne suis qu'à 2. Et pour les nullipares, désolée, mais 2 si le col n'est pas un peu mou toussa, je ne veux pas savoir, top trop buark, ben tu peux te brosser pour ta péri. Faudrait voir à ce qu'il évolue standouille. Donc là, ce qu'on va faire, après une énième prise de sang - que je le crois même pas qu'ils me refont un bilan péri ces arsouilles, mais je vais les TUER, pose de monitoring, histoire de voir si mes contractions ne seraient pas pures vues de l'esprit, genre. Déjà là je commence à comprendre que ça merdoie un chouïa. Parce que le monitoring est posé n'importe comment à la va comme je te pousse, et tfassons la Boulette tape dedans les capteurs comme un forcené, lui aussi il sait qu'il est temps de sortir, et plus je me tord de douleur, et plus la sage-femme, Chéwi et Alix commencent à me regarder comme la Grosse Mytho de l'Hosto, parce que prétendument, que sur le papier, ben je ne contracte pas du tout. OH MY GOD.

Et vas-y que ça commence à parler de "faux-travail" alors que je suis entrain de douiller quelque chose de bien. Ok les gens, si ça c'est du faux travail, je suis désolette, mais va falloir me faire une anesthésie générale pour le vrai travail, parce que moi pas pouvoir survivre, non non non, allez hop un coup de bottin, ouvrez moi le bide et qu'on en finisse. Sauf que bon, faudrait vérifier si je fais semblant ou pas (je vous ai dit que j'ai envie de tuer tout le monde?) donc voilà qu'on m'expédie marcher une heure dehors dans le grand soleil, zoup dégagez moi de là, et reviendez taleur, qu'on vérifie si le col a évolué ou pas. Je suis sûre qu'ils font exprès pour avoir le temps de faire mon bilan péri ces tanches. Je sors, non sans demander si j'ai le droit de bectave un truc, vu que bon, mon unique paquet de Fingers de la journée me semble bien loin, et que j'ai besoin de réconfort. Et alleluïa miracle et chocolat, j'ai le droit. KitKat powaaaaaaaa my friends. Non mais c'est Pâques hein, y'a pas de raison. Y'a pas de raison, je dis. KIT KAT!

Le souci c'est qu'il me faut environ 3 minutes pour faire deux mètres dans le couloir, je vous laisse imaginer le temps pour arriver jusqu'au banc dehors. Je ne parle même pas de ma tronche entraperçue dans le reflet d'une vitre, ce n'est plus Pâques mais Halloween. La douleur me fusille sur place tous les 10 mètres, c'est un bonheur de marcher dans ces conditions. Dire que certaines réclament le droit de marcher pendant le travail, j'en suis sur le cul. Tiens d'ailleurs hop je le pose mon popotin, sur le banc. J'ai mal, je mange mes KitKat, je suis dans un état second, il fait chaud, j'ai mal, j'ai peur, je déteste cette idée de ne pas savoir à quelle sauce je vais être mangée, j'ai mal, j'ai hâte de voir mon bébé aussi, et surtout je me dis que je ne quitterais pas cet endroit sans avoir accouché, ils peuvent toujours se brosser pour que je bouge de là sans la Boulette. De toutes manières, il est absolument inconcevable que je remonte mon escalier, je ne cesse de le répéter. Chéwi et Alix commencent à se regarder en coin, je sens bien que je fais peur là.

Je trouve le moyen de remonter ce fichu couloir, long long long, d'appeler chez moi pour savoir si ma belle-mère survit et si mes enfants sont encore en vie, et d'appeler ma reum qui voudrait biens avoir où ça en est. Ma mère qui me dit que la douleur c'est vachement psychologique, et qu'il faut que je pense à me calmer pour avoir moins mal. Ce n'est certes pas faux, mais là tout de suite, j'ai envie de l'assomer ma mère. Parce que je suis fatiguée, et que j'ai maaaaaaaaal. Allez zou on va dire que ça fait une heure, je retourne voir la sage-femme.

Ding dong, c'est nous, on est reviendus, on voudrait bien voir la sage-femme, histoire de, comme ça quoi, ce n'est pas que je suis sûrement entrain d'accoucher, mais presque, alors bon, s'il y avait quelqu'un ce serait bien. Et voilà que réapparait la sage-femme. Elle me change de salle, je suis toujours dans la partie Urgences Gynéco et Obstétrique de l'hosto. Là je suis sensée gagner en confort les gens, car je passe, tenez vous bien, du fauteuil d'examen gynéco classique de tout à l'heure (sur lequel j'ai failli m'exploser la tronche facile trois fois pendant que je contractais comme une guediiiin et que ce goliot de monitoring pourri archaïque disait que non enfoiré!) à une table d'examen, youpi, je n'ai pas du tout du tout DU TOUT l'impression d'être une grosse jument sur le point de mettre bas, non non non. Que nenni ma bonne dame.
La sage-femme me vante le confort de cette table rapport au précédent fauteuil, mais je crois qu'elle essaye de faire de l'humour, parce qu'accoucher dans le public, ça a beau être un acte militant, ça n'assure pas du tout un confort optimal, bien qu'on sente qu'ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont (à savoir, rien). Elle m'examine.
Joie, victoire, bonheur, j'avais raison bordel de merde, je suis bel et bien entrain d'accoucher, puisque je suis à 4 et que je viens de gagner via toucher vaginal tip top moumoute que j'ai failli dégager la blondinette à coup de pieds rageurs, mon passeport pour la salle de naissance ET un bon gratos pour une péridurale auto-dosée si ce n'est pas la classe. Qu'on jette les pétales de fleur et que résonnent musettes, hop hop hop.

Sauf que.
Sauf que bien sûr il faut pour cela attendre les résultats de mon bilan péri et un autre truc que je n'ai pas du comprendre car je n'en ai aucun souvenir. Tout ce que je sais, c'est qu'il est 19:00, comme l'indique l'horloge au dessus de la porte, que ça fait déjà 3 HEURES que je suis là, que visiblement je ne sens aucun cathéter dans mon dos, et que donc y'a du foutage de goule king size que ça va se payer.
Et ce que je sais aussi, c'est que je vais devoir attendre encore un sacré bout de temps. Chéwi et Alix reviennent dans cette minuscule salle, où je suis le popotin à l'air sous une vague blouse verte, allongée sur une table en faux cuir grenat trop étroite, et on attend.
Ils regardent le monitoring où, tiens c'est bizarre, on voit mes contractions ce coup-ci, ils piétinent, et moi je jongle. On doit revenir me chercher vite pour m'emmener, mais personne ne vient. Et j'ai super mal. Et j'ai la trouille de tomber de la table. Et ça contracte à fond les ballons, et j'ai beau essayer de respirer le plus profondément possible, de me détendre douleur mon amie, je t'accueille en mon sein, fais ton oeuvre et magne toi je te prie ôôôôm mani padme hum, de relativiser, beh c'est mort, y'a plus personne aux commandes sauf cette douleur qui m'enserre et m'écartèle, et puis voilà, je pleure ma mère. Je veux rentrer dans ma maison, c'est ce que je répète en boucle en pleurant à gros sanglots.
Ce n'est rien de dire qu'Alix et Chéwi sont aux quatre cent coups, ils sortent de la pièce toutes les trois minutes pour réclamer quelqu'un parce que CA VA PAS DU TOUT LA HEIN, tu m'étonnes que ça ne va pas, je pédale dans la semoule quelque chose de bien, je suis en panique complète, je ne veux pas accoucher en souffrant comme ça, parce que je ne maîtrise rien, c'est l'angoisse.

Ca dure, ca dure, je ne sais pas trop, quelque chose comme au moins trois quart d'heures avant que la sage-femme revienne. Je ne l'aime plus du tout, elle pourrait crever la gueule ouverte dans le caniveau que limite je lui balancerais un coup de tatane dans les mâchoires pour le plaisir, voyez. Non mais parce que ce foutu bilan péri j'ai téléphoné trois jours plus tôt pour le refaire préventivement, on m'a dit non non spa la peine, et voilà où nous sommes rendus, et puis quand on dit "je reviens tidisite" on ne se casse pas pendant trois quart d'heure en m'abandonnant sur une pauvre table de 3,7 cms de large avec le cul à l'air. Je n'ai plus d'humour, plus rien, je veux juste arrêter de souffrir. On m'emmène enfin, via un fauteuil roulant (non mais j'ai flippé qu'on me fasse traverser leur fichu couloir le popotin in zi air hein) en salle de naissance. MIRACLE.

Finallement une porte s'ouvre, une chambre, lumières tamisées, tranquillité totale, et merveille absolue, un LIT, un vrai lit, avec une tête de lit en bois, et un matelas bon sang de bonsoir, un vrai matelas, et des draps, et une jolie blouse longue pliée proprement qui m'attend, avec un motif même pas moche, incroyable. On m'installe, on me laisse, je suis toute seule. Chéwi et Alix sont en salle d'attente, ils sont sans doute partis chercher les valises, et moi je m'allonge après avoir enfilé la grande blouse, et je pleure, encore, de soulagement. Un lit, un vrai lit. La vie est belle. Je sais que je vais devoir attendre encore un petit moment que l'anesthésiste arrive, j'ai des contractions costauds, mais ça va mieux, je suis dans un lit. On vient me voir, on me parle doucement, on baisse encore les lumières, on me remonte les côtés du lit, on prend ma tension, qui reste relativement tranquille vu la douleur qui m'attaque par vagues.

Et enfin, deux anges arrivent, l'une en vert, l'autre en blanc, elles viennent me préparer pour la PERIDURALE. Je n'y croyais plus.




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14 avril 2007

angel et l'accouchement bi-goût (1)

Ca faisait une semaine que je stressais sur le moment M, au moindre gaz qui me titillait l'utérus et je commençais à enclencher le plan Maternité 2007 dans ma tête, avec des scenari totalement hallucinants d'emmerdements (je préfère prévoir le pire, c'est terrible)(bien sûr qu'on peut accoucher sur le palier du premier étage de l'immeuble ou sur le bord de la Nationale, qu'est-ce que vous croyez, ça arrive hein!)
Samedi 7 avril, 13:30, Chéwi rentre à la maison, il est en vacances. Tout est prêt, la chambre, les valises, ma belle-mère a emménagé à moins de 10 minutes à pied, c'est le week-end, tout le monde est là, mes parents, le Pierre Richard d'Alix, c'est bonnard. Je m'allonge et j'attends que ça se déclenche. Allez un chtit effort quand même? Non? Non.

Ca faisait une semaine que je me déplaçais en m'accrochant aux murs et aux meubles, pour traîner mon phénoménal bidon et mes douleurs diverses zet (a)variées. Une semaine que je ne sortais plus de chez moi de peur de ne jamais réussir à remonter les deux étages jusqu'à l'appartement: figurez vous que personne n'a voulu installer d'ascenceur dans l'immeuble, malgré mes nombreuses requêtes dans ce sens, pas plus qu'un bête siège Jean Lefebvre, celui en velours rouge il était jouli pourtant? Une semaine que je ne me nourrissais plus que de Danao et de Fingers, car rien d'autre ne me faisait envie. Des sous-marques LP en plus, c'est dire l'étendue de la totalité de la loose gastronomique. Une semaine la tête dans le coma. Ce n'était plus POSSIBLE.

Ca faisait une semaine que je n'avais plus la force de rien faire, si ce n'est quelques incursions en gémissant dans la chambre de la Boulette, pour ranger deux trucs, ou transférer des culottes du placard jusque dans mon sac. Alors je me voyais mal me lancer dans le fameux grand ménage qui annonce à tous que la femme enceinte est non seulement folle à lier mais aussi sur le point de mettre bas dans les heures qui suivent. Je me suis cependant couchée le samedi soir avec cette idée fixe: demain j'accouche, demain matin à 8:00 tapantes, je fais toutes les vitres de l'appart. Le 8 avril, c'est trop trop une bonne date. C'est décidé.
Calcul rapide: trois grandes vitres dans le salon, plus deux petites vitres pour les chambre et la cuisine, soit onze vitres, ça devait le faire.

Dimanche 8 avril, 7:02 heure du magnétoscope en face de mon lit, une contraction bien sympatoche me déchire le bide. Je ne sais pas pourquoi, mais la seule idée de nettoyer soigneusement les onze saloperies de vitres de ce fichu appart avec du sopalin pourri et du produit à vitres hautement toxique me parait d'un coup d'un seul complètement débile profond. J'essaie de me rendormir, mais bernique, la machine à penser est enclenchée. Et je commence à compter les contractions, je constate qu'elles sont hyper espacées, genre toutes les 20 minutes, des contractions de feignasse, ça ne m'étonne pas. A 9h30, toujours sûre de mon fait, à savoir que c'est aujourd'hui que j'accouche parce que je n'irai pas plus loin et puis c'est tout, je réclame le téléphone, et je bat le rappel des troupes de choc. Tout le monde est prévenu: aujourd'hui, j'accouche. Tout le monde doit se tenir prêt, et puis c'est tout. La Kommandantur Angel dans son immense splendeur. A 10h30, plus de contractions. Ben tiens. Mais ça ne me démonte pas, je décide que finallement, je vais aller à la maternité pour voir les sages-femmes, parce que bon, y'en a marre, je contracte n'importe comment, je n'arrive plus à rien, je me fais chier, en plus je suis crevée, donc ce serait gentil de m'extraire ma Boulette, merci. C'est le Nouveau Plan: aujourd'hui, je vais me programmer une chtite visite de contrôle de la Boulette, puis tiens, hop, ni vu ni connu, on mettra les valises dans la voiture, okazou. Ni vu ni connu. Okazou. Parce que bon. Fait chier, quoi.

Sauf qu'à 15:00, les contractions sont toujours là, anarchiques, n'importe quoi, mais CA DOUILLE! Et quand ca douille, on se magne les zaminches. Et donc à 15:30, c'est décidé, je pars pour la maternité, et je ne le sais pas encore, mais je vais tester le Super Accouchement Bi-Goût, aussi apellé les Montagnes Russes dans ta Face.


[à suivre]

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13 avril 2007

now introducing...

Hop hop, il est né le dimanche de Pâques, à 23:36, prouvant ainsi au monde entier que sa mère est une cloche pour pondre un jour pareil et réussissant du même coup à se dégotter un ascendant scorpion, histoire de corser un peu la suite des évènements... Mouarf.
Et donc, j'ai perdu mon pari avec mon gynéco, je pense que ce sont les Fingers qui m'ont eue, vu que le tit mecton pesait 4,100 kg pour 54 cms.




Bientôt, plein de notes trop rigolotes sur la vie à 5, je fais ce que je peux hein, j'ai très envie mais pas nécesairement le temps (traduire: je m'organise comme une bouse).

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06 avril 2007

angel fout le feu au Famili (2)

[on continue? allez, oué on continue, mais on serre les dents quand même, on va upgrader la counerie, si si, c'est possible]

3. Je passe du rire aux larmes.
Ce coup-ci c'est Camille qui s'y colle pour nous raconter que la pauvrette ne sait plus quoi faire, elle est totale débordette par ses zémotions, et vas-y que je chiale devant le chien attaché à un poteau, et que je rigole pourtant comme une chtarbée avec mes toupines??? Mais comment est-ce possible Docteur Famili? Mais c'est..... NORMAL, voyons! La grossesse elle fait grossir ton coeur en plus de ton bidon (je vous jure que la psy elle dit ça hein, je n'invente rien) alors en plus de toutes les hormones qui se déversent d'un coup d'un seul dans ton pauvre petit corps innocent, ben limite tu n'es plus la même. Juste une pauvre chose entièrement manipulée par ses émotions, pauvre pauvre femme enceinte, limite lobotomisée, qui chiale comme une andouille dès qu'on hausse le ton et qui rigole bécassement dès qu'on lui fait une pauvre vanne (de fille bien sûr). Non mais ça va bien oui? Après faudra pas s'étonner de se faire infantiliser par le personnel médical et traiter comme une demeurée par les puéricultrices de la maternité.
C'est bien je trouve, les journaleux de Famili ils te préparent bien mentalement le terrain pour que tu te laisses faire sagement pendant neuf mois, parce que bon, si tu over-réagis tout le temps, c'est la faute aux hormones, limite t'es possédée un peu, alors bon. Si tu râles qu'on te martyrise à la visite du 6ème mois et que tu pleures que la piqûre elle douille, c'est juste que tu as le coeur qui enfle et les hormones qui font les connes, pas que la grognasse en face elle te traite comme un bout de bidoche à la chaîne... Si si tout est NORMAL et dormez braves femmes enceintes.

4. Je casse tout, je tombe tout le temps.
Anne, la pauvre, elle vit l'enfer. Je ne plaisante pas. Elle fait tout tomber, elle pète tout, et même son APN a fait le grand plongeon, c'est ballot: paf, tombé dans le vide, apu APN, byebye. Et en plus, elle tombe tout le temps. C'est affreux. Mais, bien sûr, tous en choeur on y va, c'est NORMAL! C'est parce que le corps se modifie (sans blague???) et que par conséquent on se coltine une perception erronée de ce qui nous sert de carcasse, donc crac, boum, hue, c'est la grosse catastrophe en permanence.
C'est bien parce qu'en une page et demi on vient quand même de nous dire que c'est NORMAL d'etre une hystérique pendue au téléphone, qui chiale tout le temps, qui flippe que son mec se casse avec Germaine de la Compta, et voilà que là, ni vu ni connu, on te dit qu'en plus t'es rien qu'une gourdasse qui explose tout ce qu'elle touche. De là à ce qu'on t'enferme dans une case à l'écart du village pendant neuf mois hein...
Alors gens de Famili, je suis désolée, mais personnellement je n'ai strictement rien cassé pendant trois grossesses, à part les pieds de tout le monde parce que je trouve ça trop pénible d'être enceinte (oué bon hein, ca va bien, je voudrais bien vous y voir!). Je sais farpaitement que je me transforme en grosse baleine (tiens j'ai plus de foune et plus de pieds? c'est bizarre?) donc je fais attention, je sais c'est dingue, mais que voulez vous je mobilise toute la force de mon mononeurone sur: préservons intact notre capital mobilier et faisons gaffe à ne pas se rétamer la margoulette à chaque coin de rue. Mais je suis surhumaine hein. Limite pas NORMALE. Hop je vais aller casser deux-trois assiettes histoire de normaliser enfin ces grossesses suspectes.


[la suite toutaleur, là, faut que je me repose, quand même. Ben si]
[préparez vous, la suite c'est carrément la descente aux enfers]

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05 avril 2007

angel fout le feu au Famili

Déjà au départ, la presse "famille" me gonfle le mou. J'en étais assez friande lors de ma première grossesse, mais que voulez-vous j'étais jeune, naïve, perdue, j'étais prête à écouter toutes les sirènes du marketing et de la perfectitude. Même j'avais lu une partie du Laurence Pernoud, c'est dire à quel point je ne savais pas (mazette que je pouvais être bête!). Et puis ma fille est arrivée, et arf arf arf, elle ne correspondait pas beaucoup au modèle des magazines et des bouquins de puériculture. What a surprise! Mouarf hein. Bien évidemment, quand le fiston est arrivé, il a fini par démolir consciencieusement l'oeuvre entamée par sa soeur, et remis mon cerveau en mode fonctionnement réfléchi ON.
Maintenant je sais que ces torchons sont remplis de Perfect Pregnant Mums à toutes les pages, de conseils neuneus pour s'occuper d'un bb parfait, de pseudos tests de produits, inutiles ou ultra-coûteux, et d'abérations en tous genre... Cependant il arrive à l'occasion que je jette un oeil, voire deux, dans une de ces odes à "je veux réussir mon bébé" et autres conneries. Là, Alix s'est vue abonnée, je ne veux pas savoir comment, et donc me refile les numéros, histoire qu'on ricanne un moment.

Et je suis tombée sur l'article absolument PARFAIT à lire quand on est enceinte. Totalement hallucinant de n'importe quoi. Attention, je sors la machette, le lance-flamme, le bazooka, éloignez-vous de l'écran, ça va fumer.

Ca s'intitule: "Enceinte, je ne me reconnais pas".
Là je me dis, bingo, enfin un article qui parle de ma vie, pour une fois, c'est trop fort, Famili lit mon blog même si ça se trouve?
Peau de zob oué.
C'était avant de lire les titres des mini-articles mit témoignages et analyses de spécialistes.
Parce que là, les zaminches, ça yoyotte sévère du ciboulot.

1 J'apelle ma mère trois fois par jour.
Celui-là, c'est encore le plus soft, et je pense le plus vraisemblable. La psy explique que si Lola apelle sa reum à longueur de temps c'est NORMAL, qu'elle a besoin de se trouver confortée dans son futur rôle de mère, tout ça. Moué. Je n'ose pas trop imaginer la nénette qui lit ça et qui n'a plus de maman, ou qui trouve que sa mère est une conasse finie, quelque part elle est entrain de rater une transmission de savoir hyper importante au niveau psychanalytique, faut qu'elle fasse gaffe, elle va sans doute moins bien assurer en tant que maman que sa coupine qui peut gonfler sa daronne all day long et s'entendre raconter qu'elle en a chié 24 heures à la pondre, qu'à la fin elle était prête à mutiler sauvagement tout le personnel hospitalier. Bon selon Famili donc, tu as intérêt à:
- a. avoir une mère
- b. avoir une mère sympa qui te raconte des trucs et te remonte le moral
- c. avoir une mère qui a le téléphone.
Sinon c'est pas très NORMAL du coup.

2. Je suis jalouse comme une tigresse.
Alors celui là je l'adore! Non mais vraiment. Véronique ne comprend pas, elle si douce auparavant, est prête à écharper les filles pas enceintes et sapées normalement que croise son innocent de mari, sous prétexte qu'elle, elle ressemble à un sac de patates. C'est insupportable! Mais c'est NORMAL dit la psy, la grossesse c'est le deuil de la séduction, et l'avènement de l'enfant, et si tu es attachée à ton image, tu flippes grave que ton relou de mec il aille courir le jupon plutôt que la culotte king-size, et en plus la plupart des mecs ne veulent même plus te toucher parce que tu leur fais peur ou que tu ressembles à une montgolfière (en plus d'être le summum de la mochitude donc). Allez zoup, la crise de jalousie, c'est pour rapeller Monsieur à l'ordre.
Bah euh, comment dire, les filles, si vous vous sentez moches enceintes c'est un peu super logique, par contre si Chéri en profite pour aller voir ailleurs alors que vous avez les plus gros nichons du monde, voire une libido explosive, je suis désolée de vous dire que Chéri est un con et que y'a des big coucougnettes qui flottent dans le potage de l'amûûûûr hein. Quand on aime, vous je ne sais pas, mais moi oui, bah on s'attarde pas plus sur une bête état de baleine, dure-t-il neuf mois, que sur une paire de guibolles non-épilées en plein hiver. Sinon le Monsieur il va voir ailleurs si j'y suis, et logiquement je l'envoie là où je ne suis pas. Non mais oh. Qu'est-ce que je vais donc faire Chéri il devient chauve un jour? Ca ne durera pas neuf mois cette mochitude, à moins que la science fasse des progrès de folie ou qu'il accepte de se faire greffer des pwals de uq sur la tête. Et je devrais le changer pour un modèle plus beau? Famili vous offre le supermarché de l'amûr, c'est hyper open mind en fait comme magazine, faut pas croire.
Mais je ne suis pas NORMALE, vu que je ne suis absolument pas jalouse des gonzesses qui peuvent graviter autour de Monsieur. Par contre ça me gonfle d'être moche, ça c'est clair. En même temps je fabrique le bébé de Monsieur, alors il assume bordel.


[la suite demain, sauf si bien sûr il y a pondage inopiné avant, muf muf muf]


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04 avril 2007

angel se fait bien caguer

Non mais limite, je dis bien limite, je voudrais accoucher juste pour qu'il se passe un truc. Alors bon comme ça ne veut pas viendre, et comme de toutes façons j'ai l'énergie d'une moule périmée, je ne fais rien pour que ça vienne, j'attends. Je sais que je peux attendre jusqu'au 15 avril, voire jusqu'au 20 si on écoute les méchants de l'hôpital que le déclenchement c'est mal blablablabla (ta goule et pose moi ce pitin de gel tidisite sinon je te fais péter ta maternité moué!)

Et pendant que j'attends, dieu que je m'emmerde. Parce que bien sûr j'ai atteint une telle circonférence que le moindre mouvement est un effort homérique. Exemple: le fameux malaise vagal après tentative d'enfilage de culotte king-size en position debout (trop l'exploit, ah non, raté!). Parce que donc je ne fiche strictement rien. Je regarde passer le temps. Ah si, je rigole devant certaines mises en vente sur e-bay (vous le saviez vous que certaines gonzesses achètent sur ebay des gigoteuses vertbaudet encore plus cher que sur le site de vertbaudet?? sont-elles couillones) je souris devant mes blogs préférés, j'enchaîne les parties de spider, je me raconte des scénarii catastrophes à chaque contraction, je fais chier les autres avec mes angoisses, je regarde ce bide avec un nombril qui ressort et c'est trop trop moche, j'essaie de voir si je peux télécommander mes enfants (réponse: non, par contre eux ils peuvent me rendre dingue en trois minutes), je.... pfff je rien en fait. Rien.

Ah si, je dors. Mal, mais tout le temps. C'est une activité super passionnante, surtout quand on ne rêve même pas.

Ma vie là, c'est la chierie.
Et en plus, en plus, je n'ai même plus le sens de l'humour. Je vous le dis, ça sent la fin. Ou pas.



ps: si je ne blogue pas, ça ne veut pas dire que j'accouche. Ca veut juste dire que je n'ai rien à dire. Suffit de lire les quelques lignes ci-dessus pour s'en convaincre aisément.

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02 avril 2007

angel dans la salle d'attente

C'est vraiment l'impression que j'ai. D'être dans une sorte d'immense salle d'attente, et de n'avoir aucune idée de quand ça va être mon tour, d'à quelle sauce je vais être bectave, est ce que le doc est gentil ou vais-je avoir à faire avec un psychopathe en blouse blanche, faut attendre longtemps, ou pas, et pis il file quoi comme ordonnance le gars, et il te garde longtemps ou il te relâche vite fait? HUM? Pourquoi personne ne me répond?

J'essaie d'attraper des infos, ouais y'a une fille qui a accouché chez elle en deux heures (coucou, je suis encore morte de trouille d'avoir lu ce récit hein), une autre qui a eu le temps d'aller à la maternité mais la péri n'était pas au top de l'efficacité, certaines ont du être déclenchées, d'autres ont eu des césariennes, et pis des fois comme ci et d'autres comme ça. Au secours!

A quelle sauce vais-je donc être mangée?
Je n'en ai aucune idée.
Je sais qu'hier j'ai rangé huit mois de papiers et réglé mes factures et autres pénibleries. Je suis toujours enceinte.
Je sais que mon bilan péri est périmé (ahahahahah) jeudi soir, et je suis toujours enceinte.
Je sais que la chambre est finite, les valises faites. Je suis TOUJOURS enceinte.
Je sais que je contracte de façon totalement anarchique ou régulière depuis 10 jours, mais je suis TOUJOURS ENCEINTE.

Ce soir c'est la Pleine Lune, la Déesse des Femmes Enceintes qui Vont Pondre.
Ce soir Alix a la ouature et donc je n'aurai pas besoin d'apeller un taxi ou pire, les pompiers.
Mais vu que je ne sais rien à rien, autant demain matin je serais toujours enceinte.

Il reste 2 semaines. Je suis énorme, je suis crevée, j'arrive presque plus à me bouger, j'ai le retour de la gerbe, je reperds du poids (gnnn??? et les fingers et le danao n'y peuvent rien, c'est totalement hallucinant), je ne dors quasi plus rongée par l'angoisse de cavientyhoucavientypa?


Bon, dans l'expectative, et dans l'attente de l'heureux évènement, voici mon cahier des charges pour mon troisième et dernier accouchement de toute ma vie entière tu peux parier ta laïfe la dessus mon coco. Que les Autorités Compétentes en prennent connaissance, l'étudient attentivement, et le suivent à la lettre, merci
(oh une contraction!)
(aïe quand même)

Donc moi, Angel, The Coin Coin Master, Blogueuse Folle, Maman Chtarbée, Femme Chiante, je veuzéjéxige:

- une garde facile de mes gniards déjà nés pendant que je me casse pondre le petit frère de 6,9 kilos et des pépettes. De préférence par ma belle-mère à mon domicile, tranquille basile. Alix fera aussi très bien l'affaire, mais bon, faut l'épargner un peu, elle est crevée et elle en a déjà trois, des marmots. La pauvre.

- un accompagnement obligatoire trajet+travail+torture finale par mon Chéwi au top de la concentration maximale (si si tu peux le faire) (par voie de conséquence, le faire apeller pendant qu'il explique les subtilités de la langue balzacienne à de jeunes bourgeois désoeuvrés, c'est NIET. Non négociable)

- ordre de préférence de chauffeurs pour l'hosto: Alix, ma belle-mère, mon père, le taxi, les pompiers. Le dernier cas, franchement, pas glop. Même si plein de jolis messieurs à reluquer, je ne pourrais même pas en profiter because présence de Chéwi mit contractions dans ma goule.

- péridurale tout de suite quand j'arrive, merci. Bien penser à laisser agir la xylocaïne ste feignasse avant de me poser le catheter, sinon ça douille et je bouge, donc c'est trois minutes, comme les oeufs à la coque bordel, spa dur à retiendre pourtant?

- oui je vais me mettre un max de doses, rienapété, je ne VEUX PAS souffrir, je suis morte de trouille à l'idée de la douille maximale qui m'attends, alors ca va bien, ça fait huit mois et demi que je souffre, donc si on me file enfin de la came, croyez moi que je vais me shooter que ça va être quelque chose les zaminches.

- une très gentille sage-femme, très compétente, très rigolote aussi, et qui trouve mon humour formidable, ma trouille légitime, et mon caractère délicieux. Bien sûr que c'est possible!

- un accouchement de rêve avec expulsion en trois minutes, sans avoir bobo, ni petit bébé coquin qui joue avec son cordon, j'ai déjà donné, et aouchhhh, ma foune s'en souvient encore (oui on peut arrêter de pousser, même quand le bébé à déjà sorti une épaule le tit salopiot).

- un placenta qui se casse vitefé, pas d'épisio, ni ventouse, ni forceps, ni césarienne, et encore moins danse sur mon bide pour expulser le locataire squatteur.

- un séjour de deux nuits maxi au goulag. Maxi. Je sais encore farpaitement allaiter, changer une couche, donner un bain et saper un moutard, merci merci merci byebye.

- une chambre simple, je NE suis PAS un être sociable, et je vous préviens que je fais chialer les primipares hein!



Voilà.
J'espère que je n'ai rien oublié.

Ah si, ce serait bien que la Boulette n'ait pas trop de cheveux, y'a encore des pouxes qui traînent à la maison. Et qu'il soit super en forme mais qu'il ne fasse pas plus de 4 kilos, merci merci merci.

Bon sur ce, j'attends.
Zen quoi.
(aouch contraction)

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