- la taie d'oreiller, blog antirides préventif -



03 septembre 2008

les Ouacances d'Angel - 3 -

Où il faut voir la mer, on est venus pour ça!


Dès les bagages déposés et les nouvelles twalettes top design qui tuent utilisées par toute la famille sauf celui qui porte des couches, heureux enfant, il fallait aller voir la mer. A moins de 10 minutes de marche, il aurait été ballot de s'en priver. Equipés de la poussette, et d'un plan, nous voilà dans la rue. Merci Google Map et l'Office du tourisme qui m'avait envoyé le plan depuis 15 jours, j'avais pu vaincre ma nullité chronique en orientation: j'avais le plan imprimé dans le cortex, je ne vous dis pas comment j'ai épaté le Chéwi, c'était grandiose.

Le seul souci, c'est que dès qu'on a mis le pied dehors, il a commencé à pleuvoir. Des petites gouttes. Chéwi est remonté chercher les impers des enfants pendant que j'installais la protection pluie sur la poussette. Il est redescendu équipé de son superbe k-way vert bouteille édition 1988, qui lui fait une tête de débile profond. Faut il que je l'aime pour supporter cette vision, je vous jure, faut le vouloir.

M'enfin au bout de 5 minutes de marche sous une pluie qui devenait battante, je me serais volontiers déguisée en crétine totale vert sapin aussi hein. Parce que ma pauvre veste en jean trempée et mes lunettes non pourvues d'essuie glace faisaient une bien maigre protection contre les éléments déchaînés. C'est quoi cette ville pourrie là? Et ce boucan là, c'est quoi?
Quoi?
Des quoi?
Des mouettes?

CHIERIE

Le boucan de ces volatiles, c'est quelque chose, pire que des poules, déjà que j'aime pas les poules - cherche pas je trouve que les poules c'est con, ça va hein, je suis déjà assez tolérantes avec les humains alors que bon y'en a certains que bon, feraient mieux de pas trop la ramener, alors on va pas m'escagasser pour une petite détestation de rindutou sur les poulets. Et les mouettes c'est pire que des piafs aussi, ça a le volume sonore bloqué sur 1500 décibels et ça braille à qui mieux mieux par groupe de 48 bestiaux décérébrés. Non je ne dis pas ça parce qu'elles nous ont réveillés tous les matins aux aurores, ces saloperies. Pfffff. N'empêche les mouettes rieuses, ce sont les pires. Deux baffes, qu'est-ce qu'elles ont à se gausser comme ça, j'ai marché dans le caca ou bien?

Bref.

Flotte, flotte, flotte, mais enfants motivés pour voir la mer, donc vamos la playa sous la tempête, juste j'aimerais qu'on me rappelle pourquoi je n'ai pas pris une location à Bora Bora déjà?

Ben je suis désolée, mais la mer, quand il pleut, ben tu la vois, ok, mais pas beaucoup beaucoup, enfin surtout moi avec mes lunettes dégoûlinantes de pluie, j'ai juste vu un gris plus foncé en bas de l'horizon, et vaguement mouvant. Et du sable trempé devant. Youpi. Ca valait le coup de se fader quasi 4 heures porte à porte de transports mit un Arh-Ment et un TER bondé, avec portage de bagages en plomb blindé, pour voir ça.

Ok on rentre, c'est bon on la verra mieux demain la mer, si ça continue je vais mourir de la pneumonie de la mouette, alors ca va bien hein les gnomes, vamos la casa, qu'on mange!

Oh des bateaux!
Oh ils sont choupis didon les voiliers là, tiens regarde il y en a un qui est à vendre, tu crois que ça coûte cher?
Quoi?
Bah quoi, on peut toujours rêver hein.

Vamos la casa, ok.

Non mais la mer, c'est surfait d'abord.


Où l'on découvre la plage et où la Lutine marche pieds nus


Après une bonne nuit de sommeil avec la lumière des lampadaires de la rue au travers des persiennes et le bruit des camions de nettoyage et le suave chant des mouettes et des goélands qui nichent sur le toit d'en face, nous voilà tout frais requinqués pour aller à la playa, et faire trempette dans la Manche (température approximative, - 12° selon Chéwi, 19° selon ma pomme). Vu que la veille nous avons avalé un succulent repas à base de pâtes à la sauce tomate, à savoir ce que Chéwi a pu porter dans son sac à dos de non périssable et rapide à cuisiner, il a d'abord fallu aller au Pionch local histoire de faire quelques courses vitales pour nous nourrir un peu mieux pour la journée à venir. Ensuite repérage des lieux, whahhhh les Planches c'est classe, tous ces noms d'acteurs whaouhhhhhh, mais je n'ai pas trouvé Georges? et rentrage à la casa pour manger, et roupiller, la sieste c'est sacré.

La plage. Bah elle est vachement chouette la plage. Déjà c'est du sable, et quiconque ayant eu ne serait-ce qu'une seule fois dans sa vie à subir l'affront de s'allonger sur une plage de galets, saura de quoi je parle - 3 semaines à Nice avec Chéwi il y a une dizaine d'années, m'ont laissé traumatisée pour la vie. Le sable c'est bien. Et ça tombe à pic, y'en a des tonnes là, du sable. Il y a aussi des parasols multicolores mais tous fermés, il fait un peu gris. pas froid du tout, mais gris. Ce sublime temps gris se déclinera du gris clair au gris foncé jusqu'au samedi, où il fera un temps magnifique, et développera chez mon Chéwi une curieuse addiction à la porte d'entrée de l'Office du Tourisme où une gentille personne affiche tous les jours un bulletin météo détaillé et les prévisions pour le lendemain - toujours mensongères, les prévisions, tenez-vous le pour dit, la météo à Deauville c'est du gros bobard pour retenir le touriste, tous les jours ça disait qu'il allait faire beau demain, mouarf, c'était pô vrai. Il a failli m'en faire une dépression mon pauvre amour, sans soleil, il défunte hein. Note pour plus tard: l'année prochaine, Cannes, quitte à continuer les plages à festival, hein.

Donc jolie plage de sable avec mer aimable pas trop froide, temps gris mais température clémente, voilà que les enfants ont mis leurs maillots sous leur tenue, et que nous arrivons au bord de la plage, avec la poussette et LaPatate dedans.
PitiGasson et la Lutine enlèvent leurs sandales, les déposent dans le panier de la poussette, et roule ma poule, direction la flotte salée.
Premier constat, pousser la poussette sur le sable avec une GrossePatateRigolarde dedans, c'est mission impossible. On se partage donc les taches: à Chéwi LaPatateRavi, à moi LaPoussetteReloue. Au bout de quelques mètres, je n'en peux plus. J'ai beau essayer toutes les stratégies possibles, ça n'avance guère et ce aux prix d'efforts qui me laissent l'aisselle moite et le coeur en vrille. Ok. Re-échange, je porte LaPatateRigolu, et Chéwi porte LaPoussettePénible. Les enfants eux, sont loin devant, ça cavale que c'est quelque chose.

Enfin nous voilà posés au bord du sable humide. On installe le camp, dépôt de la poussette, remontage de pantalons, enfants en maillots et tee-shirts, bébé en couche et tee-shirt, on va tremper les pieds dans l'eau froooOOOoooiiiIIIIIide sa mère elle est geléééééééée et ramasser des coquillages, et manger du sable récupéré à l'aide d'une coque vide pour le plus jeune et plus gourmet d'entre nous - il a été littéralement impossible de l'empêcher de s'adonner à cette nouvelle marotte, il a mangé du sable absolument tous les jours. Avec bonheur et ravissement. Après il boulottait des Princes, alors qu'il n'aime pas le chocolat, mais l'air marin, ça creuse!

Cette première après-midi à la plage aurait pu avoir la perfection des premières fois. Mais un grain de sable - ahahahahahahaha, quoi?? - est venu se greffer dans l'engrenage et mettre du sel - ahahahahahahahaha, rooo mais quoi?? - dans l'histoire.

Car en repartant de la plage, reportage de la poussette d'un côté et du bébé de l'autre - je vous rassure, on n'a plus JAMAIS emporté la poussette sur la plage, con une fois, pas deux, bref on arrive au bord de la marina, Chéwi remet ses baskets, je vais pour donner leurs sandales aux enfants mais HORREUR DAMNATION et JE LE CROIS PAS, il n'y a plus dans le panier de la poussette qu'une sandale à scratchs du PitiGasson, et zéro sandales de la Lutine, ses mignonnes petites sandales en nubuck brun clair qui m'ont coûté un peu beaucoup cher mais qui lui ont fait bon usage depuis le mois de mai tout en restant impeccables. Misère!

Chéwi repart, refait notre chemmin, revient, bredouille. Ma fille et mon fils sont pieds-nus, LaPatateBlasé bâfre des Princes dans sa fichue poussette. J'y vais, je cherche, j'essaie de me souvenir par où exactement on est passé, ce qui est hyper facile, parce que sur une plage de sable, rien ne ressemble plus à du sable, ben que euh... du sable. il y a quelques poubelles, poteaux divers, et crottins de cheval, qui peuvent servir de repères visuels, et le petit tas de coquillage qui a marqué notre point de chute, mais franchement, c'est maigre. Je finis par retrouver une sandale de la Lutine, à l'envers dans le sable, mais l'autre, impossible. Pendant ce temps des enfants qui jouaient au ballon rapportent au Chéwi la sandale manquante du PitiGasosn, qui se trouve donc prestement chaussé.

Malgré deux allers retours encore sur la plage, à scruter le sable sous le soleil rasant de 19 00, à chercher une sandale brun clair à semelle beige sur un sable aux mêmes coloris, ce fut un échec.

Je dus renvoyer Chéwi et mes fils à l'appartement, pendant que ma fille, totalement pieds nus, se dépêchait d'arriver chez Champion avant que le magasin ne ferme. Hyper classe la minette pieds nus dans cette ville si bon chic bon genre, avec sa mère encore couverte de sable parce que pas le temps de prendre sa douche. Ah on avait fière allure.

On trouvera une paire de tongs bleues très jolies aux yeux de la demoiselle, pour une somme relativement modique, et la gentille caissière se fera un plaisir de les détacher d'un coup de ciseaux et d'enlever les étiquettes.

Le lendemain, la très sympathique dame qui m'a reçue au bureau des Bains de mer prendra mon numéro de portable au cas où on lui ramène la sandale, dont elle notera scrupuleusement les références, elle passera un coup de fil au poste de secours et aux services techniques qui nettoient chaque soir la plage, mais rien n'y fera, la sandale unique finira le séjour à la poubelle, morte de tristesse de n'avoir retrouvé sa compagne égarée.

Et ma fille fera sa crâneuse toute la semaine avec ses nouvelles tongs que jamais je ne les lui aurais achetées autrement...

Où Angel part à la recherche du tome 3

(à suivre...)



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