12 juillet 2005

si j'avais un marteau

Avant que ce blog ne naisse, je m'étais offert comme cadal d'anniv un fauteuil de bureau, un qui balance et qui tourne et qui est confortable de la fesse. Puis, peu après la naissance du Gnome, le fauteuil a cassé, alors que j'étais assise dessus.
Alors t'es là dans ton fauteuil, devant ton ordi, tu miaoutes avec ta coupine et pis d'un coup, CRAAAAAAACCCCCC, t'as juste le réflexe qui va bien et tu te rattrapes au bureau, sinon, tant pispour ta goule, tu pars en arrière et tu t' émiettes la nuque sur le parquet.
Après t'as l'air trop bête debout devant ton ordi, et tu prends une chaise dans la cuisine.
Un jour, tu te dis que quand même ce fauteuil est garanti, que tu l'as payé de tes sous à toi que t'as gagné durement, et tu ramènes la pièce pétée au service après-vente de chez C*******A. Comme ils ne vérifient pas ton adresse et qu'entre temps tu as déménagé, ils t'envoient des courriers comme quoi la pièce neuve est arrivée, mais bien sûr tu ne reçois rien. Ben ui. Au bout d'un temps indéterminé mais plutôt long, on dira plusieurs mois car je suis parfois très longue à la détente, tu les apelles, pas contente du tout, en disant, oui bon ça va bien maintenant, mais la chaise de la cuisine elle a mourru sous mon cul aussi hein. Je veux mon fauteuil!
Ce qu'il faut savoir c'est que le fauteil il est dans ma cave, il prend la poussière, parce que chez BIP BIP ils n'en veulent pas, ils ont juste constaté la mort clinique de la pièce (l'assise métallique) et commandé son clone. Et oui le premier qui dit que c'est la faute de mon énormitude popotamesque si ce fauteuil (et la chaise de la cuisine) m'ont clamsé sous le popotin, je lui marrave la face, parce que mon fauteuil ikéa en osier, il tient super bien le coup depuis un an, alors bon. Pouet pouet hein.
Je recommande de la pièce pétée, puisque repartie chez le fournisseur depuis le temps. Je donne ma nouvelle adresse. On ne me la fait pas deux fois la blague, une femme avertie en vaut deux (ok trois dans mon cas). Et genre trois mois après, ils ne sont pas pressés, je reçois un courrier officiel comme quoi c'est bon, je peux viendre.
Et dimanche, avec mon papa, on est viendus.
Et on a bien rigolu.
Parce que quand même, scène d'anthologie.

Dimanche matin, après que mon papa soit passé chez son boucher acheter son boudin dominical (et que je n'ai pas vomi dans sa voiture), nous nous sommes rendus chez HUM HUM HAMA, et donc plus précisément au S.A.V.
Rapidement reçu par un type plutôt sympatoche. On lui dépose sur le comptoir le pied du fauteuil auquel est encore rattachée la mécanique foutue, et il file en réserve nous rapporter le carton qui contient la mécanique neuve.
Pendant qu'il complète les papiers puis ouvre le carton, il nous dit l'air de rien:
bon pour enlever l'ancienne mécanique, va vous falloir une massette hein, c'est costaud ces trucs là, le verrin a travaillé*.

...

...


GN?

...

...

Kezaco une massette?
Je ne suis même pas sûre que ça s'écrive comme ça, et en plus j'ai la flemme de chercher.
Donc bon, je m'énerve un peu là:
Ah bah oui, mais ça ne va pas être possible, parce que 1 je n'ai pas de massette, 2 je ne sais pas m'en servir de toutes façons, 3 je n'ai pas envie de tout péter non plus.
(4. je ne sais pas ce que c'est mais je me doute que ce n'est pas un truc mignon en fourrure molettonée )

Là le monsieur que déjà il commence à me gaver, me dit qu'à la rigueur il peut demander à leur ébéniste de me faire ça en semaine, mais que bon, je fais chier quoi. Ben tiens. Avec mon papa, c'est pas qu'on en a marre, mais en même temps on n'a pas que ça à faire de nos vies, et donc hop chef du SAV.
Le chef, un grand black à chemise rayée tout à fait hypnotisante (qui bute les yeux en fait), ce n'est pas un rigolo, non non non, on ne la lui fait pas, à lui, c'est lui le chef, et j'ai beau lui dire qu'il est hors de quetion que je file un coup de masse (que je n'ai pas de toutes façons) dans mon fauteuil qui est loin d'avoir mérité ça le pauvre, qu'à la rigueur il peut me rembourser le fauteuil hein, je m'en cogne, (ouais je l'aime mon fauteuil en osier ikea aussi) lui il en a rien à péter. Son crédo: nous vendons des meubles à monter soi-même, donc on vous remplace la partie défectueuse et vous la montez vous même.
L'argument comme quoi je pourrais être une petite grabataire de 90 ans toute frêle et que j'aurais l'air bien empotée avec ma masse, il en a rien à tamponner non plus le bougre d'abruti.
Je ne le lâche pas le gars, parce que son histoire elle est pas super claire, ça me parait moyen légal son histoire de masse. Et puis bon c'est le fauteuil vendu par son abruti de magasin qui a failli me tuer, il en faudrait pas l'oublier, rien à tamponner qu'il y ait moins de 3% de problèmes sur cette article, parce que c'est tombé sur ma goule alors bn (oui ok sur mon cul en fait).
Et c'est là qu'il fait le faux pas, hin hin hin.
Il me dit que bon il veut bien faire "un geste commercial", parce que bon "vous êtes une femme" (sic).
Je m'indigne, genre je suis une femme non mais ça veut dire quoi, que je ne sais pas me servir de mes dix doigts, je ne suis pas costaude, c'est ça? N'importe quoi, je ne veux pas flinguer mon fauteuil, c'est tout. Va voir lui si je ne suis pas costaude, je vais lui faire dégringoler ses dents sur sa chemise rayée blanc et noir qui me bousille les yeux depuis tout à l'heure grummmbbbblllll.
Il s'énerve et il me sort, que faut pas charrier, en trois coups de marteau, c'est bon, on vire la mécanique et on installe la nouvelle.
Hin hin hin. Erreur fatale.
Et bien cher monsieur chef du SAV, vous devez bien avoir un chtit marteau quelque part dans votre turne là? Oui ? Ben allez-y, enlevez moi ma mécanique je vous prie, vous, l'homme fort.
(là y'a mon père qui déjà ricanne grave)(mais sous cape, il est poli quand même).

Le gars revient avec un marteau. Mon père fait mine de l'aider, genre on est des hommes, allez hop, viril tout ça, réparons ce fauteuil, ah ah ahah .
Le chef, il n'a pas besoin de mon père, non monsieur, ce n'est vraiment rien du tout, je vais faire ça tout de suite.
Patiente je le regarde donner les trois coups de marteau qui doivent logiquement déloger la mécanique pétée.
Je le regarde en donner 10 de plus.
Je regarde le pied du fauteuil qui gicle.
Je le regarde qui le remet en place.
Je le regarde qui redonne des coups de marteau (rageurs là)
Je le regarde qui EXPLOSE le verrin. Les petites pièces qui volent.
Je le regarde qui part furieux et vexé comme le cul d'un pou constipé vers la réserve en gromellant à son employé de me trouver un verrin neuf et d'installer dessus la nouvelle mécanique.
Je le regarde et je n'éclate pas de rire.

Pourtant j'aurais pu. Mais il était parti, dommage.
Hin hin hin.

Je rigole là maintenant, mais franchement, si j'avais suivi ses instructions à la con chez moi, j'aurais pété mon fauteuil, et je l'aurais eu dans l'os. Bien profond.






* enfin je crois , un truc du genre, la mécanique et moi, n'est-ce-pas, on se fait la goule.
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