07 septembre 2008

les Ouacances d'Angel - 4 -

Où Angel part à la recherche du tome 3


Cette semaine a quand même été une semaine sans internet, et ça il ne faut pas oublier de le préciser. Harnachés comme des baudets dans le train, je ne me voyais pas ajouter mon lourd portable à la charge de bagages, dans l'hypothétique espoir de trouver un cyber ou un spot wifi à Deauville. Et puis j'avais autre chose à faire que de surfer sur la vibe du web hein, comme faire les courses tous les jours, histoire de ne pas acheter de l'inutile que l'on ne pourrait pas remporter chez nous, mais juste ce dont on avait besoin pour confectionner nos repas, ou encore aller à la plage, ou bien chercher un square digne de ce nom pour occuper un peu les matinées de deux petits gars plutôt remuants - oubliez, les gens, n'allez pas vivre à Deauville avec des enfants en bas âge, il y a bien deux squares avec des jeux pour enfants dans cette ville, deux, pas un de plus, le premier est plutôt pas mal de loin de notre appartement, il se situe à la toute fin des fameuses planches, derrière, dans un joli espace vert, mais il n'est pas très fourni, et n'a amusé nos zigotos qu'un petit quart d'heure, quant à l'autre, il est encore plus loin, et fera l'objet à lui tout seul d'un chapitre de ces mini chroniques... Wahhh le suspens, ça tue.

Bref. Moi le soir, sans mon ptit ordi pour lire des trucs ou regarder des machins super légaux, me voilà obligée de bouquiner, mon dieu, quelle plaie. Non je déconne. J'étais ravie de pouvoir passer plus de temps à lire. Petit souci, la super petite lampe offerte par deedeen pour lire dans mon lit s'est allumée au fond de mon sac la veille de partir en vacances, et on ne s'en est rendu compte qu' au bout de 48 heures, les piles étaient entrain de chialer leur môman, les pauvres, bref, on a du lire à la lueur des DS, rapport qu'on ne voulait pas empêcher les mouflets de roupiller, déjà que persiennes pourries + lampadaires de la rue + rideaux plus fins qu'une culotte 10 ans d'âge, c'était limite discothèque dans la chambre avec DJ Mouette et MC Goéland (enfoirés). Gros souci, j'ai eu vite fait d'avaler le tome 2 de la série des Jasper Fforde, entamée avec le très bon L'affaire Jane Eyre, et poursuivi avec l'excellentissime Délivrez-moi!

Et comme la cigale, quand l'hiver fut venu, me voici fort dépourvue, car je n'avais songé qu'à emporter un seul livre, pour une semaine, je crois que l'angoâsse du changement de trains avait du me tournebouler le cortex je ne vois que ça, et voilà qur je voulais absolument lire le tome 3 de cette sublime et délectable et hilarante et intelligente et fabuleuse série.
Et quand j'ai une idée dans la tête, croyez-moi, ça peut faire (très) mal.
Le lendemain, direction l'Office du Tourisme, et armée de mon plus beau sourire et de mon regard "j'aime tout le monde et vous êtes un être merveilleux qui allez éclairer mon chemin" je demande à l'employé quels sont les librairies de la ville, et où elles se sitent. Enfin, j'ai demandé, pour être précise, s'il y avait une bonne librairie en ville.
Ce qui est le cas.
Avec un propriétaire tout à fait charmant.
Il avait même le tome 1. Mais c'est tout. Pas la peine de songer à la commande, je n'avais pas le temps.
Mon envie grandissait. Terriblement.
Je VOULAIS ce bouquin, surtout que le tome 2 se termine de façon extrêmement non-conclusive, et appelle le tome 3 de toutes ses forces: tooooooome 3! ouhouh toooooome 3!

(non mais vous voyez où le manque d'internet peut mener? c'est terrifiant, proprement terrifiant!)

Je venais déjà de perdre une bonne grosse demi-heure à me rendre à la première librairie, mais j'ai poursuivi jusque la maison de la presse. Evidemment, que dalle, comment tu peux croire deux minutes que je vais dégotter dans une maison de la presse un poche en 10/18 dont le sujet est une brillante uchronie littéraire, laisse béton, cocotte. Je fis bien évidemment chou blanc et m'en retournais toute misérable. Et pleurant mon Amazon chéri.

Le soir même, alors que MaPatateMangeurDeSable s'endormait au néné, peinard, j'appelais ma mère, afin qu'armée des PagesJaunes.fr, et de Google Map, outils sublimes s'il en est et dont j'étais dépourvue, elle puisse me rencarder efficacement sur la question qui me taraudait: est-ce qu'il y a une Fnaque ou un Virginne planqué kekpart que j'aurais pas vu, ou quoi??

Ma mère ravie de sa mission, finit par établir qu'il existait une troisième librairie, la Librairie du Corsaire, qu'elle était relativement loin de chez nous, mais qu'elle avait le mérite d'exister.

Le lendemain, accompagnée de ma fille, je lâchais Chéwi et mes fils dans le Pionch local à la recherche d'un cerf-volant, nouvelle lubie de Chéwi en rapport avec la météo, hum, et nous nous rendîmes à la librairie du Corsaire. Tudieu. Ce fut très long. Du même coup on vit un très moche hôtel hors de prix, et un cinéma qui avait l'air chouette. Arrivées dans la librairie, force fut de constater qu'il s'agissait là d'une autre maison de la presse. Autant dire, que dalle. 3000 exemplaires de Sophie Kinsella. Bah j'ai craqué, j'ai acheté l'Accro du Shopping 4, que voulez-vous, je n'avais plus rien à lire! Ma fille est repartie avec une boule coco pour elle et une sucette au coca pour son frère, elle est choupi.

J'ai continué jusqu'à la fin de la semaine à chercher. Quand je suis rentrée chez moi l'une des premières choses que j'ai faites, a été de me commander ce fichu tome 3 sur Amazon, terre bénite et consacrée, haut lieu de la littérature DISPONIBLE! J'ai pré commandé le tome 4 pas encore sorti. Je prends mes précautions. Me ferais plus avoir. Never.

Deauville, ville du lusque, mais pas de la culture, c'est clair!
METTEZ UNE FNAQUE A DEAUVILLE!
(je vais faire circuler une pétition)


Où tout le monde part en repérage, ou, la plus longue des balades (ou presque)!

Le mercredi matin, voilà, on voulait aller voir l'hippodrome, on se disait que ce serait chouette de voir les chevaux qui galopent galopent galopent et font gagner du pognon si on est un peu malin. Munie du très fameux plan de la poche de mon grand sac, celui que je sortais tout le temps histoire de ne pas se paumer - mon sens de l'orientation peut être un vrai désastre, des centaines de témoignages à disposition! nous voilà donc partis à la recherche de l'hippodrome.
Que l'on trouve relativement facilement.
Faut dire que pour rater un immense champ de gazon tout vert-vert, il faut quand même avoir ses yeux rangés dans son popotin.
Ensuite, quand tu as trouvé le pré gigantesque, tu te rends compte que oui, y'a des grandes grilles tout du long.
Mais par où qu'on rentre dans le bousin?
C'est là que ça se corse.
Et qu'on commence à marcher très très très très longtemps, histoire de faire un grand grand tour de cette saloperie de pelouse à cataclops, et que les enfants ils te regardent comme si ton but secret c'était de leur couper les guibolles, lentement, en les faisant souffrir au max.

Bon alors tu vois des écuries, plein, pour la plus grande joie de MaPatatePortéLui, avec plein de chevaux dedans, logique.

Tu vois aussi un hôtel que ça doit coûter environ un bras pour avoir le droit d'y entrer seulement ton pied gauche, très jouli, je me demande quand est-ce que je deviens très très très riche pour pouvoir me payer des trucs comme ça (jamais? comment ça jamais??).

Tu vas tellement loin que tu vois la très célèbre Villa Strasbourgeoise comme il dit mon Chéwi, mais bon pour la visiter c'est demain - oh my, remarcher tout ça?? et il faut téléphoner pour réserver - euh, je suis timide, je n'ai pas osé, j'ai honte, et aussi j'avoue que je ne me voyais pas traîner l'Enfer sur Terre, aka PitiGassonFatigué, dans le lusque et la classe strasbourgeoise...

Bon.
On reste calmes, groupés, concentrés. On arrête de chialer qu'on a faim et mal aux jambes.
C'est quoi ses enfants d'abord.
Na mé.
Bon.
Alors faut aller par là.
Si.
Hop.
L'entrée c'est face au truc muche là, tiens voilà, c'est là.
Oui il faut encore marcher pour arriver jusque la vraie entrée, c'est déjà bien on a atteint les parkings, m'embêtez pas.
Voilà on y est.
Oh.
Bah c'est fermé didon.
Beh?

Ah bah voilà, le monsieur qui passe par là il nous explique que mercredi, pas courses, mais que jeudi, courses. Revenir demain donc.
Ok.
Va pas être facile à vendre aux enfants ça.
Hum.

Roooo on passera discrètement sur mon super raccourci pour sortir plus vite de l'hippodrome et rentrer plus vite à la maison - un rallongi, grilles fermées, enfoirés!
pour arriver sur le très chouette moment où on passe devant une écurie qui donne sur une rue qui longe l'hippodrome, et qu'un gars en sort, nous apostrophe pour savoir si on va voir les courses demain, et nous offre des places, trop super!Allez si , trop super, il est gentil le monsieur, et puis ça veut dire qu'on a des têtes de gens gentils (fauchés?) , j'adore.

Enfin je dis ça je dis rien, mais si on n'avait pas pris mon rallongi, ben on ne serait pas tombés sur le gentil monsieur, et on aurait du payer nos entrées le lendemain,
parce que oui nous y sommes retournés
tu penses!

Où l'on décide de sortir de Deauville



[à suivre]



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