Déjà je tiens à dire qu'il gèle du chamallow, en extérieurs.
Et que donc, au départ me forcer à sortir de dessous ma couette pour aller travailler s'apparente à de la maltraitance. Déjà.
Ensuite, figure toi que les ptits zenfants mignons de ma classe, à deux semaines des vacances, ils sont tellement cuits de fatigue et tellement surexcités par l'approche de Noël, que tu as l'impression que leurs parents leur font sniffer trois rails de coke avant de les larguer dans ma classe. Même ma délicieuse miss E., d'un calme et d'une placidité olympiens, est arrivée façon kangourou bourré d'amphet' dans la classe ce matin, et elle n'a pas réussi à rester immobile plus de 30 secondes. Sérieusement. Je songe à les filmer, y'a du lourd.
Donc j'ai 24 merdouilles pétées au crack qui rebondissent entre les murs de la classe en poussant des cris qui varient entre l'extatique et la corne de brume.
Après avoir marché dans le froid polaire, arrachée bien trop tôt de dessous ma couette, je t'avoue que c'est un peu violent comme début de journée.
Mais bon. J'ai réussi à faire travailler les fauves héroïnomanes pendant 4 séances d'atelier, rien que pour ça j'attends mes palmes académiques. De préférence sur une plage de sable chaud, devant un océan limpide, et avec une boisson fruitée ornée d'une petite ombrelle en papier. Avec des pois, sur l'ombrelle, merci.
Mais ensuite, alors?
Ben accompagnée de mon fidèle assistant, Patate, j'ai grimpé la côte de LaPoste, pour aller récupérer un colis, et on pourrait croire que la pratique quotidienne du jogging aurait amélioré mes capacités pulmonaires, mais que nenni, je suis arrivée telle la locomotive en gare de la Ciottat, complètement essoufflée en haut de cette fichue côte. Alors que bon je cours 2,5 km, va comprendre Georgette.
Ai redescendu la côte, ce qui est beaucoup plus facile comme tout le monde le sait, sauf par temps de verglas, pour aller prendre le bus, aller au centre commercial, récupérer le colis avec les pantalons des gars et la doudoune de l'Ado au relais colis, en profiter pour acheter un moule à tarte - afin que je rende à ma voisine le sien, call me Angel Passion Tartes - des recharges pour le stylo du Zèbre - call me Perfect Mum - et des chouchous pour attacher ma tignasse, car à priori il y a des chapardeurs dans ma maison - ou un chaton con, au choix.
Ai repris le bus, ai marché jusque ma maison, ai monté mes deux étages, ai déballé les colis et cie, me suis assise.
Erreur fatale.
Il a fallu deux - DEUX! - bols de chips pour pouvoir me relever parce que
- LaPatate n'a plus de colle et c'est affreux parce que sa copine lui a filé un tube mais il est quasi vide, et il va pas coller les feuilles avec sa langue quand même, hein bon
- L'Ado va mourir de la migraine, et yapu ni paracétamol ni ibuprofène dans cette maison, mais on doit souffrir jusque la mort, ou quoi, flûte!
Je...
Je me suis rhabillée, j'ai dit à l'Ado de mettre la friteuse à chauffer, parce que là, vu mon niveau d'énergie, je n'allais pas cuisiner, ah ça non, ce serait patates frites et salade de roquette, basta, rapide, on n'en parle plus.
Je suis descendue à la supérette, j'ai acheté la colle, je suis allée en face à la pharmacie, et j'ai fait le plein de dolip' et d'advil, et puis j'ai pris des vitamines, PLEIN DE VITAMINES.
Gnnnnn.
Suis remontée dans ma maison, deux étages, l'huile était chaude dans la friteuse, l'enfant était content d'avoir de la colle, l'Ado s'est avalé un advil, et j'ai ouvert mon congélo.
Rien du tout pour mettre dans la friteuse didon.
Sauf un minuscule fond de sachet de pomme de terre rissolées que tu nourris un demi-enfant non vorace avec.
Je....
Je me suis rhabillée, je suis descendue à la supérette, j'ai cru halluciner devant le congélo des pommes de terre quasiment intégralement vide, j'ai chopé le dernier sac de frites allumettes, ma caissière a rigolé en me revoyant, m'a dit " jamais deux sans trois, ahahaahah", j'ai dit "plutôt crever", et là, ma carte bleue, pour 0,92 euros, ben le terminal il n'était pas ok, donc je suis repartie dans les rayons, j'ai chopé mon lot de briques de crème soja, suis revenue "ahahahhaha une troisième fois" , ai payé, suis rentrée, et ma jupe était limite sous mon chamallow, alors que bon ma conasse de balance m'annonce le même poids depuis 6 mois, mais mes fringues se cassent la gueule, va comprendre...
Ai mis les frites à cuire, ai préparé la salade, les enfants n'avaient pas faim, trop de frites, les deux grands vont tenter le réchauffage de frites, dans le four, demain midi, il faut expérimenter dans la vie, c'est important, allez, si c'est important.
Ils sont couchés, j'ai quasi fini les commandes des cadeaux de Noël, j'ai encore un mini boulot à faire pour ma classe, et ensuite j'aurais le droit d'aller m'écrouler dans mon lit.
Happy me.
TA. GUEULE.
Et je remercie des larmes de bonheur plein les yeux - la fatigue, mais pas que - la très chouette Coca qui m'a envoyé le DVD d'After Earth que nous avons apprécié en famille lors de nos fameuses soirées canapé du vendredi soir, et un fabuleux tour de cou parfaitement doudou et magnifique et qui a l'immense mérite d'aller avec mes deux manteaux, c'est magique.
Et un immense merci à la douce Amandine pour son très chouette calendrier des thés, que je vais commencer à savourer dès lors que je serai en vacances, à savoir au calme!
Merci merci merci, je ne sais pas comment j'y arriverais sans ces délicieuses attentions qui me touchent profondément...