Mon cher ministre adoré que j'aime et j'idolâtre limite - quoi sarcasme? naaaa je n'oserais pas, devoir de réserve toussa toussa - a décidé de me sucrer mon mercredi matin et sa sacro-sainte grasse mat' dès la rentrée prochaine.
Pas merci.
Du coup, je ne vous dis pas comment je savoure chaque minute de chaque mercredi matin où je n'ai pas à me lever pour une réunion avec mes collègues ou une sublime conférence jargonesque ou encore l'une de ces fabuleuses animations pédagogiques que nous, les profs dézécoles, on kiffe grave de chez grave de chez grave. Grave quoi. C'est le mot.
Bref.
Ce matin, mercredi au lit.
Enfin, c'était le plan.
A une heure encore indéterminée de la nuit, alors que j'écrasais sévèrement mon matelas - une fois de plus endormie devant un épisode de
Castle, Nathan pardonne moi! - PtitePatate s'est glissé dans mon lit sous le fallacieux prétexte " maman je viens dormir avec toi, j'ai fait un HORRIB' cauchemar" ce à quoi il ne s'est rien entendu répondre, rapport que du fond du coma c'est difficile d'accéder aux fonctions articulatoires.
Son HORRIB' cauchemar m'est avis que c'est de laisser dormir sa mère d'une traite et au delà de 7h30. Imagine le truc quoi. Vas-y imagine. Moi depuis le temps que je me fais réveiller en fanfare, je ne peux plus.
J'aurais pu dépasser 7h30 si je n'avais oublié de désactiver une vieille alarme d'un vieux mercredi pourri où j'avais du me lever à 7h15. Donc à 7h15, PAF, Nancy Sinatra et ses bottes faites pour marcher ont piétiné mon sommeil bienheureux pour le réduire à peau de zob, et le temps que je lui coupe la chique, il était bien évidemment trop tard, la Machine à Parlotte de LaPatate était lancée.
Mon chat s'est mis à miauler et griffer à la porte de ma chambre, ma fille s'est levée pour aller au Collège de l'Enfer, et LaPatate a fini par faire rentrer le chatchatchouchou dans la chambre. La passion dévorante de mon fils pour nos trois chats en ce moment me laisse d'autant plus pantoise qu'il se prend un nombre impressionnant de coups de griffes - le chat a priori n'est pas une peluche, un concept difficile à capter à 6 ans et demi.
Mon chat saute sur mon lit et comme je m'accroche à mon coma et que je ne veux pas en sortir, parce que je suis ta fi guée de chez ta fi guée, je NE caresse PAS le chat - tout comme je NE réponds PAS au gamin - afin de préserver quelques minutes encore l'illusion d'un sommeil paisible et si confortable, enfin tout du moins d'un sommeil quoi.
Crime de lèse-majesté figurez-vous.
Le chat a pissé sur ma couette.
MA couette.
A MOI.
Que je DORS avec. MA couette sur MON lit dans MA chambre.
Horreur malheur et lave-linge trop petit, il m'a fallu me résoudre à emporter la couette puante et humide -mais surtout puante! - à la laverie.
Enfin ça c'était le projet, mais d'abord j'ai lessivé la housse de couette, et puis j'ai rangé l'appart, passé l'aspirateur, lessivé les sols, houspillé les gamins pour qu'ils rangent leur boxon, essayé de me laver les cheveux sans qu'un crime ne soit commis hors de ma surveillance, préparé le repas, crisé que c'est quoi ces gamins qui n'écoutent rien, douché les monstres, et quand ils furent habillés et moi aussi, il était déjà 16h et il pleuvait à torrents.
Mais il fallait bien aller à la laverie.
Et donc les gamins bien empaquetés dans leurs capuches, avec un sac à dos plein de bouquins pour s'occuper pendant la laverie, ma couette dans un sac poubelle 100 litres - eu la flemme d'aller chercher une grosse valise à la cave, erreur fatale! - dans une main, et mon parapluie géant arc en ciel dans l'autre, nous sommes allés affronter les éléments pendant les 20 minutes de marche à pied qui nous séparaient de la laverie, ô Terre Promise... Longues les 20 minutes. Très longues. Multiples pauses pour resserrer ma prise sur le sac poubelle, et pour expliquer à mon fils que là tout de suite le saut dans les flaques d'eau n'était pas tolérable, ouais je suis pas marrante, mais je suis prête à me coucher sur l'asphalte et me laisser mourir hein.
Suis passée tirer des sous malgré ma ruine financière, acheter de la lessive, faire de la monnaie, et on s'est enquillé l'avenue en évitant les flaques, et le sac lourd et mouillé contre ma jambe a fini par détremper intégralement mon jean du côté droit, donc si on peut attraper un rhube de la jambe droite, je suis tout en haut de la liste, number one priority. Super.
Arrivée au centre commercial j'ai bien été obligée de reconnaître l'inévitable: cette fichue laverie avait fermé ses portes et vu l'état de délabrement du local vandalisé de toutes ses machines, ça devait faire un sacré bout de temps qu'ils avaient mis la clé sous la porte. Tout ça pour ça. Perfect.
Ma pauvre couette, j'avoue que j'étais en train de fomenter son abandon pur et simple dans une benne à ordures, sans plus de chichis ni même une homélie, quand les lueurs bleutées de l'enseigne du pressing me firent entrevoir le bout du tunnel. Entre 24 euros le nettoyage à sec et le prix d'une couette neuve, pouf pouf pouf, le choix fut vite fait, surtout que j'ai un amour immodéré pour les gens du pressing, qui sont un peu des héros des temps modernes, attends les gars ils font tes lessives A TA PLACE. Quand tu vois le nombre de lessives que je me farcis avec 3 gamins et mon gros popotin, crois-moi, ça laisse rêveuse.
Ensuite il a fallu rentrer, non sans rentabiliser le fait d'être au centre commercial pour prendre un rdv ZapCouilles pour le chaton du Zèbre, il a 7 mois le machin, il promet d'être environ grand comme un tigre dans pas longtemps, donc bon, je préfère pas nettoyer le pipi de tigre mutant dans toute sa mâlitude intacte sur ma couette toute propre sortie du pressing.
On ne me la fait pas deux fois.
Ceci dit, la nuit fut fraîche, alors les gens, après avoir lu ce billet, allez faire fissa un câlin à votre couette, elle le mérite, et filer un kick à votre matou, c'est préventif.
Je vous bizoute fort, et à très bientôt.