Il faut bien avouer que j'ai une super trouille des araignées. Serpents, souris, rats, vas-y envoie, no problemo. Guêpes et araignées, je me barre. Loin. En beuglant que la fin du monde se dirige droit sur ma tronche.
Ce matin j'ai vu une PtitePatate hurlant sortir de la chambre de sa soeur " une araignée!! une araignée!! elle m'a montée dessus!!". Ok, c'est génétique.
Du coup je me souviens d'une anecdote que je n'ai pas eu le temps de vous raconter, vu mon boulot anthropophage. Donc hop hop, je vous raconte.
Imaginez une chaude journée de printemps. Imaginez une classe de loustics vraiment déchaînés par l'arrivée du grand soleil et par la fatigue d'une fin de semaine. Imaginez une classe de loustics crevés, énervés, après une séance de gym. Imaginez la maikresse qui crève de chaud dans la grande salle toute vitrée, qui essaie comme elle peut de contenir l'excitation et l'énervement des zaffreux. Enfin elle a réussi à ce que tous soient assis sur les bancs, et à obtenir un silence tout relatif, fragile, instable.
Elle s'apprête à passer la consigne pour aller se mettre en rang, avant d'aller mettre les chaussures et d'évacuer enfin tout ce petit monde grouillant d'énergie et apparemment élevés aux haricots sauteurs, dans la cour.
Et là, alors qu'elle leur tourne le dos un quart de seconde pour vérifier l'heure à la pendule, elle entend un HENAUUUURME cri, enflant depuis 27 bouches hystériques:
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH
Misère, kesskisspass? Dans la grande salle surchauffée le cri résonne, enfle se déforme ne s'arrête pas. Et se précise.
UNE ARAIGNEE AAAAAHHHHHH UNE ARAIGNEE!
Je la vois.
Une araignée HENAURME, mais vraiment HENAURME, comme JAMAIS je n'en ai vue de ma vie entière vue, jamais. Le corps gros comme un callot. Des longues pattes rayées.
Panique panique panique panique.
Ne pas montrer que je panique.
En premier, crier, mais pas de panique, crier pour les faire taire. Je fais ma très très grosse voix de maîkresse pas contente et j'exige le silence. Je finis par l'obtenir, tout en guettant du coin de l'oeil l'araignée gigantesque qui se balade peinarde au milieu de la grande salle vide, inconsciente des 28 paires d'yeux qui la fixent.
J'explique que non on ne va pas l'écraser, alors que toutes les fibres de mon corps beuglent KILL KILL KILL. J'explique qu'on va la mettre dehors, comme mon papa m'a appris à faire - et que Chéwi fait à la zonmé, mais ça ils n'ont pas besoin de le savoir, oh non.
Je vais chercher sur les étagères une sorte de grand récipient jaune, et la longue baguette du tambourin.
Et commence la traque sous les cris d'encouragement et d'offraie mêlés de mes zélèves.
Je m'approche du monstre. J'essaie de la faire monter dans le récipient. Je contrôle tout mon corps pour ne pas me sauver, ne pas hurler, ne pas l'écrabouiller. Je demande à une grande à qui je sais pouvoir faire confiance, de tenir ouverte une porte coupe-feu qui donne sur l'extérieur.
J'ai chaud, j'ai le trouillomètre à zéro, je serre les dents, je reste calme, et j'essaie d'attraper cette ignoble bestiole tout en tenant à distance les relous qui voudraient bien en découdre aussi - la testostérone, un produit de choix dans ma classe, youhou.
Enfin j'arrive à la faire grimper dans le récipient, après que dix fois, quinze fois, vingt fois, elle ait rechignée. Enfin! Calmement, tranquillement, sans lâcher le récipient en hurlant à la pensée qu'elle n'est plus qu'à quelques centimètres de mon poignet, je me dirige vers la porte tenue ouverte, et je la jette dehors. Et on referme la porte viiiiite viiiiiite viiiiite.
Maikresse, un métier qui demande d'avoir les nerfs solides, et de s'assoir sur sa trouille.
Je recommande.
Ce matin j'ai vu une PtitePatate hurlant sortir de la chambre de sa soeur " une araignée!! une araignée!! elle m'a montée dessus!!". Ok, c'est génétique.
Du coup je me souviens d'une anecdote que je n'ai pas eu le temps de vous raconter, vu mon boulot anthropophage. Donc hop hop, je vous raconte.
Imaginez une chaude journée de printemps. Imaginez une classe de loustics vraiment déchaînés par l'arrivée du grand soleil et par la fatigue d'une fin de semaine. Imaginez une classe de loustics crevés, énervés, après une séance de gym. Imaginez la maikresse qui crève de chaud dans la grande salle toute vitrée, qui essaie comme elle peut de contenir l'excitation et l'énervement des zaffreux. Enfin elle a réussi à ce que tous soient assis sur les bancs, et à obtenir un silence tout relatif, fragile, instable.
Elle s'apprête à passer la consigne pour aller se mettre en rang, avant d'aller mettre les chaussures et d'évacuer enfin tout ce petit monde grouillant d'énergie et apparemment élevés aux haricots sauteurs, dans la cour.
Et là, alors qu'elle leur tourne le dos un quart de seconde pour vérifier l'heure à la pendule, elle entend un HENAUUUURME cri, enflant depuis 27 bouches hystériques:
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH
Misère, kesskisspass? Dans la grande salle surchauffée le cri résonne, enfle se déforme ne s'arrête pas. Et se précise.
UNE ARAIGNEE AAAAAHHHHHH UNE ARAIGNEE!
Je la vois.
Une araignée HENAURME, mais vraiment HENAURME, comme JAMAIS je n'en ai vue de ma vie entière vue, jamais. Le corps gros comme un callot. Des longues pattes rayées.
Panique panique panique panique.
Ne pas montrer que je panique.
En premier, crier, mais pas de panique, crier pour les faire taire. Je fais ma très très grosse voix de maîkresse pas contente et j'exige le silence. Je finis par l'obtenir, tout en guettant du coin de l'oeil l'araignée gigantesque qui se balade peinarde au milieu de la grande salle vide, inconsciente des 28 paires d'yeux qui la fixent.
J'explique que non on ne va pas l'écraser, alors que toutes les fibres de mon corps beuglent KILL KILL KILL. J'explique qu'on va la mettre dehors, comme mon papa m'a appris à faire - et que Chéwi fait à la zonmé, mais ça ils n'ont pas besoin de le savoir, oh non.
Je vais chercher sur les étagères une sorte de grand récipient jaune, et la longue baguette du tambourin.
Et commence la traque sous les cris d'encouragement et d'offraie mêlés de mes zélèves.
Je m'approche du monstre. J'essaie de la faire monter dans le récipient. Je contrôle tout mon corps pour ne pas me sauver, ne pas hurler, ne pas l'écrabouiller. Je demande à une grande à qui je sais pouvoir faire confiance, de tenir ouverte une porte coupe-feu qui donne sur l'extérieur.
J'ai chaud, j'ai le trouillomètre à zéro, je serre les dents, je reste calme, et j'essaie d'attraper cette ignoble bestiole tout en tenant à distance les relous qui voudraient bien en découdre aussi - la testostérone, un produit de choix dans ma classe, youhou.
Enfin j'arrive à la faire grimper dans le récipient, après que dix fois, quinze fois, vingt fois, elle ait rechignée. Enfin! Calmement, tranquillement, sans lâcher le récipient en hurlant à la pensée qu'elle n'est plus qu'à quelques centimètres de mon poignet, je me dirige vers la porte tenue ouverte, et je la jette dehors. Et on referme la porte viiiiite viiiiiite viiiiite.
Maikresse, un métier qui demande d'avoir les nerfs solides, et de s'assoir sur sa trouille.
Je recommande.