13 août 2013

Le bain

Je ne sais pas si c'est parce que c'est les vacances, ou parce que je suis encore bien fatiguée de l'année passée, en tous cas une chose est sûre: une bonne partie de mon sens écologique a disparu, puisque depuis la mini canicule de juillet je voue une passion dévorante pour les bains.
Je m'installe dans de l'eau chaude, tiède, ou fraîche selon mon envie, avec plein de mousse ou juste un truc qui fait pssssshhhhhiiiiit et qui sent bon.
Je roule une serviette dans mon dos, j'installe un mini tabouret à côté  de la baignoire avec l'ordi et le KindleFire, et roule ma poule, dans la tranquillité absolue de la salledeb', je bouquine, je joue à Candy Crush, je regarde des séries. Parfois à une heure du matin, parfois à midi, quand j'en ai envie.
Le bain c'est mon copain.

Donc ce midi j'avais réussi à me sortir du lit, pour aller dans un bain bien chaud, avec mon ordi et Candy Crush. J'étais bien.
Plus tard j'étais juste là, étendue dans l'eau maintenant tiède, sans ordi, sans rien, juste reposée.
C'est à ce moment là que Charlie le PsychoCat est entré dans la salle de bain, s'est rendu dans sa litière, l'air de rien, et y a laissé un petit présent d'une puanteur absolument immonde avant de repartir tranquille.

Et c'est quand j'ai poussé des cris d'agonie CA PUE MAIS CA PUUUUUUUE, que LaPatate est arrivé.
Avec la bombe de Fébrèze.
Dont il m'a copieusement arrosée.



Le bain c'est mon copain.
Le chat beaucoup moins.

Quant à mon fils...



(j'ai toujours eu envie de mettre un gif animé dans mon blog, TA DAA)



09 août 2013

Le train

Tu le sais, nous sommes une famille de piétons. Logiquement, nous sommes donc des gros consommateurs de transports en commun. Trains, métros, RER, bus, toute l'armada des transports en banlieue parisienne, tu peux y aller, on gère. Bon ok on pourrait être un peu plus au point sur le tramway et le funiculaire, mais on y travaille.
Mes fils sont des gros addict aux trains et autres métros, qu'ils appellent le "train-taupe" je te laisse deviner pourquoi. Mais je suis loin d'être indifférente sur le sujet.  Déjà parce que mon papa il m'a traînée à de nombreux Salons du Modélisme, et ça, ça laisse des traces - plein de pitits trains qui tournent dans tous les sens dans des joulis paysages en moquette verte, ihhhhhhhhhh - mais pas que.

En matière de trains j'aime trois choses: le confort, l'esthétique, la modernité. Je sais je suis follement originale, mais que veux-tu, j'aime avoir mon tutu assis en son intégralité, voire avec une ptite marge en plus spa du luxe, et confortablement, j'aime que ce soit joli dans le train - je suis encore trauma par les vieux sièges en skaï orange pisseux des anciennes rames des trains de banlieue - avec des belles couleurs, des chouettes matières, un éclairage bien pensé, et j'aime que ce soit moderne, parce que veux-tu, je suis une sale geek qui s'épate chaque jour de vivre dans le futur. Vas-y envoie moi des trajets de ligne avec des points lumineux qui clignotent, des écrans qui t'indiquent l'heure et la prochaine station, aboule tes portes automatiques et tes trains sans wagons, vas-y!

Imagine ma tête quand l'autre jour à Saint-Lazare j'ai découvert, à quai, cette merveille absolue:


J'en suis restée sans voix. J'ai juste lentement dégainé le Samsung pour le prendre en photo, en faisant attention à ne pas l'effrayer! Regarde-moi cette beauté! Ce nez plongeant digne des plus beaux TGV et, raaaaa une alliance blanc-rose-vert dans les couleurs, mais on croirait une fleur c'est trop trop trop trop beau. Insère ici les soupirs de béatitude de ton choix.
Encore plus lentement je suis allée voir dedans, mais là j'ai pas osé prendre de photos* parce qu'il était rempli d'autochtones dont j'appréhendais la réaction. Les garçons m'ont suivie, craintifs devant tant de beauté, et ont été tout de suite séduits: y'a des LUMIERES BLEUES dedans! JE TE JURE!! Des joulies lumières toutes bleues au sol, sous les sièges, c'est zénifiant au possible, et c'est grand et c'est large, et c'est spacieux, et il n'y a pas de wagons, et les fauteuils sont larges et semblent hyper confortables, et il y a des grandes vitres et raaaaaaaaaaa J'EN VEUX UN! J'ENVEUX UN! ALLLEEEEEEZ!

Sauf qu'évidemment cette merveille n'est pas en circulation sur ma ligne.

Sur ma ligne, on se déplace avec cette ... chose:


 Ah bah oui, hein, tout de suite, ça pique les noeils, et pas seulement parce que ma photo est floue à cause de mes sanglots de désespoir.


Depuis la découverte du Z 50000 à chaque fois que je prends le train dans mon vieux train de banlieue avec ses fauteuils mauves élimés, ses fenêtres craspouecs, ses portes qui coincent et sa marche suicidaire, j'ai envie de pleurer, coincée dans la préhistoire ferroviaire, alors que d'autres roulent dans des rames du futur avec des LUMIERES BLEUES.

La SNCF tu te démerdes mais tu mets fissa des Z 50000 sur ma ligne.
Allez?
Silteplé??


* Tu peux voir la merveille totale en allant zyeuter le super article Wiki sur le Z 50000 - oui c'est son ptit nom - et notamment le chapitre Aménagement . Et donc oui j'ai fait des recherches et j'ai même lu tout l'article, c'est dire l'amouuuuuuuur au premier regard hein!

06 août 2013

La ruse

Une ado à la maison, c'est un peu la guerre. Une gentille guerre hein, mais clairement une guerre des tranchées un peu. A qui cédera le premier. L'ado n'a pas envie de
- se laver,
- se coiffer,
- de ranger sa chambre,
- de s'habiller chaudement,
- de manger ce qu'on lui prépare,
- de faire rapidement ses devoirs.

L'ado a envie:
-  d'envoyer des SMS à ses copines,
- d'envoyer des mails à ses copines,
- de discuter sur Skype avec ses copines,
- de rester en pyjama Snoopy, voire en soutif,
- de cultiver son nid d'hirondelles sur sa tête,
- de manger dans sa chambre que des trucs qu'elle aime (makis, biscuits, jus de fruits, confiseries) dont elle fait des réserves qu'elle planque.

Si elle doit obligatoirement sortir c'est pour aller renouveler son stock de mangas et romans à la bibli, ou pour aller à la piscine avec sa BFF,  et même s'il fait -10° elle ira en tee-shirt manches courtes et gilet ouvert. En été, par 30° elle ira avec son gilet zippé, un jean, et des chaussures fermées.

Il y a de ça deux soirs elle devait avoir fini de ranger sa chambre. Elle avait eu 8 heures de tranquillité absolue dans la journée, elle devait les employer à passer un coup d'aspi dans l'appartement, et ranger sa chambre - qui est relativement bien rangée à 90% du temps mais peut se retrouver d'un coup d'un seul en mode décharge municipale tu ne sais pas comment c'est possible, mais là où le matin encore tu voyais le joli tapis vert herbe, il n'y a maintenant à perte de vue qu'amoncellements de vêtements en tafouillon, boîtiers de dvds, mangas, emballages de nourriture, peluches, bouquins, bds.... Le bureau est recouvert de matériel de dessin empilé, avec l'ordi en équilibre précaire, le lecteur dvd est ouvert sur le lit défait, la commode déborde, et le panier à linge n'est pas en reste. Comme si une Bombe à Bordel venait subitement d'exploser.

Il y a deux jours donc, la chambre était plutôt bien rangée, mais j'avais donné comme consigne qu'elle soit BIEN rangée le soir. C'est que ça doit être un peu chiant une maman, et exigeant aussi, sinon ce n'est pas drôle.

Comme nous revenions de notre après-midi au jardin d'acclimatation avec les garçons, et que nous étions un tantinet fatigués, je me suis écroulée dans mon canapé, devant mon ordi, mode CandyCrush activé +++, face à la porte ouverte de la chambre de ma fille, rangée. Elle avait passé l'aspirateur dans l'appartement, la cuisine était rangée après son repas - exploit! - le salon était impec, youpi. Elle avait l'air douchée, et presque coiffée. Exploit.

Ce n'est que tard le soir, voire même au milieu de la nuit vu mes horaires d'été, que je suis allée la voir dans sa chambre pour lui demander une bricole. Et là!
Là!

Elle avait consciencieusement dégagé toute la partie de sa chambre visible depuis ma place dans le canapé, et réuni tout le bordel dans un Everest de bazar loin de mon regard.

NON MAIS LA FOURBERIE QUOI! SERIEUX!

Elle a rigolé quand elle a vu ma tête.
Elle a beaucoup moins rigolé quand j'ai dit que si ce n'était pas impec dans les 10 minutes elle pouvait dire babaille à sa connexion internet.

Guerre des tranchées, donc.
Tous les coups sont permis.
C'est parti!


bonus track Le Zèbre fait des ravages:

Cet après-midi je descends chercher la ptite voisine du dessous avec mes garçons, pour lui proposer de venir avec nous au square. Elle nous ouvre la porte, est d'accord pour venir, demande la permission à son papa.
Et disparait le temps d'aller chercher ses affaires. Là j'entends son papa qui dit:

- Ah bah tiens, MAINTENANT, tu veux bien te passer un coup de peigne? Oh bah ça alors!

Quand elle est sortie en faisant des yeux au Zèbre, intérieurement j'ai bien rigolé.
Ma pauvre louloute, elles sont 12 000 sur le coup hein, mais t'as de la chance, toi il t'aime bien.


bonus track Les tickets 2 - Angel 0:

Ce soir je vais au distributeur pour acheter deux tickets de train pour le gars. Comme d'hab je sélectionne, je paie, et au moment de récupérer mes tickets: il n'y en a qu'un et il est derrière une vitre en plastique à peine soulevée et qu'on ne peut soulever davantage. Ok. D'habitude il y a une petite paroi amovible en plastique, ça a changé, c'est quoi ce plan encore gnnn? Impossible de récupérer le ticket, mes doigts glissés dans le ridicule interstice n'arrivent pas à l'atteindre.
J'ai démonté le truc. Ca va bien les conneries hein.
J'ai récupéré mon ticket unique, suis allée au guichet expliquer calmement que faudrait arrêter le gros délire là, et le gentil monsieur m'a dit d'aller voir si le ticket n'était pas tombé par terre.
C'était le cas.
Le distributeur qui te garde un ticket qu'il faut que tu ailles le chercher par la force, et qui t'éjecte l'autre sur le bitume.
Bien joué, les gars, bien joué.

04 août 2013

Le retard

Il était convenu qu'aujourd'hui nous allions passer l'après midi au Jardin d'Acclimatation avec les garçons, l'Ado ayant décidé d'être une vraie ado et de rester à la maison, parce que c'est bon il fait chaud ET elle a des épisodes de One Piece à regarder en toute quiétude. Pour prix de sa tranquillité j'ai seulement exigé qu'elle profite de notre absence pour passer un coup d'aspirateur dans l'intégralité des 70m² du palace familial.

Bref.

Chéwi avait un rendez-vous dans une ville voisine à 11h, on avait prévu que dès la fin de son rendez-vous, au moment de prendre le premier des deux trains pour revenir chez nous, il m'appelle: je devais le rejoindre dans le second train avec les garçons.
J'avais tout prévu: le sac pour la sortie, les gamins étaient habillés, moi de même, j'avais fait les courses, le palais était rangé, tout était plus que prêt quand il a appelé. Comme il y a peu d'intervalle entre ses deux trains, nous nous sommes hâtés vers la gare. Ma fille nous a un tantinet jetés dehors, d'ailleurs. J'ai fait semblant d'ignorer qu'elle était encore en tenue de nuit et que ses cheveux semblaient bien partis pour accueillir d'ici peu une famille d'hirondelles et toute leur nichée.

Bref.

Arrivés à la gare, j'achète les carnets de tickets au distributeur, ceux pour le train, ceux pour le métro, j'en composte 4, je les glisse dans mon portefeuille, et nous nous rendons sur le quai. Les loulous sont relativement sages, ils sont contents d'aller en sortie, tu penses. Je suis donc plutôt épargnée en ce qui concerne le break dance du Zèbre - sa nouvelle passion - et les histoires plus que caca-prout-cucul-caca² de LaPatate - dire qu'il me court sur le haricot avec ça c'est ce que tu trouves comme exemple à "euphémisme" dans le dico. C'est youpi, donc. Je profite. Je savoure. Limite je filmerais bien le tout histoire de me repasser la chose quand j'aurais envie de transformer ma progéniture adorée en croquettes pour chat.

Bref.

On arrive sur le quai, le train est dans moins de 10 minutes, Chéwi est dans le premier train, tout roule. Les garçons sont assis de part et d'autre de mon auguste personne, une charmante petite brise atténue la chaleur d'un soleil bien présent, et là mon téléphone sonne: Chéwi, indigné, vient de rater sa correspondance! Le second  train, celui qui ne va pas tarder à nous passer sous les mirettes, est parti sans attendre les voyageurs du premier train qui sont donc 8 à fulminer sur le quai de cette gare terminus où il n'y a strictement rien à faire à part attendre patiemment 30 minutes le train suivant.
Mais c'est super. Parce que justement, j'avais super envie de rester 30 minutes assise avec les deux machins sur un quai de gare qui ne va pas tarder à être désert - remarque, tant mieux, moins de témoins pour leurs pitreries. Ahah. Tu la vois ma face réjouie?

Bref.

Il s'agit donc de garder tranquille 2 enfants de 6 et 9 ans et demi. Tout est fermé, nous sommes dimanche, nous sommes au mois d'août, nous sommes en banlieue. C'est la misère. Ils veulent un paquet de chipes au distributeur. OK les gars, vérifions combien il y a dans mon porte-monnaie pendant que le Zèbre va voir quelles pièces accepte la machine, en espérant que ce soit des pièces de 1, 2 et 5 centimes qui alourdissent mon sac à main. Que nenni ma bonne dame, ça commence à 10 centimes, et de toutes les façons je n'ai sur moi que 89 centimes très exactement. J'ai tout compté deux fois voilà voilà, même pas la peine d'aller enquiquiner le gars du guichet pour avoir du change.

Bref.

Je décide alors de ranger mon sac, ce qui est à peu de choses près ce que je fais à chaque fois que je dois attendre un train de manière imprévue. J'ai donc, merci la SNCF, un sac relativement bien rangé quasi en permanence.
J'en profite pour retrouver une boîte de tic-tac à la fraise oubliée au fond d'une mini poche. Les 8 tic-tac rescapés feront les délices du Zèbre et de LaPatate et donc oui, huit, on les a compté, pour les partager.
J'en arrive au tri du porte-feuille, c'est qu'il est très petit mon porte-feuille, je ne veux pas l'encombrer, je jette donc les tickets de caisse sans intérêt ou depuis longtemps périmés, les entrées de cinéma, les vieux tickets compostés, j'ordonne mes cartes de fidélité, mes cartes de visite, mes carnets de ticket, tout est au carré, super, je file au fur et à mesure tout ce que je jette au Zèbre, assis juste à côté d'une poubelle. Ca l'amuse.

Bref.

De comptage de pièces, en rangement de sac, en découverte et partage de tic-tac, en rangement de porte-feuille et autres pochettes, voilà que les 30 minutes sont quasiment écoulées, et que notre train arrive. Evidemment on avait convenu avec Chéwi de se retrouver dans le dernier wagon de la rame, et il s'était positionné dans le premier, c'était à prévoir, il ne distingue déjà pas sa gauche de sa droite, ce n'est donc pas dans les hautes sphères éthérées de sa réflexion qu'on va faire la différence entre la tête et le cul du train hein. Il a couru. C'était un peu super lol. J'aurais du filmer, aussi.

Bref.

Nous voilà arrivés et descendus du train, après un trajet sans encombre avec enfants adorables, je vous jure que c'est vrai, tout arrive, paix sur Terre aux hommes de bonne volonté, mes frères et mes soeurs.
Il faut alors franchir les tourniquets avant d'aller prendre le métro.
Je sors mon portefeuille impeccablement rangé de mon sac impeccablement rangé, et dans la poche arrière impeccablement rangée de mon porte-feuille impeccablement rangé, ne se trouvent pas les 4 billets compostés une heure plus tôt.
J'ai tellement bien rangé pour passer le temps, que j'ai jeté TOUS mes billets compostés, même ceux en cours de validité.
Et oui.
Comme je te le dis.

Bref.

Si tu as vu un gars et deux gamins sauter le tourniquet tout à l'heure, c'était les miens.
Moi?  J'ai repris un ticket dans mon porte-feuille impeccablement rangé, et la mort dans l'âme j'ai passé le tourniquet, moins riche de 96 centimes.
Je suis désolée, je suis une lady, je ne saute pas les tourniquets.

Je préfère jeter les tickets parce que j'aime vivre dangereusement.



Merci ô Divinité des Trains de Banlieue, de ne pas avoir envoyé de contrôleurs sur notre chemin. MERCI!