Ah lecteur, lectrice, je sais que je vais te décevoir car je sais que tu vois en moi la femme parfaite, l'essence même du glamour et de la féminitude, une icône de l'efficacité, une Shiva flamboyante qui gère sans sourciller ni filer ses collants 16 deniers, logis, progéniture, félins abrutis et compagnon farfelu.
Et pourtant.
Pourtant l'atroce vérité doit voir le jour.
Je ne peux me taire plus longtemps.
La femme qui est sortie de l'immeuble peu avant midi, hier, avec un chouchou dans les cheveux, pas maquillée - oui un chouchou tu as bien lu, oui tu peux pleurer, tu as le droit, on ne peut pas être fort tout le temps, cette femme avec un bébé sur un bras et tenant de l'autre main un objet du délit peu ragoûtant, avec une expression défaite sur le visage, cette femme, mon ami, lecteur aimé, c'était moi.
Mais comment en suis-je arrivée là te demandes-tu, désarmé, pétri de sanglots devant ton écran que maintenant il est plein de buée, c'est malin.
Cette histoire est difficile à raconter, mais je peux faire un effort pour toi, et revivre les tristes instants qui ont mené à ce tragique non-évènement.
On était vendredi. C'était hier.
La Lutine et le PitiGasson déjeunaient à la cantine, il ne me restait qu'à m'occuper du déjeuner de MaPatateAffamé. Et encore c'était très facile: il s'agissait de faire réchauffer la délicieuse purée de carottes préparée la veille au soir par son papa aimant. Rien de bien compliqué.
Au lieu de coller LaPatateLuckyLuke, le bébé qui fait des bêtises plus vite que son ombre, dans sa chaise haute avec harnais de sécurité, en lui refilant deux trois crackers pour le faire patienter pendant que la purée se réchauffe au bain marie, et que je range un peu le dawa/nettoie l'évier/passe un coup de balai, j'ai décidé de me la jouer Perfect Mum is in Da Place.
J'ai donc collé le petit pot beaba ouvert dans une petite casserole remplie d'eau froide, posée sur le grand gaz allumé plein feu. Et toute pimpante souriante ravie de la vie et mon bébé d'amûûûûr niché au creux de mon bras, j'ai refermé la porte de la cuisine.
Je suis allée au salon avec mon enfant, afin que nous nous adonnions avec ferveur à notre passion commune. A savoir faire un maximum de boucan pour escagasser Simone (la voisine du dessous, pour ceux qui ne suivent pas). Au programme: piano électrique qui fait aussi les voix des animaux, très rigolo, tambour de bois à l'excellente résonance, chute de cubes en plastique creux sur plancher non insonorisé (rrraaaaa je déconne, j'avais déroulé un tapis) hochets divers et variés, bâtons de pluie, maracasses, toussa. La fête. Avec des câlins aussi, parce qu'on est trop miiiiiiignons.
Arrive le moment où l'inspiration nous quitte et je me dis qu'il serait temps que MaPatate prenne sa purée, afin d'aller faire un gros dodo après, et que maman puisse un peu glandouiller ce serait sympa hum.
Hop LaPatateHilare nichée au creux du bras, j'ouvre la porte de la cuisine
sur un
IMMENSE
NUAGE
de
FUMEE BLANCHE
misère!
Là tout s'enchaîne très vite je suis la femme aux réflexes bioniques ne l'oublions pas, le bébé toujours dans les bras, je saisis la casserole qui ne contient plus aucun millilitre d'eau, mais un immonde magma de plastique fondu et de délicieuse purée de carotte, je la remplis d'eau afin d'arrêter la source de la fumée, je me précipite pour ouvrir en grand la fenêtre après avoir déposé la casserole sur l'évier. En moins d'une minute, j'aurais ouvert la fenêtre du salon, la fenêtre de la chambre de la Lutine, celle de la chambre de PitiGasson, et celle de la chambre de la Patate, tout en poussant des chaises devant les portes afin qu'elles ne claquent pas dans les courants d'air ainsi générés dans le but d'évacuer cette horreur de mon home sweet home.
Enfin moins de deux minutes après avoir ouvert la porte de la cuisine la plus moche du monde sur le spectacle de l'horreur calcinée, mon bébé intrigué toujours niché au creux de mon bras, j'ai attrapé mes clés, la casserole maudite, et j'ai franchi la porte de l'appartement.
Un peu avant midi on a donc pu me voir débarquer dehors avec mon bébé sur le bras gauche et une casserole crâmée pleine de flotte dans la main droite, un chouchou moche dans les cheveux, pas maquillée, en vieilles tongs, et marcher d'un bon pas jusqu'aux poubelles afin d'y jeter la Chose de la Honte.
J'y suis restée 20 minutes.
Bien sûr MaPatate était ravi, il a joué dans l'herbe et ensuite il a mangé des compotes, trop bien.
Je vous jure. Ma cuisine est maudite. Je ne vois que ça comme explication. Pas vous?
Chéwi tient à dire qu'il est très déprimé, on n'a plus de petite casserole, en plus il l'aimait bien celle-là, elle était chouette.
Note pour moi-même: penser à racheter une petite casserole. Et un cerveau.
Et pourtant.
Pourtant l'atroce vérité doit voir le jour.
Je ne peux me taire plus longtemps.
La femme qui est sortie de l'immeuble peu avant midi, hier, avec un chouchou dans les cheveux, pas maquillée - oui un chouchou tu as bien lu, oui tu peux pleurer, tu as le droit, on ne peut pas être fort tout le temps, cette femme avec un bébé sur un bras et tenant de l'autre main un objet du délit peu ragoûtant, avec une expression défaite sur le visage, cette femme, mon ami, lecteur aimé, c'était moi.
Mais comment en suis-je arrivée là te demandes-tu, désarmé, pétri de sanglots devant ton écran que maintenant il est plein de buée, c'est malin.
Cette histoire est difficile à raconter, mais je peux faire un effort pour toi, et revivre les tristes instants qui ont mené à ce tragique non-évènement.
On était vendredi. C'était hier.
La Lutine et le PitiGasson déjeunaient à la cantine, il ne me restait qu'à m'occuper du déjeuner de MaPatateAffamé. Et encore c'était très facile: il s'agissait de faire réchauffer la délicieuse purée de carottes préparée la veille au soir par son papa aimant. Rien de bien compliqué.
Au lieu de coller LaPatateLuckyLuke, le bébé qui fait des bêtises plus vite que son ombre, dans sa chaise haute avec harnais de sécurité, en lui refilant deux trois crackers pour le faire patienter pendant que la purée se réchauffe au bain marie, et que je range un peu le dawa/nettoie l'évier/passe un coup de balai, j'ai décidé de me la jouer Perfect Mum is in Da Place.
J'ai donc collé le petit pot beaba ouvert dans une petite casserole remplie d'eau froide, posée sur le grand gaz allumé plein feu. Et toute pimpante souriante ravie de la vie et mon bébé d'amûûûûr niché au creux de mon bras, j'ai refermé la porte de la cuisine.
Je suis allée au salon avec mon enfant, afin que nous nous adonnions avec ferveur à notre passion commune. A savoir faire un maximum de boucan pour escagasser Simone (la voisine du dessous, pour ceux qui ne suivent pas). Au programme: piano électrique qui fait aussi les voix des animaux, très rigolo, tambour de bois à l'excellente résonance, chute de cubes en plastique creux sur plancher non insonorisé (rrraaaaa je déconne, j'avais déroulé un tapis) hochets divers et variés, bâtons de pluie, maracasses, toussa. La fête. Avec des câlins aussi, parce qu'on est trop miiiiiiignons.
Arrive le moment où l'inspiration nous quitte et je me dis qu'il serait temps que MaPatate prenne sa purée, afin d'aller faire un gros dodo après, et que maman puisse un peu glandouiller ce serait sympa hum.
Hop LaPatateHilare nichée au creux du bras, j'ouvre la porte de la cuisine
sur un
IMMENSE
NUAGE
de
FUMEE BLANCHE
misère!
Là tout s'enchaîne très vite je suis la femme aux réflexes bioniques ne l'oublions pas, le bébé toujours dans les bras, je saisis la casserole qui ne contient plus aucun millilitre d'eau, mais un immonde magma de plastique fondu et de délicieuse purée de carotte, je la remplis d'eau afin d'arrêter la source de la fumée, je me précipite pour ouvrir en grand la fenêtre après avoir déposé la casserole sur l'évier. En moins d'une minute, j'aurais ouvert la fenêtre du salon, la fenêtre de la chambre de la Lutine, celle de la chambre de PitiGasson, et celle de la chambre de la Patate, tout en poussant des chaises devant les portes afin qu'elles ne claquent pas dans les courants d'air ainsi générés dans le but d'évacuer cette horreur de mon home sweet home.
Enfin moins de deux minutes après avoir ouvert la porte de la cuisine la plus moche du monde sur le spectacle de l'horreur calcinée, mon bébé intrigué toujours niché au creux de mon bras, j'ai attrapé mes clés, la casserole maudite, et j'ai franchi la porte de l'appartement.
Un peu avant midi on a donc pu me voir débarquer dehors avec mon bébé sur le bras gauche et une casserole crâmée pleine de flotte dans la main droite, un chouchou moche dans les cheveux, pas maquillée, en vieilles tongs, et marcher d'un bon pas jusqu'aux poubelles afin d'y jeter la Chose de la Honte.
J'y suis restée 20 minutes.
Bien sûr MaPatate était ravi, il a joué dans l'herbe et ensuite il a mangé des compotes, trop bien.
Je vous jure. Ma cuisine est maudite. Je ne vois que ça comme explication. Pas vous?
Chéwi tient à dire qu'il est très déprimé, on n'a plus de petite casserole, en plus il l'aimait bien celle-là, elle était chouette.
Note pour moi-même: penser à racheter une petite casserole. Et un cerveau.