Au bout de deux mois et demi, je crois que je peux envisager quasi sereinement de parler d'allaitement. Parce que bien sûr, après l'avoir pondu, faut le nourrir le bébé. Mère Nature, dans son immense bonté, y a pourvu de façon prétendument très pratique: la maman possède, dans ses pare chocs avant, une réserve quasi inépuisable de nourriture liquide pour son rejeton, suffit de le coller au nichon et il se baffre. Depuis l'invention du lait maternisé, il y a le choix pour tous: bib ou nichon, chacun fait comme il le sent.
J'exècre les gens qui disent qu'il faut absolument allaiter, ceux qui disent que les bibs c'est le mal (seul Nestlé est le mal absolu, il faut le savoir), tout comme ceux qui disent que les nichons mais c'est immonde et beurkbeurkbeurk. Comme pour chaque thème concernant l'éducation des gremlins, j'ai envie de taper à chaque fois que je sens que l'on veut m'endoctriner, d'un côté comme de l'autre. Chaque enfant est unique, chaque parent l'est aussi, de l'interaction de tous les facteurs naissent des situations protéiformes qu'il convient d'analyser au sein de chaque famille. La réflexion individuelle constante, la permanente remise en question de nos pratiques, c'est pour moi la seule règle en matière d'élevage de gnomes.
Bon pour ceux qui suivent encore après ce passage un peu sentencieux, j'ai envie de vous parler de l'allaitement, non pas celui qui est présenté dans les bouquins ou les magazines parentaux (je reviens je vais vomir mon Laurence Pernoud), mais de comment moi je l'ai vécu et le vis encore.
Non mais parce qu'allaiter des fois c'est le total bonheur, et des fois c'est proche de l'horreur dans ton soutif, faut le savoir.
Avec la Lutine, j'ai eu droit au modèle de bébé ventouse pour des tétées de 40 minutes non stop, j'ai pu relire les trois premiers tomes d'Harry Potter rien qu'avec les tétées de nuit, qui se sont arrêtées à 8 semaines, ma fille est une merveille, pas comme ses deux bouseux de frères. Un an d'allaitement, une petite semaine de chierie à tirer mon lait pour le jeter sur les conseils d'un médecin qui n'y connaissait rien, un peu de galère au sevrage partiel à la reprise du boulot, et un sevrage total quand elle a eu un an, le Banania c'est trop bon, fallait la comprendre...
Avec le PitiGasson, j'ai eu droit au modèle qui refuse de téter pendant 48heures à la naissance pour la simple et bonne raison qu'il avait le bidon plein de liquide amniotique, pas con il avait bien voulu emprunter la porte de sortie, mais non sans emporter des réserves. Paniquée, et peu soutenue par le personnel hospitalier, j'ai utilisé les bouts de nénés en plastoc, total merde, au bout de 15 jours mon doudou était hystérique et hurlait au sein. Alix m'a engueulée je ne vous dis que ça, j'ai viré les bouts de plastoc, réappris à mon bébé à téter correctement, 1h45 pour qu'il accepte de prendre le sein, et ce pour chaque sein (ouf j'en ai que deux, sinon j'y passais la semaine), je m'en souviendrais toute ma vie, les trésors de patience que je me suis découvert je ne savais pas que je les avais hein. Bon après, j'avais le bébé nickel Top Baby of the Year qui tète 5 minutes de chaque côté et qui s'estime bien repu. Sauf que deux fois par nuit jusque 15 mois. A 15 mois j'ai décidé, totalement arbitrairement et de façon absolument unilatérale, de fermer définitivement l'open bar la nuit, parce que sinon je connaissais un petit relou qui allait se retrouver bradé sur e-bay. A 1ç mois, de dépit, il s'est sevré et rabbatu sur le Poulain en poudre dans son bibwondlé.
Pour la Boulette, du coup, j'appréhendais un chouïa, mais j'avais quand même envie d'allaiter. J'aurais pu faire une liste du genre:
pour:
- total gratos (mouais, faut compter le tire lait et les coussinets d'allaitement quand même)
- toujours prêt, bonne température, contenant toujours dispo
- moment calme et sympa
- qualité nutritive et gustative tiptop (j'ai goûté mon propre lait, bah quoi?? ben c'est de la bombe atomique, si je le commercialise, obligé je ratatine Nestlé)
- fierté de voir son bébé grandir et grossir et de se dire "eheh c'est moi qui l'ait fait".
contre:
- c'est toujours moi qui m'y colle
- les fuites
- les montées de lait que ça douille
- je me retrouve avec du lait même deux ans après le sevrage, c'est affreux
- je sers de doudou géant à mon bébé
- autonomie/liberté réduites
- allaiter à l'extérieur, même si je maîtrise de mieux en mieux, je n'aime pas trop, pas que je sois d'une pudeur exacerbée, juste qu'un 110E c'est moyen discret à dégainer voyez (non ne voyez pas, c'est mieux)
J'ai choisi l'option allaitement cette fois-ci encore, tout en me disant que je n'y verrais pas un sacerdoce, et que si ça me gonflait, je dégainerai le bib de lait en poudre et que ça lui boucherait pas le trou du uh à ce bébé. Et je vous jure que j'ai faili tout arrêter. Au bout de 10 jours d'allaitement. Et que ce qui m'a permis de tenir et de continuer malgré tout c'était 1. ma fierté personnelle (ma connerie naturelle, ok) et 2. le fait d'avoir allaité les deux autres et de savoir que l'horreur absolue n'allait pas durer.
Parce que même si la Boulette a tété correctement dès la salle de naissance, et malgré le fait que les deux premiers jours ait été un peu laborieux, non pas pour cause de ventre plein, mais surtout parce que le petit monsieur avait extrêmement sommeil et n'arrivait pas à rester éveillé suffisament longtemps pour téter, ben je ne suis pas passée au travers des ennuis.
De retour chez moi je me suis retrouvée affublée de la montée de lait du siècle, des nichons cubique Tetra Brik que même dans un cauchement sponsorisé par Russ Meyer tu ne peux pas faire pire, c'était totalement flippant. Même mon pôpa venu rendre visite à son nouveau petit-fils, le trouvant au néné, et voyant la Chose sur laquelle le pauvre enfant s'escrimait, ben mon pôpa qu'il en a vu des trucs affreux dans sa vie, ben il a crié. C'est dire.
C'était la période du MNG, le Méchant Néné Gauche, celui que la Boulette refusait de téter, parce que de toutes façons il était tellement énorme et prêt à exploser qu'il n' y avait quasiment plus de mamelon attrapable. J'ai failli mourir d'une explosion mamaire latérale, j'imagine la gueule des gros titres dans les journaux le lendemain:
Si par malheur je m'apercevais nue dans le miroir, j'avais comme une grosse envie de pleurer: j'avais des air-bags spécial Mammouth Crash Test à la place de mes nénés. Une horreur.
Ensuite j'ai eu un léger souci de santé qui m'a obligé à prendre des antibiotiques de façon préventive, et bien que le médecin de l'hôpital m'ait assurée qu'il n'y avait aucune contre-indication pour l'allaitement, mes fesses, il y en avait bel et bien une, et de taille, comme me l'a confirmé mon médecin plus tard: ce médoc donnait un goût dégueulasse au lait. Du coup la Boulette ne tétait que de faim absolue, je ne comprenais rien à ce qui se passait (troisième bébé, troisième allaitement, toujours rien capté au mode d'emploi), et à force de tétouiller dans le vide, mon bébé m'a littéralement dépouillé les bouts de nibs: à ce niveau on n'apelle plus ça des crevasses, mais un peeling intégral. C'est bien simple, maintenant j'ai le mamelon bicolore: brun sur l'aréole, et rose clair au bout, c'est super staïle. Juste j'ai cru mourir de douleur. Fiesta time.
Là j'ai dit: si ça continue encore une semaine comme ça, je passe aux bibs. Non mais ça va bien hein. Y'a pas écrit "martyre de la laïfe" sur mes nichons, non non non. Mais le méchant médoc disparu, les mamelons cicatrisés, les montées de lait calmées par des tétées régulières, et c'est reparti mon kiki, comme en 40. Sauf que la Boulette, même s'il ne tête que maxi 20 minutes, le fait 8 fois par jour. Dont une pendant ma nuit. Mais bon. J'arrive à dormir assise et les yeux ouverts maintenant. Je suis trop forte.
Tout ça pour dire, que l'allaitement c'est certes très chouette, mais ce n'est pas tout rose. Mais c'est très chouette. Mais pas tout rose. Mais très chouette ... Hum, bref.
Juste dommage que les papas n'aient pas des nichons open bar eux aussi.
Si, si, dommage.
J'exècre les gens qui disent qu'il faut absolument allaiter, ceux qui disent que les bibs c'est le mal (seul Nestlé est le mal absolu, il faut le savoir), tout comme ceux qui disent que les nichons mais c'est immonde et beurkbeurkbeurk. Comme pour chaque thème concernant l'éducation des gremlins, j'ai envie de taper à chaque fois que je sens que l'on veut m'endoctriner, d'un côté comme de l'autre. Chaque enfant est unique, chaque parent l'est aussi, de l'interaction de tous les facteurs naissent des situations protéiformes qu'il convient d'analyser au sein de chaque famille. La réflexion individuelle constante, la permanente remise en question de nos pratiques, c'est pour moi la seule règle en matière d'élevage de gnomes.
Bon pour ceux qui suivent encore après ce passage un peu sentencieux, j'ai envie de vous parler de l'allaitement, non pas celui qui est présenté dans les bouquins ou les magazines parentaux (je reviens je vais vomir mon Laurence Pernoud), mais de comment moi je l'ai vécu et le vis encore.
Non mais parce qu'allaiter des fois c'est le total bonheur, et des fois c'est proche de l'horreur dans ton soutif, faut le savoir.
Avec la Lutine, j'ai eu droit au modèle de bébé ventouse pour des tétées de 40 minutes non stop, j'ai pu relire les trois premiers tomes d'Harry Potter rien qu'avec les tétées de nuit, qui se sont arrêtées à 8 semaines, ma fille est une merveille, pas comme ses deux bouseux de frères. Un an d'allaitement, une petite semaine de chierie à tirer mon lait pour le jeter sur les conseils d'un médecin qui n'y connaissait rien, un peu de galère au sevrage partiel à la reprise du boulot, et un sevrage total quand elle a eu un an, le Banania c'est trop bon, fallait la comprendre...
Avec le PitiGasson, j'ai eu droit au modèle qui refuse de téter pendant 48heures à la naissance pour la simple et bonne raison qu'il avait le bidon plein de liquide amniotique, pas con il avait bien voulu emprunter la porte de sortie, mais non sans emporter des réserves. Paniquée, et peu soutenue par le personnel hospitalier, j'ai utilisé les bouts de nénés en plastoc, total merde, au bout de 15 jours mon doudou était hystérique et hurlait au sein. Alix m'a engueulée je ne vous dis que ça, j'ai viré les bouts de plastoc, réappris à mon bébé à téter correctement, 1h45 pour qu'il accepte de prendre le sein, et ce pour chaque sein (ouf j'en ai que deux, sinon j'y passais la semaine), je m'en souviendrais toute ma vie, les trésors de patience que je me suis découvert je ne savais pas que je les avais hein. Bon après, j'avais le bébé nickel Top Baby of the Year qui tète 5 minutes de chaque côté et qui s'estime bien repu. Sauf que deux fois par nuit jusque 15 mois. A 15 mois j'ai décidé, totalement arbitrairement et de façon absolument unilatérale, de fermer définitivement l'open bar la nuit, parce que sinon je connaissais un petit relou qui allait se retrouver bradé sur e-bay. A 1ç mois, de dépit, il s'est sevré et rabbatu sur le Poulain en poudre dans son bibwondlé.
Pour la Boulette, du coup, j'appréhendais un chouïa, mais j'avais quand même envie d'allaiter. J'aurais pu faire une liste du genre:
pour:
- total gratos (mouais, faut compter le tire lait et les coussinets d'allaitement quand même)
- toujours prêt, bonne température, contenant toujours dispo
- moment calme et sympa
- qualité nutritive et gustative tiptop (j'ai goûté mon propre lait, bah quoi?? ben c'est de la bombe atomique, si je le commercialise, obligé je ratatine Nestlé)
- fierté de voir son bébé grandir et grossir et de se dire "eheh c'est moi qui l'ait fait".
contre:
- c'est toujours moi qui m'y colle
- les fuites
- les montées de lait que ça douille
- je me retrouve avec du lait même deux ans après le sevrage, c'est affreux
- je sers de doudou géant à mon bébé
- autonomie/liberté réduites
- allaiter à l'extérieur, même si je maîtrise de mieux en mieux, je n'aime pas trop, pas que je sois d'une pudeur exacerbée, juste qu'un 110E c'est moyen discret à dégainer voyez (non ne voyez pas, c'est mieux)
J'ai choisi l'option allaitement cette fois-ci encore, tout en me disant que je n'y verrais pas un sacerdoce, et que si ça me gonflait, je dégainerai le bib de lait en poudre et que ça lui boucherait pas le trou du uh à ce bébé. Et je vous jure que j'ai faili tout arrêter. Au bout de 10 jours d'allaitement. Et que ce qui m'a permis de tenir et de continuer malgré tout c'était 1. ma fierté personnelle (ma connerie naturelle, ok) et 2. le fait d'avoir allaité les deux autres et de savoir que l'horreur absolue n'allait pas durer.
Parce que même si la Boulette a tété correctement dès la salle de naissance, et malgré le fait que les deux premiers jours ait été un peu laborieux, non pas pour cause de ventre plein, mais surtout parce que le petit monsieur avait extrêmement sommeil et n'arrivait pas à rester éveillé suffisament longtemps pour téter, ben je ne suis pas passée au travers des ennuis.
De retour chez moi je me suis retrouvée affublée de la montée de lait du siècle, des nichons cubique Tetra Brik que même dans un cauchement sponsorisé par Russ Meyer tu ne peux pas faire pire, c'était totalement flippant. Même mon pôpa venu rendre visite à son nouveau petit-fils, le trouvant au néné, et voyant la Chose sur laquelle le pauvre enfant s'escrimait, ben mon pôpa qu'il en a vu des trucs affreux dans sa vie, ben il a crié. C'est dire.
C'était la période du MNG, le Méchant Néné Gauche, celui que la Boulette refusait de téter, parce que de toutes façons il était tellement énorme et prêt à exploser qu'il n' y avait quasiment plus de mamelon attrapable. J'ai failli mourir d'une explosion mamaire latérale, j'imagine la gueule des gros titres dans les journaux le lendemain:
Une mère de famille nombreuse défigurée par l'explosion de son sein gauche:
le bébé ne voulait pas téter.
Bah oui du coup il voulait téter que le GND, le Gentil Nichon Droit. Et le MNG enflait encore, il a fallu l'intervention du tire-lait pour désengorger la situation.le bébé ne voulait pas téter.
Si par malheur je m'apercevais nue dans le miroir, j'avais comme une grosse envie de pleurer: j'avais des air-bags spécial Mammouth Crash Test à la place de mes nénés. Une horreur.
Ensuite j'ai eu un léger souci de santé qui m'a obligé à prendre des antibiotiques de façon préventive, et bien que le médecin de l'hôpital m'ait assurée qu'il n'y avait aucune contre-indication pour l'allaitement, mes fesses, il y en avait bel et bien une, et de taille, comme me l'a confirmé mon médecin plus tard: ce médoc donnait un goût dégueulasse au lait. Du coup la Boulette ne tétait que de faim absolue, je ne comprenais rien à ce qui se passait (troisième bébé, troisième allaitement, toujours rien capté au mode d'emploi), et à force de tétouiller dans le vide, mon bébé m'a littéralement dépouillé les bouts de nibs: à ce niveau on n'apelle plus ça des crevasses, mais un peeling intégral. C'est bien simple, maintenant j'ai le mamelon bicolore: brun sur l'aréole, et rose clair au bout, c'est super staïle. Juste j'ai cru mourir de douleur. Fiesta time.
Là j'ai dit: si ça continue encore une semaine comme ça, je passe aux bibs. Non mais ça va bien hein. Y'a pas écrit "martyre de la laïfe" sur mes nichons, non non non. Mais le méchant médoc disparu, les mamelons cicatrisés, les montées de lait calmées par des tétées régulières, et c'est reparti mon kiki, comme en 40. Sauf que la Boulette, même s'il ne tête que maxi 20 minutes, le fait 8 fois par jour. Dont une pendant ma nuit. Mais bon. J'arrive à dormir assise et les yeux ouverts maintenant. Je suis trop forte.
Tout ça pour dire, que l'allaitement c'est certes très chouette, mais ce n'est pas tout rose. Mais c'est très chouette. Mais pas tout rose. Mais très chouette ... Hum, bref.
Juste dommage que les papas n'aient pas des nichons open bar eux aussi.
Si, si, dommage.