Clairement.
Non.
Tiens par exemple, aujourd'hui.
Au hasard hein.
J'ai passé une matinée fantastique à me fâcher sur trois gamins qui ont visiblement besoin que je leur rappelle une énième fois que je ne suis pas leur domestique et que je n'ai toujours pas gagné à l'euromillions pour embaucher du petit personnel - pour ça il faudrait encore que je joue.
J'ai passé un début d'après-midi à m'occuper un peu de moi - lire = m'exiler dans ma baignoire pour avoir la paix - pendant que les enfants sermonnés s'occupaient de remettre nos lieux de vie communs en état. Je n'achèterai PLUS JAMAIS de sachet de carambars les mômes, que ce soit clair. PLUS JAMAIS. Mark my words.
A 16h, ils partent chez leur père.
Freedom!
Calme!
Silence!
Tranquillité!
Toute personne normalement constituée, et dotée d'un cerveau ne serait-ce que relativement en état de fonctionner, en profiterait pour se coller dans le canapé, sous un plaid, avec un bon film et une tasse de chocolat chaud ou d'un délicieux geinmacha.
Moi?
Non.
Ben non, tu penses.
Moi je décide qu'effectivement il faudrait que je mange, vu que je n'ai encore rien ingurgité de la journée. Je me bidouille une délicieuse salade avec un reste de pâtes, deux champignons de Paris frais, et une sauce home made qui déboite.
J'avale ça en regardant une sitcom, 20 minutes de détente, très bien.
Mais ensuite?
Ensuite, les gens, rien ne va plus.
Je décide d'aller courir.
Je décide d'aller courir et de courir selon un parcours qui me ramène chez moi, pile poil, non pas pour aller prendre une bonne douche chaude et me fiche enfin sous un plaid, naaaaaaaa, pas moi, ouhla, non.
Moi, je décide d'aller courir, et en descendant dans le hall de l'immeuble j'y dépose mon caddie de mamie, gonflé d'un sac congélation et d'un cabas.
Et je pars courir mes 2 kms.
Oui je sais spa beaucoup mais je débute, donc c'est bon hein.
Et donc ensuite, ayant récupéré mon caddie, je me fade de faire seule les courses que d'habitude je fais en famille, avec LeZèbre qui porte un cabas et une litière, L'Ado qui porte un gros cabas, et LaPatate qui porte le petit cabas avec les paquets de gâteaux. Et moi deux énormes cabas qui te démontent les épaules.
68 articles, il y a écrit sur le ticket de caisse.
Dont une grosse douzaine de boîte de conserve, un pack de litière de 5 litres, et j'en passe.
Caddie blindé d'une main, sac congélation blindé sur l'épaule, cabas au bout du bras, pack de litière tenu par la main qui tire le caddie, et non je ne suis pas Shiva.
Le temps de parcourir les 150 mètres qui séparent la supérette de mon hall d'entrée, j'ai très clairement cru que mon bras gauche allait se décrocher et mourir, comme un con, sur le bitume.
Pris trois voyages pour faire entrer tout le barda dans le hall.
Pris trois voyage pour faire monter tout le barda au deuxième étage.
Morte.
Je suis morte.
Ah mais il a fallu retrouver un peu d'énergie, rapport que les courses ne se rangent pas toutes seules dans les placards et dans le réfrigérateur.
Cuite.
Je suis cuite.
Je mange, et au lit.
AU LIT.
Il est temps de donner à mon pauvre cortex le repos qu'il mérite.
Vite.
Avant la mort cérébrale.