27 janvier 2005

héroïque

Je tiens préciser d'entrée que ce post est non seulement crade sur la fin, mais qu'il est aussi autosatisfait, en plus de reposer sur du matériel à priori nonbloguable mais on s'en fout, je le blogue quand même.
Voilà, c'est dit. Ceux qui ne sont pas d'accord, qui n'ont pas envie, qui ont une machine à étendre, un train à prendre, un café bouillu café foutu, une mauvaise humeur chronique, votre mulot connait le chemin.

En fait au départ, dès la veille au soir, je savais que cette journée, aujourd'hui donc, allait être une mauvaise journée et qu'il me faudrait être courageuse pour lutter contre mon envie profonde d'hiberner. Les conditions étaient contre moi, je le savais. Un chéri qui partirait en stage à Pétaouchnok-les-Olivettes dès 05.30 le matin, des conditions météo pourrites, un sympathique -5° de prévu, plus un Gnomazizi grand producteur de morve à protéger tout du long des 8 trajets école-maison. Ah les 8 trajets école-maison, all by myself, un vrai bonheur, je m'en réjouissais grave d'avance. Pas de possibilité d'envoyer le chéri à ma place, pas de possibilité de laisser le Gnome, rien d'autre à faire que de se tartiner 8 trajets dans la journée avec un tit mec de 10k500 ventousé dans l'écharpe portebébé, avec la morve au nez, et la face barbouillée de crème protectrice, emmitouflé dans environ 4782164 couches de fringues. Mais souriant et rigolu, ça rattrappe.

Autant dire que hier soir en me couchant, je n'avais déjà pas envie de me lever ce matin. Je doute profondément de la rigueur syntaxique de cette phrase, mais bon, on ne va pas chipoter non plus. On pourrait dire que c'est du texte moderne new-age qui désape sa mamie devant l'Académie Française, et qui exprime une certaine poésie du quotidien. Si on peut! Faites un effort de votre côté que diable.
Je le savais que ce serait dur.
Je m'étais un peu préparée mentalement.
Je m'étais aussi préparée à l'alternative misérable qui consiste en: ce n'est pas bien grave si la Lutine rate un jour de classe et qu'elle reste au chaud avec sa maman et sa tite crotte de frère. Ce qui n'était pas bien glorieux, mais me permettait d'esquiver habilement une journée de merde.
Mais quand même la culpabilité par avance me rongeait le foie. Bon ok, je me disais juste que ce serait un peu chier dans la colle de faire ça, qu'il fallait se conduire en adulte des fois et arrêter de faire sécher l'école à une môme de 5 ans, parce que les habitudes blablablablabla... A ce moment d'ailleurs de ma réflexion, je dormais déjà profondément.

J'aurais pu tout aussi bien dormir jusque 07.00, heure prévue de mon réveil, all by myself, si à 05.30 un malotru ne s'était pas permis d'allumer la lumière de la cuisine, 70watts dans ma face, chéri il fait JOUR dans le salon là, comment veux tu que je dorme? (ui il y a une petite fenêtre à la con dans la porte de la cuisine), ce à quoi on m'a répondu: mais je fais comment pour me préparer? mais ah ah ah ah ah je suis trop retorse, je lui ai refilé ma lampe de poche. Scout toujours prêt. Après l'avoir maudit environ 25162 fois pour n'avoir pas pris soin de réunir toutes ses affaires dans la cuisine la veille, ce qui lui aurait évité de multiples aller-retours au placard de l'entrée pour prendre tout son bordel (punaise jamais sa môman ne lui a appris à préparer son sac la veille, ho!), et proféré de multiples jurons, j'ai juste failli le buter quand, en sortant, la porte d'entrée a raclé sur des gravillons qui se trouvaient là on se demande bien pourquoi, produisant un boucan de tous les diables que je m'étonne encore de n'avoir point vu de pétition circuler dans l'immeuble pour nous foutre dehors manumilitari.

05.50 je me rendors, pleine de pensées meurtrières. Ce qui est mal. Mon fils me réveille à 06.28 précisément, je vais le chercher telle le zombie qui sort du tombeau, encore que je ne sais pas si vous avez déjà vu un zombie graissu en petite culotte vous? Bref j'attrappe le générateur non stop de mamanmamamnmamanmamanmaman dans son pieu, je le ramène dans le mien, il tète et je me rendors. Il se rendort aussi, bienheureux enfant.
A 07.00 du jazz me réveille. Re-envie de zigouillage immédiat de l'homme qui partage ma vie, coment peut-il oser laisser sa musique pourrite dans MA chaîne hi-fi bordel? Oui je n'aime pas le jazz (enfin des fois si, mais là non) et je vous proute.
Je me lève d'un bond, foutu pour l'hibernation, le sens du devoir a pris le dessus.
Attention c'est là que ca devient crade.

D'un pas tout sauf certain, je me dirige vers les toilettes, je fais mon petit pipi, et dans la quasi pénombre je vois bien, de mon oeil mi-clos, qu'il y a un truc qui cloche.
Les filles qui me lisent savent déjà depuis les premières lignes de ce post le pourquoi du comment de tant de hargne. Pour les garçons pas dégourdis, j'explique: ragnout day!
Oh yee pee et yee pee yehh! Non mais c'est vrai, 8 trajets école maison, avec un bidule morveux de 10kgs500 en écharpe, dans un froid polaire, ce n'était pas suffisant à la merditude de la journée. Fallait me rajouter les niagara's fall dans ma sloggi.
Merci.
Non mais vraiment, merci, c'est trop chouette.

Ben je ne me suis pas défilée, j'ai réussi à partir à l'heure pour l'école avec ma fille nourrie, habillée, coiffée, mon fils changé, habillé, harnaché contre sa reum. En laissant un appart rangé et les lits faits. Par contre, avec l'accord de la pioute, je la laisse aujourd'hui à la cantine, alors que le jeudi, d'habitude, non. Il y a des limites à mon héroicattitude.
Et maintenant, si vous le permettez, je vais me recoucher.
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