Aujourd'hui les petits amis, nous allons travailler notre style, parce que c'est important le style. Si je vous assure, c'est ce qui fait toute la différence entre un sac de patates LP et une robe griffée* de chez Dior.
Prenons cette anecdocte toute simple:
Je vais à la Poste affranchir et poster une lettre. Cela restera tout à fait hypothétique, car vu la sinusite qui m'écrabouille le cerveau avec un sac de sable XXXL et la toux qui me rend hyper crédible en tant que postulante dans le rôle de la tuberculeuse de service, il est bien évident que je fonctionne en service minimum (et encore je suis bien bonne, je pourrais rester couchée). Ouais en fait j'aurais du y aller, et puis la sinusite a décidé qu'elle était la plus forte, et je suis misérablement rentrée chez moi et c'est mon chéri qui s'est tapé la montée jusque la Poste, et non ce n'est pas sale, et oh j'ai dit montée pas trainée.
Alors hop là déjà vous venez de voir par vous même avec vos yeux à vous que vous avez (ouh tous ces v partout j'ai l'impression de ne plus avoir de dents, pas vous?) le style "angel handmade" qui est top ébouriffant, on ne peut qu'applaudir, merci.
Testons d'autres styles, hop là, je n'ai pas toute la journée non plus.
angoissant:
Je marchais dans cette rue que j'avais arpentée un nombre incalculable de fois. La lettre était lourde dans ma poche. Je la sentais contre moi, mais cette sensation, plutôt réconfortante en temps habituels n'arrivait pas aujourd'hui à anihiler ce sentiment qui m'étreignait. Ce sentiment de marcher dans un monde qui n'était pas le leur, un monde où j'étais l'intruse, où les regards pesaient sur moi, où des lueurs métalliques au fond de leurs prunelles me laissaient entrevoir le pire. Le moineau sur la branche arrête de couiner sur mon passage, dans ses plumes, je ne me trompe pas, je vois du sang, un peu. La poste me paraît loin, brusquement. Je m'emmitoufle dans mon manteau, je baisse ma tête le regard planté sur mes souliers qui sont usés par les ans, et j'avance, le coeur comme une pierre et le ventre noué. Ils m'épient,c'est sûr. Et ils sont mauvais.
primesautier (voire même niais):
Le sourire aux lèvres, j'entends les petits zoziaux qui gazouillent gaiement dans les arbres, et même si le temps n'est pas au beau fixe (disons le cruement il fait un temps vraiment désagréable, mais que diable, c'est l'hiver, après tout!) on voit les premiers bourgeons tout mignons qui commencent à pointer le bout de leur petit nez vert, et dans le ciel ce rayon de soleil qui vient éhontément flirter avec mon visage offert, c'est fabuleux. La lettre dans ma poche, porteuse de promesses à venir, est légère comme la plume, les gens me sourient, la Poste n'est plus qu'à quelques mètres, et cette matinée s'annonce guillerrette.
là logiquement vous avez envie de m'abattre sur place, de m'étrangler avec mon sourire béat.
sms kikoo lol mdr:
Zyva la post c mor c miE lé sms mé le fakteur il é bo kom 1 diE alor jyvé kan mM
lé zoizo i chante c pa la nouvel star bordL ferm la konar
ca yest c'est fini, vous pouvez allez mettre du collyre dans vos yeux qui larmoient.
ampoulé (genre tu peux plus t'assoir le manche est trop profond)
Par cette matinée semblable à toutes les autres, j'ai pris la décision irrévocable de m'en aller quérir une aide appropriée au transport de mon courrier en l'officine du bureau des postes. J'ai pris grand soin de rédiger ma missive en les termes les plus courtois et les plus convenables, et après avoir refermé l'enveloppe avec soin, je l'ai glissée dans la poche de mon loden vert bouteille, et suis sorti de chez moi. Dehors le brouhaha de la rue agresse mes oreilles, je ne peux concevoir tel vacarme, comment se fait-il que l'on autorise des volatiles aussi vulgaires que des moineaux à ouvrir leur bec de si bon matin, risquant ainsi de heurter les gens dans leur quiétude mentale duement méritée. La rue qui mène au bureau des postes françaises est bien escarpée, et il est dur de la gravir sans s'essoufler quelque peu. Mais le courage et la constance s'étant penchés de concert sur mon berceau, j'y parviens sans trop de difficulté et mène à bien ma mission qui consiste à affranchir au tarif indiqué la missive que je me dois d'envoyer dans les plus brefs délais.
ouais vous pouvez me donner un coup de pied dans le ionf, histoire de m'achever.
poétique:
En ce jour très glorieux je m'achemine vers toi
La lettre sur mon coeur m'emporte vers l'ailleurs
Et mon coeur pleure et rit, chante et grince à la fois
Je monte vite vers toi, ô mon sublime facteur!
non je n'ai pas honte du tout, et croyez moi, plus d'un quatrain en alexandrins avec césure, c'est du domaine de l'impossible, je n'ai plus 16 ans non mais.
tragique
Rage, douleur et orage douloureux se sont réunis, vainqueurs, au dessus de mon chef (ma tête pas mon supérieur hiérarchique), pour faire de cette journée un lit de douleurs. Cette missive doit partir, mais saurais-je y arriver sans coup férir? Le poids des années (et non de mon popotin graisseux, ca va bien hein) sur mes épaules m'empêchent d'avancer aussi vite que la nécessité me l'impose, et le chemin se fait escarpé pour faire choir mon corps lourd de regrets. Je le sens, je le sais, l'homme des Postes ne voudra pas de moi, j'ai tout quitté en vain, et ma missive à la main n'y pourra rien changer, pas plus que mes yeux éplorés et mon coeur qui saigne.
deux élément stylistiques angel hand made se sont glissés dans cet extrait, vous devriez réussir à les retrouver si vous avez bien suivi depuis le début, sinon tant pis pour vous.
Voila mes petits amis du vendredi, que le style soit avec vous, et rapellez vous, tout est blogable, mais faut le faire avec classe.
[réajuste sa bretelle de soutif, renifle, et sort]
* mon chat, bien que couillon, décline toute responsabilité. Oui j'ai osé faire une vanne pourrite dans une asterisque, allez jetez moi donc vos claviers à la face: je m'en contrebalance grave, je suis de titane, j'ai pris un doliprane.
Prenons cette anecdocte toute simple:
Je vais à la Poste affranchir et poster une lettre. Cela restera tout à fait hypothétique, car vu la sinusite qui m'écrabouille le cerveau avec un sac de sable XXXL et la toux qui me rend hyper crédible en tant que postulante dans le rôle de la tuberculeuse de service, il est bien évident que je fonctionne en service minimum (et encore je suis bien bonne, je pourrais rester couchée). Ouais en fait j'aurais du y aller, et puis la sinusite a décidé qu'elle était la plus forte, et je suis misérablement rentrée chez moi et c'est mon chéri qui s'est tapé la montée jusque la Poste, et non ce n'est pas sale, et oh j'ai dit montée pas trainée.
Alors hop là déjà vous venez de voir par vous même avec vos yeux à vous que vous avez (ouh tous ces v partout j'ai l'impression de ne plus avoir de dents, pas vous?) le style "angel handmade" qui est top ébouriffant, on ne peut qu'applaudir, merci.
Testons d'autres styles, hop là, je n'ai pas toute la journée non plus.
angoissant:
Je marchais dans cette rue que j'avais arpentée un nombre incalculable de fois. La lettre était lourde dans ma poche. Je la sentais contre moi, mais cette sensation, plutôt réconfortante en temps habituels n'arrivait pas aujourd'hui à anihiler ce sentiment qui m'étreignait. Ce sentiment de marcher dans un monde qui n'était pas le leur, un monde où j'étais l'intruse, où les regards pesaient sur moi, où des lueurs métalliques au fond de leurs prunelles me laissaient entrevoir le pire. Le moineau sur la branche arrête de couiner sur mon passage, dans ses plumes, je ne me trompe pas, je vois du sang, un peu. La poste me paraît loin, brusquement. Je m'emmitoufle dans mon manteau, je baisse ma tête le regard planté sur mes souliers qui sont usés par les ans, et j'avance, le coeur comme une pierre et le ventre noué. Ils m'épient,c'est sûr. Et ils sont mauvais.
primesautier (voire même niais):
Le sourire aux lèvres, j'entends les petits zoziaux qui gazouillent gaiement dans les arbres, et même si le temps n'est pas au beau fixe (disons le cruement il fait un temps vraiment désagréable, mais que diable, c'est l'hiver, après tout!) on voit les premiers bourgeons tout mignons qui commencent à pointer le bout de leur petit nez vert, et dans le ciel ce rayon de soleil qui vient éhontément flirter avec mon visage offert, c'est fabuleux. La lettre dans ma poche, porteuse de promesses à venir, est légère comme la plume, les gens me sourient, la Poste n'est plus qu'à quelques mètres, et cette matinée s'annonce guillerrette.
là logiquement vous avez envie de m'abattre sur place, de m'étrangler avec mon sourire béat.
sms kikoo lol mdr:
Zyva la post c mor c miE lé sms mé le fakteur il é bo kom 1 diE alor jyvé kan mM
lé zoizo i chante c pa la nouvel star bordL ferm la konar
ca yest c'est fini, vous pouvez allez mettre du collyre dans vos yeux qui larmoient.
ampoulé (genre tu peux plus t'assoir le manche est trop profond)
Par cette matinée semblable à toutes les autres, j'ai pris la décision irrévocable de m'en aller quérir une aide appropriée au transport de mon courrier en l'officine du bureau des postes. J'ai pris grand soin de rédiger ma missive en les termes les plus courtois et les plus convenables, et après avoir refermé l'enveloppe avec soin, je l'ai glissée dans la poche de mon loden vert bouteille, et suis sorti de chez moi. Dehors le brouhaha de la rue agresse mes oreilles, je ne peux concevoir tel vacarme, comment se fait-il que l'on autorise des volatiles aussi vulgaires que des moineaux à ouvrir leur bec de si bon matin, risquant ainsi de heurter les gens dans leur quiétude mentale duement méritée. La rue qui mène au bureau des postes françaises est bien escarpée, et il est dur de la gravir sans s'essoufler quelque peu. Mais le courage et la constance s'étant penchés de concert sur mon berceau, j'y parviens sans trop de difficulté et mène à bien ma mission qui consiste à affranchir au tarif indiqué la missive que je me dois d'envoyer dans les plus brefs délais.
ouais vous pouvez me donner un coup de pied dans le ionf, histoire de m'achever.
poétique:
En ce jour très glorieux je m'achemine vers toi
La lettre sur mon coeur m'emporte vers l'ailleurs
Et mon coeur pleure et rit, chante et grince à la fois
Je monte vite vers toi, ô mon sublime facteur!
non je n'ai pas honte du tout, et croyez moi, plus d'un quatrain en alexandrins avec césure, c'est du domaine de l'impossible, je n'ai plus 16 ans non mais.
tragique
Rage, douleur et orage douloureux se sont réunis, vainqueurs, au dessus de mon chef (ma tête pas mon supérieur hiérarchique), pour faire de cette journée un lit de douleurs. Cette missive doit partir, mais saurais-je y arriver sans coup férir? Le poids des années (et non de mon popotin graisseux, ca va bien hein) sur mes épaules m'empêchent d'avancer aussi vite que la nécessité me l'impose, et le chemin se fait escarpé pour faire choir mon corps lourd de regrets. Je le sens, je le sais, l'homme des Postes ne voudra pas de moi, j'ai tout quitté en vain, et ma missive à la main n'y pourra rien changer, pas plus que mes yeux éplorés et mon coeur qui saigne.
deux élément stylistiques angel hand made se sont glissés dans cet extrait, vous devriez réussir à les retrouver si vous avez bien suivi depuis le début, sinon tant pis pour vous.
Voila mes petits amis du vendredi, que le style soit avec vous, et rapellez vous, tout est blogable, mais faut le faire avec classe.
[réajuste sa bretelle de soutif, renifle, et sort]
* mon chat, bien que couillon, décline toute responsabilité. Oui j'ai osé faire une vanne pourrite dans une asterisque, allez jetez moi donc vos claviers à la face: je m'en contrebalance grave, je suis de titane, j'ai pris un doliprane.