07 mars 2005

open your mind mouth

Si vous étiez déjà là à l'ouverture de ce blog fabuleusement extraordinaire qui est le mien, si si fabuleusement extraordinaire rhôôôôô, vous vous souviendrez d'une note, dans les toutes premières, où je m'extasiais de ma nouvelle faculté à ouvrir ma bouche plus facilement devant les gens qui m'escagassent et me courrent sur la moële épinière. Avec mes trente ans tous neufs, je faisais ma belle hein. Parce que je me rend compte aujourd'hui du long chemin qu'il me reste encore à parcourir pour réussir à parvenir au niveau de mon papa par exemple.
Mon papa qui, un soir, à Paris, alors que nous rentrions de je ne sais où, je devais avoir peut-être 10 ans pas plus, mon papa donc, qui avisant un type entrain de pisser contre un mur dans la rue, lui dit ces mots sublimes qui restèrent gravés à tout jamais dans mon jeune esprit (la preuve je vous les livre intacts aujourd'hui): eh fais gaffe, tu pisses sur ta laisse!
Il faut le reconnaitre: c'est super fort. En même temps mon père n'a jamais eu peur de se prendre une beigne, vu qu'il frappe toujours le premier. Ce qui n'est pas bien les enfants, ne prenez pas exemple sur lui.

Alors moi je voudrais bien faire pareil, dire des phrases qui butent devant des cons qui m'agacent le paysage, qui me défrisent le poil de fesse, qui m'esquintent les nerfs. Parce que le peu de fois où je l'ai fait, passé ce frisson de j'ose/j'ose pas, c'est tout de même extrêmement jouissif.

Cependant, jeudi dernier je n'ai pas osé et depuis cela me ronge un peu. Un peu juste, n'allez pas imaginer que je reste obsédée depuis à remâcher la situation et à la recracher différente de la réalité. Non non non. Au pire j'écris cette note, qui sera un bon entraînement pour une prochaine fois.
Je vous situe vite fait le truc.
Jeudi 3 mars, jour de grêve SNCF, jour de neige. C'est la panique dans les transports en commun de la capitale et de la banlieue.
Dans notre petite gare, 4 adultes et 5 enfants attendent un train pendant une demi-heure pour se rendre à SeaLife, un aquarium qu'il est bien mais qu'il est loin, le bougre. Ils attendent une heure, parce que grêve plus neige, le conducteur du train il reste au chaud au rade du coin à se boire des mousses avec les potes. Peut-être même il rigole et trouve que la neige qui tombe c'est joli. Non je n'extrapole pas, deux trains sont passés dans l'autre sens pendant qu'on se gelait le cul à l'attendre et à sourire devant les enfants dont c'était le grand jour. Et oui on était obligés d'y aller ce jour là, on avait des places moins chères pour un jour donné, le 3 mars donc*.
Mais j'abrège, au bout de 4 heures, on réussit à arriver à destination, alors que normalement une heure et demi suffit. On passe un excellent après-midi, quand survient obligatoirement le moment de rentrer. Les enfants sont fatigués, il neige toujours, il grêve toujours aussi. Si le RER est pris en début de ligne, et que donc nous pouvons tous poser notre popotin épuisé pendant le trajet, le train de banlieue que nous prenons ensuite, nous le prenons en milieu de ligne. Et là il n'y a pas de place. Et là on s'engouffre dedans: 4 adultes, 4 gnomes et un minignome dans une poussette. On reste dans l'espace central parce que notre postérieur, si fatigué soit-il, on peut rêver pour le poser. Et voilà mon chéri avec son fils de quinze mois dans les bras, planté au milieu des gens, ne pouvant se retenir à rien, la barre la plus proche étant vraiment loin. Et il y a environ 4 pécos entre la barre et lui de toutes manières...
Et là, séparée par deux personne de mon bébé qui tangue dans les bras de son père, il y a une rombière posée sur un strapontin. Une bonne femme de 60 ans maxi, avec une permanente blonde que même Line Renaud elle n'en voudrait pas, des boucles d'oreilles qui brillent, et un manteau de fourrure. Déjà elle a tout pas bon la dame. J'apprendrais ensuite par Alix qui regardait par dessus son épaule, qu'elle lit le programme de De Villiers, et donc elle a vraiment tout pas bon du tout et en plus elle pue du cerveau.
Vous croyez que la grognasse elle va se lever? Céder sa place à un jeune papa qui risque de faire une chute avec son bébé dans les bras? Non non non, la poufiasse elle reste assise sur son cul flasque et elle ne fait même pas mine de lever les yeux de son papelard torche-fesses. Elle est littéralement absorbée par sa lecture vomitive figurez vous.
Là j'aurais du ouvrir ma bouche.
J'ai bien envoyé quelques sarcasmes qui ont reçu toute l'approbation des voyageurs autour de nous, qui m'ont lancé des regards entendus sur la relouserie de Radasse en Fourrure 2005, mais c'est tout.
Et je regrette.
J'aurais voulu lui dire de lever son gros cul et de céder sa place bourdeldimerde. Mais je n'ai pas osé, j'étais fatiguée, et puis voilà quoi.

Allez je m'entraîne:
niveau 1
Dites moi serait il possible que vous laissiez votre place à mon compagnon qui rique de tomber avec mon bébé dans les bras?
niveau 2:
Auriez vous l'extrême obligeance de céder votre place à mon compagnon avant qu'il ne vous tombe dessus avec mon fils de 15 mois dans les bras, et croyez moi 10.5 kilos sur la tête, ça fait mal, permanente ou pas.
niveau 3:
Malgré votre surdité apparente et votre cécité flagrante, je vous prierais de bien vouloir céder votre place à mon chéri qui en a marre de manquer se vautrer toutes les trois minutes avec notre bébé dans les bras, voyez vous. Vous ne me semblez pas si vieille que vous deviez rester assise, si?
niveau 4:
Ok, on arrête de lire son papier de facho, et on se lève pour laisser la place à mon chéri avec notre fils dans les bras, et plus vite que ça. Sinon je tire le signal d'alarme et là, la journée va être vraiment pourrie, bordel.

Je trouve que j'ai des dispositions, non? Reste juste à les mettre en application.
Le prochain qui m'agace, il va dépoter sévère. Ou pas.




*note pour plus tard: ne pas prendre de places pour un jour précis. Ca peut mal tourner. Et oui.


Et toujours 2 posts sur LARIRETTE.
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