18 décembre 2005

mozeur of quatre

Mercredi dernier, alors que ma coupine pleurait pour qu'on active le schmilblick sur son lit en salle de travail, je me suis retrouvée subitement promue mère de 4 enfants. Mon Chéri était au lycée, le chéri d'Alix était bien sûr avec elle, aucune aide possible. Aucune. Le Destin avait posé sa main sur moi et ne comptait pas me lâcher.
Et j'avais une mission. Assister le plus possible au cours de danse de ma Lutine, dont c'était la journée portes ouvertes.
Il allait falloir que j'accomplisse ma tâche sans péter un boulard et en gérant quatre trucmachins allant de 2 à 6 ans.

Présentons la troupe, histoire de situer le niveau de difficulté de la chose.
Monsieur Deuzan, que limite je ne présente plus, suffit de regarder son curicullum vitae pour comprendre qu'il est de loin le plus coriace.
Miss Mini, trois ans trois mois, complètement loufdinguo, je crois qu'elle est Cabri ascendant Kangourou, et qu'elle a pris option ouzbek médieval au cours de langues de sa minischool perso (sa maîtresse/maman est présentement entrain d'accoucher, ça la perturbe un peu).
Nounette Choupette, 5 ans dans un mois et demi, diplômée en Super Relouserie avec mention Très Pénible, a changé subitement de vocation, et est entrée dans l'Ordre très strict des Petites Filles Sages, à la grande surprise de toute sa famille et de ses proches.
La Lutine, 6 ans, sensée être sage et calme, et tranquille, et plein de trucs qui font bien sur un cv de Cours Préparatoire, mais qui en période de traumatisme du quotidien, peut transmuter en GigaInfernale.

Température extérieure plutôt genre froide, voire même glaciale par moments.
Lieu du cours de danse: Maison des Associations, à genre 600 mètres de la maison (peut-être plus, je suis nulle pour ce genre d'estimation)
Horaire: le cours commence à 11 heures et finit à midi.

Départ: 10h30.
Pourquoi, si tôt pour parcourir seulement 600 mètres? Ahahahahaha. Ahem. Il faut d'abord songer à habiller chaque enfant avant de songer à franchir le pas de la porte. Et oui.
Prévoir un gilet, un manteau, un bonnet, une écharpe, des gants, pour chaque gnome. A des degrés divers d'habillage. Qui vont de l'habillage total avec force gesticulations rebelles à l'habillage totalement autonome, en passant par l'habillage partiel consentant, et l'habillage quasi autonome nécessitant juste quelques ajustements esthétiques. Il est bien évident que le niveau 1 demande largement plus de temps que le niveau 4 qui peut s'effectuer en même temps que le niveau 1. Vous suivez toujours, ou bien?
Ensuite, parcourir 600 mètres avec un gamin pénibeule en poussette, et trois princesses à pied dont l'une trottine ce qu'elle peut de la longueur de ses petites gambettes de rien, cela peut relever de l'exploit olympique, catégorie Junior Déchaînés, il ne faut pas croire. En gros on scotche Monsieur Deuzan dans sa poussette et on verrouille avec la tototte et son Bû puant de doudou. On accroche Miss Mini à la poussette par la menotte, avec injonction de pas pingponguer dans tous les coins de la ville, et on envoie en éclaireuses les deux princesses devant, qui se tiennent la main. On essaie de rester souriante quand on croise des gens qui nous toisent l'air de dire que c'est mal de pondre autant d'enfants en si peu de temps, et qu'on a pas le temps de leur expliquer que non on ne voulait pas absolument un garçon et que oui on prend la pilule ou du caoutchouc, et que flûte, y'en a deux qu'on vient juste de me refourguer hein, je suis héroïque là, applaudissez moi, hop. Et puis non je ne suis pas enceinte du 5ème, juste euh, bref.

Quand finallement on arrive à la danse, il faut enfourner toute la petite troupe dans l'ascenseur, et débarquer en force dans le vestiaire déjà bondé de petites filles en justaucorps et de parents qui meurent de chaud dans l'atmosphère surchauffée et confinée. Ahahahhahaha oui les gens j'ai fait exprès de venir aux portes ouvertes avec trois enfants en plus de ma danseuse de gamine, ahahahahaha je suis trop méchante, bien fait pour votre goule. Alors que bon, qu'ai-je fait moi pour que ma coupine décide de pondre le jour qu'il fallait pas (et je ne pense qu'à ça, qu'elle est entrain d'accoucher et qu'elle doit souffrir, et que pourvu que tout se passe bien).
Vu l'étroitesse du vestiaire, et le nombre de gniards sous ma responsabilité, j'ai prévu, car je suis extrêmement intelligente (537 de QI tout de même) et organisée (championne du monde de la Monica's Attitioude), deux grands cabas pionch rose pétard pour ranger tous les vêtements. Hein que je suis super maline. Ca fait genre Sioupeur Mozeur, j'aime bien. Histoire de me la péter un peu. Et hop hop hop zouplà, voilà mes 4 loustics déssapés, et donc libres de leurs mouvements, qui commencent à s'égayer dans le vestiaire en mettant un bronx pas possible, pendant que je plie manteaux gilets, écharpes et bonnets (fois 4 donc) dans les cabas. Que je dépose remplis jusqu'à ras bord dans la poussette vidée de son remuant occupant, qui s'occupe présentement à actionner le robinet du lavabo des toilettes. Et à inonder la pièce.

Il est temps que le spectacle commence.

Nous rentrons dans la salle de danse. J'ai coaché les filles sur le fait de rester assises, calmes, et le plus silencieuses possible. L'espoir fait vivre. J'ai expliqué à Monsieur Deuzan qu'il faut être calme aussi, sinon on devra ressortir. Tous les parents sont là, ils ont du confier les frères et soeurs, parce qu'à part un autre petit garçon, un copain de Monsieur Deuzan d'ailleurs, il n'y a que mes gnomes dans la salle, partie spectateurs. Ambiance ambiance. J'enjoins mes trois loustics à s'assoir dans un coin avec moi, tous en tailleur, nous ne tenterons même pas les longs bancs, déjà ils sont bondés, et puis je doute du fait que les enfants restent assis une heure là dessus. Je me positionne près de la porte, repli statégique déjà prévu. Toujours prévoir de pouvoir fuir rapidement, en cas de débordement sonore, émotionnel ou sportif.
Monsieur Deuzan va rester environ 8 minutes et demi sage sur mes genoux. Vous pouvez l'applaudir, merci.

Ensuite, comment dire, la musique va commencer à le titiller sévère. Les danseuses travaillent particulièrement le rythme cette année, pour s'initier au modern jazz. Monsieur Deuzan a le popotin qui le démange. Il remue sur mes genoux. Il lève les bras en cadence, en même temps que sa soeur qu'il bade. Je l'assois par terre entre mes jambes. Pendant ce temps Miss Mini commence à en avoir déjà marre de jouer avec son Pota et commence à farfouiller discrétos dans mon sac Pucca, et me pique et mes baguettes japonaises, et un menu de sushis, la gredine. Que je tente de récupérer, laissant ainsi s'évader Monsieur Deuzan, qui commence à suivre la chorégraphie de sa soeur et ses copines. Y'aurait comme quelques sourires dans le public, vu que mon fiston détourne largement l'attention portée aux danseuses. Nounette Choupette en a un peu marre de ragarder sa coupine danser, comme elle me le fait clairement remarquer à haute et intelligible voix, au bout d'un moment, c'est embêtant. Oui ce n'est qu'un cours de danse et non un spectacle, ça manque grave de paillettes, zut. J'ai un peu du mal à admirer les progrès de ma Lutine, qui sont cependant certains, vu que mon attention est constamment détournée: Monsieur Deuzan qui s'allonge par terre pour imiter son pote en free style, et qui poursuit sa chorégraphie pompée sur celle de sa sister, Miss Mini qui fait causer son Pota avec ma Pucca de sac, Nounette Choupette qui va regarder par la fenêtre.
Je ne regrette plus d'avoir sottement oublié d'emporter mon appareil à tofs, vu que de toutes façons, prendre des photos aurait relevé de la haute voltige, ou alors une transformation en déesse à bras multiples peut-être?

Au bout de 35 minutes de silteplé tais toi, reviens ici, arrête de gesticuler, rends-moi ça, murmurés d'une voix de plus en plus menaçante et perdant patience, il faut se rendre à l'évidence: l'heure de la retraite a sonnée, les troupes repassent la porte et se replient dans les vestiaires. Il est encore possible de suivre, mais sans le son, les évolutions gracieuses de la Lutine, en se mettant dans le sas à l'entrée des vestiaires. C'est bien sûr sans compter sur Monsieur Deuzan qui se plante derrière la vitre en hurlant le prénom de sa soeur, ou qui empoigne le tuyau de l'extincteur pour passer l'aspirateur. Pire qui essaie de virer la goupille de sécurité. Qui un jour finira par lâcher, et ce sera ma plus grande honte, quand mon fils finira par recouvrir le vestiaire du cours de danse de neige carbonique, pour la plus grande joie des enfants et le désespoir des parents, je prépare à l'avance des excuses bidons. Faut être prévoyant dans la vie.
Les deux miss en profitent pour danser la macaréna, genre, et faire un max de boucan, histoire que Monsieur Deuzan ne soit pas le seul à faire des couneries dans le sas, endroit où l'on se doit d'être silencieux pour ne pas déranger le cours (y'a une affiche, help me). Je finirais par me replier une fois de plus dans les vestiaires, pour attendre patiemment la fin du cours que je ne peux plus du tout voir, en essayant d'empêcher mon fils de se casser la margoulette du haut de la pile en équilibre précaire de tapis de sol qu'on se demande ce qu'ils fichent là, de faire boîte de nuit avec l'interrupteur des lumières, d'escalader les radiateurs qui me semblent peu solidement fixés au mur, de démonter la poignée des stores, de vider les placards à portes coulissantes de leur contenu (ballons, arghhh malheur!!!), de retourner dans les toilettes tester cette astucieuse manette de lavabo située juste à sa portée. Je l'enfermerais bien dans ce grand placard vide l'autre jour, non pas que je sois une mère indigne (quoique?) juste qu'il l'adore, c'est comme une cabane, et c'est tellement pratique hin hin hin. Malheureusement, il est aujourd'hui encombré de manteaux divers, ce n'est que trop pas de chance.

Le cours s'achève enfin, et il faut maintenant que ma fille enlève sa tenue, qu'elle se rhabille, ce qui lui prend déjà d'habitude un temps conséquent, vu qu'elle papillonne dans tous les coins, et là dans la moiteur des vestiaires, je réalise que j'ai en plus d'elle trois enfants à rhabiller pour sortir, à la place d'un seul. Et moi aussi accessoirement. Alors que je vais récupérer mes cabas remplis de vêtements que je vais devoir réatribuer à chacun, que la joie irradie mon visage à cette idée, que non je n'ai pas DU TOUT chaud, et que ahahahahahaha la vie est trop facile, je n'ai pas vraiment envie de faire sauter moi-même la goupille de l'extincteur histoire de rendre la fête encore plus folle, mais jh'y pense sériesuement, voilà que j'aperçois mon Chéri dans l'entrée du vestiaire. MON HEROS!
Mon Héros qui a lâché ses élèves en avance pour rentrer plus vite et venir me prêter main forte. Je m'assois et lui demande de m'apporter les sacs: je ne suis plus seule. Je suis sauvée.

Mozeur of quatre, ok, mais mozeur of quatre célibataire, no way.






Les guests stars du calendrier de l'avent que tu peux cliquer dessus pour décorer le sapin (si si)

le 13 Miss Lulu Corn Girl malgré elle
le 14 Lady Alix et son bibou tout neuf du jour
le 15 El Grando Bouletto et son Miya
le 16 Ak CaillouHead
le 17 Isa Jolie
le 18 Lucie Chou on ze Moove
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