C'est bientôt Halloween, et ma fille adore Halloween. Remarquez j'aime beaucoup aussi, et je me souviens que petite, quand je lisais des romans qui se passaient aux Etats-Unis, et que je lisais la description de cette fête, je me demandais pourquoi elle n'existait pas en France, alors que ça avait l'air si chouette, les costumes, l'ambiance, les visites chez les voisins, les friandises. Maintenant que je suis grande (enfin tout est relatif) et que ma fille est là, Halloween est arrivé en France, et la Lutine a mis son premier déguisement de sorcière à 2 ans. Elle va avoir 5 ans dans une semaine et elle est devenue plus à même d'apprécier une déco sympa dans sa chambre. Donc depuis hier je m'emploie avec peu de moyens à transformer sa chambre et elle est ravie. Quelques tissus, des ballons, des photophores, une grosse citrouille que nous transformerons en lanterne demain, des autocollants sur les fenêtres, des dessins de sorcières, et HOP le tour est joué. Je voulais finir sur une note gourmande (oui vous me connaissez hein, je suis irrécupérable).
Parce qu'Halloween, on aura beau dire, ça vaut surtout pour les bonbecs.
J'ai donc eu l'idée absolument géniale de faire des guirlandes de chamallows. D'ailleurs je ne sais pas si on dit chamallows ou marshmallow, ni quelle est la différence exacte? Bref, je me suis rendue chez LP tout à l'heure acheter des chamallows, parce que je ne vais pas utiliser les bons pour faire une guirlande.
Après avoir retourné l'appart pour trouver une aiguille (en effet je suis une couturière émérite, ça se voit tout de suite) je me suis résolue à aller chez Alix lui en emprunter une.
Une aiguille, du fil, des chamallows.
Je suis plutôt douée de mes mains, habituellement: je réussis toujours ce que j'entreprend, à des degrés divers, mais c'est toujours réussi.
Sauf que la guirlande de chamallows, c'est le mal.
Imaginez:
Vous passer le fil dans l'aiguille, et si vous êtes myope comme je le suis, c'est hyper facile, ce qui est bien l'un des rares avantages de la myopie.... Jusque là, tout va bien. Vous approchez l'aiguille du premier chamallow, complètement innocent et qui n'a aucune idée qu'il va se faire empaler sauvagement. Vous arborez un sourire confiant, vous maîtrisez la situation, vous avez une idée claire du résultat à obtenir, vous voyez déjà le sourire ravi de votre enfant devant l'oeuvre achevée, vous avez tout le matériel, plus un mental d'enfer pour ne pas boulotter les chamallows qui sont la matière première, quand même.
Vous percez le chamallow. Vous faites évoluer l'aiguille, et non, un chamallow ça ne crie pas. Par contre, un chamallow qui se fait transpercer par une aiguille, ça dégueulasse l'aiguille et le fil avec du sang de chamallow, bien épais, bien sucré, bien collant.
Au bout du 5ème chamallow, le sourire a disparu. Le fil est raide de sucre et comme il est long parce que vous aviez prévu une guirlande gigantesque, il traîne sur le plan de travail et ramasse par la même occasion la moindre miette, la moindre poussière, et si ça se trouve la moindre crotte de tarin de mouche. Argh. Vos doigts pèguent sévère. En fait vos doigts sont couverts d'une sorte de croûte de sucre. Remarquez c'est plutôt bon à lécher, mais vous n'avez pas que ça à faire, il y a la mission à finir. La putain de guirlande de ces connards de chamallows, dont certains ne sont même pas assez costauds et qui finissent coupés en deux par le fil, et les cadavres bipartites s'entassent dans votre estomac et au bout d'un moment, vous êtes un peu barbouillée. Buark.
Et puis, le mental lâche, le fil est innomable, et il n'y a que 8 chamallows sur la guirlande, donc ça fait à peine un bracelet hein, c'est ridicule.
On regarde sa fille qui mate un dévédé peinarde dans le canaprout, et on lui dit: mon chéri, je suis désolée, mais la guirlande de chamallows ben c'est super dur, je n'y arrive pas, et puis c'est immonde, le fil est tout collant, je ne pourrais même pas l'attacher.
Et l'enfant de répliquer: ce n'est pas grave maman, donne moi ce que tu as fait, ne t'embête pas à le défaire, je vais le manger...
Ouais y'en a qui ne perdent jamais le nord. C'est la digne fille de sa mère. Sauf qu'elle a le métabolisme de haut-fourneau de son père et que quoi qu'elle mange, elle, elle reste mince comme un fil.
J'ai éparpillé les chamallows restants sur l'étagère, à côté de la citrouille, des marrons, et des chataîgnes... Ca fait très joli aussi. Par contre je doute que ma décoration reste bien longtemps en place, dès lors que la porte de la chambre sera refermée sur la Lutine. Mouhhahahahahhaha.