Hier, nous sommes allés à Thoiry. Depuis le temps qu'on le promettait à la Lutine, et bien voilà, c'est fait. C'était sympa de voir le Gnome découvrir toutes ces énormes bestioles qu'il n'avait vu jusque là que dans les livres d'images ou dans les documentaires de la 5ème, à l'heure du bib ou à celle de l'étendage de la lessive. Certes il continue à dire "mouton" pour "chèvre", mais il a appris à dire très vite "tigre", surtout depuis qu'il a bu son biberon de quatre heures sur maman, les yeux levés vers le gros tigre qui marchait sur le tunnel de verre, au dessus de sa tête à lui, tout petit. Ca a des grosses pattes un tigre quand il se déplace au dessus de vous, et qu'il vous regarde, et ça dure le temps du biberon, et puis Thoiry, c'est mieux que les documentaires de la 5ème, pour voir des tigres. Et quand on repart de Thoiry, les mamans des fois, même quand elles ont fait les comptes la veille et que le découvert les a regardé d'un sale oeil, elles offrent à leur petit relou préféré un tigre en peluche, parce que les tigres, c'est bien pour les calins aussi quand on a 21 mois.
La Lutine, elle, a eu peur de l'autruche, celle qui l'a regardée d'un air moyennement sympathique et elle a remonté très vite la vitre de la voiture, et puis voilà. Elle a fait sa crâneuse devant sa mamie en disant que non ce n'était pas juste un ours, là, devant la voiture, c'était un ours à collier, et que c'est trop mignon.
Mais nous on le savait bien que les ours à collier c'est juste mignon dans l'imaginaire des petites filles qui certes rentrent au CP lundi, mais qui n'ont pas encore complètement renié le Winnie l'Ourson qui somnole au pied de leur lit, dans la jungle des bestioles en peluche. On sait bien que l'abruti de la bagnole bleue devant nous, immatriculé dans le 95, il risque un peu gros là. Que c'est farpaitement supide de nourrir un ours à collier, avec le bras en dehors de la bagnole. Il a du oublier son cerveau à la maison le monsieur, ou alors il n'a jamais été monté avec l'option "lecture" sinon il aurait vu le panneau à l'entrée de la réserve, celui qui dit qu'il ne faut en aucun cas descendre de voiture, que l'on doit rouler les vitres fermées, qu'il ne faut pas nourrir les animaux, et que d'ailleurs ce sont des animaux TRES dangereux. Mais Monsieur, lui, il en a rien péter du panneau, il a baissé sa vitre et il donne à manger à l'ours, et sa fillette à l'arrière passe sa tête par la vitre ouverte aussi.
Ses cheveux blonds qui volent dans le vent léger de midi.
Mon chéri, ma belle-mère et moi ne pouvons que fixer cet homme qui nourrit un ours, là devant nous. Et on ne pense qu'à une seule chose, pourvu qu'il ne se fasse pas attaquer. Pas pour lui, on en a rien à taper de lui, il est assez stupide pour se sentir invincible, tant mieux, juste je n'ai pas envie que la petite fille voit son père en sang. Je ne veux pas que ma fille voit une attaque d'ours pour sa visite au parc, celle qu'elle attend depuis le début de l'été.
On ne respire plus. On s'indigne. Il continue. Le temps s'étire. Tout d'un coup, l'ours fait volte-face, et grogne, il s'enfuit dans la forêt. On respire, mais on se dit qu'il aurait pu réagir plus violemment et que la chance sourit des fois aux crétins. La petite chevelure blonde rentre à l'intérieur de la voiture qui s'éloigne devant nous.
Je ne comprends pas les gens. Thoiry, pour ceux qui ne connaissent pas, est un zoo nouvelle génération. Il est composé d'une réserve qui se visite en voiture, et les animaux y sont souvent lâchés en totale liberté. Les zèbres viennent vérifier dans vote voiture si vous ne transportez pas des substances illicites qu'on pourrait leur dealer gratos, les autruches vous mattent bizarrement, les antilopes et les bisons frôlent votre pare-choc, et dans le temps où les singes étaient encore dans la réserve, il pouvait arriver qu'un grand mâle pisse sur votre capot avant de prendre sauvagemment sa copine par derrière devant vos yeux enfantins grands ouverts. Enfin, on m'a dit que cela arrivait, des fois. Thoiry c'est un peu la loi de la jungle, avec la clim' et la fermeture automatique des portes.
Il y a également un parc zoologique, qui se visite à pied, et riches d'espèces variées, dans des enclos vastes et bien aménagés. Ca ne fait pas du tout zoo traditionnel, les animaux ont énormément d'espace. D'ailleurs ils se reproduisent, c'est bon signe. Bref.
Mais dans le parc, le spectacle est souvent plus dans les allées que dans les enclos. Ah la vision des parents loutres et de leur progéniture qui folâtrent gaiement à 250 kms/heure dans leur bassin, totale éclate, les chèvres qui se prennent pour des stars du cinéma et grimpent le plus haut possible et font des smiles terribles aux APNs, le varan qui est dans le même enclos que le paon mais qui ne le mange pas, le cabiai qui fait toujours caca au même endroit, il a beau ressembler à un cochon d'inde de 70 kilos, il n'en est pas moins soucieux de propreté, voilà la vie qui se déroule, devant nous.
Dans l'allée, les humains. En fait je ne sais pas trop. Cette grande godiche de 45 balais habillée comme une starlette cannoise, qui minaude devant les émeus, sort des frites froides de son sac à main (eurrrrkkkk) et dit à sa copine que ouais au Lido ils tuent les autruches pour les plumes, c'est déguelase, et regarde, j'ai trop bien fait de garder mes frites hein, au self, regarde, elles adorent ça, ouh là c'est bon les frites hein les filles. Le tout devant les émeus qui gobent les frites avec délectation, à 3 mètres du panneau qui dit de ne pas nourrir les animaux, pour leur bien-être et leur sécurité. Et ma fille qui la regarde avec des yeux ébahis et qui tente de donner un petit bout de feuille qu'elle vient de czuillir à l'émeu. Mais non parce qu'elle a peur de se faire pincer, c'est que le bec est sacrément balèze.
Mais je dois dire, que contrairement à ma dernière visite, je n'ai pas été énervée en écoutant les gens devant l'enclos des macaques, aucune remarque stupide, grivoise ou pire encore, aucune provocation avilissante. Sans doute que le panneau qui explique nos 98,4% de gènes communs avec les singes a fait son effet. Ou pas. Je regarde ce macaque qui me regarde. Je lui souris. Je me dis que si ca se trouve je suis pour lui une partie du programme du jour, que contrairement au reste de la tribu il ne joue pas, ne humhum pas, ne court pas, ne se balance pas, il reste assis là, c'est peut-être la version macaque du canaprout, et je suis la rediff de l'été. J'ai la présence d'esprit de zapper pour lui, et d'aller voir plus loin où mes pieds me portent.
Je m'en vais du parc, avec la pluie qui commence à tomber, mon fils qui câline son tigre et ma fille son lion, j'ai réussi à photographier le panda roux, je suis contente, et j'oublie que j'ai rencontré aujourd'hui des humanoïdes motorisés avec 1,6% de gènes qui diffèrent du génotype du macaque, et que mazette, ça fait toute la différence entre un animal au regard sensible, et des crétins dont le QI atteint difficilement celui de la méduse en fin de vie.
La Lutine, elle, a eu peur de l'autruche, celle qui l'a regardée d'un air moyennement sympathique et elle a remonté très vite la vitre de la voiture, et puis voilà. Elle a fait sa crâneuse devant sa mamie en disant que non ce n'était pas juste un ours, là, devant la voiture, c'était un ours à collier, et que c'est trop mignon.
Mais nous on le savait bien que les ours à collier c'est juste mignon dans l'imaginaire des petites filles qui certes rentrent au CP lundi, mais qui n'ont pas encore complètement renié le Winnie l'Ourson qui somnole au pied de leur lit, dans la jungle des bestioles en peluche. On sait bien que l'abruti de la bagnole bleue devant nous, immatriculé dans le 95, il risque un peu gros là. Que c'est farpaitement supide de nourrir un ours à collier, avec le bras en dehors de la bagnole. Il a du oublier son cerveau à la maison le monsieur, ou alors il n'a jamais été monté avec l'option "lecture" sinon il aurait vu le panneau à l'entrée de la réserve, celui qui dit qu'il ne faut en aucun cas descendre de voiture, que l'on doit rouler les vitres fermées, qu'il ne faut pas nourrir les animaux, et que d'ailleurs ce sont des animaux TRES dangereux. Mais Monsieur, lui, il en a rien péter du panneau, il a baissé sa vitre et il donne à manger à l'ours, et sa fillette à l'arrière passe sa tête par la vitre ouverte aussi.
Ses cheveux blonds qui volent dans le vent léger de midi.
Mon chéri, ma belle-mère et moi ne pouvons que fixer cet homme qui nourrit un ours, là devant nous. Et on ne pense qu'à une seule chose, pourvu qu'il ne se fasse pas attaquer. Pas pour lui, on en a rien à taper de lui, il est assez stupide pour se sentir invincible, tant mieux, juste je n'ai pas envie que la petite fille voit son père en sang. Je ne veux pas que ma fille voit une attaque d'ours pour sa visite au parc, celle qu'elle attend depuis le début de l'été.
On ne respire plus. On s'indigne. Il continue. Le temps s'étire. Tout d'un coup, l'ours fait volte-face, et grogne, il s'enfuit dans la forêt. On respire, mais on se dit qu'il aurait pu réagir plus violemment et que la chance sourit des fois aux crétins. La petite chevelure blonde rentre à l'intérieur de la voiture qui s'éloigne devant nous.
Je ne comprends pas les gens. Thoiry, pour ceux qui ne connaissent pas, est un zoo nouvelle génération. Il est composé d'une réserve qui se visite en voiture, et les animaux y sont souvent lâchés en totale liberté. Les zèbres viennent vérifier dans vote voiture si vous ne transportez pas des substances illicites qu'on pourrait leur dealer gratos, les autruches vous mattent bizarrement, les antilopes et les bisons frôlent votre pare-choc, et dans le temps où les singes étaient encore dans la réserve, il pouvait arriver qu'un grand mâle pisse sur votre capot avant de prendre sauvagemment sa copine par derrière devant vos yeux enfantins grands ouverts. Enfin, on m'a dit que cela arrivait, des fois. Thoiry c'est un peu la loi de la jungle, avec la clim' et la fermeture automatique des portes.
Il y a également un parc zoologique, qui se visite à pied, et riches d'espèces variées, dans des enclos vastes et bien aménagés. Ca ne fait pas du tout zoo traditionnel, les animaux ont énormément d'espace. D'ailleurs ils se reproduisent, c'est bon signe. Bref.
Mais dans le parc, le spectacle est souvent plus dans les allées que dans les enclos. Ah la vision des parents loutres et de leur progéniture qui folâtrent gaiement à 250 kms/heure dans leur bassin, totale éclate, les chèvres qui se prennent pour des stars du cinéma et grimpent le plus haut possible et font des smiles terribles aux APNs, le varan qui est dans le même enclos que le paon mais qui ne le mange pas, le cabiai qui fait toujours caca au même endroit, il a beau ressembler à un cochon d'inde de 70 kilos, il n'en est pas moins soucieux de propreté, voilà la vie qui se déroule, devant nous.
Dans l'allée, les humains. En fait je ne sais pas trop. Cette grande godiche de 45 balais habillée comme une starlette cannoise, qui minaude devant les émeus, sort des frites froides de son sac à main (eurrrrkkkk) et dit à sa copine que ouais au Lido ils tuent les autruches pour les plumes, c'est déguelase, et regarde, j'ai trop bien fait de garder mes frites hein, au self, regarde, elles adorent ça, ouh là c'est bon les frites hein les filles. Le tout devant les émeus qui gobent les frites avec délectation, à 3 mètres du panneau qui dit de ne pas nourrir les animaux, pour leur bien-être et leur sécurité. Et ma fille qui la regarde avec des yeux ébahis et qui tente de donner un petit bout de feuille qu'elle vient de czuillir à l'émeu. Mais non parce qu'elle a peur de se faire pincer, c'est que le bec est sacrément balèze.
Mais je dois dire, que contrairement à ma dernière visite, je n'ai pas été énervée en écoutant les gens devant l'enclos des macaques, aucune remarque stupide, grivoise ou pire encore, aucune provocation avilissante. Sans doute que le panneau qui explique nos 98,4% de gènes communs avec les singes a fait son effet. Ou pas. Je regarde ce macaque qui me regarde. Je lui souris. Je me dis que si ca se trouve je suis pour lui une partie du programme du jour, que contrairement au reste de la tribu il ne joue pas, ne humhum pas, ne court pas, ne se balance pas, il reste assis là, c'est peut-être la version macaque du canaprout, et je suis la rediff de l'été. J'ai la présence d'esprit de zapper pour lui, et d'aller voir plus loin où mes pieds me portent.
Je m'en vais du parc, avec la pluie qui commence à tomber, mon fils qui câline son tigre et ma fille son lion, j'ai réussi à photographier le panda roux, je suis contente, et j'oublie que j'ai rencontré aujourd'hui des humanoïdes motorisés avec 1,6% de gènes qui diffèrent du génotype du macaque, et que mazette, ça fait toute la différence entre un animal au regard sensible, et des crétins dont le QI atteint difficilement celui de la méduse en fin de vie.
Din aussi parle de ma visite à Thoiry, sur son blog qui est chatoyant et wonderful wonderful wonderful, allez voir ça tout de suite! Surtout que ce n'est que la 4ème fois ce mois-ci que je suis citée dans son blog rutilant, alors bon, c'est trop la classe et je suis hyper fière, voilà.
Et mister Ka-Ly m'a envoyé un super cadal rigolu pour me soutenir dans ma lutte acharnée contre mon template, le html et le css réunis, il est visible ICI. Merci monsieur.
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