15 novembre 2005

encore une victoire du canard

Déjà si vous n'aimez pas les notes où je parle du fait que je suis assise sur les wawas avec mon fils la glue, ce n'est pas la peine de continuer. Car, oui, cela va être une note de wawas, une de plus. Je sais c'est dur.
Donc voilà qu'à l'heure de partir à l'école ce midi pour aller récupérer la Lutine, je me retrouve assise sur mes toilettes.
Bien sûr ma porte ne ferme pas. Sinon vous pensez bien, je la fermerais au verrou, et j'aurais la paix, dans les hurlements certes, mais une paix relative. Pourquoi est-ce que je n'ai pas de verrou? Ah ah ah ah ah ah. Demandez donc à mes deux propriétaires, puisque dans mes deux appartements successifs, je n'ai jamais eu de verrou fonctionnel sur la porte des toilettes. Un coup de peinture malheureux et voilà le verrou bloqué par la valentine deluxe en solde couleur coquille d'oeuf moucheté. Fini la tranquillité, car un apprenti Monsieur Bricolage a balancé de la peinture partout. C'est super rageant. Certains aiment lire aux toilettes, et j'en fais partie. Mais ce n'est plus qu'une douce rêverie, qui m'accompagne parfois, entre deux braillages et deux câlins, lorsque je me retrouve assise là, le jean sur les converses, à vaquer aux occupations que requierent ces lieux.
Ce midi, à onze heures 10 pour être précise (pas vraiment midi donc, techniquement parlant, mais on fera comme si), j'étais donc dans mes toilettes. Et en retard, car non chaussée, avec un enfant non chaussé, non équipé pour le froid arctique tombé depuis peu sur nos régions. Le voilà qui réalise que je ne suis plus dans la même pièce que lui, et il abandonne immédiatement ses activités (que je préfère ignorer) pour venir me gluer, histoire de.
Et là, je me dis que bon, il est grand ce gamin, il va avoir deux ans dans une semaine, il pourrait faire avancer le schmilblick au lieu de bêtement cocooner sa mère. Et là, prise d'une folle audace, je lui demande d'aller me chercher ses chaussures. Qu'on rentabilise le temps qu'il passe à me ventouser dans les wawas, que diable.
- Va chercher tes chaussures mon coeur.
Regard interrogatif, vite remplacé par un mode calinage activé.
-Va chercher tes chaussures mon coeur, elles sont dans le salon.
- Saussu?
- Oui tes chaussures, mon chéri, elles sont dans le salon, va les chercher.
Regard interrogatif, il franchit la porte des toilettes.
Victoire!
- Allo? Oui? Oui? Hum! Oui? Oui? Hum!Allo?
Ahem. L'enfant téléphone. Je pourrais parier qu'il téléphone avec la télécommande du ventilateur qu'il a chourré dans le tiroir de mon bureau plus tôt. Cette télécommande avec laquelle je l'ai vu essayé d'allumer le magnétoscope pour regarder la K7 de Balthazar qu'il y a glissé dans le mauvais sens, sans prendre la peine d'ôter préalablement celle de Dumbo.
Il revient. Les mains vides. Il a pris soin de reposer la télécommande du ventilo dans le salon, pour que je ne le gronde pas. S'il est assez malin pour ça, il doit l'être aussi pour aller chercher une fichue paire de pompes montantes taille 25, et les chaussettes qui sont fourrées dedans.
- Les chaussures, mon petit coeur, les chaussures! Va chercher tes chaussures, il faut aller à l'école, tu ne peux pas y aller pieds nus.
[là vous êtes super polis je trouve, parce que vous lisez en faisant, mine que rien, semblant de ne plus savoir dans quelle position je me trouve et où je me trouve, et vous êtes fixés tout comme moi sur l'incroyable objectif que je me suis fixé, à savoir que mon fiston me rapporte sa paire de grolles et fissa encore]
- Saussu?
- Oui! Tes CHAUSSURES! Va les chercher s'il te plait, mon ange, que maman puisse te les mettre avant qu'on parte à l'école. Elles sont dans le salon, à côté du canapé.
- Napé?
- Oui!Vas-y!
[je rappelle que les toilettes sont dans la colonne de l'immeuble, et que toute personne se trouvant présentement en son lieu d'aisance personel, muni d'un verrou en bonne et due forme je n'en doute pas, peut entendre ma conversation. Pourvu que le voisin du dessus soit sorti. Pourvu qu'il n'ait pas la courante. En même temps je l'entendrais si c'était effectivement le cas. Pouah]
Il ressort des toilettes, un air sceptique sur le visage. Je l'entend qui farfouille. Et il me rapporte les chaussures!
Félicitations de rigueur, et là il monte sur mes genoux pour que je lui mette ses SAUSSUS.
Ben allez-y pour mettre une paire de pompes à un Gnome déchaîné et tout euphorisé par l'exploit accompli, pendant que vous êtes assis sur vos toilettes. C'est vraiment du sport. Oh que oui.
Note pour plus tard: mettre les chaussures après, quitte à perdre 5 minutes.

Enfin, que l'on ne s'étonne pas qu'à cette heure indue de la soirée, je n'ai pas encore pris ma douche, vous imaginez bien que j'attends que le stremon soit pieuté pour aller barboter dans ma baignoire et m'occuper de mes ablutions quotidiennes.

Sinon j'espère que l'on n'est pas très malade d'avoir mangé un demi-bol de soupe rance. Ahem. Gasp.




Et aussi
il y a des nouvelles photos sur le tofblog de moi
le titre de cette 463ème note est un clin d'oeil à Heidi et un mot s'est glissé dans le texte, qu'elle saura reconnaitre
et mille merci à Candy Cane qui vient de me donner les clés pour sortir d'AOL. En plus son blog est un bonheur auditif hautement addictif. C'est dire s'il est parfait.

Et donc si vous me cherchez, je suis sous la douche. Splash.
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