Il y a un peu plus d'un an, ma fille c'était ça.
Maintenant qu'elle a 6 ans et demi, on peut commencer a réellement visualiser ce que va être l'étendue de son talent de tragédienne grecque. Ma fille c'est Phèdre. Oui c'est d'ailleurs son nouveau surnom, parce qu'avec son papa on est rien que des méchants parents qui faisont essprès de l'enquiquiner et de lui pourrir sa vie, c'est bien simple, elle est Cosette ET Cendrillon réunies, je n'invente pas, c'est ce qui ressort de la scène II de l'acte III qu'elle nous joue de plus en plus fréquemment.
En mère tortionnaire et esclavagiste que je suis, une idée saugrenue m'est passée par le ciboulot, je lui ai demandé de ranger sa chambre avant d'aller se coucher, vu que Beyrouth c'est plus classe que sa piaule, et qu'en plus on a un deal toutes les deux. J'explique. Vu que je suis un peu une maniaque du rangement (Alix arrête de ricaner tout de suite) et vu que ma fille a tendance à en avoir rien à prouter de ranger sa thurne, je lui ai promis 2 euros d'argent de poche si elle la tenait à peu près rangée. Il est aussi convenu que je me chargerais des détails psychotiques. Je demande juste que rien ne traîne, que rien ne soit planqué, que les choses soient rangées à leur place, ou équivalent.
Du coup j'ai droit au fait que de toutes façons sa chambre n'est rien qu'un décor dans lequel elle n'a pas le temps de jouer, vu qu'elle passe son temps à le ranger. Je me retiens de rire, et de lui répliquer qu'en fait elle passe son temps à jouer au lieu de ranger, vu l'état de boxon avancé de la chose. C'est là que les larmes roulent et qu'elle me réclame son dû. Comme je ne cède pas, elle joue la carte de oh mon dieu je suis une pauvre enfant délaissée en faveur du petit frère chéri adoré de mes parents. Argument de la demoiselle: son abruti de frère se cognant tous les jours il récolte plus de bisous et câlins qu'elle. Ah. Je lui demande alors ce qu'elle préfère comme solution pour résoudre cet épineux problème de quota câlinesque: que je la cogne et que je la bizoute ensuite, ou que je laisse chialer son frèrot quand il se mange un mur ou un chambranle de porte pour la 34ème fois de la journée (Hemoclar, mon ami)?
On pourrait croire que devant cette imparable réplique maternelle, l'enfant serait prise de court et partirait en sanglotant vers sa chambre ranger au moins l'armada de peluches sur son lit. Que nenni. On a de la réplique quand on est la réincarnation de la grande Sarah. Elle me sanglote qu'elle ne sait plus quoi faire pour enlever cette méchante jalousie de l'intérieur d'elle, que bouhouhouhouououh elle est mééééééééchannnnnnnnteeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuh. Mais que bon son frère là il regarde un dessin animé de Béatrix Potter alors qu'elle, méchante fille qu'elle est, ne mérite bien que son triste sort de rangeuse de chambre et d'esclave opprimée. Déjà que des fois je lui demande de m'apporter le téléphone, elle ne sait plus comment remplir ses journées, sa charge de travail est tellement importante! Son petit visage est tout mouillé de larmes, ses lèvres tremblent, ses épaules portent toute la misère du monde, elle s'en va déjà vers sa chambre, se résignant à ranger son bazar même si, bien sûr, elle va terminer teriblement tard et qu'elle ne sait pas si elle dormira assez jusque demain.
C'est tellement grand, tellement beau, tellement puissant que je ne peux que céder et acclamer l'artiste telle qu'il se doit. La voilà autorisée à regarder le dessin animé avec son frère, sa chambre attendra bien demain matin.
C'est le pas guilleret, le sourire lui barrant la face d'un éclatant soleil, les boucles sautillantes et le rire prêt à poindre qu'elle se jette telle la bouse avachie dans le canaprout à côté de sa patate de frère, le poussant du coude, et s'installant confortablement.
Que voulez-vous, je suis bon public.
Maintenant qu'elle a 6 ans et demi, on peut commencer a réellement visualiser ce que va être l'étendue de son talent de tragédienne grecque. Ma fille c'est Phèdre. Oui c'est d'ailleurs son nouveau surnom, parce qu'avec son papa on est rien que des méchants parents qui faisont essprès de l'enquiquiner et de lui pourrir sa vie, c'est bien simple, elle est Cosette ET Cendrillon réunies, je n'invente pas, c'est ce qui ressort de la scène II de l'acte III qu'elle nous joue de plus en plus fréquemment.
En mère tortionnaire et esclavagiste que je suis, une idée saugrenue m'est passée par le ciboulot, je lui ai demandé de ranger sa chambre avant d'aller se coucher, vu que Beyrouth c'est plus classe que sa piaule, et qu'en plus on a un deal toutes les deux. J'explique. Vu que je suis un peu une maniaque du rangement (Alix arrête de ricaner tout de suite) et vu que ma fille a tendance à en avoir rien à prouter de ranger sa thurne, je lui ai promis 2 euros d'argent de poche si elle la tenait à peu près rangée. Il est aussi convenu que je me chargerais des détails psychotiques. Je demande juste que rien ne traîne, que rien ne soit planqué, que les choses soient rangées à leur place, ou équivalent.
Du coup j'ai droit au fait que de toutes façons sa chambre n'est rien qu'un décor dans lequel elle n'a pas le temps de jouer, vu qu'elle passe son temps à le ranger. Je me retiens de rire, et de lui répliquer qu'en fait elle passe son temps à jouer au lieu de ranger, vu l'état de boxon avancé de la chose. C'est là que les larmes roulent et qu'elle me réclame son dû. Comme je ne cède pas, elle joue la carte de oh mon dieu je suis une pauvre enfant délaissée en faveur du petit frère chéri adoré de mes parents. Argument de la demoiselle: son abruti de frère se cognant tous les jours il récolte plus de bisous et câlins qu'elle. Ah. Je lui demande alors ce qu'elle préfère comme solution pour résoudre cet épineux problème de quota câlinesque: que je la cogne et que je la bizoute ensuite, ou que je laisse chialer son frèrot quand il se mange un mur ou un chambranle de porte pour la 34ème fois de la journée (Hemoclar, mon ami)?
On pourrait croire que devant cette imparable réplique maternelle, l'enfant serait prise de court et partirait en sanglotant vers sa chambre ranger au moins l'armada de peluches sur son lit. Que nenni. On a de la réplique quand on est la réincarnation de la grande Sarah. Elle me sanglote qu'elle ne sait plus quoi faire pour enlever cette méchante jalousie de l'intérieur d'elle, que bouhouhouhouououh elle est mééééééééchannnnnnnnteeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuh. Mais que bon son frère là il regarde un dessin animé de Béatrix Potter alors qu'elle, méchante fille qu'elle est, ne mérite bien que son triste sort de rangeuse de chambre et d'esclave opprimée. Déjà que des fois je lui demande de m'apporter le téléphone, elle ne sait plus comment remplir ses journées, sa charge de travail est tellement importante! Son petit visage est tout mouillé de larmes, ses lèvres tremblent, ses épaules portent toute la misère du monde, elle s'en va déjà vers sa chambre, se résignant à ranger son bazar même si, bien sûr, elle va terminer teriblement tard et qu'elle ne sait pas si elle dormira assez jusque demain.
C'est tellement grand, tellement beau, tellement puissant que je ne peux que céder et acclamer l'artiste telle qu'il se doit. La voilà autorisée à regarder le dessin animé avec son frère, sa chambre attendra bien demain matin.
C'est le pas guilleret, le sourire lui barrant la face d'un éclatant soleil, les boucles sautillantes et le rire prêt à poindre qu'elle se jette telle la bouse avachie dans le canaprout à côté de sa patate de frère, le poussant du coude, et s'installant confortablement.
Que voulez-vous, je suis bon public.