30 mai 2006

tout schusss dans la veuca

C'est sans doute la faute aux 32 ans qui ont un peu du mal à passer, et peut-être aussi la faute au Ketchup Monster qui a tendance à me tournebouler la caboche. Je vais vous raconter ce que j'ai fait dans la cave hier soir.
Il faut savoir qu'Alix et moi avons pour habitude de descendre régulièrement à la cave pour échanger des vêtements pour notre petite tribu, ou encore pour la ranger en maugréant contre ces andouilles de mecs qui y mettent un boxon pas permis, alors que nous, bien sûr, nous sommes la Perfection du Rangement OR GA NI SE. Oui.
Hier soir il était donc convenu que je devais refiler le parc à Xila pour Rollmops le Chonchon, son bibou qui aime à rouler sur le parquet pour se déplacer. Et que nous en profiterions pour trouver de quoi vêtir ses fesses potelées pour le jour où nous reviendrions miraculeusement au mois de mai/juin à la place de cet improbable octobre qui nous flotte sur la goule et nous vente dans les esgourdes.

Alors qu'en retard je franchis la porte menant aux caves de l'immeuble, je suis saisie par le froid glacial de l'endroit. Flûte. Alix est déjà dans sa cave, elle farfouille dans le bazar de cartons à la recherche de fringues pour son pioupiou, mais ce n'est pas gagné, l'essentiel étant rose ou à fleurs. L'inconvénient d'avoir eu deux filles. Bah oué.
Glaglatant tout ce que je peux, j'ouvre ma cave, en sort sans tout exploser le parc pour les bibous qui trouvent malin de rouler dans l'appart, et le dépose devant la cave de la dame, qui semble fort affairée dans ses fouilles vestimentaires.
Bon.
Puisque personne il n'en a rinafout' de moi, va falloir que je fasse mon intéressante, puis à dire vrai je m'enquiquine un peu, on n'en est pas encore arrivées à la partie où je sors mes cartons et où je fais l'argument de vente de chaque fringue dans le but de la lui refourguer, et encore moins à celle où en ayant marre de raconter notre vie à fond de cave on remonte vers la lumière se taper des boulettes vapeur chez le chinois d'à côté (ventre veut manger! ventre a faim!).
Je retourne dans ma cave où j'avise, suspendu au mur par un crochet rouillé datant de la construction de l'immeuble, un sac de sport orange pétard, datant lui de la période où j'étais encore jeune et svelte (temps révolu s'il en est, vu que je suis la baleine de 32 ans la plus grosse DU MONDE)(vos gueules les mouettes).
Dans le sac, mes rollers. Oué mes rollers! Eh les gens dites donc, mes rollers! Ceux que j'avais acheté en vacances à Nice avec mon Chéri pour fêter mon concours réussi, pour me la péter sévère sur la promenade des zanglés. Oh pinaise, ca ne nous rajeunit pas, ça ma bonne dame, oh non non non.
Mes rollers.
[larme d'émotion]
Je parie que je tiens encore trop bien dessus.
Ah même que si ca se trouve le couloir des caves fait une piste de rollers trop bien.
Zoup, décrochage du sac.
Zoup j'ai dit!
Mais euh, c'est quoi ce crochet de mierda?
Bien bien bien, maintenant que le sac a bien voulu se désolidariser du mur, ouvrons-le. Uhhhh, mes rollers. Virage de converses, enfilage de Roller 1. En se tenant à la porte de la cave. Ok. Roller 1 enfilé. Lacets faits, scratch scratché sévère. Sécurité, euhhhh, sécurité, ben euh comment ça fonctionne ce truc déjà bon sang de bonsouère? Sécurité laissée libre de ses mouvements, de toutes manières je ne m'en vais pas déambuler comme une sauvage sur le pavé parisien, je vais juste aller me casser gentiment la goule dans le couloir des caves de l'immeuble.
Attention, enfilage de Roller 2. Je n'ose pas lever le pied de peur de me ramasser la tronche sur un sachet de mort aux rats. Allez, un peu de courage. Hop. Lacets, scratch, sécurité tuféchié, et zoup zoup je passe devant la cave d'Alix.
Ouh ouh Alix, regarde, une géante roulante!
Ouh houh!

C'est que c'est amusant de faire du roller dans le couloir des caves, on pousse des cris d'ofraie, on se retient au mur (suffit juste d'étendre les bras pour toucher les murs des deux côtés, total security), on se souvient que ca fait très mal aux jambes cette affaire, et quand le minuteur éteint la lumière, on hurle à sa coupine de rallumer, avant de se vautrer dans le noir. Oui Monsieur L'Interne Whaouwhaou, tu comprends bien que je me suis pétée le poignet en me rattrapant au mur de la cave en faisant du roller dans le noir et surtout en essayant de retrouver cet abruti de minuteur sa mère la péripatéticienne!

Arrive le moment où après avoir fait une démonstration magistrale des fameux 8 au sol qui musclent les fessiers façon Véronique et Davina, mais en mieux, je n'en puis déjà plus, et je pleure pour enlever ces engins de torture roulants.

Je m'appuie sur la porte de la cave, dénoue les lacets de Roller1, vire le scratch, désenclenche la sécurité vaguement enfoncée, et ahahahahaha en fait elle ne veut pas viendre la saloperie? C'est là que Murphy entre en scène puisqu'en essayant de défaire la sécurité je redécouvre avec bonheur comment elle s'enclenche, et tout à ma joie la serre au maximum. Amis décérébrés, bonjour. Mon pied est entrain de mourir d'asphyxie, il est bleu déjà. Et je ne me souviens évidemment pas comment virer cette merde de sécurité.

Il faut que je m'assois pour étudier au clair cette histoire avant de périr de la gangrène du ripaton, le soir, au fin fond des caves, à l'heure où retentit le Ketchup Monster dans la Sloggi. Une chaise, mon royaume pour une chaise, sinon je vais devoir m'assoir par terre, et la terre me semble bien loin de moi là, vu qu'avec ces engins de malheur le sommet de mon crâne n'est guère loin du plafond (certes bas) de la cave.

Alix, ma sauvatrice, fonce dans ma cave tête baissée, au péril de sa laïfe (il y a en effet pléthore de cartons en dangereux équilibre qui risquent de lui fracasser la permanente) et en ressort après moults contorsions une chaise, blanche, cannée, qu'elle m'avait d'ailleurs prétendument prêtée, mais pour de vrai entreposée (système de rangement dit "des vases communiquants" ou "mon bordel se range en devenant ton bordel").

Posage victorieux de chaise au milieu du couloir. Asseyage prudent de popotin.
Enlevons cette sécurité, allez, bourdel di mierda, ca ne doit pas être si difficile? Enfin, j'y arrive, je libère mon pied, puis l'autre. Je repose mes pieds fourbus sur le doux béton de la cave, qu'il est agréable de retrouver le plancher des vaches.
Mais?
Mais?
Mais?
Qui enfile déjà le Roller 1 à peine remis de ses émotions, hein qui?
Qui faisant fi de son minuscule 38 fillette enfourne son peton cambré de danseuse de salon dans mon 41 de grande bringue?
Mais elle est folle?
Ok pas plus que moi.

Le seul souci, c'est que les pieds qui nagent dans les rollers n'assurent aucunement la stabilité de la personne et voilà Xila qui s'appuie sur les murs pour prendre son élan et qui se laisse ensuite roulée, pliée en deux, le popotin en l'air, tout schusssssssss dans la veuca. Incroyable que nos cris hystériques et nos ricanements de hyènes n'aient pas alerté les charmantes mamies de l'immeuble.

Demain soir, quand mon bide sera moins en vrac, on y retourne, on dira à nos Chéris qu'il faut qu'on range bien les caves, ouh là c'est Beyrouth là-dedans au moins, et je crois bien que je sais où sont rangés les rollers de mon amoureux. Et c'est bien le diable si je ne trouve pas une corde ou un truc du genre, histoire de s'essayer au trot atellé à Vincennes?




bonus track MTM (Muscle Ton Mulot):
Il y a plein de nouveaux trucs trop bieng sur Piyapiyon.
Il y a une tof de Xila à pwal sur son bloug. Si! (il y a une chanson ébouriffante de génialité aussi)
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