Cette enfant m'amuse. Je vois en elle se dessiner l'ado, et bientôt la jeune femme. C'est quelque chose, parce que j'ai l'impression qu'elle est née hier...
Et voilà qu'aujourd'hui, c'est affreux, on est dimanche, et elle a des devoirs à faire la pauvre enfant... Des opérations, un texte à écrire au passé composé avec des mots imposés, c'est une préparation de dictée, et bouhouhouh, une leçon sur Napoléon, avec au bout, la méchante évaluation. C'est qu'elle n'est pas motivée la gamine, les opérations ont été torchées, comme à chaque fois j'ai regardé ses mots imposés et je lui ai trouvé l'idée du texte, dont elle a rédigé la première version, j'ai corrigé les erreurs, elle a recopié tout bien comifo dans son cahier de devoirs, et là, ben là, on ne peut plus y couper, y'a Napoléon qui aimerait bien qu'on s'occupe de son cas.
C'est là que je vois ma fille qui ressort de sa chambre, va dans la cuisine, et je l'entends qui se met à tout ranger, tout nettoyer, passer le balai (!!), tout préparer pour la vaisselle, et même elle a jeté la vieille éponge et en a mise une neuve, et même elle a rangé le frigo, et et et mais ça va pas bien la tête?? T'aurais pas un peu Napoléon à t'occuper toi?? C'est là que j'ai réalisé qu'elle était vraiment ma fille - enfin je le savais déjà hein, mais disons que ça a rajouté une pièce au dossier - et que la procrastination, la vraie de vraie, celle qui te pousse à accomplir un nombre invraisemblable de tâches pour éviter de réaliser celle qui te gonfle suprêmement, est bel et bien génétique. Renvoyée dans ses pénates avec pour ordre de s'occuper de Napoléon, figure-toi qu'elle a rien trouvé de mieux à faire que de ranger ce qui traînait dans sa chambre, d'y passer un coup de balai, de vider sa poubelle de bureau, et je l'ai arrêtée avant qu'elle ne se mette à classer ses livres par ordre alphabétique hein.
Dediou. C'est violent la génétique quand même.
Et ça ne s'arrête pas là, parce que si ma maman m'a donné le gène de la procrastination pure et dure, mon papa ET ma maman ils m'ont refilé le goût de la blague débile à base de flotte - oui il faut le savoir, dans les trucs qui me font le plus rire, il y a balancer un verre d'eau froide sur quelqu'un qui prend sa douche, et renverser une bassine d'eau froide depuis le haut de la fenêtre sur un innocent en dessous, de préférence après l'avoir envoyé ramasser un truc que j'ai fait "tomber" hin hin hin. Je sais, c'est nul. Mais même.
Pendant que la demoiselle étudiait enfin (presque) sérieusement sa leçon, je me rinçais les cheveux. Et j'ai eu besoin de la grosse pince en plastique que j'avais oubliée sur une étagère. J'appelle ma fille à l'aide. Elle entre dans la salledeb', me file la pince, et je l'entends remplir un gobelet d'eau au lavabo.
- Même pas en rêve mon coeur, tu oublies tout de suite.
- Mais j'en ai très très envie maman.
- Oui mais tu t'exposes à des sérieuses représailles, crois-moi.
- Mais quand même j'en ai très très envie! C'est quoi tes représailles, d'abord?
- Tu ne sauras pas quand, tu ne sauras pas comment, mais ma vengeance sera terrible, donc repose ce gobelet.
- Mais vraiment, j'en ai très très très envie.
- Tu es grande, tu peux tout à fait assumer tes actes ma chérie, mais tu es prévenue: ma vengeance sera terrible. C'est toi qui voit.
Dépitée, elle s'en va.
Quelques minutes à peine passent, et je me reçois des gouttes d'eau froide sur le front. Je lève la tête, et je vois des grosses gouttes d'eau sur mon plafond, bah ça alors, l'eau de la douche est si chaude que la vapeur s'est condensée sur le plafond, et me goutte dessus, ou bien?
Et là j'entends une gamine qui ricane.
Qui pouffe.
Qui exulte.
Elle avait balancé le contenu du gobelet directement au plafond!
NON MAIS SERIEUSEMENT??
La génétique en marche, c'est quelque chose, à observer...
ma vengeance sera terrible
Et voilà qu'aujourd'hui, c'est affreux, on est dimanche, et elle a des devoirs à faire la pauvre enfant... Des opérations, un texte à écrire au passé composé avec des mots imposés, c'est une préparation de dictée, et bouhouhouh, une leçon sur Napoléon, avec au bout, la méchante évaluation. C'est qu'elle n'est pas motivée la gamine, les opérations ont été torchées, comme à chaque fois j'ai regardé ses mots imposés et je lui ai trouvé l'idée du texte, dont elle a rédigé la première version, j'ai corrigé les erreurs, elle a recopié tout bien comifo dans son cahier de devoirs, et là, ben là, on ne peut plus y couper, y'a Napoléon qui aimerait bien qu'on s'occupe de son cas.
C'est là que je vois ma fille qui ressort de sa chambre, va dans la cuisine, et je l'entends qui se met à tout ranger, tout nettoyer, passer le balai (!!), tout préparer pour la vaisselle, et même elle a jeté la vieille éponge et en a mise une neuve, et même elle a rangé le frigo, et et et mais ça va pas bien la tête?? T'aurais pas un peu Napoléon à t'occuper toi?? C'est là que j'ai réalisé qu'elle était vraiment ma fille - enfin je le savais déjà hein, mais disons que ça a rajouté une pièce au dossier - et que la procrastination, la vraie de vraie, celle qui te pousse à accomplir un nombre invraisemblable de tâches pour éviter de réaliser celle qui te gonfle suprêmement, est bel et bien génétique. Renvoyée dans ses pénates avec pour ordre de s'occuper de Napoléon, figure-toi qu'elle a rien trouvé de mieux à faire que de ranger ce qui traînait dans sa chambre, d'y passer un coup de balai, de vider sa poubelle de bureau, et je l'ai arrêtée avant qu'elle ne se mette à classer ses livres par ordre alphabétique hein.
Dediou. C'est violent la génétique quand même.
Et ça ne s'arrête pas là, parce que si ma maman m'a donné le gène de la procrastination pure et dure, mon papa ET ma maman ils m'ont refilé le goût de la blague débile à base de flotte - oui il faut le savoir, dans les trucs qui me font le plus rire, il y a balancer un verre d'eau froide sur quelqu'un qui prend sa douche, et renverser une bassine d'eau froide depuis le haut de la fenêtre sur un innocent en dessous, de préférence après l'avoir envoyé ramasser un truc que j'ai fait "tomber" hin hin hin. Je sais, c'est nul. Mais même.
Pendant que la demoiselle étudiait enfin (presque) sérieusement sa leçon, je me rinçais les cheveux. Et j'ai eu besoin de la grosse pince en plastique que j'avais oubliée sur une étagère. J'appelle ma fille à l'aide. Elle entre dans la salledeb', me file la pince, et je l'entends remplir un gobelet d'eau au lavabo.
- Même pas en rêve mon coeur, tu oublies tout de suite.
- Mais j'en ai très très envie maman.
- Oui mais tu t'exposes à des sérieuses représailles, crois-moi.
- Mais quand même j'en ai très très envie! C'est quoi tes représailles, d'abord?
- Tu ne sauras pas quand, tu ne sauras pas comment, mais ma vengeance sera terrible, donc repose ce gobelet.
- Mais vraiment, j'en ai très très très envie.
- Tu es grande, tu peux tout à fait assumer tes actes ma chérie, mais tu es prévenue: ma vengeance sera terrible. C'est toi qui voit.
Dépitée, elle s'en va.
Quelques minutes à peine passent, et je me reçois des gouttes d'eau froide sur le front. Je lève la tête, et je vois des grosses gouttes d'eau sur mon plafond, bah ça alors, l'eau de la douche est si chaude que la vapeur s'est condensée sur le plafond, et me goutte dessus, ou bien?
Et là j'entends une gamine qui ricane.
Qui pouffe.
Qui exulte.
Elle avait balancé le contenu du gobelet directement au plafond!
NON MAIS SERIEUSEMENT??
La génétique en marche, c'est quelque chose, à observer...
ma vengeance sera terrible