10 mai 2015

#130

Levée aux aurores pour me rendre à une brocante locale par le truchement d'un train de banlieue et d'un bus qui accepte de circuler le dimanche, il est 9h17 environ quand je note que le type qui vient de s'assoir de l'autre côté de l'allée du train est très probablement un serial killer.

Du coin de l'oeil je l'observe.
Il est arrivé habillé d'un costume noir, et de gants en cuir noir. Cheveux gris argenté, coupe militaire, une bonne cinquantaine d'année.
Il a enlevé sa veste, montrant ainsi un polo noir à manches courtes.
Il a ôté ses gants qu'il a posé sur le siège devant lui.
Il a ensuite entrepris de plier sa veste méthodiquement, avant de la déposer dans le garde-bagage.
Il s'est assis, sa tâche accomplie.
Il a remis ses gants.
Il a fixé le vide droit devant lui.

Je n'ai pas attendu de savoir s'il allait zigouillé la moitié du wagon, je descendais à l'arrêt suivant, je n'ai pas demandé mon reste.

Des gants au mois de mai, obligé, c'est au moins un tueur à gages.

Obligé.



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