23 avril 2005

mode d'emploi lost in translation

Je veux que dis-je j'EXIGE que l'on me fournisse le mode d'emploi du Gnomazizi. Déjà j'ai du me dépatouiller sans notice explicative avec sa soeur, mais elle était un tantinet plus compréhensible. Là, vraiment, j'ai tout de même beaucoup de mal.
Et comme rien ne vaut une bonne démonstration par l'exemple, et que le blog se doit de temps en temps d'être didactique pour se la péter dans les réunions mondaines, alors, hop, exemple tout frais de cet après-midi.

L'enfant, 17 mois hier, beau comme un camion dans son tee-shirt caméléon orange, se réveille de ses deux heure trente de sieste- non ne bavez mesdames-messieurs les parents qui me lisez avec le doigt qui se crispe soudain sur le mulot, il s'agit là d'un fait exceptionnel, qui arrive maximum deux fois par mois, le reste du temps j'ai droit au mieux à l'heure vingt syndicale; il se réveille donc de fort méchante humeur. Et que ça chouinasse, et que ça veut être porté, et que ça gigote dans les bras, et que ça hurle si on repose le paquet chouineur gigoteur par terre, et que ça prend les calins et les bisous comme une torture physique insoutenable. Nous avons là un merveilleux exemple de relouserie absolue chez le jeune enfant.
Comme je suis une mère un tantinet observatrice, en même temps notez bien que j'ai que ça à fiche de mes journées hein, élever le gnome, vu que je suis payée pour (bon ok j'adore ça), je me dis en mon for intérieur à haute voix... Pause explicative: comme je passe une grosse partie de mon temps avec un bébé de 17 mois qui parle donc swahili, ouzbek et guatemaltais en même temps, comme vous n'êtes pas sans le savoir si vous suivez un minimum, toute oppurtunité langagière est donc bonne à prendre si je ne veux pas me retrouver avec une voix croassante en m'adressant à la première personne adulte de la journée. Fin de la pause explicative.
Je me dis donc (on y vient): bon ben je vais te donner des barquettes, tu dois avoir faim. Ce que tout de suite je traduis pour le gnome: viens maman va te donner des gâteaux.
Là déjà je devrais me méfier, car l'enfant grave addicté à la barquette choco-noisette se devrait à ce moment précis de courir couche à terre vers la cuisine en braillant nano nano nano nano ce qui dans son patois improbable signifie gâteau. Le temps que je le rejoigne il aurait déjà topé le paquet sur l'étagère et essaierait vigoureusement d'exploser le petit étui en alu qui contient 6 doses de sa drogue favorite.
Ben en fait non, il reste à mes jambes en chouinant. Je le porte, je le dépose dans la cuisine, et là, mes amis y'a cafouillage mental, j'innove! Note pour plus tard: ne jamais innover avec un bébé de 17 mois. Surtout un bébé de 17 mois mal réveillé. C'est foncer droit dans le mur, y'a le bug de l'année qui se profile. Le truc qui devrait durer 2 minutes va en prendre 15 facile, l'angoisse.
J'innove, medames et messieurs, je donne trois barquettes au lieu de deux, et comme je sais que l'enfant aime à tenir ses provisions dans ses mains avant de les manger, et que trois c'est trop pour seulement deux mimines, je lui présente les gâteaux dans un bol en plastique (bleu, mais on s'en tamponne le coquillard). Il hurle. Ah merdum. Koikinya encore?
Ah ben vi, il veut les trois barquettes dans les mains. Zéro changement, j'avais préviendu.
Non mais non je ne veux pas moi, il va s'en mettre partout, le chocolat fondu c'est pas hyper esthétique sur le tee-shirt. Que ceux qui veulent me traiter de maniaque ou de tortionnatrice de la liberté du gnome de moins d'un et demi me jette la première bouteille de Vanish OxyGel à la tronche. Non mais. Puis c'est moi l'adulte, c'est moi la mère, c'est moi qui décide, je ne vais pas me laisser marcher dessus par un attila en slip Garfield, même s'il fait à merveille les yeux du Chat Potté dans Shrek2. Puis ce n'est pas du tout mon genre, vous commencez à bien me connaître.
Je dis donc que c'est les barquettes dans le bol, ou niet pas de barquettes. Rien à péter des barquettes dans le bol, il le jette de rage, le malapris. Je lui repropose, il manque de le rebalancer, mais ah ah trop maline j'ai prévu le coup et j'esquive habilement, call me Indiana.
Hurlage. Ingénieuse tentative de diversion par l'équipe parentale réduite de moitié, moi donc, si si, je lui propose un verre d'eau. Youpi. Il boit, deux fois. Je lui rerepropose le bol avec les barquettes. Peine perdue. Là ma légendaire patience se carapate en fin fond de la Patagonie, pour élever des moutons et non écrire des chansons niaisifiantes, et je me remet le popotin calé dans mon fauteuil devant le PC. L'enfant hurle à la mort, mais mais mais sa mère l'abandonne là, elle l'IGNORE, mais est-ce possible? Quel sacrilège ignoble je commet là, envers lui, l'évident Maître du Monde.
[...]
J'ai pitié, il est petit encore mon bébé, il apprend à devenir grand, alors bon. Je le prends sur mes genoux, et je lui montre le bol de barquettes. Il prend les trois. Il est Buté asc Obstiné le fiston. Je lui en reprend deux, il chouine, puis finallement, il commence à la manger. Arrivée à la seconde (avec une tentative pour prendre les deux dernières d'un coup) il gigote pour descendre, il veut aller sur le balcon je pense. Je le laisse faire, il va sur le balcon avec la barquette à la main. Et hop, il.... ouais bingo, il re-hurle!
Gn?
Mais qu'est ce qu'il veut ce gniard?
Là je me laisse avoir comme une bleue, j'ai atteint mon quota de hurlage vous comprenez. Donc oui je lui donne la denrière barquette, et il repart tout content sur le balcon avec ses deux barquettes à la main. Et il reste là à bader mes plantations toutes neuves, et son bac à sable design home-made, et il ne mange pas ses fichues barquettes. Je les vois déjà qui commencent à fondre dans ses petites mains potelées. Je l'enjoins de les manger, rien à taper, il arrive à prendre son petit balai dans une main en plus de la barquette qui s'y trouve déjà.
Je commence à m'énerver sévère, ça bout là-dedans, je vois l'heure d'aller chercher ma fille qui approche, le môme qui n'a pas encore fini son goûter, et puis ma machine qui est finie mais que je n'ai plus le temps d'étendre vu le temps employé à régler une saleté de problème de barquettes, alors que bon sang de bonsoir, d'habitude il les baffre en trente secondes!
Je lui propose de s'assoir sur son camion qu'il adore, je prends la peine de l'installer au soleil, et il sourit, environ 30 secondes avant de rechouiner. Je l'enlève du camion, je me rassois, il me fatiiiiiiiiiiiiigue. Et du coin de l'oeil je le vois qui va se rassoir pépère sur son camion, avec un air béat sur la face. Il me nargue là, il se fout ouvertement de ma goule, mais ce n'est pas possible, j'ai enfanté un monstre de machiavélisme, il est venu au monde pour faire chier sa reum jusqu'à ce que mort s'en suive ou quoi? Mais il est trop chou avec ses petits mollets potelés et ses petits pieds nus, ses mains minus dans lesquelles crébindiou la barquette n° 3 est entrain de fondre! Je la lui reprend, et il ne pleure pas? Mais pourquoi donc pleurait-il tout à l'heure? Pour faire iech, ouais voilà, c'est la seule explication logique. Gn (bis).
Je repose la barquette n°3 (oui c'est aussi ça le parentalisme à domicile, au bout d'un moment on numérote les barquettes, faut s'occuper le cervelet) dans le bol (toujours bleu, toujours sur mon bureau, il n'est pas gonflant le bol, pas comme d'autres qui... oui rester à la maison à s'occuper de son môme entraîne un certain animisme, que voulez vous) et je remarque qu'elle est en deux morceaux, un grand et un petit, vraiment petit, genre le bout de la barquette (et oui cette phrase comporte plus de texte entre parenthèses que de free texte, c'est une phrase blogogiquement modifiée, on admire, merci).
La seconde barquette enfin mangée, il me reste quelque chose comme trois minutes avant de décoller de l'appart avec le Gnome et la valisette Kinder du goûter de la Lutine, et mes clés aussi, sinon merdae gigantae, et je tend le bol avec la barquette décapitée à mon fils. Qui ne prend que le grand bout, car le petit bout on ne voit pas trop à quoi ça ressemble, ce n'est pas clairement identifié comme une barquette, alors autant maman veut m'EMPOISONNER avec un truc louche, argh, fuyons. [Soupir]
Je rassure les ardents défenseurs de la barquette choco-noisette, le tit bout fut aussi mangé, et non pas par moi, bandes d'insidieux, mais bien par le Gnome, je ne cherche plus à comprendre.

Toujours ce foutu mode d'emploi. C'est quand déjà que les Gnomes se mettent à parler le langage des humains?
Je me demande juste parce que j'ai un peu hâte. Un peu.
(ok beaucoup)


Un gros merci à Isadora pour m'avoir supporté moralement pendant cette dure épreuve. Des bizoux.



EH DITES! Oh regardez moi ça:




Si vous ne connaissez pas encore le blog de Din, il est temps de réparer cette erreur monumentale. Il a un mois et quelques jours, et il est aussi beau que sa maman est rigolote.
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