05 mars 2007

angel, la nuit

Enceinte, ce qui me tue, c'est dormir. Ca peut paraitre paradoxal, mais c'est bien vrai. Pourtant je suis sensée logiquement profiter de ce temps béni de la grossesse (arf arf arf) pour me reposer en prévision de l'arrivée d'un chtit machin hurlant qui voudra faire open bar all night long accoudé sur ma poitrine. La mère du PitiGasson rigole doucement en se demandant si un nourrisson peut-être plus massacreur de sommeil parental que son Attila en herbe?

Bref.
Voilà ce que donne une de mes nuits.
Je préviens les âmes sensibles, c'est dur. Très dur. Insoutenable. Enfin surtout pour moi.

Vers 21:00/22:00, je me sens crevée, et j'exige qu'on fasse mon lit tout de suite, sinon je vais devoir dormir sur le plancher. Si. Je te jure je vais le faire, je me couche par terre, je ne peux pas restée une minute de plus assise, j'ai trop trop trop mal partout. Exécution! Sinon je le fais moi-même en gémissant à outrance, histoire de bien faire culpabiliser la partie du couple qui n'a pas de fonction couveuse de bébé baleine activée.
Je me glisse avec déléctation sous ma couette. Arf, non. Soyons sérieux un instant: je m'assois sur le lit en me laissant choir sans aucune pitié pour les lattes du sommier, et j'attrape une à une (bon y'en a que deux, ouf) mes jambes pour les hisser sur le matelas, en gémissant des propos que je ne peux citer de peur de heurter les âmes sensibles. Mes ligaments sont morts, paix à leur âme. Ensuite je m'allonge progressivement, en couinant qu'on m'achève. Je me met sur la côté gauche, pour regarder la télé ou un dvd sur mon portable. Lire n'est pas une option, mon cerveau n'imprime pas. J'ai essayé, c'est impossible. Je veux accoucher pour retrouver toutes mes facultés mentales. Merci.

Vers 23:00/00:00, il est l'heure de dodoter. Sauf que c'est aussi l'heure de l'entraînement intensif à l'accouchement pour Zizi2. Et vas y que je fais le tour du bidon de maman, que je me retourne, que j'essaie de sortir par le nombril (c'est con un foetus hein) que je pousse le plus possible les parois, au point d'apparaitre en relief sur la peau tendue du ventre de ma reum. On ajoute la plupart du temps un petit hoquet intra-utérin, les rots sans fin qui me font regretter d'avoir osé dans mon inconscience la plus totale prendre un dîner, les crampes qui commencent, l'armée de fourmis dans mes jambes, et on comprend aisément, si si, c'est facile, relisez ce qui précède, que je préfère ouvrir une partie de Spider Solitaire plutôt que d'essayer de dormir dans le noir.
En effet, le Spider va m'éviter de taper sur le mec qui lui dort déjà. Je joue environ 73 parties option moyenne à la Drenka's Way of Fun (on rappelle que l'illlustre et sublime Drenka a inventé un moyen génial de renouveller l'intérêt du Spider en décidant de jouer toutes les donnes d'un coup et d'essayer ensuite de se dépétrer du bourdel que cela occasionne, je conseille vivement, c'est marrant). Des fois je gagne, souvent non. Et des fois hop il est 2:30 du matin. Je me force, oui forcer, c'est le mot, c'est une véritable lutte mentale, à arrêter de jouer au Spider, allez plus que 5 parties, non mais attend elles étaient toutes pourrites, allez encore 5, etc... 3:00 du mat', je ferme l'ordi, je ferme les yeux, je m'endors instantanément. Dire que certains ont besoin de somnifères alors que WinDaube XP est livré avec le meilleur des assomoirs.

5:00 du mat', ma vessie me réveille. Si je ne vais pas aux wawas tout de suite, il n' y a plus qu'à espérer que ce matelas est pourvu d'une alèze... Enfin tout de suite, façon de parler, parce que mon corps baleinesque n'est plus qu'une immense souffrance. Je roule comme je peux, à la vitesse d'un tank à l'arrêt, en essayant de me faire le moins mal possible, vu que toute la zone sous mon ventre n'est plus qu'un immense foyer brûlant de douleurs ligamentaires et osseuses.
La tête dans le ionf, je pose mes pieds à terre, et je me relève lentement, doucement, pour bien entendre chaque os craquer. Dire que je suis sensée accoucher dans moins de 6 semaines avec cette mécanique plus que rouillée, ça fait flipper. Dans le noir du salon, j'avance. Un pied après l'autre, je pèse environ huit tonnes, et j'ai une folle envie de m'envoyer toute la boîte d'aspirine.
Là tout de suite, s'il y avait le feu à l'appart, pas sûr que je réussisse à m'échapper avant d'avoir la couenne du derche rôtie hein. 3 minutes plus tard j'atteins enfin mes toilettes. A environ 5 mètres de mon point de départ, à savoir, mon lit. Je me laisse tomber telle la serpillère gorgée de flotte sur le trône en porcelaine qui résiste à mon poids d'enclume morte.
Et je fais le plus petit peepee du MONDE! Tout ça pour ça. L'arnaque. La loose. Et il faut entamer le chemin du retour. C'est là que je remercie vivement de tout mon coeur trop je l'aime la poignée de la porte des wawas, elle me donne un sacré coup de main pour m'aider à me relever, elle est trop trop gentille, je vous jure, si elle n'était pas là, je crois que je devrais dormir sur les toilettes. Je tangue jusqu'à mon lit où je m'écroule sans sommation, je tape mon oreiller, je tape mon Chéwi qui a profité de mon absence pour s'étaler le plus possible, je me rendors.

7:00, mon dieu, mais j'ai terriblement envie d'aller faire peepee là tout de suite, ma vessie va exploser! Rebelote, c'est reparti, life is a bitch. La vessie est la pire ennemie de la femme enceinte. 7:10 je me rendors, 7:20 Chéwi se lève, 7:30 tout le monde est sur le pont, 7:32, je HAIS ma famille toute entière, personne ne m'aime, encore 6 semaines, je suis mourute d'avance.

Et bien sûr, si j'ose la sieste l'après midi, je ne m'endors ensuite qu'à 4:00 du mat'. Trop chouette.

Et je n'ai même pas le droit de prendre du Pepsi Max, de la vitamine C, de la coke, du thé, un sachet de Guronsan, que dalle, pour essayer de tenir le coup. C'est trop trop pas juste.



Et en plus je ne peux même plus dormir sur le ventre, alors que bon, j'adore dormir sur le ventre.

6 semaines.


Je veux mon dodoooooooooooo...

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