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17 novembre 2008

angel et le double effet kiss kool

Oui alors tu vois Roulduku, mon Ptit Pingouin à Roulettes, vraiment ça se voit qu'elle est pas vraiment née avec des rollers aux pieds. Franchement, elle n'est pas douée. Je sais je suis sa mère je devrais mentir et dire que c'est elle la mieux et la plusse forte de le monde entier. Bah non. Mais elle est volontaire et courageuse hein, elle se relève après être tombée sur son ptit fessier, que c'est une honte que les gens ils fabriquent des casques, des coudières, des genouillères, des protèges poignets, mais zéro protège-popotin. Parce que vu les cris d'offraie, ça a l'air de douiller kamème.

Du coup hier, bon ok c'était dimanche et j'étais sensée être en pause et rinfout' de la journée mais tu penses, Roulduku elle voulait faire du roller hein, maman t'as promis qu'on en referait!
J'avais aussi promis que je mettrais mes rollers, pour lui montrer un peu de visu comment on devrait rouler sur ces engins du démon, à savoir, PAS en roulant des fesses avec les jambes qui font des battements désespérés pour avancer de 2 cms à reculons.

Parce que oui, lectorat aimé et bienveillant, j'ai une paire de rollers, des RollerBlade leur mère le roulement à billes, que j'ai acheté avec mon Chéwi au début qu'on était des zamoureux, pour faire ma pétasse sur la Promenade des Anglais - je me la suis donnée, ouhla, c'était beau, Chéwi, beaucoup moins, on sait de qui tient sa fille, je dis ça je dis rien, mais ceux qui ont plus de 7 de QI auront compris.
Et disons que je me débrouille suffisament sur une paire de rollers, pour pouvoir, rollers aux pieds, animer une partie d'éperviers-rollers avec mes élèves. Je ne suis pas une championne, loin de là, mais je me démerde.

J'étais donc toute contente, malgré la fatigue et le KM J-3, d'envoyer Chéwi chercher mes rollers à la cave - oui si je mets les pieds à la cave en période rouge, croyez-moi, mon mec meurt dans d'atroces souffrances ET je ne remonte pas avant d'avoir tout remis d'équerre dans le gourbi, comptez environ 3 jours et demi.

Je me voyais déjà épater ma louloute à roulettes.

En bas de l'immeuble, on chausse nos rollers. J'enfile les chaussettes qui vont bien, je chausse le pied droit. Euh ça serre.
Le pied gauche. Mazette. Ca serreuuuuuhhhhh!
Pas grave, mes pieds rentrent dedans, maintenant qu'ils y sont ils y restent, j'attache les lacets, mets les scratchs, ferme les bitionios en plastoc trop pénibles en me pétant un ongle à la sauvage - ça pisse le sang, on s'en fout, je suis pliée en deux pour fermer ces saloperies de rollers, je n'ai plus de souffle, mais bon, dans deux minutes mon enfant aura ses yeux tout brillants d'admiration pour sa mère que c'est trop une déesse du moove.

Dehors.
Le bitume.
Je retrouve assez rapidement les réflexes d'antan, suffisament pour parcourir quelques mètres, dont ma fille ne verra rien - elle vient d'orchestrer une rencontre impromptue entre son kuku et le sol, et suffisament pour me rendre compte, et comment faire autrement, de l'immense DOULEUR dans laquelle sont plongés mes deux innocents petons.

Petons.
Ahah.
Le mot est faible.
Le mot est menteur.
Péniches serait de fait bien plus approprié.

Parce que le double effet KissCool de la grossesse, amie nullipare, c'est qu'en plus de te récolter 12 kilos de Pataproût Rebondissante - MaPatate, bébé aimé et choyé, sachez-le, en plus donc de devenir l'esclave d'un ptit gars à bouclettes et sourire ravageur, tu te retrouves avec une pointure de plus.
Remarque je le savais hein.
19 mois que j'achète mes pompes en 42 sur Internet.

La loose.

J'ai donc bien vite enlevé mes rollers qui étaient tranquillement entrain de massacrer mes pieds, et j'ai servi de béquille humaine à ma fille, en chaussettes.
C'est là qu'il s'est mis à pleuvioter, alors que je venais de me laver (enfin!) le tif.

La loose².

Allez, mercredi, on recommence!
(elle va y arriver)
(un jour)
(peut-être)


bonus track y'a-t-il un pilote dans l'avion?:
A 16h30 aujourd'hui, lundi donc, voilà ce que j'ai dit à la maîtresse du PitiGasson:
- Au revoir! Et bon weed-end!
Je m'en suis rendue compte à 20h30 quand j'en étais à 92 Mississipi pour endormir MaPatate.


18 août 2007

angel et son miroir

Après neuf mois d'une grossesse un peu houleuse (euphémisme) me voilà l'heureuse maman d'un magnifique poupon de bientôt 4 mois et demi (qui s'habille en taille 1 an, mais passons)(et qui vient de percer une dent, aïeeeuuhhh).

L'heure du bilan côté maternel s'impose. Bien sûr au départ, je ne suis pas Sophie Marceau, loin s'en faut, dommage. Non mais si je vous jure, Sophie Marceau, c'est une bombasse hein, on a à peu près la même couleur de cheveux et d'yeux, la même teinte de peau, mais bon après, mouarf. Hum. Au départ donc. Au départ, déjà, je suis grosse. Depuis ce fastueux été 1996 qui voyait l'aboutissement de ma maîtrise de Lettres, j'ai pris 45 kilos. 45 KILOS. Enfin, j'ai pris, faut le dire vite, je n'ai rien demandé du tout moi, quelqu'un a dû lâchement me les refiler pendant mon sommeil, je ne vois que ça. A l'insu de mon plein gré, quelque chose du genre.
Et même si Chéwi dit que je suis toujours la plus belle du monde (juste devant Kate Winslet et Scarlett Johansson, me reste à me teindre en blonde, la belle idée que voilà), 45 kilos dans la chetron, ça ravage un peu l'image de soi. Je passerai habilement sur tous les désagréments qu'on a à être obèse (non ce n'est pas un gros mot), il suffit simplement d'imaginer ce que peut-être la vie de quelqu'un qui porte quasiment le poids de ses trois enfants réunis (24+16+8) sur le dos all day long. Fringues, look désastreux, fatigue, essoufflements, frottements, la liste est longue. Les points positifs? Je suis confortable, et le PitiGasson fait des supers prouts dans mon gras de bras. Oh joie.

Au départ donc, avant la grossesse, vous avez une fille avec 40 kilos de trop (oui il m'en reste 5 des saloperies de 10 pris pendant ces délicieux neuf mois), une peau qui commence à devenir presque potable, des cheveux du tonnerre de feu de dieu que les coiffeuses elles pleurent de jalousie quand elles me voient (merci maman), des ongles nickels.

Et maintenant, 4 mois presque et demi après avoir accouché, le constat est totalement désastreux. Niveau peau, c'est la bérézina. Si pendant neuf mois, pour cause de sécheresse cutanée extrême, j'ai eu une peau de rêve, c'est bel et bien fini. Retour à la case biactol, j'ai l'impression que mon visage accueille de nouveaux comédons chaque jour alors que j'ai 33 ans, mais euuuuhhhh! Et les vergetures? Ouhla, vaste sujet. Pour la Lutine, j'avais massé, hydraté, acheté des produits coûtant facilement un oeil, rien n' y a fait, ça a craqué de partout (prise de poids= 7 kilos). Grandes, longues, larges vergetures partout sur le ventre jusqu'au nombril. Pour le PitiGasson (prise de poids= 3 kilos), j'ai juste hydraté raisonnablement, déprimée, et ça a craqué jusque dans le dos, oui oui j'ai des vergetures dans le dos, appelez le Guiness Book, et au dessus du nombril, sublime. Pour la Boulette j'ai juste fait l'acquisition à Pionch d'un gel douche surgras, et avec une prise de poids de 10 kilos, rien de bien méchant, j'ai maintenant de multiples répliques de la faille de San Andrea partout all over my body.
Et je ne parle pas de la peau du ventre distendue qui pendouille joliment, sinon je pleure sur mon clavier. A ce niveau je songe carrément à la chirurgie esthétique, c'est dire.

Pour l'instant on a donc une gonzesse avec 40 + 5 kilos de trop, et une peau pizza like, qui brille dans le noir, lampadaire style.

Déjà, il y a de quoi aller vivre à la cave.

Et là on rajoute la fameuse chute hormonale des tifs après la grossesse. Regardez la petite photo dans la colonne de droite, vous voyez cette fabuleuse chevelure qui est la mienne? Imaginez maintenant que je n'ai perdu aucun cheveu pendant neuf mois, et que ça y est, enfin ils tombent. Tous d'un coup, comme un seul homme, depuis environ un mois. Je les perds par poignées, alors certes ça ne se voit pas sur la masse, mais dans le dedans de mon chez-moi, c'est la tanière du yéti angora, au moins. J'ai beau les attacher pour les retenir et tenter de circonscrire le massacre rien n'y fait, ils se carapatent par poignées de 120 toute la sainte journée. Et encore, je pourrais survivre au fait d'être la semeuse de tifs officielle de la maisonnée, supplantant ainsi les chats à la troisième place de la Craderie Domestique (après le gras de cuisson et la poussière), si et seulement si je ne me retrouvais pas avec une tignasse de folle échappée de l'asile en permanence.
Parce que j'ai plein de cheveux qui repoussent pour remplacer leurs petits copains disparus dans le tuyau de l'aspirateur et dans la poubelle de la salle de bain, et visiblement ils ont muté en poil de ionf les corniauds. Ce qui fait qu'au dessus de ma chatoyante chevelure lustrée et sublime, dansent crétinement une foison de poils de fesses totalement indisciplinables: j'ai bien essayé les sprays et lotions, et shampoings et j'en passe, sensés mettre au pas ces sales rebelles, mais rien n'y fait, rien!
Mon seul soulagement vient de ma toupine de mails, Lili, qui m'écrit qui lui est arrivé tout pareil, et qu'au bout de quelques mois, les cheveux nouveaux, suffisamment longs, sont retombés. Ouf. J'envisageais très sérieusement de me passer le Gilette Venus sur le crâne, à la Britney, cash, pour arrêter le massacre. Merci Lili.

Pour conclure, 4 mois et demi après l'accouchement, je suis une grosse fille qui se traîne 45 kilos de trop, avec une peau d'adolescente de 14 ans, des cheveux en poils de uq, mais toujours de très jolis ongles. Je fuis mon grand miroir, et je n'ose plus monter sur Salopa (elle boude, ça lui apprendra à être ausis méchante).
Tout va bien.

Je vais aller ranger ma cave, il est temps d'en faire un petit nid bien douillet (et de tester si le wifi descend jusque là).

Soupiiiiiir.


bonus track: des nouvelles notes sur PiyaPiyon le blog que ton môme après, il n'est pas con. Vas-y vite.

24 avril 2007

angel et l'accouchement bi-goût (4)

Après avoir demandé, je me dis quand même que c'est réputé pour être vraiment l'acte qui risque de traumatiser à vie un homme et que jusque maintenant, j'ai toujours veillé à ce que mon Chéwi reste soigneusement à ma tête, en sécurité, pendant les deux autres accouchements. Il se contentait d'entrer dans la zone à risque seulement pour couper le cordon et puis c'est tout. Du coup je lui demande si ça va aller, parce que sinon, on oublie l'examen homemade, et il file chercher une sage-femme, c'est leur boulot après tout.

Mais bon, c'est un Homme, un Vrai, un qui n'a pas peur, et qui ne recule pas devant les expériences nouvelles, et puis ce n'est pas un dégonflé non plus, sa femme vient de jongler quelque chose de bien, alors il peut bien affronter une vision un peu gore, ce n'est pas comme s'il n'avait jamais vu ce film traumatisant en cours de bio en 4ème hein.

Il s'approche du pied de mon lit, je relève mes genoux, j'écarte les jambes, il soulève le drap, et il regarde. Grand silence.

[...]

Moi: bon alors? tu vois la tête? c'est ça tu vois la tête? (non non je ne panique pas)
Lui: non non, y'a pas la tête, c'est bon.

Il repose le drap.
Ouhla, il a limite changé de couleur le gars là quand même.

Moi: Ca va? C'était trop gore, hein c'est ça, c'était horrible, tu n'aurais pas du regarder, j'aurais pas du te demander!
Lui: Bah euh non, c'est juste que je ne pensais pas que ça pouvait devenir comme ça, aussi ouvert quoi!

Ah. Ben j'ai bien fait de ne pas regarder moi-même alors.

Moi: Et alors, c'est super moche c'est ça? Tu pourras plus jamais me toucher maintenant, tout est fini entre nous?
Lui: Bah non, juste c'est euh bizarre quoi, puis vachement rouge hein.
Moi: Bah oué c'est la bétadine à mon avis.
Lui: Oué la bétadine, ça doit être ça...

Un ange passe. Les contractions sont toujours très rapprochées, j'ai carrément envie de pousser mais je ne pousse pas. La sage-femme a dit qu'elle revenait dans une heure, et j'attends. Je sais qu'elle est au four et au moulin: la grêve des obstétriciens dans le privé a rameuté dans ce grand hôpital public très réputé un maximum de gonzesses à bidon gigantesques, qui sont entrain de me chourer ma Barbie à moi, les chipies!

Je ne pousse pas, j'attends, je ne pousse pas, j'attends, je ne pousse pas, j'attends, hop une tite giclée de péri pour garder loin loin loin loin de moi la é méchante douleur, et les sensations toujours présentes: d'ailleurs je peux hyper bien bouger mes jambes, gigoter mes orteils, lever une fesse, puis l'autre, mais qu'est-ce qu'elle fiche cette sage-femme quand même? Je ne pousse pas, j'attends, je ne pousse pas j'attends mais ça donnerait quoi si je poussais hum? Allez discretos sur une contraction, je pousse, une autre, je pousse, ça n'a pas l'air de donner grand chose, mais demandons à mon nouvel obstétricien trop qualifié de vérifier la progression du binz. Verdict: ça a encore évolué, ouhla, mais toujours pas de tête.

Au bout de la troisième vérification, l'heure écoulée, la sage-femme pas reviendue, j'envoie quérir quelqu'un vite, parce que là, je sens bien que ça me déchire en deux au niveau du ça, donc bon, si on pouvait s'occuper de mon cas, ce serait fort aimable, sinon je vais devoir accoucher toute seule, avec la pompe de la péri entre les dents. Déjà que je m'envoie une dose toutes les trois minutes pour tenir le choc, ça va bien hein.

Voilà une autre Barbie qui entre, alertée par Chéwi. C'est la version brune, c'est chouette, puis celle là elle a une jolie blouse verte aussi, ils varient les tenues des poupées mannequins dans cet hôpital, on ne s'embête pas, mouarf. Hop elle soulève le drap, hop elle regarde, elle a même pas besoin de vérifier manuellement le truc: je suis à complète. Alors "complète" on pourrait croire que ca y est, j'ai le droit à une super crêpe avec tout dedans, un oeuf, des champignons, de la crème, de la tomate et du jambon, parce que j'ai trop bien travaillé et que je mérite trop de manger un truc bon, mais en fait même pas, ça veut juste dire que j'ai enfin réussi à arriver à 10, et que la Boulette est sur le point de vider les lieux et de venir nous faire son premier coucou.

YEE PEE. La victoire est proche les amis, je suis aux anges, j'ai hâte, je suis hyper hyper prête, je révise une dernière fois dans ma tête pour pas me gourer pendant que la Barbie brune prépare tout le binz en attendant que Barbie Blonde revienne (on l'a préviendue que ça urgeait). Alors pour pousser, ce n'est pas compliqué, c'est comme pour faire caca. Je sais ce n'est pas galmoàur, mais c'est la réalité vraie. On prend une graaaaande inspiration, on bloque, on pousse. Fastoche. Je pense à Alix encore dans le sas, qui joue avec son portable, qui n'a mangé que le petit sachet de madeleines que Chéwi lui a dégotté au distributeur. Je pense aussi que dans quelques minutes je ne serais plus enceinte. ENFIN! J'ai hâte de voir mon fils.

Barbie Blonde arrive, on a transformé mon lit, tout préparé pour accueillir la Boulette, yapuka. Pas d'étriers, ils sont fichus, mais on se débrouille sans, de toutes façons ce n'est pas très utile. Elle enfile les gants, le masque, les lunettes (mon dieu mais je ne vais pas l'éclabousser quand même?!!?) limite elle compte un deux trois partez, et c'est parti mon kiki. Mon moment tant attendu. Une dernière petite giclée de produit pour la route, je sais bien que ça ne sert à rien mais ça me rassure, je me souviens de la douleur de la dernière fois et je n'en veux pas, et hop je pousse. On voit la tête! Je pousse. Il a sorti les épaules! Je le sens qui me donne un dernier coup de pied, comme pour prendre son élan, et je le dis: oh un coup de pied!, et je pousse encore: il est sorti à moitié, Blondie me propose de l'attraper et de le sortir moi-même, mais je ne veux pas, déjà Docteur Quinn ce n'est pas moi hein, ensuite j'ai trop la trouille de le faire tomber, je ne le sens pas du tout ce plan. Je décline poliment l'offre, mon dieu que je suis urbaine, et elle termine de sortir la Boulette de mon ventre, avant de le poser sur moi, à peine enveloppé d'un linge.
Il est absolument magnifique.
D'une seule voix, Chéwi et moi nous exclamons qu'il ressemble à son frère comme deux gouttes d'eau.

Après que son papa ait coupé le cordon, ma chtite Boulette est nettoyé sommairement et mis contre moi, au chaud. J'en profite pour expulser la suite, beurk beurk beurk, non je n'ai pas entendu un gros POC bien lourd quand le placenta est tombé dans le haricot, non non ne pas penser à un chili con carne maintenant, mais euuuuuuurk! Et mon bébé tout neuf en profite, en me regardant bien droit dans les yeux, pour me faire caca dessus. Eh beh mon loulou, je le sens bien nous deux tiens... Je le met au sein, il est complètement réveillé mais totalement zen, il prend son temps, tout le monde a baissé les lumières, c'est tranquille. Chéwi sort pour téléphoner à la famille, et réussit l'impossible: dégotter 10 minutes en salle de naissance pour Alix. Yihaaaaaaaa!


[blablabla comme d'hab', faut actualiser ou revenir, au choix, là j'ai plus trop le temps]

23 avril 2007

angel et l'accouchement bi-goût (3)

Un miracle, je ne vois que ça. Deux anges descendus du Paradis de la Drogue, qui viennent pour moi, c'est le bonheur. Elles viennent tout préparer pour que le Grand Manitou de la Dose puisse me shooter correctement, non mais c'est pas la meilleure nouvelle depuis neuf mois ça? Limite je danserais la lambada ET la macarena dans mon plumard tout neuf, les fesses en free style sous la blouse, si seulement je ne contractais pas comme une andouille, non mais vraiment les contractions, c'est la plaie ce truc, ça ne s'arrête donc jamais? Pas possible d'avoir une conversation suivie avec mes anges, puisque toutes les 2 minutes: ha désolée, j'ai une contraction, gnnnnnnnnnnnnnn [temps allant de 30 secondes à 1m30 environ], oui ça va mieux, on disait quoi?
La plaie je vous dis.

L'anesthésiste arrive. Mais qui m'a fichu un gars aussi moche? Non mais bonjour le service de qualité, je suis désolée Monsieur, mais j'ai pour habitude de n'avoir que de beaux médecins moi, je ne sais pas d'où ça vient, sans doute une bénédiction divine parce que je suis une femme fabuleuse et trop sympa, mais dès que je me pointe dans un hosto, je ne récupère que les canons du service. Bah là, je regarde une seconde fois, voir si le gars qui vient de rentrer ne serait pas juste un bête brancardier égaré, et que le Docteur Glamour va se pointer, mais non, c'est officiellement mort: mon anesthésiste est un thon. Allez, on s'en contentera, pis avec sa charlotte ridicule sur la tête on ne voit quasi plus sa calvitie mais toujours sa boucle d'oreille totalement incongrue. Avec un peu de chance, il est drôle. Allez, oué, je suis sûre que c'est un comique, on va trop rigouler.

Bon déjà, je le mets direct dans l'ambiance: il s'agit de MA péridurale, alors ok c'est lui le professionel de la piquouze, mais c'est dans MON dos qu'on va trafiquer, donc, y'a pas à discuter, c'est moi le chef, et pis c'est tout. Et le chef dit: Il faut attendre IMPERATIVEMENT trois minutes entre la xylocaïne et la pose du cathéter, sinon je tue tout le monde, m'en fiche d'avoir le derche in zi air, je préviens, je suis une trop une méchante en vrai, même si là je douille ma mère, rinafout', c'est trois minutes, sinon je HURLE.

J'ai du leur coller les foies, ou alors ils ont eu pitié (peut-être quelqu'un a cafté que j'ai chialé sur leur table pourrite?) mais ils ont vraiment attendu trois minutes, l'infirmière avait l'oeil collé sur l'horloge et faisait le décompte à haute voix pour l'anesthésiste. Et du coup je n'ai pas du tout eu mal pour la pose du cathéter, qui avait été le pire souvenir de mon accouchement précédent, limite je voulais plus de péridurale de ma vie entière - hérésie!!

C'est quand j'ai demandé dans combien de temps le produit allait faire effet, que j'ai pu vérifier que l'anesthésiste était un sacré comique: 20 minutes qu'il m'a répondu, l'enfoiré, en ricanant. Il a ajouté: ah oué vous vouliez vos 3 minutes, ben moi je vous en colle 20. Ce qui s'est avéré totalement faux, non mais franchement.
Parce que la péridurale, et je suis désolée pour tous les génies qui ont cru avoir inventé des machins trucs super hyper tendance et hype pour le bien-être et l'avancée de l'humanité, la péridurale donc, ça enfonce tout niveau géniosité totale. Si. Et je dirais même plus, la péridurale auto-dosée, c'est l'invention la plus fabuleuse de l'univers. Au moins.

L'infirmière et l'anesthésite m'ont bien expliqué le principe: j'ai ma petite manette là, et hop j'appuie dessus quand je sens que je risque d'avoir mal. La régle c'est: les sensations oui, la douleur non. Comment c'est ma philosophie de la vie ça les amis, ils sont hyper bien dans cet hôpital, est-ce que quelqu'un à pensé en haut lieu à leur remettre une médaille, voire à les canoniser de leur vivant? Hum? Je n'arrive pas à croire ce qui m'arrive, la seule explication possible est que je viens de passer de l'Enfer au Paradis, en sortant des urgences obstétriques pour me rendre en salle de naissance. Je teste pour la première fois de ma vie l'accouchement bi-goût, l'accouchement où tu veux qu'on te tue tout de suite tellement tu jongles, et où, le temps de la pose d'un bête cathéter, tu retrouves la foi en la vie et l'amour de ton prochain. Trash metal/Peace and love, l'accouchement bi-goût, vous devez l'essayer, l'essayer c'est l'adopter. Si. Allez, un petit effort!

Je ne suis que détente, amour et tranquillité quand Chéwi arrive enfin en salle de naissance. Il a laissé Alix dans le sas: elle n'a pas le droit d'entrer, sinon après c'est le Bronx faut croire, j'ai beau dire qu'elle sera sage et qu'elle ne chantera pas Modern Talking, rien à péter, c'est niet. On m'installe tout le dawa nécessaire à mon suivi par le KGB dans leur quartier général au bout du couloir, et donc capteurs de monitoring, tensiomètre, perf sa mère la truie, doigtier pour la sat', viennent se rajouter sans vergogne aux tuyaux de ma péridurale, me transformant illico en la plus grosse femme bionique du monde. Et y'a même pas le wifi dans cette thurne! L'abus.

Commence alors l'attente, il est environ 20:30. Je ne sens plus la douleur, je suis donc tout à fait open mind pour regarder ce qu'il ya autour de moi, et surtout le monitoring, histoire de voir si je peux battre mes records de contractions et vérifier que le tit coeur de la Boulette ne morfle pas trop à chaque fois qu'on le crabouille in utéro, pauvre loulou, vivre une expulsion, ça ne doit pas être top moumoute non plus. Chéwi fait le pied de grue, il est trop fort pour ça. La sage-femme arrive: uhhhhhhh je comprends soudain pourquoi l'anesthésiste était moche, tout le capital beauté de l'hosto a été volé par ma nouvelle sage-femme, ouhla, mais qui c'est qui va se faire accoucher par Barbie Médecin, hum? C'est Angeeeeeeeeeel! Examen, hop hop, je suis à 5. Yee pee encore la moitié du chemin à faire. Bon ben voilà, c'est pas tout ça, mais elle a plein de gonzesses à accoucher, alors elle revient dans une heure.

Et moi pendant une heure je fais quoi? En fait lutter contre la douleur ça occupe. Là il ne me reste plus qu'essayer de faire que mes fesses restent de ce monde, car elles ont tendance à s'enkiloser à la vitesse du tgv sous acide, et ce n'est pas super agréable. Alors délicatement, en prenant soin de ne pas virer tous mes branchements divers, et surtout de ne pas lâcher la précieuse pompe de la péridurale, je soulève une fesse, puis l'autre. Ca prend bien 5 minutes. Ensuite, hop, bouger les jambes. L'une après l'autre, les plier, les étendre, les plier. C'est pas que je m'enquiquine sévère, mais presque.

Et surtout, les contractions ralentissent, s'affaiblissent, je fais des scores tout pourraves au monitoring, c'est quoi ce bourdel? Limite je m'endors là, ça ne va pas du tout. C'est que je n'ai pas que ça a faire non plus, hein, attendre, c'est pénible, j'ai envie d'aller pioncer dans un vrai lit, avec un pyjama propre, et un bébé tout neuf endormi à côté de moi dans son berceau translucide. C'est là que je capte que dans cet hosto, après la pose de la péridurale, certes auto-dosée et total fabuleuse d'efficacité, ils auraient un chouïa oublié de me filer une perf' d'ocytocine, histoire de pallier au fait que la péri me ralentit considérablement le travail. Allez, zou, une mission pour Super Chéwi qui s'escagasse moyen aussi, il fait des aller-retours pour informer Xila de la suite des opérations, et à part ça beh il attend quoi. La barbe. Donc hop, mission, aller de ce pas quérir Barbie, histoire de lui demander qu'elle rapplique ses mèches blondes et son sourire colgate du côté de ma piaule. Hop.

Barbie arrive, et m'accorde gentiment le droit d'avoir une mini-dose d'ocytocine dans ma perf, pour voir si ça relance le binz. Et puisqu'elle est là, zou, perçage de poche des eaux. Bon ok, ça c'est fait. Elle se casse, en me disant qu'elle revient dans une heure, parce que là, c'est un peu le coup de feu, toutes les nanas accouchent en même temps. Ok.

Sauf que la mini-dose elle me fait un effet boeuf, que je suis au bout de dix minutes qu'elle a franchi la porte, entrain de pulvériser tous mes records de contractions, que j'appuie comme une guedin sur ma pompe, toutes les 10 minutes m'avait dit l'infirmière, pour prévenir le retour de la douleur, mais là ça a tendance à devenir 7 minutes, voire 5, parce que ça contracte toutes les 2 minutes, et que, oh malheur, j'ai comme qui dirait une énorme pesanteur et une furieuse envie de pousser. OK. On reste calme.

- Mon amour?
- Hum?
- Comme qui dirait que ça pousse là.
- Hein? Quoi? Tu veux que j'apelle la sage-femme?
- Bah non elle est occupée, et pis je me retiens de pousser tfassons, juste j'aimerais bien que tu ailles regarder si tu vois la tête, pour savoir si je dois m'affoler et rameuter les troupes, ou pas.

Tronche du mec. Impayable.
Ben il y est allé. C'est un héros quand même, parce que franchement, on m'aurait mis un miroir en face, j'aurais pas regardé, moi. Petite nature que je suis.

19 avril 2007

angel et l'accouchement bi-goût (2)

Il est 15:09. Une contraction vient d'essayer à la fois de me pulvériser le ventre et d'anihiler toute la zone périnéale. En clair, c'est dur comme du béton armé, ça tire, ça pousse, ça douille sa reum without spasfon. Je chope le téléphone, j'apelle Alix qui est tranquilou entrain de grignoter du chocolat dans le jardin de ses parents. L'appel durera exactement 16 secondes (oui j'ai vérifié), le temps de dire: "ok, là, c'est bon, je douille sévère, tu peux te ramener silteplééééééééééééééééé". Pareil à ma belle-mère, qui attend quand même depuis 9:00 du mat' bien sagement. Sauf que je suis un chouïa plus polie, c'est ma belle-mère quand même oh.
Je me lève, Chéwi a la tête du gars qui va à l'abattoir mais qui sait qu'il ne pas pouvoir y échapper: non mais attends j'ai trop trop trop plein de copies à corriger, une réunion alakon et tout, désoled darling, mais tu vas aller pondre all alone by yourself, mais non il n'ose pas, bien que c'est gros comme mon bide au milieu du salon que ça lui traverse momentanément l'esprit, à égalité avec la subite crise hémorroïdaire ou l'infarctus du poumon droit. Il sait qu'il va devoir attendre environ une éternité et demi avant de pouvoir grailler un truc, et déjà il défaille, le pauvre. Courageux, il va cependant chercher mon sac (une tonne huit) et le sac de la Boulette, celui avec le pyjama kro kro meuhgnon dedans (42 kilos).

Tout le monde est là, je douille avec les mâchoires serrées, histoire que ma Lutine ait encore envie de faire des enfants un jour, elle a bien idée que le bébé va sortir par la zézette de maman, son frère le lui a assez répété, mais je ne pense pas qu'elle visualise exactement la chose. En même temps si mon esprit pouvait éviter de penser dilatation la tout de suite, ce serait achtement mieux, hum hum hum, RESPIRE PROFONDEMENT! Un dernier bisou, dernières recommandations, je laisse mes zenfants avec ma belle-mère et son arme absolue, à savoir un gigantesque sac d'oeufs de Pâques, yeeee peeeeeeeee. Je peux aller pondre tranquille, mes enfants seront trop occupés à se faire la crise de foie du siècle pour mettre le boxon et envoyer leur grand-mère à Charenton.

Descendre l'escalier est légèrement une souffrance, et fugitivement je me dis que de toutes façons, va falloir que j'accouche aujourd'hui (mais pas tousuite tousuite non plus hein) parce que je serais infoutue de remonter les 32 marches. Marcher jusque la voiture? Un calvaire. Ca craque, ça grince, ça contracte, Chéwi et Alix sont loin devant, mais tout le monde il s'en fout de ma tronche ou quoi? Pourtant c'est qui qui accouche aujourd'hui je vous prie, hum? Bon alors!
S'installer dans la voiture, trodlaboulette (ahhahhahaah fallait que je la sorte, désolée), et l'oeil fixé sur l'horloge je compte les contractions, qui s'espacent, s'espaaaacent, disparaissent. Gné?

Arrivés à l'hosto, je ne contracte quasi plus, mais le pied posé par terre que hop ça repart, ce n'est pas bien violent mais ça interrompt considérablement la marche, j'ai l'air de jouer à 1 2 3 soleil!! devant la porte de la maternité, c'est rigolo, il fait super beau en plus. On arrive aux urgences maternité, et là, les amis, l'attente la plus longue de ma vie commence: JE VEUX MA PERI ET PLUVIT'KESA! Parce que si moi je sais que j'accouche aujourd'hui, mon job va être de convaincre l'équipe qu'en effet va falloir voir à se magner un peu la blouse rose avant demain, si personne ne veut mourir à coups de baffes.

Remplissage de dossiers, gnnnnnnnn, prise de tension, gnnnnnnn, température dans l'oreille, gnnnn, attente. Oh oh j'accouche là les gens, ce serait bien qu'on regarde ce qui se passe niveau foufoune, parce que oh incroyab' mais vrai, je ne vais pas accoucher par l'oreille ou le bras gauche! Si si. Même mon fils de trois ans le sait bon sang, que c'est au niveau de la zézette que ça se passe. Ah mais c'est qu'on revient me voir! C'est juste pour que j'aille pipiter dans un truc un peu près grand comme une éprouvette de Hobbit. C'est un défi peut-être? Si je gagne et que je n'en fiche pas partout, j'ai le droit à ma péri plus vite? Hum? Non ?
BANDES DE CHIENS! Vous allez payer.

Au bout d'un temps certain si ce n'est un certain temps, une sage femme apparait, telle l'ange de la délivrance un peu. Elle répond farpaitement à mon cahier des charges: elle apprécie mon humour et comprend ma trouille, on est parties elle et moi sur de bonnes bases. Sauf que bon. Sauf que déjà, après examen (on fait sortir les deux zigotos là, le chéri et la toupine) je ne suis qu'à 2. Et pour les nullipares, désolée, mais 2 si le col n'est pas un peu mou toussa, je ne veux pas savoir, top trop buark, ben tu peux te brosser pour ta péri. Faudrait voir à ce qu'il évolue standouille. Donc là, ce qu'on va faire, après une énième prise de sang - que je le crois même pas qu'ils me refont un bilan péri ces arsouilles, mais je vais les TUER, pose de monitoring, histoire de voir si mes contractions ne seraient pas pures vues de l'esprit, genre. Déjà là je commence à comprendre que ça merdoie un chouïa. Parce que le monitoring est posé n'importe comment à la va comme je te pousse, et tfassons la Boulette tape dedans les capteurs comme un forcené, lui aussi il sait qu'il est temps de sortir, et plus je me tord de douleur, et plus la sage-femme, Chéwi et Alix commencent à me regarder comme la Grosse Mytho de l'Hosto, parce que prétendument, que sur le papier, ben je ne contracte pas du tout. OH MY GOD.

Et vas-y que ça commence à parler de "faux-travail" alors que je suis entrain de douiller quelque chose de bien. Ok les gens, si ça c'est du faux travail, je suis désolette, mais va falloir me faire une anesthésie générale pour le vrai travail, parce que moi pas pouvoir survivre, non non non, allez hop un coup de bottin, ouvrez moi le bide et qu'on en finisse. Sauf que bon, faudrait vérifier si je fais semblant ou pas (je vous ai dit que j'ai envie de tuer tout le monde?) donc voilà qu'on m'expédie marcher une heure dehors dans le grand soleil, zoup dégagez moi de là, et reviendez taleur, qu'on vérifie si le col a évolué ou pas. Je suis sûre qu'ils font exprès pour avoir le temps de faire mon bilan péri ces tanches. Je sors, non sans demander si j'ai le droit de bectave un truc, vu que bon, mon unique paquet de Fingers de la journée me semble bien loin, et que j'ai besoin de réconfort. Et alleluïa miracle et chocolat, j'ai le droit. KitKat powaaaaaaaa my friends. Non mais c'est Pâques hein, y'a pas de raison. Y'a pas de raison, je dis. KIT KAT!

Le souci c'est qu'il me faut environ 3 minutes pour faire deux mètres dans le couloir, je vous laisse imaginer le temps pour arriver jusqu'au banc dehors. Je ne parle même pas de ma tronche entraperçue dans le reflet d'une vitre, ce n'est plus Pâques mais Halloween. La douleur me fusille sur place tous les 10 mètres, c'est un bonheur de marcher dans ces conditions. Dire que certaines réclament le droit de marcher pendant le travail, j'en suis sur le cul. Tiens d'ailleurs hop je le pose mon popotin, sur le banc. J'ai mal, je mange mes KitKat, je suis dans un état second, il fait chaud, j'ai mal, j'ai peur, je déteste cette idée de ne pas savoir à quelle sauce je vais être mangée, j'ai mal, j'ai hâte de voir mon bébé aussi, et surtout je me dis que je ne quitterais pas cet endroit sans avoir accouché, ils peuvent toujours se brosser pour que je bouge de là sans la Boulette. De toutes manières, il est absolument inconcevable que je remonte mon escalier, je ne cesse de le répéter. Chéwi et Alix commencent à se regarder en coin, je sens bien que je fais peur là.

Je trouve le moyen de remonter ce fichu couloir, long long long, d'appeler chez moi pour savoir si ma belle-mère survit et si mes enfants sont encore en vie, et d'appeler ma reum qui voudrait biens avoir où ça en est. Ma mère qui me dit que la douleur c'est vachement psychologique, et qu'il faut que je pense à me calmer pour avoir moins mal. Ce n'est certes pas faux, mais là tout de suite, j'ai envie de l'assomer ma mère. Parce que je suis fatiguée, et que j'ai maaaaaaaaal. Allez zou on va dire que ça fait une heure, je retourne voir la sage-femme.

Ding dong, c'est nous, on est reviendus, on voudrait bien voir la sage-femme, histoire de, comme ça quoi, ce n'est pas que je suis sûrement entrain d'accoucher, mais presque, alors bon, s'il y avait quelqu'un ce serait bien. Et voilà que réapparait la sage-femme. Elle me change de salle, je suis toujours dans la partie Urgences Gynéco et Obstétrique de l'hosto. Là je suis sensée gagner en confort les gens, car je passe, tenez vous bien, du fauteuil d'examen gynéco classique de tout à l'heure (sur lequel j'ai failli m'exploser la tronche facile trois fois pendant que je contractais comme une guediiiin et que ce goliot de monitoring pourri archaïque disait que non enfoiré!) à une table d'examen, youpi, je n'ai pas du tout du tout DU TOUT l'impression d'être une grosse jument sur le point de mettre bas, non non non. Que nenni ma bonne dame.
La sage-femme me vante le confort de cette table rapport au précédent fauteuil, mais je crois qu'elle essaye de faire de l'humour, parce qu'accoucher dans le public, ça a beau être un acte militant, ça n'assure pas du tout un confort optimal, bien qu'on sente qu'ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont (à savoir, rien). Elle m'examine.
Joie, victoire, bonheur, j'avais raison bordel de merde, je suis bel et bien entrain d'accoucher, puisque je suis à 4 et que je viens de gagner via toucher vaginal tip top moumoute que j'ai failli dégager la blondinette à coup de pieds rageurs, mon passeport pour la salle de naissance ET un bon gratos pour une péridurale auto-dosée si ce n'est pas la classe. Qu'on jette les pétales de fleur et que résonnent musettes, hop hop hop.

Sauf que.
Sauf que bien sûr il faut pour cela attendre les résultats de mon bilan péri et un autre truc que je n'ai pas du comprendre car je n'en ai aucun souvenir. Tout ce que je sais, c'est qu'il est 19:00, comme l'indique l'horloge au dessus de la porte, que ça fait déjà 3 HEURES que je suis là, que visiblement je ne sens aucun cathéter dans mon dos, et que donc y'a du foutage de goule king size que ça va se payer.
Et ce que je sais aussi, c'est que je vais devoir attendre encore un sacré bout de temps. Chéwi et Alix reviennent dans cette minuscule salle, où je suis le popotin à l'air sous une vague blouse verte, allongée sur une table en faux cuir grenat trop étroite, et on attend.
Ils regardent le monitoring où, tiens c'est bizarre, on voit mes contractions ce coup-ci, ils piétinent, et moi je jongle. On doit revenir me chercher vite pour m'emmener, mais personne ne vient. Et j'ai super mal. Et j'ai la trouille de tomber de la table. Et ça contracte à fond les ballons, et j'ai beau essayer de respirer le plus profondément possible, de me détendre douleur mon amie, je t'accueille en mon sein, fais ton oeuvre et magne toi je te prie ôôôôm mani padme hum, de relativiser, beh c'est mort, y'a plus personne aux commandes sauf cette douleur qui m'enserre et m'écartèle, et puis voilà, je pleure ma mère. Je veux rentrer dans ma maison, c'est ce que je répète en boucle en pleurant à gros sanglots.
Ce n'est rien de dire qu'Alix et Chéwi sont aux quatre cent coups, ils sortent de la pièce toutes les trois minutes pour réclamer quelqu'un parce que CA VA PAS DU TOUT LA HEIN, tu m'étonnes que ça ne va pas, je pédale dans la semoule quelque chose de bien, je suis en panique complète, je ne veux pas accoucher en souffrant comme ça, parce que je ne maîtrise rien, c'est l'angoisse.

Ca dure, ca dure, je ne sais pas trop, quelque chose comme au moins trois quart d'heures avant que la sage-femme revienne. Je ne l'aime plus du tout, elle pourrait crever la gueule ouverte dans le caniveau que limite je lui balancerais un coup de tatane dans les mâchoires pour le plaisir, voyez. Non mais parce que ce foutu bilan péri j'ai téléphoné trois jours plus tôt pour le refaire préventivement, on m'a dit non non spa la peine, et voilà où nous sommes rendus, et puis quand on dit "je reviens tidisite" on ne se casse pas pendant trois quart d'heure en m'abandonnant sur une pauvre table de 3,7 cms de large avec le cul à l'air. Je n'ai plus d'humour, plus rien, je veux juste arrêter de souffrir. On m'emmène enfin, via un fauteuil roulant (non mais j'ai flippé qu'on me fasse traverser leur fichu couloir le popotin in zi air hein) en salle de naissance. MIRACLE.

Finallement une porte s'ouvre, une chambre, lumières tamisées, tranquillité totale, et merveille absolue, un LIT, un vrai lit, avec une tête de lit en bois, et un matelas bon sang de bonsoir, un vrai matelas, et des draps, et une jolie blouse longue pliée proprement qui m'attend, avec un motif même pas moche, incroyable. On m'installe, on me laisse, je suis toute seule. Chéwi et Alix sont en salle d'attente, ils sont sans doute partis chercher les valises, et moi je m'allonge après avoir enfilé la grande blouse, et je pleure, encore, de soulagement. Un lit, un vrai lit. La vie est belle. Je sais que je vais devoir attendre encore un petit moment que l'anesthésiste arrive, j'ai des contractions costauds, mais ça va mieux, je suis dans un lit. On vient me voir, on me parle doucement, on baisse encore les lumières, on me remonte les côtés du lit, on prend ma tension, qui reste relativement tranquille vu la douleur qui m'attaque par vagues.

Et enfin, deux anges arrivent, l'une en vert, l'autre en blanc, elles viennent me préparer pour la PERIDURALE. Je n'y croyais plus.




14 avril 2007

angel et l'accouchement bi-goût (1)

Ca faisait une semaine que je stressais sur le moment M, au moindre gaz qui me titillait l'utérus et je commençais à enclencher le plan Maternité 2007 dans ma tête, avec des scenari totalement hallucinants d'emmerdements (je préfère prévoir le pire, c'est terrible)(bien sûr qu'on peut accoucher sur le palier du premier étage de l'immeuble ou sur le bord de la Nationale, qu'est-ce que vous croyez, ça arrive hein!)
Samedi 7 avril, 13:30, Chéwi rentre à la maison, il est en vacances. Tout est prêt, la chambre, les valises, ma belle-mère a emménagé à moins de 10 minutes à pied, c'est le week-end, tout le monde est là, mes parents, le Pierre Richard d'Alix, c'est bonnard. Je m'allonge et j'attends que ça se déclenche. Allez un chtit effort quand même? Non? Non.

Ca faisait une semaine que je me déplaçais en m'accrochant aux murs et aux meubles, pour traîner mon phénoménal bidon et mes douleurs diverses zet (a)variées. Une semaine que je ne sortais plus de chez moi de peur de ne jamais réussir à remonter les deux étages jusqu'à l'appartement: figurez vous que personne n'a voulu installer d'ascenceur dans l'immeuble, malgré mes nombreuses requêtes dans ce sens, pas plus qu'un bête siège Jean Lefebvre, celui en velours rouge il était jouli pourtant? Une semaine que je ne me nourrissais plus que de Danao et de Fingers, car rien d'autre ne me faisait envie. Des sous-marques LP en plus, c'est dire l'étendue de la totalité de la loose gastronomique. Une semaine la tête dans le coma. Ce n'était plus POSSIBLE.

Ca faisait une semaine que je n'avais plus la force de rien faire, si ce n'est quelques incursions en gémissant dans la chambre de la Boulette, pour ranger deux trucs, ou transférer des culottes du placard jusque dans mon sac. Alors je me voyais mal me lancer dans le fameux grand ménage qui annonce à tous que la femme enceinte est non seulement folle à lier mais aussi sur le point de mettre bas dans les heures qui suivent. Je me suis cependant couchée le samedi soir avec cette idée fixe: demain j'accouche, demain matin à 8:00 tapantes, je fais toutes les vitres de l'appart. Le 8 avril, c'est trop trop une bonne date. C'est décidé.
Calcul rapide: trois grandes vitres dans le salon, plus deux petites vitres pour les chambre et la cuisine, soit onze vitres, ça devait le faire.

Dimanche 8 avril, 7:02 heure du magnétoscope en face de mon lit, une contraction bien sympatoche me déchire le bide. Je ne sais pas pourquoi, mais la seule idée de nettoyer soigneusement les onze saloperies de vitres de ce fichu appart avec du sopalin pourri et du produit à vitres hautement toxique me parait d'un coup d'un seul complètement débile profond. J'essaie de me rendormir, mais bernique, la machine à penser est enclenchée. Et je commence à compter les contractions, je constate qu'elles sont hyper espacées, genre toutes les 20 minutes, des contractions de feignasse, ça ne m'étonne pas. A 9h30, toujours sûre de mon fait, à savoir que c'est aujourd'hui que j'accouche parce que je n'irai pas plus loin et puis c'est tout, je réclame le téléphone, et je bat le rappel des troupes de choc. Tout le monde est prévenu: aujourd'hui, j'accouche. Tout le monde doit se tenir prêt, et puis c'est tout. La Kommandantur Angel dans son immense splendeur. A 10h30, plus de contractions. Ben tiens. Mais ça ne me démonte pas, je décide que finallement, je vais aller à la maternité pour voir les sages-femmes, parce que bon, y'en a marre, je contracte n'importe comment, je n'arrive plus à rien, je me fais chier, en plus je suis crevée, donc ce serait gentil de m'extraire ma Boulette, merci. C'est le Nouveau Plan: aujourd'hui, je vais me programmer une chtite visite de contrôle de la Boulette, puis tiens, hop, ni vu ni connu, on mettra les valises dans la voiture, okazou. Ni vu ni connu. Okazou. Parce que bon. Fait chier, quoi.

Sauf qu'à 15:00, les contractions sont toujours là, anarchiques, n'importe quoi, mais CA DOUILLE! Et quand ca douille, on se magne les zaminches. Et donc à 15:30, c'est décidé, je pars pour la maternité, et je ne le sais pas encore, mais je vais tester le Super Accouchement Bi-Goût, aussi apellé les Montagnes Russes dans ta Face.


[à suivre]

06 avril 2007

angel fout le feu au Famili (2)

[on continue? allez, oué on continue, mais on serre les dents quand même, on va upgrader la counerie, si si, c'est possible]

3. Je passe du rire aux larmes.
Ce coup-ci c'est Camille qui s'y colle pour nous raconter que la pauvrette ne sait plus quoi faire, elle est totale débordette par ses zémotions, et vas-y que je chiale devant le chien attaché à un poteau, et que je rigole pourtant comme une chtarbée avec mes toupines??? Mais comment est-ce possible Docteur Famili? Mais c'est..... NORMAL, voyons! La grossesse elle fait grossir ton coeur en plus de ton bidon (je vous jure que la psy elle dit ça hein, je n'invente rien) alors en plus de toutes les hormones qui se déversent d'un coup d'un seul dans ton pauvre petit corps innocent, ben limite tu n'es plus la même. Juste une pauvre chose entièrement manipulée par ses émotions, pauvre pauvre femme enceinte, limite lobotomisée, qui chiale comme une andouille dès qu'on hausse le ton et qui rigole bécassement dès qu'on lui fait une pauvre vanne (de fille bien sûr). Non mais ça va bien oui? Après faudra pas s'étonner de se faire infantiliser par le personnel médical et traiter comme une demeurée par les puéricultrices de la maternité.
C'est bien je trouve, les journaleux de Famili ils te préparent bien mentalement le terrain pour que tu te laisses faire sagement pendant neuf mois, parce que bon, si tu over-réagis tout le temps, c'est la faute aux hormones, limite t'es possédée un peu, alors bon. Si tu râles qu'on te martyrise à la visite du 6ème mois et que tu pleures que la piqûre elle douille, c'est juste que tu as le coeur qui enfle et les hormones qui font les connes, pas que la grognasse en face elle te traite comme un bout de bidoche à la chaîne... Si si tout est NORMAL et dormez braves femmes enceintes.

4. Je casse tout, je tombe tout le temps.
Anne, la pauvre, elle vit l'enfer. Je ne plaisante pas. Elle fait tout tomber, elle pète tout, et même son APN a fait le grand plongeon, c'est ballot: paf, tombé dans le vide, apu APN, byebye. Et en plus, elle tombe tout le temps. C'est affreux. Mais, bien sûr, tous en choeur on y va, c'est NORMAL! C'est parce que le corps se modifie (sans blague???) et que par conséquent on se coltine une perception erronée de ce qui nous sert de carcasse, donc crac, boum, hue, c'est la grosse catastrophe en permanence.
C'est bien parce qu'en une page et demi on vient quand même de nous dire que c'est NORMAL d'etre une hystérique pendue au téléphone, qui chiale tout le temps, qui flippe que son mec se casse avec Germaine de la Compta, et voilà que là, ni vu ni connu, on te dit qu'en plus t'es rien qu'une gourdasse qui explose tout ce qu'elle touche. De là à ce qu'on t'enferme dans une case à l'écart du village pendant neuf mois hein...
Alors gens de Famili, je suis désolée, mais personnellement je n'ai strictement rien cassé pendant trois grossesses, à part les pieds de tout le monde parce que je trouve ça trop pénible d'être enceinte (oué bon hein, ca va bien, je voudrais bien vous y voir!). Je sais farpaitement que je me transforme en grosse baleine (tiens j'ai plus de foune et plus de pieds? c'est bizarre?) donc je fais attention, je sais c'est dingue, mais que voulez vous je mobilise toute la force de mon mononeurone sur: préservons intact notre capital mobilier et faisons gaffe à ne pas se rétamer la margoulette à chaque coin de rue. Mais je suis surhumaine hein. Limite pas NORMALE. Hop je vais aller casser deux-trois assiettes histoire de normaliser enfin ces grossesses suspectes.


[la suite toutaleur, là, faut que je me repose, quand même. Ben si]
[préparez vous, la suite c'est carrément la descente aux enfers]

05 avril 2007

angel fout le feu au Famili

Déjà au départ, la presse "famille" me gonfle le mou. J'en étais assez friande lors de ma première grossesse, mais que voulez-vous j'étais jeune, naïve, perdue, j'étais prête à écouter toutes les sirènes du marketing et de la perfectitude. Même j'avais lu une partie du Laurence Pernoud, c'est dire à quel point je ne savais pas (mazette que je pouvais être bête!). Et puis ma fille est arrivée, et arf arf arf, elle ne correspondait pas beaucoup au modèle des magazines et des bouquins de puériculture. What a surprise! Mouarf hein. Bien évidemment, quand le fiston est arrivé, il a fini par démolir consciencieusement l'oeuvre entamée par sa soeur, et remis mon cerveau en mode fonctionnement réfléchi ON.
Maintenant je sais que ces torchons sont remplis de Perfect Pregnant Mums à toutes les pages, de conseils neuneus pour s'occuper d'un bb parfait, de pseudos tests de produits, inutiles ou ultra-coûteux, et d'abérations en tous genre... Cependant il arrive à l'occasion que je jette un oeil, voire deux, dans une de ces odes à "je veux réussir mon bébé" et autres conneries. Là, Alix s'est vue abonnée, je ne veux pas savoir comment, et donc me refile les numéros, histoire qu'on ricanne un moment.

Et je suis tombée sur l'article absolument PARFAIT à lire quand on est enceinte. Totalement hallucinant de n'importe quoi. Attention, je sors la machette, le lance-flamme, le bazooka, éloignez-vous de l'écran, ça va fumer.

Ca s'intitule: "Enceinte, je ne me reconnais pas".
Là je me dis, bingo, enfin un article qui parle de ma vie, pour une fois, c'est trop fort, Famili lit mon blog même si ça se trouve?
Peau de zob oué.
C'était avant de lire les titres des mini-articles mit témoignages et analyses de spécialistes.
Parce que là, les zaminches, ça yoyotte sévère du ciboulot.

1 J'apelle ma mère trois fois par jour.
Celui-là, c'est encore le plus soft, et je pense le plus vraisemblable. La psy explique que si Lola apelle sa reum à longueur de temps c'est NORMAL, qu'elle a besoin de se trouver confortée dans son futur rôle de mère, tout ça. Moué. Je n'ose pas trop imaginer la nénette qui lit ça et qui n'a plus de maman, ou qui trouve que sa mère est une conasse finie, quelque part elle est entrain de rater une transmission de savoir hyper importante au niveau psychanalytique, faut qu'elle fasse gaffe, elle va sans doute moins bien assurer en tant que maman que sa coupine qui peut gonfler sa daronne all day long et s'entendre raconter qu'elle en a chié 24 heures à la pondre, qu'à la fin elle était prête à mutiler sauvagement tout le personnel hospitalier. Bon selon Famili donc, tu as intérêt à:
- a. avoir une mère
- b. avoir une mère sympa qui te raconte des trucs et te remonte le moral
- c. avoir une mère qui a le téléphone.
Sinon c'est pas très NORMAL du coup.

2. Je suis jalouse comme une tigresse.
Alors celui là je l'adore! Non mais vraiment. Véronique ne comprend pas, elle si douce auparavant, est prête à écharper les filles pas enceintes et sapées normalement que croise son innocent de mari, sous prétexte qu'elle, elle ressemble à un sac de patates. C'est insupportable! Mais c'est NORMAL dit la psy, la grossesse c'est le deuil de la séduction, et l'avènement de l'enfant, et si tu es attachée à ton image, tu flippes grave que ton relou de mec il aille courir le jupon plutôt que la culotte king-size, et en plus la plupart des mecs ne veulent même plus te toucher parce que tu leur fais peur ou que tu ressembles à une montgolfière (en plus d'être le summum de la mochitude donc). Allez zoup, la crise de jalousie, c'est pour rapeller Monsieur à l'ordre.
Bah euh, comment dire, les filles, si vous vous sentez moches enceintes c'est un peu super logique, par contre si Chéri en profite pour aller voir ailleurs alors que vous avez les plus gros nichons du monde, voire une libido explosive, je suis désolée de vous dire que Chéri est un con et que y'a des big coucougnettes qui flottent dans le potage de l'amûûûûr hein. Quand on aime, vous je ne sais pas, mais moi oui, bah on s'attarde pas plus sur une bête état de baleine, dure-t-il neuf mois, que sur une paire de guibolles non-épilées en plein hiver. Sinon le Monsieur il va voir ailleurs si j'y suis, et logiquement je l'envoie là où je ne suis pas. Non mais oh. Qu'est-ce que je vais donc faire Chéri il devient chauve un jour? Ca ne durera pas neuf mois cette mochitude, à moins que la science fasse des progrès de folie ou qu'il accepte de se faire greffer des pwals de uq sur la tête. Et je devrais le changer pour un modèle plus beau? Famili vous offre le supermarché de l'amûr, c'est hyper open mind en fait comme magazine, faut pas croire.
Mais je ne suis pas NORMALE, vu que je ne suis absolument pas jalouse des gonzesses qui peuvent graviter autour de Monsieur. Par contre ça me gonfle d'être moche, ça c'est clair. En même temps je fabrique le bébé de Monsieur, alors il assume bordel.


[la suite demain, sauf si bien sûr il y a pondage inopiné avant, muf muf muf]


04 avril 2007

angel se fait bien caguer

Non mais limite, je dis bien limite, je voudrais accoucher juste pour qu'il se passe un truc. Alors bon comme ça ne veut pas viendre, et comme de toutes façons j'ai l'énergie d'une moule périmée, je ne fais rien pour que ça vienne, j'attends. Je sais que je peux attendre jusqu'au 15 avril, voire jusqu'au 20 si on écoute les méchants de l'hôpital que le déclenchement c'est mal blablablabla (ta goule et pose moi ce pitin de gel tidisite sinon je te fais péter ta maternité moué!)

Et pendant que j'attends, dieu que je m'emmerde. Parce que bien sûr j'ai atteint une telle circonférence que le moindre mouvement est un effort homérique. Exemple: le fameux malaise vagal après tentative d'enfilage de culotte king-size en position debout (trop l'exploit, ah non, raté!). Parce que donc je ne fiche strictement rien. Je regarde passer le temps. Ah si, je rigole devant certaines mises en vente sur e-bay (vous le saviez vous que certaines gonzesses achètent sur ebay des gigoteuses vertbaudet encore plus cher que sur le site de vertbaudet?? sont-elles couillones) je souris devant mes blogs préférés, j'enchaîne les parties de spider, je me raconte des scénarii catastrophes à chaque contraction, je fais chier les autres avec mes angoisses, je regarde ce bide avec un nombril qui ressort et c'est trop trop moche, j'essaie de voir si je peux télécommander mes enfants (réponse: non, par contre eux ils peuvent me rendre dingue en trois minutes), je.... pfff je rien en fait. Rien.

Ah si, je dors. Mal, mais tout le temps. C'est une activité super passionnante, surtout quand on ne rêve même pas.

Ma vie là, c'est la chierie.
Et en plus, en plus, je n'ai même plus le sens de l'humour. Je vous le dis, ça sent la fin. Ou pas.



ps: si je ne blogue pas, ça ne veut pas dire que j'accouche. Ca veut juste dire que je n'ai rien à dire. Suffit de lire les quelques lignes ci-dessus pour s'en convaincre aisément.

02 avril 2007

angel dans la salle d'attente

C'est vraiment l'impression que j'ai. D'être dans une sorte d'immense salle d'attente, et de n'avoir aucune idée de quand ça va être mon tour, d'à quelle sauce je vais être bectave, est ce que le doc est gentil ou vais-je avoir à faire avec un psychopathe en blouse blanche, faut attendre longtemps, ou pas, et pis il file quoi comme ordonnance le gars, et il te garde longtemps ou il te relâche vite fait? HUM? Pourquoi personne ne me répond?

J'essaie d'attraper des infos, ouais y'a une fille qui a accouché chez elle en deux heures (coucou, je suis encore morte de trouille d'avoir lu ce récit hein), une autre qui a eu le temps d'aller à la maternité mais la péri n'était pas au top de l'efficacité, certaines ont du être déclenchées, d'autres ont eu des césariennes, et pis des fois comme ci et d'autres comme ça. Au secours!

A quelle sauce vais-je donc être mangée?
Je n'en ai aucune idée.
Je sais qu'hier j'ai rangé huit mois de papiers et réglé mes factures et autres pénibleries. Je suis toujours enceinte.
Je sais que mon bilan péri est périmé (ahahahahah) jeudi soir, et je suis toujours enceinte.
Je sais que la chambre est finite, les valises faites. Je suis TOUJOURS enceinte.
Je sais que je contracte de façon totalement anarchique ou régulière depuis 10 jours, mais je suis TOUJOURS ENCEINTE.

Ce soir c'est la Pleine Lune, la Déesse des Femmes Enceintes qui Vont Pondre.
Ce soir Alix a la ouature et donc je n'aurai pas besoin d'apeller un taxi ou pire, les pompiers.
Mais vu que je ne sais rien à rien, autant demain matin je serais toujours enceinte.

Il reste 2 semaines. Je suis énorme, je suis crevée, j'arrive presque plus à me bouger, j'ai le retour de la gerbe, je reperds du poids (gnnn??? et les fingers et le danao n'y peuvent rien, c'est totalement hallucinant), je ne dors quasi plus rongée par l'angoisse de cavientyhoucavientypa?


Bon, dans l'expectative, et dans l'attente de l'heureux évènement, voici mon cahier des charges pour mon troisième et dernier accouchement de toute ma vie entière tu peux parier ta laïfe la dessus mon coco. Que les Autorités Compétentes en prennent connaissance, l'étudient attentivement, et le suivent à la lettre, merci
(oh une contraction!)
(aïe quand même)

Donc moi, Angel, The Coin Coin Master, Blogueuse Folle, Maman Chtarbée, Femme Chiante, je veuzéjéxige:

- une garde facile de mes gniards déjà nés pendant que je me casse pondre le petit frère de 6,9 kilos et des pépettes. De préférence par ma belle-mère à mon domicile, tranquille basile. Alix fera aussi très bien l'affaire, mais bon, faut l'épargner un peu, elle est crevée et elle en a déjà trois, des marmots. La pauvre.

- un accompagnement obligatoire trajet+travail+torture finale par mon Chéwi au top de la concentration maximale (si si tu peux le faire) (par voie de conséquence, le faire apeller pendant qu'il explique les subtilités de la langue balzacienne à de jeunes bourgeois désoeuvrés, c'est NIET. Non négociable)

- ordre de préférence de chauffeurs pour l'hosto: Alix, ma belle-mère, mon père, le taxi, les pompiers. Le dernier cas, franchement, pas glop. Même si plein de jolis messieurs à reluquer, je ne pourrais même pas en profiter because présence de Chéwi mit contractions dans ma goule.

- péridurale tout de suite quand j'arrive, merci. Bien penser à laisser agir la xylocaïne ste feignasse avant de me poser le catheter, sinon ça douille et je bouge, donc c'est trois minutes, comme les oeufs à la coque bordel, spa dur à retiendre pourtant?

- oui je vais me mettre un max de doses, rienapété, je ne VEUX PAS souffrir, je suis morte de trouille à l'idée de la douille maximale qui m'attends, alors ca va bien, ça fait huit mois et demi que je souffre, donc si on me file enfin de la came, croyez moi que je vais me shooter que ça va être quelque chose les zaminches.

- une très gentille sage-femme, très compétente, très rigolote aussi, et qui trouve mon humour formidable, ma trouille légitime, et mon caractère délicieux. Bien sûr que c'est possible!

- un accouchement de rêve avec expulsion en trois minutes, sans avoir bobo, ni petit bébé coquin qui joue avec son cordon, j'ai déjà donné, et aouchhhh, ma foune s'en souvient encore (oui on peut arrêter de pousser, même quand le bébé à déjà sorti une épaule le tit salopiot).

- un placenta qui se casse vitefé, pas d'épisio, ni ventouse, ni forceps, ni césarienne, et encore moins danse sur mon bide pour expulser le locataire squatteur.

- un séjour de deux nuits maxi au goulag. Maxi. Je sais encore farpaitement allaiter, changer une couche, donner un bain et saper un moutard, merci merci merci byebye.

- une chambre simple, je NE suis PAS un être sociable, et je vous préviens que je fais chialer les primipares hein!



Voilà.
J'espère que je n'ai rien oublié.

Ah si, ce serait bien que la Boulette n'ait pas trop de cheveux, y'a encore des pouxes qui traînent à la maison. Et qu'il soit super en forme mais qu'il ne fasse pas plus de 4 kilos, merci merci merci.

Bon sur ce, j'attends.
Zen quoi.
(aouch contraction)

29 mars 2007

angel en a marre d'être enceinte

Cher Hôpital:

- me faire une 463ème détermination de mon groupe sanguin était profondément inutile. J'en suis à ma 5ème carte de groupe en 8 ans, vous êtes mignons, mais je suis et je resterais AB-, sauf si enlèvement par des aliens, séjour à Tchernobyl, ou transfusion totale. Bah oué.

- vouloir que la carte de groupe soit faite par le labo de l'hôpital, excusez-moi du peu, mais c'est de l'over pointillisme de base hein. Et la confiance alors? Et merci* pour le malaise king size après la piquouze dans la main, c'était top.

- "le déclenchement est le meilleur passeport pour la césarienne"? Je m'en fous, bondiou, la césarienne je prends aussi, j'en suis limite à regarder avec un air calculateur mon couteau à beurre et mes ciseaux à ongles, en me demandant si ça pourrait aider ou pas à l'extraction de la Boulette.

Bon bah sinon là j'attends. Encore 15 jours. Je n'ai qu'une envie: être revenue chez moi avec mon fils. Tout le reste me fait flipper: le départ pour l'hôpital (confier les enfants, arriver à temps) l'accouchement (nooooooooooooon pas boboooooooooooo) le séjour (comment ça je peux pas rentrer chez moi??). Ca me fait flipper, et je l'avoue franchement, ça me gonfle. J'ai juste envie d'être tranquille chez moi en famille avec mes trois enfants et mon Chéri (les chats sont en menace de stage intensif longue durée à la SPA s'ils continuent de faire les marioles). J'estime qu'après huit mois et demi de galères, je le mérite. Na.








* un VRAI merci à Lulu et son Chéri qui m'ont emmenée en ouature, parce que trois bus aller trois bus retour, pour une prise de sang et un malaise je l'aurais eu super mauvaise. A la place on a joué au Jeu des Twingos, c'était rigolo.

27 mars 2007

angel va reprendre tout ça en main!

Enfin... Quand j'aurais accouché, parce que là, présentement, les zaminches, je suis strictement incapable de rien faire de productif, à part compter mes contractions pour voir si la Boulette a décidé de viendre ou non (pour l'instant, non, donc).
Non mais dans mon home sweet home ça vire à l'anarchie totale.
Ils profitent tous éhontément de mon absence de mobilité, de ma débilité profonde, de ma fatigue totale. C'est proprement lamentable.

La preuve par trois
(les trois énergumènes que j'ai épinglé aujourd'hui)

le PsychoCat:

- a renversé le paquet de MielPops malgré mon interdiction formelle et répétée d'aller fourrer ses moustaches de gredin dans la cuisine. Il a capté que je ne bouge plus, l'enflure!
- est allé ouvrir la porte de la chambre de PitiGasson pendant la sieste, me forçant ainsi à me lever pour le rendormir. J'estime que c'est basse vengeance pour l'avoir probablement bousculé dans le lit. Ca va se payer.
- à miaulé à la mort quand j'ai réussi à rendormir mon gamin, et ce avec des contractions pas très sympas. Il sait que je vise mal avec la télécommande pour lui péter sa goule de counard. Va bouffer des croquettes à l'arsenic quand j'aurai accouché. Point barre.

le PitiGasson:

Lui il est devenu total schizo, c'est bonheur. On ne le tient plus ce gamin, on ne sait plus sur quel pied danser.
Extraits:

- moi taleuh z'ai donné un bouquet à Alisse!
- elle était tontente!

Charmant non? What a lovely child... fierté maternelle et tout, je ne vous dis pas.

Plus tard, son père le porte, enveloppé dans la serviette, à la sortie du bain:

- z'ai pété suh toi euhhhhhhhhhh
- tant pis pouh toi euhhhhhhhh

Ahem. Bref.

Face au joli diaporama ci dessous:

- oh mais c'est la chambhe de MON bébé!

Lalalalalala.

Tout va bien je vous dis. On maîtrise à mort la situation.

La Lutine:

A gentiment essayé de m'arnaquer sur la douche. Elle s'est vaguement mouillée, pas sûr qu'elle ait mis un pied dans la baignoire, et pas de savon, on ne sait jamais, ça pourrait la rendre propre. Je l'ai grillée et renvoyer se décrasser, avec inspection de l'odeur de la relouse perosnne ensuite.
Hier, son truc, ce n'était pas la craderie, c'était l'anorexie. Sympa aussi. On se rassure, cet aprem' elle a bien boulotté mes Fingers la chipie...
Le truc, c'est que bon, elle aimerait bien que sa mère ponde.
Ca tombe bien, moi aussi ma chérie!


Bon maintenant, le problème, c'est que je n'ai pas envie d'accoucher.
Bah oué.
Je vous expliquerai plus tard, sauf si j'accouche cette nuit.
(nooooooooooooooooon pas la nuit elle a dit Alix)

La Chambre de la Boulette...

... est prête. Enfin, quasi finie. Ca va se remplir avec l'arrivée du maître de lieu, et la montagne de cadals qui va suivre... Hin hin hin.

Donc hop voilà.
La prochaine fois que je me dis que poster des photos va plus vite que de pondre un texte, je m'assome direct avant hein. J'ai cru mourir sur ce coup là (qu'est-ce que ca va donner à l'accouchement, petite nature que je suis!)



Cool Slideshows




Et merci à Alexandra chez qui j'avais vu ce système sympa de photos qui tournent, j'aime bien.

25 mars 2007

Chéwi pédale dans la semoule

Bon la Femme Enceinte est à la ramasse, ça tout le monde l'aura bien compris depuis quelques mois. Et même qu'elle s'autorise la double majuscule maintenant, parce que ses chevilles sont aussi larges que son tour de bidon. Et elle parle d'elle à la troisième personne aussi, c'est très Louis XIV, c'est sympa ce petit revival je suis le centre du monde, non? Non? Ok. J'arrête. Z'êtes pas très drôles les gens, je trouve.

Donc oui, je suis faiblarde du neurone, je suis obligée de faire des listes à cocher dans mon NetVibes pour ne pas oublier de faire les choses, je suis à la limite de la démission mentale complète. Mais mon Chéwi n'est pas en reste. Lui, sa couvade, c'est d'être encore plus étourdi et dans la stratosphère que d'habitude. Et déjà que d'habitude ce n'est pas joli joli, qu'il a le pouvoir de concentration d'un bigorneau décroché de son rocher pour tout ce qui sort de son domaine de compétences, à savoir, l'analyse au quart de pwal de uq près des textes de Balzac. Non je n'exagère pas. A peine.

Chéwi n'a donc pas de gros bidon, pas de rots, pas de douleurs insoutenables, pas d'odeurs corporelles suspectes (sauf abus de substances alimentaires prohibées), pas d'insomnie (mon dieu qu'est ce qu'il peut ronfler le salopiot!) pas de bide qui part dans tous les sens, pas de contractions, pas de malaises, pas d'envies subites, pas de fringales incontrôlable (on se demande où il pourrait les caser, entre ses 3 saladiers de pâtes quotidiens de touts façons...). Rien du tout. Il n'est pas enceinte lui! Il attend juste que sa femme accouche et redevienne "normale" et qu'elle arrête de l'esclavager deux minutes. Et ça le perturbe cette attente.

Du coup il a topé un seul symptôme de la femme enceinte: l'activité neuronale totalement anarchique. Ce qui fait que j'assiste à des phénomènes très curieux en ce moment, du fond de mon lit où je prie le ciel de pas accoucher tout de suite, parce que bon, je n'ai plus envie du tout, même si la chambre est finie et les sacs prêts.

Du fond de mon lit, je me dis que je me ferais bien un petit goûter Leader Price crapuleux, rapide, pas cher, qui va me blinder cette faim intenable. En plus je peux me le permettre, voilà presque 15 jours que ma balance est restée bloquée sur +10, et qu'elle ne semble pas vouloir en bouger, quelque soit le degré de goinfraison de ma personne. Hop hop, je passe commande: Mon Chéwi, tu peux descendre au LP m'acheter un paquet de Fingers et une brique de Danao, mais pas celui à la banane, celui pêche abricot, j'ai envie.

Je ne lui donne pas les faux noms LP des produits, de toutes façons il ne retiendrait rien du tout, à moins de tout écrire sur un petit papier, ce qui pour deux produits, atteint son amour propre.
Il revient avec les Fingers et du Yop à la pêche dont ma fille se régale depuis hier. Soupir. Le Danao et le Yop, même combat dans le cerveau ramollo du père en pleine couvade. Il se disait bien que ça ressemblait pas trop au Danao, mais il a pris quand même. Mouarf.

Du fond de mon lit, toujours, je me dis que ce serait bien d'acheter une sorte de prise avec interrupteur, pour la guirlande de la chambre de la Boulette. J'avise Chéwi de cet ambitieux projet, s'il a l'occase de passer au magasin de bricolage, qu'il regarde. J'ai très peu d'espoir. Je viens de m'adresser au gars qui peut limite s'éclairer à la bougie pendant 3 semaines pour cuire ses pâtes plutôt que d'aller voir ce qui merde dans le plafonnier de la cuisine, tellement il a la trouille que même s'il disjoncte la totalité de l'appart, le courant électrique reste dans les fils et ne vienne vite vite l'attaquer dès lors qu'il tentera de monter sur une chaise pour voir de quoi il retourne.
Cependant, cependant mesdames et messieurs, Chéwi dès le jour même revient du magasin avec un interrupteur bouton tiptop, et dès le lendemain, il l'installe sur le fil de la guirlande, le truc de ouf' je ne vous raconte même pas. Mon Chéwi, celui qui confond le Danao et le Yop, il est capable de monter un interrupteur sur une guirlande lumineuse. Dingue.

Ca n'en finit pas de m'étonner de regarder à quel point il est devenu goliot total pour certains trucs, et pour d'autres, complètement doué. Je me demande présentement si je ne devrais pas lui faire changer tout le système électrique de l'appart, archaïque et pourrave, tant que je n'ai pas encore accouché? Et envoyer ma fille avec lui faire les courses pour mes petits goûters, c'est bon, elle sait ce que c'est que le Yop maintenant. Et elle ne devrait pas confondre avec le Danao, elle.
Mouarf.

24 mars 2007

PitiGasson et le gwo bidon de maman

Hier le charmant facteur a apporté un colis avec un nouveau bouquin pour PitiGasson. J'ai juste du le lui lire environ 382 fois, juste. Soupir. Et comme ça parle d'enfants orphelins et de bébés abandonnés, on a évoqué le sujet, histoire de comprendre l'histoire. Mais non je ne lis pas du Victor Hugo à mon fils, oh tout de suite, c'est simplement l'excellent Les trois brigands de Tomi Ungerer.
Bref.

moi: "et, chaque jour, de nouveaux orphelins étaient abandonnés à la porte du château".
[...]
moi: Bah à ton avis, quand le bébé va naitre, tu crois que je vais le donner?
(oui je sais je pose des questions cons, en même temps, je voulais pas qu'il imagine que tout le monde abandonne son enfant à la naissance, enfin, bref, quoi)
PitiGasson: bah oui!
moi: ah bon?? Mais à qui?
PitiGasson: ben à moi!
moi: euh, mais pourquoi?
PitiGasson: pour que je joue avec!

Le tout avec une évidence dans le ton, mes amis, j'en suis encore comme deux ronds de flan.

C'est clair, mon fils prends mon utérus pour l'entrepôt de Toys R Us.

Ca va être folklo l'arrivée de la Boulette.

22 mars 2007

angel dit ça suffit main'nant

Je pourrais bloguer plein de trucs trop super intéressants, et vous seriez hyper contents (allez si si), et j'aurais plein de commentaires drôles et intelligents, et ce serait merveilleux. Au moins.

Sauf qu'aujourd'hui est une journée super cacateuse que j'aurais mieux fait de rester dans mon plumard tout chaud tout doux tout propre garanti sans pouxes (lavé à 90°, y'a peut-être de la grillade de pouxe, mais c'est tout), alors j'y retourne, hop.

Non mais aujourd'hui:

- ma gentille sage-femme m'a poignardée dans le dos: la politique de l'hosto c'est le déclenchement seulement au bout de D-Day+4: soit le 20 avril, elle a vu la Vierge la nénette je vous le dis, comment je vais faire le ménage à donf les boulons dès le 5 avril, ça va pas faire un (faux) pli. Quasiment encore un mois à marcher comme un bidibulle, à roter comme une truie, à répéter l'accouchement à chaqe défécation, à grincer à chaque fois que je me met debout, à chouiner en me retournant dans mon lit, à ne même plus voir ni mes pieds ni ma foune? Dans tes rêves!

- on m'a tiré trois pintes de sang, alors qu'hier déjà pareil, bientôt je serais exsangue et ce sera de leur faute, vampires sans morale, martyrisateurs de femmes enceintes épuisées! Arghhh je suis mourrute.

- la baleine de mon dernier soutif potable s'est suicidée sans aucun signe avant-coureur, même pas un petit mot d'explication rien, rupture totale, j'ai du me ballader avec un nichon plus bas que l'autre. M'enfin vu que j'ai le bidon en expension le plus gigantesque de tout l'univers interstellaire, facile, ça ne s'est pas vu, ahahahahahaha, la bonne blague, le bide qui soutient les nibs, c'est trop trop malin.

- vu que bon on devait prêter comme d'hab' une voiture à Xila pour qu'elle m'emmène à l'hosto, vu qu'on a décidé au dernier moment et sans préviendre que finallement non, vu que du coup je me suis retrouvée comme une grosse tanche sans aucune autre alternative que le taxi ou le bus, beh j'ai choisi le bus: 60 flouzes minimum de taxi pour entendre les idées politiques ou climatiques du chauffeur, contre 6,6o pézettes le bus, sans personne pour m'escagasser, c'était vite choize hein. Enfin le bus: soyons claire: 3 bus aller, 3 bus retour. 6 bus. Deux heures trente de transport. Bonheur. Non mais j'ai vu du pays.
(y'a un "on" qui mériterait que j'aille faire caca sur son perron, tiens)

- mes zenfants, sans aucun complexe, m'ont tiré mon faux Danao Leader Price, récompense de mon périple en bus, pour se le siffler tranquille dans la cuisine à grands coups de "santé!", et encore, heureusement que 1. ils ont pas calculé les faux Pépito et 2. ni les faux Fingers, mais normal je les avais déjà bectave: je peux, tout le monde dans cet hôpital de dingues me félicite de n'avoir pris que 10 kilos, alors soyons fous, bouffons gras et sucrés, faisons péter le cholestérol, ouéééééééééééé!

- la chambre de la Boulette, que je croyais quasi finie (me reste deux trucs à accrocher, pour dire) a révélé un affreux secret: en lessivant cet arpès-midi le parquet plein de taches de peinture depuis qu'on a emménagé au mois d'août, mon Chéwi a mis à jour deux énormes tâches grisâtres en plein milieu, top moumoute.

Comme cette journée a décidé de m'escagasser, je ne lutterais pas plus longtemps: je vais me pieuter vite fait bien fait. Cette décision est irrévocable, elle prend effet dès maintenant tout de suite immédiatement pas plus tard que là. Bye, soyez sages, éteignez la lumière en sortant.

20 mars 2007

angel crie STOP!

Je suis désolée mais lundi déjà j'étais genre morte. Morte de fatigue, mais aussi morte de trouille. Parce que je contractais pas mal, et que j'ai moyen envie d'accoucher sans:
- avoir vu l'anesthésiste (péridurale mon amie!)
- avoir fait les valises
- avoir fini la chambre

(oui dans cet ordre)

Déjà qu'accoucher c'est moyen une partie de plaisir, et je ne parle pas du séjour à l'hosto, que je souhaite le plus court possible, merci, il vaut mieux avoir mis toutes les chances de son côté.

Donc lundi matin j'étais couchée dans mon lit, je contractais et je flippais. Objectif du jour: rester allongée au maximum, profitant des bonnes âmes qui se chargeaient des trajets école-maison, comptant sur un déjeuner spécial "mauvaise mère" le midi, et sur un lot bien choisi de dvds et de jeux à la noix pour faire tenir les mouflets jusqu'au retour du paternel de son conseil de classe (retour prévu vers 20:00).

Sauf que.

Sauf que bien sûr je l'ai vu.

Ah bah oui vous savez quoi.

Ben tiens.

Je n'ai pas voulu le croire.

Mais si.

Un pouxe.
Jeune, encore un peu transparent, mais indéniablement une saloperie de mierda de pouxe de bourdel à chiotte!

Je vais passer sur le reste, vite, vous pouvez juste imaginer la fille de la photo là, avec son gros bidon, ses contractions, ses deux mouflets l'après midi dont un qui refuse de dormir pour la première fois de sa vie exprès pour faire caguer le monde et sa mère en particulier, qui s'enquille tout toute seule comme une grande, qui fait plein de lessives, de séchages, qui promet monts et merveilles à sa gamine pour qu'elle la seconde efficacement en regroupant les peluches et coussins dans des sacs poubelles et en virant la literie suspecte (total des négociations: 2 euros, un nouveau tome de Tom-Tom et Nana et une levée provisoire de l'embargo sur les dvds), et qui se lance ensuite dans le énième traitement pour éradiquer l'envahisseur.
(nous préciserons ici qu'il est hors de question d'évoquer une quelconque infection croisée entre la Lutine et Nounette, Alix et moi étant d'une vigilance absolue et des paranoïaques surdiplômées de l'école de Trouille Anti Pouxes, et les deux écoles, élémentaires et maternelles, sont envahies de saloperies, donc elles se chargent farpaitement de diffuser aux familles les petites bêtes, merci merci merci)

Hop, une bombe de lotion anti poux dans la chevelure luxuriante, ondulée, et longue que c'est pas permis de la la Lutine. Pause, rinçage, shampoing kill ze pouxes, rinçage, shampoing kill ze pouxes 2, pause, rinçage, masque à l'huile d'olive+lavande, peigne fin, ne pas gerber en virant une petite quinzaine de bêtes clamsées alors que la gamine compte toute fière son tableau de chasse, rinçage, shampoing normal, rinçage, après shampoing à haute dose, rinçage.

Coiffage mèche à mèche et tressage de la tignasse: je retrouve un pouxe.
Un seul.

Je le pose sur ma petite table, sur une feuille blanche. Espérant ne pas aligner d'autres petits cadavres à ses côtés, parce que beurkasse ça va bien là.

Je tresse la mignonne qui se bidonne devant Tom et Jerry avec son bro, et d'un coup j'avise que la bestiole a bougé. Elle s'est indéniablement déplacée sur la feuille, là!
Mais ce n'est pas possible? Elle est si légère qu'on a du souffler dessus, allez c'est ça, allez, euh, pas de blague.

Je pose le peigne fin, les petits élastiques, j'apporche la feuille de mes yeux, je scrute.

PITIN DE BOURDEL DI MIERDA.

Les pattes de la saloperie bougent!
Il est vivant.
It's alive.

La lotion, le double shampoing, l'huile d'olive mit lavande, et il est encore en vie? C'est quoi? le Terminator des Pouxes? L'Antechrist des Bêtes qui Piquent? Il est là exprès pour m'escagasser celui-là non mais ce n'est pas vrai, dites moi que ce n'est pas vrai? Non ce n'est pas vrai. Non.

Je l'ai tué à coup de cul de stylo-bic, j'ai continué comme si de rien n'était, ma santé mentale est en jeu vous comprenez, allez vous comprenez?

Parce que sinon je vais devoir raser mes enfants, mon Chéwi et moi-même, et aller vivre à l'hôtel pendant 10 jours, le temps que les envahisseurs crèvent de faim.

Et je n'ai pas fini la chambre du bébé ni fait les valises.
Donc c'est non.

Pas de discussion, on n'a rien vu, vous non plus d'ailleurs, motus et bouche cousue.
Hop.
Voilà.
La la la la la.




ps: Je remercie Alix de m'avoir apporté un éclair au chocolat et un paquet de biscuits pour me remonter le moral, ça c'est une toupine.

18 mars 2007

angel est moulue rémoulue foutue

Alors aujourd'hui ça va être une note essentiellement visuelle. Non mais parce que je suis au bord de la mouraison instantanée. Eh oui c'est comme ça, la vie est dure, des fois on est vachement enceinte du Pachyderme de l'Année et en plus faut lui chouchouter une piaule jolie et sympatoche.

Donc là je m'attaque aux finitions de la Chambre à Bourdel, enfin je dis finitions pour me rassurer hein. En gros il faut terminer le rangement du bronx résiduel (j'ai fait le plus gros il y a déjà quelques mois), organiser les meubles, ranger les pitites fringues, et le reste, accrocher les cadres, les stores, la guirlande lumineuse, arranger le berceau, réquisitionner le Sioupeur Fazeur pour installer les appliques, et le Chéwi pour décaper le radiateur à peinture qui s'écaille, et repeindre porte et radiateur. Je pense que tout sera fini mercredi soir. J'ai commencé hier. Je suis déjà kaput. Je m'y recolle tout de suite (enfin après un petit goûter quand même, life is hard)

La Chambre à Bourdel, en novembre, ça donnait ça:







Ca fait peur un peu! Depuis Chéwi a viré le papier peint seventie's déjà moche à l'époque, repeint les plinthes et le placard, retapissé. Les meubles sont tous là, j'ai réuni la quasi totalité de tout ce dont on aura besoin, yapuka.

Sauf que moi, aujourd'hui, je ressemble à ça:



Et que donc je pense que ce soir je serais officiellement décédée, par implosion, au moins. C'est que ce n'est pas facile de porter le futur record du monde du plus gros Alien de l'univers. En plus cet arsouille me fait ressortir le nombril à coups de poing, il promet.

16 mars 2007

angel a un gros bidon

Alors la niouz de folie d'hier, c'est que je suis allée passer une échographie de contrôle à la maternité, pour vérifier que Zizi2 n'était pas un bébé éléphant et qu'il n'avait pas eu la délicieuse idée de se poser en transverse dans mon utérus, histoire que je puisse le pondre au lieu qu'on me l'extraie par la force et les grands moyens (nooooooon pas le scalpel, noooooooon).

J'ai bien rigolé tout le long, mais à la fin, moins quand même.

J'explique.

Ils s'y sont mis à trois tout de même pour me faire une exploration de bidon. Déjà y'avait le petit interne trop choup' avec des jolis yeux, qui a mesuré ma hauteur utérine et qui a fait sursauter la sage-femme: en effet, 39 cms, pour 8 mois de grossesse -2 jours, c'est totalement effarant. Mais c'est d'la bleusaille ça m'dame, il a mesuré ma graisse de bidou avec, en fait ça fait juste 34 cms, on respire, allez ouf! Et vas-y que déjà ils sont deux à me tripoter et me mesurer, pour un peu je fais meuuuuuuuuuuuh mais je suis polie, alors non.

Après un check up pipi -ouais je suis clean, ils n'ont pas détecté les substances hautement prohibées comme la chantilly et la mousse au chocolat, eheh, on m'emmène en salle d'écho. Et alors là, c'est le show les gens: parce qu'en attendant que les sages femmes soient prêtes, et oui elles sont deux, je vois que des binômes, mais j'aime bien hein, le petit interne s'offre un tour gratis de mon bidon, il visite l'intégralité de mon utérus et agace un max Zizi2 qui finit par lui filer des coups de pied dans la sonde, parce qu'on peut pas dormir tranquille bordel ou quoi? Et vas-y que j'inspecte tout des oreilles aux coucougnettes, du fémur au diamètre bipariétal (gn??) que je te fais un doppler du cordon pour les joulies couleurs sur l'écran, que je te reluque le placenta, et j'en passe et des meilleures. Mais bon je ne sais pas résiter à un joli garçon, surtout aux yeux bleus, donc hum, bref.
Ahem.

C'est là que les deux gonzesses interviennent. Je flippais bien de leurs mesures parce que:
- 1 je ne veux pas concourir pour le plus gros bébé du monde
- 2 j'ai parié avec mon gynéco que Zizi2 ferait moins de 4 kilos
- 3 j'ai parié avec Ophise aussi, et je veux gagner ma carte enfant +, oh!
- 4 j'ai acheté le plus mimi pyjama de naissance du monde, en taille 54, donc chié, j'aimerais bien qu'il le mette plus de trois minutes.

Mais je ne montrais rien de ma nervosité, j'étais bien trop occupée à contrôler qu'aucun débordement auditif et olfactif ne s'échappe de mon bidon malmené (manger un cassoulet avant d'aller passer une échographie, faut être complètement demeurée, ou alors s'apeller Angel, j'ai choisi les deux, on ne se refait pas).

Et donc le verdict est sans appel:

A huit mois moins deux jours, Zizi2 pèse:
(avec une marge d'erreur de 10%)(plus une marge d'erreur due au fait qu'il était déchaîné et que c'était dur de le coincer, c'est pour ça qu'elles s'y sont mises à deux les salopiotes)

3,106 kg pour SF1 (l'élève)
3,255 kg pour SF2 (la prof)

Bah flûte alors. Ceci dit rien d'anormal, il est juste grand, il ne sort pas des normes non plus, et il n'y aura donc pas de journalistes quand j'accoucherai, pfffffff, ce n'est pas encore pour tout de suite mon quart de d'heure de glwaaare.

C'est en rentrant chez moi que j'ai réalisé, avec un certain sentiment d'angoisse, que Zizi2, à moins de 100 grammes près, pèse à quasi 8 mois de grossesse, le poids de sa soeur née à terme un mois plus tard.

Et selon l'opinion du corps médical, j'ai toutes les chances d'accoucher à terme.

Je ne veux pas y aller.
AU SECOURS!


Bonus track Chtrucs en Vrac:

le truc qui fout les boules du jour: Alix m'a fait lire une note de chez Indilou, qui m'a fichue la larme à l'oeil et bien mise en colère: allez la lire, elle le mérite, et ça lui fera sûrement plaisir. Je n'ai limite pas de mots, je suis juste indignée de voir que les siècles passent et qu'énormément de gens sont toujours bien centrés sur leurs idées étroites et ne cherchent en rien à s'ouvrir aux différences. Et qu'ils génèrent des souffrances inacceptables.

le teaser du jour: ce week-end, une photo du plus gros bidon DU MONDE!

la marrade du jour: un mail qui m'invite à une soirée dans un restaurant clinquant des Champs Elysées, pour une projection d'un dvd de série téloche française plutôt très bof, avec cet argument massue: J’ai visité et apprécié votre site qui fait référence, et me suis dit que vous étiez susceptible, ainsi que vos lecteurs, d’être intéressé par cet évènement exclusif. Mouarf. Mais oui bien sûr, je vais traîner mon gros ventre pour faire de la pub pour un dvd sur mon blog jusque Paname. Je crois, gentille dame du marketing, que tu as du me lire entre les lignes hein. Enfin, je suis trop trop contente de savoir que je fais référence. Sans dec'.
Uhuhuhuhuu.

15 mars 2007

angel élimine le pwal

Nous ferons bien sûr abstraction du fait que mon neurone unique a officiellement rendu l'âme à l'approche du 9ème mois de grossesse, et que par voie de conséquence inéluctable, je suis déclarée cliniquement plate de l'encéphalogramme. Par contre, plate du cul, là c'est mort pour un bout de temps les zaminches, va falloir s'y faire, enfin moi surtout, vous, bon, vous vous en foutez, tant que je n'ai pas la désobligeance de m'assoir sur vous.

Le pré-requis pour lire correctement ce qui va suivre sans se demander toutes les trois lignes si je suis totale goliotte ET globalement handicapée est donc le suivant: "je suis enceinte de 8 mois du bébé baleine le plus gros du monde et mon cerveau mouline à vide depuis quelques jours". Voilà.

Tout a commencé il y a trois jours. La Lutine m'a prise en photo, et au vu du résultat, je me suis prise une sacrée torgnolle en pleine face. Mais mais mais qui est donc cette Chose Immonde, au bide énorme, au cul d'hippopotame obèse, aux cheveux ternes, habillée comme un sac, avec des bras de bouchère mayennaise hein? Moi? Oh arrêtez de déconner, je sais bien que je suis l'incarnation de la glamouritude et de la grelucherie, ce ne peux pas être moi? Zéro bijou, zéro make-up, zéro coiffage, no-look total, air bovin, je suis dé so lée, mais ce n'est pas moi. Not possibeule. Hypothèse rejetée. Et on oubliera également que le ventre de la Chose sur la photo est aussi gros à 4 semaines et demi du terme que le mien à deux jours d'accoucher de mon fils (52 cms, 3,6 kilos) sous peine d'aller s'auto-césariser direct au ciseaux à ongles dans la salle de bains.

Bref, une reprise en main s'imposait. Non parce que la nidification c'est trop chouette, tout réunir pour organiser la chambre du bébé, les meubles, la déco, les petites fringues (dans lesquelles il ne rentrera visiblement qu'un orteil, mon bébé sera le seul à aller cunu de la maternité le pauvre, ou alors faudra que je lui prête un tee-shirt à moi???) tout le petit bordel indispensable à l'accueil joyeux et organisé d'un petit nouveau dans nos vies, mais il n' y a pas que le rangement et la déco dans la vie! Il y a aussi la GLAMOURITUDE bordel!
(les lecteurs fidèles noteront à cette débauche de points d'exclamation, mon degré élevé d'hystérie, qui n'est malheureusement pas prêt d'aller en s'amenuisant au train où vont les choses)


Avant-hier, au programme, donc:
- dépoilage de la Grosse
- maquillage (au moins du rouge à lèvres et du mascara, un peu de tenue oh)
- parfumage
- habillage un peu près assorti
- coiffage et virage de l'immonde chouchou (au moins en extérieur)
- collier minimum exigé
- manucure pieds/mains.

Non mais sinon quand Zizi2 va me voir, il va prendre peur et re-ramper à l'intérieur, au secours... Au fait il a enfin un prénom, si ce n'est pas extraordinaire, il échappe au joli blaze de BébéX, c'est top, non?

Alors revenons à l'étape dépoilage qui est sans conteste la plus difficile à maîtriser pour une femme enceinte au bide proéminent, croyez-moi sur parole. Le reste c'est trop facile.
Le truc, c'est que j'ai à disposition pour vaincre le Grand Messant Pwal trois outils de plus ou moins haute précision, et de plus ou moins grande efficacité dans la durée, et je suis désolée, on ne comptera pas ma vieille pince à épiler toute pourrite dans le lot, je ne suis pas encore dingue au point de m'épiler pwal par pwal...
Donc, dans ma salle de bain- je vous ai dis que Chéwi a enfin nettoyé la salle de bain, vu que je l'ai menacé de le faire moi-même et d'accoucher dans la foulée, de préférence sur ses Pakédkopis? bref, trop chouette, dans ma salle de bains propre limite reluisante, j'ai:
- un rasoir Gilette Venus bleu très joli, très rapide, plutôt aisé à manipuler, mais à repousse ultra rapide (au bout de 5 minutes je pique, sans blague)
- un épilateur qui bute tout, pas trop douloureux, mais hyper hyper long, et puis ca repousse en une dizaine de jours, c'est relou.
- de la cire chaude avec bandelettes, plutôt rapide, et très efficace dans le temps (au moins un mois) et pas top doudouille non plus.

Je me suis dit, oué la cire c'est trop bien, l'autre fois ma reum m'avait prêté un roll-on, j'avais fait le devant des jambes sans problèmes, et Alix m'avait fait l'arrière des mollets. Résultat nickel. Donc l'autre jour Alix a acheté deux roll-on de cire à faire chauffer, un pour elle et un pour moi. Et c'est là que ça a commencé à merdouiller sévère.

J'explique.
J'ai voulu faire toute seule, hier. Marre d'être considérée comme une handicapée de la laïfe, en plus depuis quelques jours je me sens mieux, je respire mieux et je n'ai presque plus de malaises (par contre je suis toujours aussi neuneu et aussi crevée). Donc toute seule l'épilation à la cire chaude, tranquille, et les cuisses au rasoir, comme d'hab'.
Pendant que le roll-on chauffe au bain marie, je vais me doucher et je fais les aisselles et les cuisses, je maîtrise trop bien. Je sors de ma douche, je m'essuie, je vais chercher le roll-on dans la casserole et je manque de m'ébouillanter les doigts. Sauf que ce roll-on ne se réchauffe qu'au micro-onde. Je m'étais dit que rien à fout', chauffer pour chauffer, une casserole ca fait aussi bien l'affaire. Sauf que non.

La cire sent super bon, un parfum d'agrumes hyper agréable, ça me donnerait faim limite, elle est bien chaude mais pas brûlante, elle s'étale facilement sur la gambette, je pose la bande, je lisse bien du plat de la main, tiens c'est bizarre ma main devient toute collante et la bande est trempée? bah, je tire, aucnue douleur dites donc, est-ce bien normal? bah oui, tous mes pwals sont encore bien fierots sur ma jambe aussi.
Ok.
La cire est trop liquide, elle ne colle pas, je ne vois que ça. Peut-être elle est trop chaude? On va la laisser refroidir. Je m'occupe, je laisse passer une demi-heure, je retente, que dalle. La foutue cire ne colle pas et il est temps d'aller chercher mes enfants à l'école. Je sortirais donc sapée un peu près correctement (on oubliera le pénible épisode du top qui chez moi me fait un décolleté impec et qui, dès que je pose le bout de la tongue dehors, me dépoile jusqu'au nombril exhibant mon soutif au tout-venant, mouarf), parfumée, maquillée, coiffée, bijoutée, mais poilue de la gambette éléphantesque (ouais j'ai des oedèmes aussi, c'est jouli tout plein, je kiffe bien la chose, pas du tout envie de m'amputer hein).

L'après-midi, après avoir consulté Alix qui n'a eu aucun souci avec sa cire et son roll-on, mais elle a un micro onde, ELLE, je sais donc que mon roll-on peut fonctionner, mais chez moi, c'est visiblement niet. Quand même ça m'escagasse cette affaire. Je couche mon fiston, je refais chauffer un temps minuscule la saloperie au bain-marie, je me désape du fût, et j'applique la cire. La bande. Qui me recolle directe à la pogne. Je tire. Oué j'ai enlevé un pwal. Trop chouette, à ce rythme là, je vais aller accoucher avec des mollets hyper design du pwal je ne vous dis que ça.
C'est bon, j'abandonne le roll-on, je le filerai à ma môman, et puis il me reste un pot de cire à faire chauffer au bain-marie, c'est un chouïa plus relou, ça s'étale avec une sorte de bâton d'eskimau, voyez, le tit batonnet en bois là, je ne connais pas le nom technique, pis flûte j'ai plus de neurones...
Hop c'est parti pour le pot, je l'ouvre, je le pose dans la casserole et je le fais chauffer. Zen. Pendant qu'il chauffe, j'appelle ma môman pour lui dire que j'ai un roll-on tout neuf mais très méchant à lui refiler, quelle petite veinarde hein. Et voilà qu'on se raconte des beuhtises et que blablablabla, j'oublie complètement mon pot de cire au thé vert entrain de limite bouillir dans la casserole. Ouais au thé vert, ça donne soif après avoir donné faim la cire, non mais je vous jure, ils font tout pour qu'on la bouffe ou bien? Bref.

Je raccroche, je me rue dans la cuisine - là vous êtes invités à visualiser une espèce de grosse gonzesse qui menace de basculer à chaque seconde vers l'avant, en slip et tee shirt informe, qui tente d'avancer plus vite qu'un mollusque barbouillé à la super glu 3, en gromellant des injures contre ses articulations qui couinent et se révoltent, j'arrête le feu, je retire au péril de ma vie le pot de cire de son jaccuzi en ébullition. C'est là qu'il faut mélanger la cire avec le petit bâton, qui ô miracle de la technologie moderne, comporte en l'une de ses extrémité un petit carré d'encre bleu qui réagit à la chaleur: si celle-ci est excessive et que la cire risque non seulement de me dépoiler mais également de me désquamer la guibolle, le carré s'efface pour laisser apparaitre, comme me l'explique la notice, un NO clair et net.
Ok.
Quelqu'un peut m'expliquer le hiéroglyphe que j'ai sous les yeux? Ni carré bleu, ni écriture lisible, une sorte de tatouage primitif au dessin abstrait, voilà tout ce que je vois. Bon je fais quoi? ben oui, vous auriez fait pareil, je tente sur un petit bout de peau, genre le poignet, pour voir si ça va faire une cloque ou si je peux survivre. Je suis une warrior de la life moi mesdames et messieurs, ça ne rigole pas.

La cire est impec, et tiens en fait la, réaction thermique a du enfin s'achever, je peux lire NO! sur le petit bâton, alors que bon, en fait c'est OUI! vu que dès la cire appliquée sur ma jambe, la bande bien lissée, je tire et hophop plus de poils et même pas mal.

Et là commence, mes amis, le total carnage.

Parce qu'étaler de la cire bien collante justement, avec un bâton d'eskimau, sur les jambes hypertrophiées d'une femme enceinte à fort périmètre abdominal, croyez-moi sur parole, ce n'est pas de la tarte. Au bout de 10 minutes j'avais fait deux bandes, et il y avait de la cire plein le pot, plein le marche pied Hic et Ah dont je me suis aidée pour me contorsionner, mais aussi sur le parquet, le dessus du canapé et le clavier de mon portable: ah les joies de taper avec juste l'ongle des deux petits doigts pour communiquer avec Xila à coups de "c'est le bronx, oskour, je vais mourir".

Mais au final, au bout de genre deux heures, j'avais épilé les deux mollets, et j'avais fini de nettoyer le dawa dans tout l'appart. Juste à ce moment là mon fils s'est réveillé de la sieste, et il a trouvé que ça collait bizarre par terre quand même.

Je suis trop fière de moi: j'ai passé une journée entière pour épiler deux mollets, après on s'étonne que rien n'avance dans cette barraque, mais en même temps, bon, tout se met en travers de ma route hein. Surtout mon bide, surtout.

Mais je suis revenue au top de la glamouritude, même avec un pantalon à taille élastiquée et un tee-shirt de base, si si. Si allez. Soyez pas vaches!


Bonus Track Plein de Chtrucs:

le truc énervant du jour: le slogan d'Aubert, magasin de puériculture: "réussir son bébé". Je le crois même pas qu'un con a pu pondre une horreur consumériste et culpabilisante pareille. On vit vraiment dans une monde mené par un souci de perfection totalement sclérosant et entièrement dévoué au Dieu Pognon. Féchié. Je ne leur achèterai même pas une tototte à ces débiles.
(merci à Anne qui a attiré mon attention sur cette horreur, via mes commentaires)

le truc trop chouette du jour: la super gentille chtite vendeuse du toy's R us qui m'a apporté depuis l'accueil une super chaise trop confortable, pour que je puisse m'assoir au rayon Playmobil, vu que j'avais demandé si je pouvais m'assoir sur un chariot de chargement, mais bof en fait c'était plutôt dangereux (très bas et peu stable, à cause des roulettes). Je ne m'y attendais pas du tout, j'étais toute émouvue. Love sur elle, ça rassure de voir qu'il y a des gens chouettes.

la niouz hallucinante du jour: bah je vous raconterais demain, tiens, na!

le petit lien jouli et sympathique qui va bien: Tous chez Pénélope, c'est frais, mignon, et rigolo, et elle a un sympathique coup de crayon, ça fait friser la mirette.