Le quatre quart au fin fond de l'Aveyron, donc.
Je ne me souviens pas du goût du quatre-quart.
Il devait être bon.
Pis j'aime bien le quatre-quart, alors je devais être contente d'en avoir au goûter.
Je ne me souviens pas non plus de que j'ai mangé le soir.
Je me souviens que je devais aller à la pêche le lendemain matin avec mon père et mon frère.
J'avais très envie d'y aller, parce que j'adorais la pêche. Pas trop trop tuer les poissons, mais l'idée de les attraper, j'aimais bien. Et les manger aussi, tu parles. Pis tfassons mon père il ne gardait que ce qu'on allait passer à la poêle, le reste retournait aussi sec à la baille, sauf une fois une grosse tanche violette et dorée, qu'on a gardé un peu dans une grande bassine, par fierté, et qu'on a remis à la rivière un peu plus tard.
Je me souviens donc que je me suis couchée, et que je voulais dormir vite, pour aller à la pêche le lendemain avec mon père.
Je me souviens surtout que je n'arrivais pas à dormir.
Je me sentais mal.
Vraiment, vraiment pas bien.
Et c'est là que je l'ai entendue, ma mère, qui est allée dehors au fond du champ, pour vomir tripes et boyaux. Puis mon père, puis mon frère.
Je me souviens combien je restais immobile, simulant le sommeil pour m'en convaincre, afin de ne pas subir leur triste sort.
Pour moi vomir c'est l'acte physique complètement atroce, c'est comme une petite mort, je cherche à tout prix à éviter d'en arriver là, croyez-moi, je n'aurais jamais pu être de ces filles qui se font vomir pour rester mince, parce que la seule idée de vomir me révulse.
Je me souviens de cet état légèrement comateux, entre la veille et le sommeil, nauséeux à l'extrême, je flottais comme un grumeau dans une pâte visqueuse, j'étais vraiment mal.
Je me souviens que j'ai lutté jusqu'au bout.
Ce n'est que vers 6 heures du matin, peu avant l'heure du lever, que la mort dans l'âme je suis sortie, et que je suis allée rendre leur liberté aux parts de quatre-quart qui dansaient le pogo de l'horreur pure dans mon estomac.
Pendant très longtemps, je n'ai plus mangé de quatre-quart.
Personne ne s'en étonnera, je crois...
Hum, ce ne serait pas l'heure d'aller goûter là par hasard? non?
Je ne me souviens pas du goût du quatre-quart.
Il devait être bon.
Pis j'aime bien le quatre-quart, alors je devais être contente d'en avoir au goûter.
Je ne me souviens pas non plus de que j'ai mangé le soir.
Je me souviens que je devais aller à la pêche le lendemain matin avec mon père et mon frère.
J'avais très envie d'y aller, parce que j'adorais la pêche. Pas trop trop tuer les poissons, mais l'idée de les attraper, j'aimais bien. Et les manger aussi, tu parles. Pis tfassons mon père il ne gardait que ce qu'on allait passer à la poêle, le reste retournait aussi sec à la baille, sauf une fois une grosse tanche violette et dorée, qu'on a gardé un peu dans une grande bassine, par fierté, et qu'on a remis à la rivière un peu plus tard.
Je me souviens donc que je me suis couchée, et que je voulais dormir vite, pour aller à la pêche le lendemain avec mon père.
Je me souviens surtout que je n'arrivais pas à dormir.
Je me sentais mal.
Vraiment, vraiment pas bien.
Et c'est là que je l'ai entendue, ma mère, qui est allée dehors au fond du champ, pour vomir tripes et boyaux. Puis mon père, puis mon frère.
Je me souviens combien je restais immobile, simulant le sommeil pour m'en convaincre, afin de ne pas subir leur triste sort.
Pour moi vomir c'est l'acte physique complètement atroce, c'est comme une petite mort, je cherche à tout prix à éviter d'en arriver là, croyez-moi, je n'aurais jamais pu être de ces filles qui se font vomir pour rester mince, parce que la seule idée de vomir me révulse.
Je me souviens de cet état légèrement comateux, entre la veille et le sommeil, nauséeux à l'extrême, je flottais comme un grumeau dans une pâte visqueuse, j'étais vraiment mal.
Je me souviens que j'ai lutté jusqu'au bout.
Ce n'est que vers 6 heures du matin, peu avant l'heure du lever, que la mort dans l'âme je suis sortie, et que je suis allée rendre leur liberté aux parts de quatre-quart qui dansaient le pogo de l'horreur pure dans mon estomac.
Pendant très longtemps, je n'ai plus mangé de quatre-quart.
Personne ne s'en étonnera, je crois...
Hum, ce ne serait pas l'heure d'aller goûter là par hasard? non?