Certains étés, j'allais chez ma tante V., que j'adorais. Elle avait l'âge d'être ma grand-mère, et ça tombait bien, je n'en avais pas vraiment de grand-mère. Enfin il m'en restait une, mais je n'en ai quasiment pas de souvenirs... Ma tante V., par contre, elle se comportait vraiment comme une grand-mère: elle était toujours contente de m'avoir avec elle, elle me gâtait, elle me passait quasiment tout, elle m'apprenait plein de trucs et elle me faisait faire plein d'activités sympas.
Notamment un été, elle avait eu l'idée de m'inscrire à un petit stage de poney. La classe tu te dis. La classe je me dis moi aussi, presque 30 ans plus tard. Parce que quasi 30 ans plus tard, deux de mes enfants montent une fois par semaine avec énormément de plaisir, mon fils entame sa deuxième année en septembre, et ma fille sa troisième. Ils sont ravis et je suis ravie de les voir si épanouis.
Vers 6 ans, j'étais plutôt open envers le canasson de base, tu vois, je trouvais ça mignon, et puis j'ai toujours, du plus loin que je me souvienne, adoré les animaux. Dans une autre vie j'aurais vraiment kiffé être soigneuse dans un parc animalier. Ouais nettoyer les crottes du panda roux, je suis sûre que ça aurait été super chouette. Bref. A 6 ans donc, j'étais tout à fait ravie de monter sur un poney. J'étais jeune, j'étais ignorante, je ne savais pas.
Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de ces jours-là, j'en ai deux, en fait. Un, diffus, de bonheur absolu d'être portée et de diriger et de réussir mon slalom. L'autre, précis, entier, que je ne pourrais jamais oublier. Je m'en souviens comme si ça venait de se passer à l'instant. La mémoire est chose bizarre, certes, mais en même temps, à ce niveau-là, cela aurait été difficile d'oublier. Alors que quelque part, j'aurais bien aimé!
Je me souviens d'une façon limpide de mon canasson, un petit bai un peu peinard. Je me souviens que j'avais lâché les rennes et que je me tenais à sa crinière. Je me souviens que je montais à cru. Je me souviens qu'il a baissé la tête. Je me souviens du cri d'avertissement de la monitrice. Je me souviens avoir dévalé son encolure comme un toboggan. Je me souviens avoir atterri PILE dans le tas de crottin. Je me souviens parfaitement des rires. Saloperie de poney pourri va!
Je n'ai plus jamais voulu remonter ensuite, je ne l'ai refait qu'une fois, à 12 ans, à cheval. C'était chouette. Peut-être que je remonterai un jour, parce qu'à voir faire mes enfants, ça me donne sacrément envie! Mais le crottin, comment dire, non. Non vraiment, non. Sans façons.
biiiiiiiiiiiiiiiiiiih
Notamment un été, elle avait eu l'idée de m'inscrire à un petit stage de poney. La classe tu te dis. La classe je me dis moi aussi, presque 30 ans plus tard. Parce que quasi 30 ans plus tard, deux de mes enfants montent une fois par semaine avec énormément de plaisir, mon fils entame sa deuxième année en septembre, et ma fille sa troisième. Ils sont ravis et je suis ravie de les voir si épanouis.
Vers 6 ans, j'étais plutôt open envers le canasson de base, tu vois, je trouvais ça mignon, et puis j'ai toujours, du plus loin que je me souvienne, adoré les animaux. Dans une autre vie j'aurais vraiment kiffé être soigneuse dans un parc animalier. Ouais nettoyer les crottes du panda roux, je suis sûre que ça aurait été super chouette. Bref. A 6 ans donc, j'étais tout à fait ravie de monter sur un poney. J'étais jeune, j'étais ignorante, je ne savais pas.
Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de ces jours-là, j'en ai deux, en fait. Un, diffus, de bonheur absolu d'être portée et de diriger et de réussir mon slalom. L'autre, précis, entier, que je ne pourrais jamais oublier. Je m'en souviens comme si ça venait de se passer à l'instant. La mémoire est chose bizarre, certes, mais en même temps, à ce niveau-là, cela aurait été difficile d'oublier. Alors que quelque part, j'aurais bien aimé!
Je me souviens d'une façon limpide de mon canasson, un petit bai un peu peinard. Je me souviens que j'avais lâché les rennes et que je me tenais à sa crinière. Je me souviens que je montais à cru. Je me souviens qu'il a baissé la tête. Je me souviens du cri d'avertissement de la monitrice. Je me souviens avoir dévalé son encolure comme un toboggan. Je me souviens avoir atterri PILE dans le tas de crottin. Je me souviens parfaitement des rires. Saloperie de poney pourri va!
Je n'ai plus jamais voulu remonter ensuite, je ne l'ai refait qu'une fois, à 12 ans, à cheval. C'était chouette. Peut-être que je remonterai un jour, parce qu'à voir faire mes enfants, ça me donne sacrément envie! Mais le crottin, comment dire, non. Non vraiment, non. Sans façons.
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