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18 novembre 2014

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Ce midi, je suis donc allée voir le dentiste comme prévu, juste à côté de l'école, pratique.
Et donc, j'arrive dans la salle d'attente, je m'assois, personne, j'entends tous ces bruits qu'on adore chez le dentiste, tu vois très bien de quoi je parle.
Je me balance le nez dans Candy Crush histoire de rester à mon 12/8 de croisière.
C'est que le dentiste et moi ce n'est pas l'amour fou. Une histoire de trauma, un peu, tu vois.
Et voilà que la secrétaire, toute pimpante, rigolote et dynamique, le genre de jeune femme qui quand elle sourit ça lui ferme les yeux, vient me chercher pour faire mon dossier. Je m'exécute, parce que bon elle n'a pas l'air méchante, tout va bien.
Mon dossier fini, elle m'annonce avec son grand sourire et ses yeux clos:
- Elle va bientôt vous recevoir.

Elle? ELLE?
C'est une femme?
Mais?
Qu'on instaure vite fait le terme doctoresse et qu'on l'applique sous peine de fortes amendes!
C'est inacceptable.

Non mais ne me taxe pas de sexisme, ami lecteur, amie lectrice.
Juste le trauma du dentiste en fait, c'est le trauma de LA dentiste.
Celle que je suis allée voir, seule, quand j'avais 15 ans, 6 séances, et qui me disait: je ne fais pas d'anesthésie, mais si tu as mal, tu lèves le bras et j'arrête.
5 séances le bras levé sans que cette garde n'arrête quoi que ce soit.
J'aurais du lui coller dans la tronche je vais te dire.
TU ME FAIS MAL GROGNASSE!
Et la 6ème séance je lui ai dit que je n'ouvrirai pas la bouche si je n'étais pas anesthésiée.
Non mais oh.
Elle l'a fait.
Des fois je sais faire peur, même quand j'avais 15 ans.

Mais là aujourd'hui, j'avoue que j'ai eu la pétoche, franchement, de voir la même bonne femme. Pas le même nom, on s'en fout.

Et donc tu imagines ma joie quand j'ai vu arriver une petite nénette de moins de 30 ans, toute mimi, toute riquiqui, et toute petite souris - pour une dentiste, parfait.
Elle m'a fait mal pendant mon détartrage, sans le faire exprès, j'ai fermé la bouche d'un coup sec et je l'ai regardé férocement en disant que là c'était non non non parce que BOBO.
Elle n'a pas insisté.
M'a dit que je me bossais très bien les dents et que j'avais très peu de tartre par rapport aux autres gens, qu'elle était épatée. J'ai failli lui faire un bisou.
Et ensuite quand je l'ai remercié de ne pas avoir continué sur l'endroit sensible, elle m'a fait remarquer que j'avais fait un bond à l'horizontale dans le fauteuil, et que vu mon regard elle n'aurait jamais osé continué.

PAR FAIT
Une dentiste toute jolie, toute jeune, toute mini  riquiqui façon petite souris, et QUI A PEUR DE MOI.
Ah ah. La perle.
Je lâche mon dentiste habituel, il est gentil, rapide, et sympa, mais il n'a pas peur de moi. Recalé, le mec.

Bon par contre le produit pour polir les dents qui a le goût de la crème hydratante Dove, c'est juste dégueulasse, je ne sais pas qui a pondu un parfum pareil, mais PERSONNE n'a envie de se faire polir des dents à la crème hydratante.
ERKKKKK.

steven seagal suspicion
comment ça pas d'anesthésie?

16 août 2009

angel et son poupon

J'avais 8 ans quand j'ai reçu à Noël un merveilleux poupon, un bébé Berchet de 50 cms, au corps souple, et aux yeux bleus. Ce n'était pas ce type de poupon dont les membres et la tête sont en plastique rigide, et le corps en tissu rempli de mousse ou de billes. Non. Celui-là était spécial, les membres et la tête étaient bien en plastique comme ceux des autres poupons, mais son corps était d'une matière souple et douce, de la couleur de la peau, et il pouvait aller au bain, c'était magique. J'adorais ce bébé.

C'était une fille, bien sûr, je l'habillais avec mon pyjama de quand j'étais bébé, rouge et avec des pois multicolores je crois bien, et quelques bricoles récupérées à droite à gauche - la fabuleuse robe brodées seventies offerte par ma tante à ma naissance, qui a disparu depuis je crois... Mon poupon était arrivé au pied du sapin accompagné d'un fabuleux combo transformable poussette/chaise haute/transat, et avec un petit plateau contenant la place de déposer une assiette, deux gobelets, une cuillère et une fourchette. J'ai joué des heures avec ce poupon et sa poussette, c'était mon vrai bébé, je l'adorais.

J'avoue que des fois j'attrapais mon chat chéri adoré, un tigré au caractère aimable, je l'habillais avec le pyjama, je le glissais ensuite derrière la tablette de la poussette, et je le promenais comme ça dans tout l'appart. Il ne mouftait pas, c'était un chat parfait, et tu peux bien imaginer que si ma fille choppe l'un des psychocats pour lui faire subir pareil traitement, on la retrouve fissa aux urgences chirurgie plastique pour une reconstruction totale de la face...
Il s'appelait Nounours, un nom prédestiné je crois pour se faire trimballer en babygros et poussette en plastoc.

Bref.

Cet après-midi, en allant chez mes parents pour fêter les 5 ans de ma nièce, j'ai pu fouiller dans le carton de jouets que mes parents avaient remonté la veille de la cave. Bah oui quand il fait canicule dans leur appart, ils descendent ranger la cave, cherche pas...

Et dans le carton, en plus de la poussette, de ma Bella chouchoute à la coiffure soigneusement étudiée par mes ciseaux enfantins, de mon bébé articulé avec son pantalon pattes d'eph' et son pull à pompons - qui a achtement intéressé LaPatate rapport au fait qu'il est doté un minuscule kiki en plastique, uuuuuuuuuuuuuhhhhhhh cré cré passionnant, dans le carton donc, mon poupon! Intact, parfait, comme au premier jour, quasiment.

Si le carton et son contenu vont rejoindre ma cave, le poupon a rejoint le lit de ma fille, qui l'idolâtre, parce que contrairement à ses autres bébés, il a la taille d'un VRAI bébé. La classe! Et pour que l'illusion soit parfaite, je lui ai commandé tout à l'heure, profitant des fins de série de la Redoute, deux tenues mit chapeau et deux pyjamas, pour une somme plus que modique.
Et oui ma fille joue encore à la poupée, et je trouve ça plutôt chouette, à son âge aussi j'y jouais encore, et je pense que c'était une bonne chose...
Bon, tout comme moi à son âge elle est mère célibataire -enfin presque, il parait qu'il existe un Georges, aventurier rouquin qui lui rend visite tous les deux mois, mais ça c'est quand elle enfile son costume de princesse samouraï du temple de feu (sic), et tout comme moi à son âge, elle est à fond dans son trip.

Par contre elle est bien choupette, mais quand elle retournera à l'école les vacances finies, je ne change pas les couches de son mouflet, ça va bien, hein, j'ai déjà donné (il y a 25 ans, uhuhuhuhuuh).

24 juillet 2009

angel se souvient cet été là (13 et fin)

A la fin de mon année de 6ème, je ne sais quelle mouche m'a piquée, mais j'ai demandé à aller en colo avec ma toupine Mumu, alors que bon, je ne l'avais jamais fait avant. Donc voilà, un mois sur une île bretonne, c'était très jouli et tout je ne dis pas, mais à part deux trois instants dont je me souviens avec plaisir - la boum de fin de séjour, l'heure d'équitation (oui une seule), et un moment rigolo avec un copain qui pelait du dos ( tu imagines? ben voilà, oui), le reste, brrrrrrrrrrrrrr. PLUS JAMAIS je me suis dit en rentrant!

Déjà dormir à plusieurs, non.
Ensuite petit-déjeuner à plusieurs, et un petit dej' pas terrib, non.
Tu rajoutes que j'ai un caractère très indépendant, une grande gueule, et une humeur qui peut être explosive, tu imagines alors très bien à quel point j'étais dans les ptits papiers des monos. Je crois bien me souvenir qu'ils me surnommaient "la chieuse". Ca ne me changeait pas trop de la maison remarque.

Non mais laisse béton, en plus, les plus grands pouvaient dormir dans des immenses tentes, moi j'étais confinée en chambre avec trois gamines. Ensuite la bouffe c'était bof. Les activités, pas terrible. Alors si, on a eu, sur le mois, 5 jours de camping sauvage à la plage, genre on est parti à 6 avec un mono, la bouffe était infecte pour le coup, genre boîte de conserve réchauffée sur le feu, on se lavait à l'eau de mer, on faisait la vaisselle à l'eau de mer, et j'ai claqué la quasi totalité de mes cent balles d'argent de poche en glaces à la baraque de la plage, pour ne pas mourir d'inanition avec mes cheveux gras et collants de sel. La loose. La plage était jolie oui, mais j'aurais préféré un vrai repas chaud, un bon lit, et une douche chaude! Chieuse, oué.

Pis atta, j'étais limite une paria parce que j'avais des lunettes. Si. Tu as bien lu. Par exemple les randos en bord de côte, fallait faire attention à moi, que je ne me fracasse pas en bas sur les tas de méduses bleues échouées par ziyons. Et le pire, ah la la la la, le PIRE mes zamis, ce fut le soir de la soirée cinoche. Il était prévu qu'un soir les petits allaient voir un dessin animé des Schtroumphs, et les grands, le soir suivant, Trois hommes et un couffin. Les petits y allaient en car. Les grands en vélo, jusqu'au village. Une ptite trotte quand même. Ils ont décidé qu'ils ne me mettaient pas sur un vélo à cause de mes lunettes. Donc que ma soirée cinoche serait le soir des petits, pour voir les Schtroumphs. WHOLOLOLO comment je me suis fâchée, ouh la misère que je lui ai mise au dirlo de la colo, que c'était injuste, que c'était n'importe quoi, que je pouvais très bien faire du vélo, merci je ne suis pas handicapée encore, qu'il était hors de question que je me fade un dessin animé à la place d'un film avec mes copines. Je crois même me souvenir qu'il a du appeler mes parents tellement j'étais en rage. Au final, il m'a emmenée à la séance des grands, dans sa bagnole, raaaaaaaa, et j'ai vachement aimé le film, oh. Les Schtroumphs, sérieux! N'imp.

Bref, je fus ravie de rentrer chez moi, et je n'ai plus JAMAIS redemandé à y retourner, on se demande pourquoi.... Asociale, tu dis? Oué.

23 juillet 2009

angel se souvient cet été là (12)

Quand j'étais au collège, je me souviens qu'à mon anniversaire, ou alors un peu après, c'est un peu flou, ma mère m'avait acheté un sweat de marque. Me demande plus la marque, c'était une marque année 80 que je ne crois pas qu'elle existe encore. Je me souviens super bien du sweat par contre. Attation les yeux, ça déchire tout, les années 80 dans ta face, les années où quand même le trip ultime c'était de porter une salopette en jean large avec des converses hein. Biiih. Donc le sweat en question, c'était une marinière, donc blanc rayé bleu marine, voilà, et dessus y'avait - je préviens, c'est dur, c'est limite pas supportable, sois fort, bon ben dessus y'avait Mickey, Donald, Dingo, je crois. Genre en appliqué, plutôt chouettes. Je l'a do rais ce sweat. C'était mon trésor. Je n'avais pas de vêtements de marque, c'était le seul, et en plus je le trouvais magnifique - oui, les années 80 j'ai dit, ne me jette pas des pierres, ça va oh.

Bref. Départ en vacances. Genre à l'aube, rapport que mon père il n'a jamais supporté ne serait-ce que la simple idée des bouchons, donc le truc c'était d'être tous dans la ouature à 7 heures du mat, quelle horreur, je me souviens encore de cette sensation de nausée qui m'envahissait, j'avais sommeil, j'étais patraque, je voulais mon lit. Bref.
Genre plus de 200 kilomètres après notre départ, voilà que ma mère, ou mon père, on s'en fout, pose la fameuse question à 1000 balles, celle qui était posée immanquablement à chaque départ en vacances, mais là, à plus de 200 bornes de la baraque, c'était pas mal, quand même:

- Dis, je l'ai bien fermé le gaz?

Raaaaaaaaaaaaaa. Naaaaaaaaaan. Misère.
Là moi je les entends qui discutent, pour savoir si ce fichu gaz a été bel et bien fermé, ou pas, et ce qui va arriver s'il n'est pas fermé = tout l'appart va péter, voilà ce qui va arriver, mes parents ce n'étaient pas des rigolos hein, ils voyaient le truc en grand, genre BOUM, apu l'immeuble.
Et moi, sur la banquette arrière, je me suis tapée une pure panique: mon sweaaaaat chériiiii, il va crâmer, mais c'est affreux, mais aaaahhhhhhh, faut retourner de suite le chercher, mais aaaaaaahahhhhhh, mon sweaaaaaaaat.
Totale angoisse, je m'en souviens comme si c'était hier.
Jusqu'au moment où je me suis souvenue que le sweat était dans ma valise.
Ouf, l'immeuble pouvait bien exploser et faire sauter tout le quartier avec, le principal était sauvé, mon sweat chéri adoré.

Ce qu'on peut être con à cet âge là, quand même, non?

22 juillet 2009

angel se souvient cet été là (11)

Petites vacances, les vacances de printemps je pense, et ma môman elle a décidé qu'on allait visiter les châteaux de la Loire. A 16 ans, même si t'aimes super pas les vacances avec tes vieux, excuse-moi, mais les Chatals, quand même, c'est achtement bien que si tu râles franchement c'est que t'es moisi du cerveau. Si. Donc je n'ai pas râlé. J'étais plutôt super contente, parce que déjà fan d'histoire de l'art, pis aussi fan d'histoire tout court, pis les chatals, c'est jooooooooooli, c'est beauuuu, ça me fait triper complètement, parce qu'en plus, attation, je suis assez fan d'architecture, même si je n'ai que quelques bases de rindutou, ben j'adore ça, sous toutes ses formes, ce que l'humain est capable de concevoir puis de construire pour se loger, ça me laisse sur le popotin.

Et pis bon tu peux pas t'empêcher, quand tu visites un château, de ressentir deux trois trucs plutôt cools. Chez moi ça donne:

- Han la vache, tout notre appart tient dans le hall d'entrée, facile, même je peux coller l'appart de la voisine. Ce que ça doit être de vivre dans un endroit pareil, aussi grand! On doit s'y perdre, sérieux! Iiiiih tiens là, on pourrait faire du roller, facile.

- Ouh je suis une joulie princesse avec une belle robe qui traîne par terre, et je regarde assise à la fenêtre l'herbe qui verdoie et le chevalier qui se muscloie.

- Pinaise tous ces gens qui ont vécu ici, qui ont dormi ici, qui y ont eu des bébés, qui ont mangé devant cette cheminée giganstesque, qui sont morts dans ces lits king size, qui se sont ramassés la tronche dans cet escalier bizarre en proférant des insultes dont je n'ai pas idée...

Et d'autres trucs, encore.
En gros, tu me fais visiter un chatal, c'est comme me filer un bon gros shoot d'un truc sublime, ça me dure des heures, je plane.

J'ai adoré Chambord, son escalier alambiqué, ses toits extraordinaires, j'ai adoré le passage secret du château de Blois, et son escalier extérieur, j'ai été en amour de Chenonceau, que quand même un chatal à moitié construit sur un pont, spa tous les jours, et c'est trop joli, j'ai adoré Loches, si médiéval, j'étais fascinée par Azay-le-Rideau, et son ambiance aquatique vraiment particulière. Mais j'avoue, il y a eu un moment, un seul, où j'ai craqué, et refusé de mettre un pied devant l'autre. A trop charger la mule hein...
Donc pendant plus de deux heures, je suis restée assise dans la salle des guichets du château d'Amboise, pendant que mes parents et mon frère le visitait. Je me suis fait suer, mais suer, au secours, mais mes pieds me remercient encore!

N'empêche, je me demande aujourd'hui à quoi ça pouvait bien ressembler à l'intérieur.
Trop de chatals, tue le chatal, telle sera ma conclusion!

21 juillet 2009

angel se souvient cet été là (10)

Ah je sais que toi aussi tu es un grand fan des moutons. Tu as trop de la chance, je vais te raconter une autre histoire de moutons.
IIIIIIIIIIIHHHHHHH des moutons choupis!
Iiiiiiiiiiiiiiiiiiihhhhhh des moutons idiots!

Donc je te situe vite, maison de vacances louée dans le Marais Poitevin, que je te recommande, parce que c'est jouli et que c'est sournois - est-ce l'herbe qui continue ou un tapis de lentilles d'eau par dessus la rivière, teste donc pour voir, ah PLOUF, lentilles d'eau. Très très très amusant. Si.

La baraque avait une entrée devant, genre le salon, et une entrée derrière, genre dans la cuisine.
Bon alors tu me visualises qui entre par l'entrée salon.
Je dois avoir genre 15 ans je dirais. A peu près. Un truc comme ça.

Donc je rentre dans le salon, et qu'est ce que je vois en face de moi, qui étaient entrés dans la maison par la porte de la cuisine laissée ouverte?
Deux moutons, gras comme des cochons, avec leur tite tête rigolote là, et leur air malin qu'on croirait qu'ils viennent de gagner le Nobel de la Laine Moussue.
Beeeeeeeeh qu'est ce que vous faîtes-là que je leur demande, rapport que oui j'ai fait mouton deuxième langue, c'est relativement aisé à apprendre.
les couillons, ai-je rajouté dans l'in petto du dedans de moi-même, parce que même à 15 ans j'étais un peu polie et ne voulait pas vexer de prime abord.
Ils n'ont pas répondu, ils ont juste enclenché la marche arrière.
Et se sont retrouvés tous deux coincés au niveau du tutu dans l'embrasure de la porte, absolument pas conçue pour laisser le passage à deux moutons côte-côte.

Ahahahhahaa la panique des deux moutons dondons, j'en ris encore.
Ils ont fini par se décoincer, mais vraiment, ils ne faisaient pas honneur à leur espèce en se démenant comme ça, j'avoue que c'était un peu poilant.

Mais oui, rooooooooo, ils étaient choupis.
C'est con les moutons, mais c'est mignon.



et pis quelques jours plus tard le gars d'à côté il en a zigouillé un des deux, pour le manger, pov bête, j'aurais mieux fait de le cacher sous mon lit tiens... bouhouhouhouh pov tit mouton con...

20 juillet 2009

angel se souvient cet été là (9)

Ouais moi je n'ai jamais été une fan de la marche. La randonnée ce n'est vraiment pas mon truc. Ou alors faut qu'il y ait un truc vraiment intéressant au bout du chemin, sinon, j'avoue, ça me barbe sévère de marcher pour marcher. Sauf que ma tante V. c'était une grande fan de la rando. Tu parles Charles, à la montagne, tout le monde il naît avec des grosses pompes de marche aux pieds, donc la rando t'as ça dans le sang et puis tu marches et puis c'est tout, oh.

Donc quand j'étais en vacances chez ma tante, ben, PAF, randonnées au programme, youhou! Alors oui c'est jouli la montagne, les lacs, les ptites fleurs et les marmottes, mais t'as le droit de toucher à rien parce que c'est protégé, donc si tu cueilles la tite fleur blanche là, on sort la mitraillette et on te pousse dans le ravin, t'avais qu'à pas. Oooops.

Non mais j'aimais bien quand même. Un peu. Tremper mon pied fourbu dans un lac gelé, c'était bien. Traverser un pont suspendu tout pourri au-dessus d'un torrent, moins bien.

Et puis y'a le jour où je suis restée un peu à la traîne. Y'avait un grillon dans l'herbe, je l'entendais. Je me suis accroupie au bord du sentier pour mieux l'entendre, et peut-être le voir. J'ai senti que j'allais tomber, alors je me suis raccrochée à la clôture du pré.
Y'a eu comme un grand choc.
Me suis retrouvée sur le tutu.
Au miyeu du sentier.
Un peu sonnée hein.

Non mais c'est qui l'andouille qui a mis du courant dans la clôture du pré?!!? Non mais c'est bon hein, t'as déjà vu des vaches toi? Tu les vois se barrer au triple galop en enfonçant la clôture? Bon sang une vache ça reste planplan à mâchouiller son gazon pendant des heures! Pas besoin de lui installer un Sport-Elec à la vache hein. Sont fous les fermiers.
GggnnnnnZzZZZZZZZZZZZZ.
Tarés!

M'enfin je pense que j'ai moins décollé ce jour-là que le jour où quand j'étais toute petite j'ai voulu passer l'aspirateur avec mon écureuil à roulettes raccordé à une épingle à cheveux...
Quoi?

Bah rien. La randonnée et les envies de ménage précoce m'ont sûrement fait perdre de précieux points de QI.

Ce sera tout pour aujourd'hui!

19 juillet 2009

angel se souvient cet été là (8)

Ma tante V. elle habite en Haute-Savoie tu vois, donc avec mon frère on y allait relativement souvent aux vacances de février, grâce à ce merveilleux système de la SNCF qui s'appelle JVS: Jeune Voyageur Service: tes parents te collent dans le train avec une étiquette autour du cou, comme un vulgaire bagage, avec un picnic et ton sac. Tu es pris en charge par un gentil animateur, toi et environ 10 autres gosses, avec qui tu vas passer genre 5 ou 6 heures. Quand y'a un gros débile dans le lot, tu vas souffrir. Mais dans mon souvenir, c'était plutôt des chouettes mômes, et ça passait le temps.

Bref, chez ma tante V. on faisait du SKI. Et moi le ski avec ma tante Vé, ben j'adorais ça. Rapport qu'elle me faisait faire du ski de fond, c'est coule le ski de fond, je t'explique, au cas où tu ne connaisses pas, mais pour le ski de fond, tu mets des chaussures basses, qui laissent la cheville libre, et qui s'attachent au ski seulement par devant. Ce qui te laisse une grande liberté de mouvements, en fait.

Ca tombe bien parce que ma tante elle me laissait une grande liberté aussi. Donc moi je ne faisais pas du ski de fond comme la plupart des gens, genre balade à ski en forêt, sur des kilomètres. Quoique je l'ai fait, quand j'avais 12 ans, oué, c'était bien sympa aussi. Non je montais tout en haut de la pente, loin de toute station ou pistes ou ce que tu veux, juste des coins que me dénichaient ma tante, et je me lançais à toute berzingue en essayant de rester debout ET entière. Totale éclate. Atterrissage le nez et la bouche dans la poudreuse, délicieux. Je recommande.

J'avais tellement de liberté, que je me souviens une fois ma tante était partie faire un truc de grand, sérieux, à skis, moi ça me barbait, alors je suis partie explorer, comme ça, à l'arrache. Me suis retrouvée à dévaler des pentes inconnues, en total hors-piste, avec genre le ravin pas loin, lalalalalalalala, impossible de m'arrêter en plus, rapport que je n'ai jamais vraiment maîtrisé la technique du chasse-neige, moi ce qui m'importait c'était la vitesse et de rester debout, au final j'ai atterri le tutu sur le bitume de la route, après un joli vol plané, des plus intéressants. Morte de rire, bien sûr. Prête à recommencer, aussi. De l'intérêt des combinaisons ridicules qu'on te fait porter: c'est matelassé, ça amortit les chocs.

Là où j'ai moins ri c'est quand ma tante a décidé que c'était bon les conneries, il était temps que je passe au VRAI ski, et que donc, elle m'a traînée en station, m'a collé les pieds ET les chevilles dans des bottes de ski alpin, et les skis qui vont avec, comme ça, devant le magasin de location, et qu'elle s'est barrée se faire une petite piste noire pour rigoler.
L'angoisse.
Impossible de bouger avec ces trucs qui m'enserraient les chevilles, je n'en avais pas du tout l'habitude.
Et là, j'ai réalisé que si, je bougeais. Je glissais même. En arrière. Elle m'avait laissé sur un terrain très légèrement en pente, suffisament pour que mes skis essaient de reprendre leur liberté, biiiiiiiiiiiiiiiiiih. Ca c'est fini que je me suis traînée telle une misérable aïeule jusqu'à un banc de pierre, j'ai déchaussé ces objets de torture, et je suis allée m'assoir le tutu dans la neige. J'ai fait des sculptures de glace. En me jurant de ne plus jamais remonter sur ces saloperies. Jusqu'à maintenant, j'ai tenu ma promesse!

Mais il faut dire que je ne suis jamais retournée au ski, et que c'est bien dommage. C'était vraiment fun.

18 juillet 2009

angel se souvient cet été là (7)

Certains étés, j'allais chez ma tante V., que j'adorais. Elle avait l'âge d'être ma grand-mère, et ça tombait bien, je n'en avais pas vraiment de grand-mère. Enfin il m'en restait une, mais je n'en ai quasiment pas de souvenirs... Ma tante V., par contre, elle se comportait vraiment comme une grand-mère: elle était toujours contente de m'avoir avec elle, elle me gâtait, elle me passait quasiment tout, elle m'apprenait plein de trucs et elle me faisait faire plein d'activités sympas.

Notamment un été, elle avait eu l'idée de m'inscrire à un petit stage de poney. La classe tu te dis. La classe je me dis moi aussi, presque 30 ans plus tard. Parce que quasi 30 ans plus tard, deux de mes enfants montent une fois par semaine avec énormément de plaisir, mon fils entame sa deuxième année en septembre, et ma fille sa troisième. Ils sont ravis et je suis ravie de les voir si épanouis.

Vers 6 ans, j'étais plutôt open envers le canasson de base, tu vois, je trouvais ça mignon, et puis j'ai toujours, du plus loin que je me souvienne, adoré les animaux. Dans une autre vie j'aurais vraiment kiffé être soigneuse dans un parc animalier. Ouais nettoyer les crottes du panda roux, je suis sûre que ça aurait été super chouette. Bref. A 6 ans donc, j'étais tout à fait ravie de monter sur un poney. J'étais jeune, j'étais ignorante, je ne savais pas.

Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de ces jours-là, j'en ai deux, en fait. Un, diffus, de bonheur absolu d'être portée et de diriger et de réussir mon slalom. L'autre, précis, entier, que je ne pourrais jamais oublier. Je m'en souviens comme si ça venait de se passer à l'instant. La mémoire est chose bizarre, certes, mais en même temps, à ce niveau-là, cela aurait été difficile d'oublier. Alors que quelque part, j'aurais bien aimé!

Je me souviens d'une façon limpide de mon canasson, un petit bai un peu peinard. Je me souviens que j'avais lâché les rennes et que je me tenais à sa crinière. Je me souviens que je montais à cru. Je me souviens qu'il a baissé la tête. Je me souviens du cri d'avertissement de la monitrice. Je me souviens avoir dévalé son encolure comme un toboggan. Je me souviens avoir atterri PILE dans le tas de crottin. Je me souviens parfaitement des rires. Saloperie de poney pourri va!

Je n'ai plus jamais voulu remonter ensuite, je ne l'ai refait qu'une fois, à 12 ans, à cheval. C'était chouette. Peut-être que je remonterai un jour, parce qu'à voir faire mes enfants, ça me donne sacrément envie! Mais le crottin, comment dire, non. Non vraiment, non. Sans façons.
biiiiiiiiiiiiiiiiiiih

17 juillet 2009

angel se souvient cet été là (6)

Je me souviens de l'époque où on allait faire du camping, c'était avant que ma mère ne découvre, ô joie, les délices des Gîtes de France... Cette année là, je ne devais guère avoir plus de 8/9 ans, maxi l'âge de ma fille aujourd'hui je dirais, à vue de nez.

Je me souviens vaguement de ce terrain de camping en particulier, ils ont tendance à tous se mélanger dans mes souvenirs, je sais que cette année là mes parents avaient une grande tente, et mon frère et moi une plus petite. Et surtout, ce qui est particulièrement vivace dans mon esprit, c'est que notre emplacement était vraiment très très très loin des sanitaires, que les douches y étaient froides, et que ce n'était pas d'une propreté rutilante. Pour aller de la tente jusqu'aux sanitaires, je pense que je devais marcher un sacré bout de temps, l'aller-retour devait bien avoisiner le petit quart d'heure.

Un soir je suis allée me coucher, je pensais que tout allait bien. Mais en fait, ma vessie, cette garce, fomentait en secret, alliée à mon cerveau de fillette, un plan diabolique destiné à m'humilier sans recours en grâce possible. Malin lecteur, intelligente lectrice, tu sais déjà ce qui est arrivé, mais cela ne m'empêchera pas de t'en conter les malencontreux détails, histoire de vider mon sac une bonne fois pour toutes!

Vers le milieu de la nuit, je dormais profondément. Et je rêvais. Je m'en souviens tellement clairement. Je faisais de la balançoire, en chemise de nuit, sur ces balançoires toutes simples, une planche de bois attachée par deux cordes, à la grande branche d'un arbre, seul en haut d'une colline avec partout de l'herbe à perte de vue. C'était le crépuscule, je me balançais dans l'air frais et parfumé du soir, j'étais tellement bien, parfaitement détendue. L'envie d'aller aux twalettes m'apparut comme tout aussi détendue et naturelle et je ne pris pas la peine de descendre de ma balançoire.

Bien évidemment, mes ptits zamis, vous vous en doutez, je me suis réveillée en sursaut, le tutu baignant dans une mare au fond de mon duvet. Quelle misère! Quelle honte! Vite vite je suis sortie de la tente, mon frère dormant toujours... Il faisait nuit noire, j'avais peur dehors, et il était bien sûr hors de question que je marche jusqu'aux sanitaires, en pleine nuit, sans lumière, toute seule, ah mais t'es fou dans ta tête ou quoi? Je me suis éloignée de quelques pas de ma tente, le maximum avant de hurler de terreur, et j'ai terminé mon affaire dans l'herbe.

Hum, c'était chouette le lendemain matin hein.
On comprendra pourquoi le camping et moi, c'est fi ni to, et ce pour environ l'éternité.
Biiiiiiiiiiiiiiih!

16 juillet 2009

angel se souvient cet été là (5)

Je venais d'être admise pour être profdézécoles. Après avoir vu que mon nom était sur cette fichue liste, et en excellente position d'ailleurs - je crâne si je veux, je voulais des VACANCES. Des vraies VACANCES. Parce que je venais de passer une petite dizaine de mois à bosser 8 heures par jour, sans vacances ni ouikend, quasiment du continu, pour réussir à avoir cette saleté de concours. Fallait relâcher la pression.

Chéwi a cassé ses économies, et il nous a loué un riquiqui studio pour trois semaines, à Nice. On est partis en train, c'était loooooong, mais looooong, pas les moyens de se payer le TGV. Toutes les économies étaient quasiment parties dans la location, il nous restait juste assez à nous deux pour payer la bouffe et quelques sorties. Le programme c'était love, glaces, et plage. Au bout de trois jours on a craqué on s'est achetés des rollers, et on est allés se la péter sur la Promenade des Anglais. Enfin moi surtout. Chéwi il essayait surtout de rester entier. Du coup les finances étaient quasiment négatives!

Chéwi a été totalement trauma par cette expérience d'ailleurs, c'est toujours à cette histoire qu'il fait référence quand il évoque ma pédagogie naturelle:
- Oué alors tu vois ta mère, elle m'a mis sur des rollers, je ne savais pas du tout en faire, elle m'a emmené sur un parking, et elle m'a dit "bon tu roules maintenant" "mais pourquoi tu roules pas, spa dur, t'es nul ou quoi?" elle était super super méchante hein!

Je tiens à vous dire que c'est complètement faux, Chéwi est juste une brêle complète sur des rollers, c'est tout. Je n'ai jamais vu si peu de coordination motrice. Intellectuel un jour, intellectuel toujours, moi je dis! Quoi?

Bref.
Je me souviens avoir bronzé jusqu'à devenir tute nware, avoir mangé un max de glaces bounty, et aussi que Chéwi il m'avait emmené voir ce petit film sympa là, il en avait lu que des supers critiques, moi je n'en avais jamais entendu parler - pourtant j'étais abonnée à Première et le lisait telle la Bible, facile, donc moi je lui fais confiance, innocente que je suis, à côté de lui je m'assois dans la salle obscure, le film commence, une fille se fait cuire des pop-corns... tu connais la suite, au bout de 5 minutes j'étais hurlante agrippée à mon siège, en totale panique, prête à ressortir de la salle illico. Au final j'ai regardé Scream en entier, mais crois-moi, ce fut quasiment la plus grosse trouille de ma vie au cinéma, rapport que je n'étais pas DU TOUT préparée - et que je ne suis pas vraiment une fan de films de terreur... Depuis deux films ont réussi à me faire vraiment plus peur, ce sont Gothika et Signes. Cherche pas, uhuhuhu.

Mais bon au final on n'avait vraiment pas de sous, et on commençait à s'ennuyer, parce que love, bounty et playa pendant trois semaines, ça peut être un chouïa barbant - surtout quand la plage ce sont des galets tout pourris! On avait super envie d'aller au ciné, parce qu'il y faisait frais au moins, et que ça faisait aussi passer le temps... Du coup on a capté que quand on avait payé pour une place, on pouvait facilement rester dans le complexe, et aller voir un autre film, sans repasser par la caisse. Ouh bah on en a vu des navets cet été là... QUOI??

C'est aussi cet été là que j'ai commencé à vraiment lire en anglais, avec le Rose Madder de Stephen King. Je ne pensais pas que j'en étais capable, et en fait si. J'ai adoré ce livre d'ailleurs, une merveille de réalisme et d'onirisme, je recommande. Et oui je l'ai chouré un soir sur le tourniquet d'une librairie huppée, parce que j'étais une méchante méchante méchante fille avant d'avoir mes enfants! Et que franchement on en était rendus à manger des pâtes au ketchup...

N'empêche, je n'ai que des bons souvenirs de ces vacances, il faisait ultra chaud, on n'avait pas de thunes, mais
ON POUVAIT FAIRE LA GRASSE MAT' BON SANG
c'était chouette!

Par contre je ne retournerai probablement pas à Nice, ce n'est pas du tout mon genre de ville...

15 juillet 2009

angel se souvient cet été là (4)

Voyons, je devais avoir 16 ans je pense. Je suis un peu nulle pour situer précisément les choses, donc on va s'en contenter. Faisez pas vos pénibles.

On était dans le Sud-Ouest, une baraque du côté de Périgueux, une chaleur à crever, étouffante, je me faisais suer dans tous les sens du terme. Comme on peut se faire suer à 16 ans, en vacances avec ses parents, loin de tout, de la ville, de ses amis, de sa vie. Gavant. Je lisais, je dessinais, j'écrivais. Ca ne suffisait pas.

Je pense que j'avais du m'engueuler avec mes parents, ou alors j'en avais ma claque de tourner en rond dans ce trou du tutu du monde, toujours est-il qu'une après-midi bien caniculaire, je me suis barrée de la maison, j'ai pris la route qui passait devant, et j'ai marché.

J'ai marché longtemps, longtemps, longtemps, au moins deux heures, il faisait ce soleil de plomb, pas un souffle d'air, et moi je marchais en plein cagnard sur cette route de campagne, droit devant moi, ruminant je ne sais quoi. Est arrivé le moment où j'étais claquée, mes jambes étaient lourdes, douloureuses, j'avais chaud, soif, et faim aussi. Je n'en pouvais plus. Je me demandais comment j'avais pu me retrouver dans cette galère. Enfin je me doutais bien que cela avait à voir avec mon caractère de cochon!

Et au détour du chemin, un tout petit village de rien, je me souviens d'une place, avec une église, et une boulangerie en face. Elle était ouverte, je n'avais pas un sou, mais j'avais faim!

Devine ce que j'ai fait.
Oh je n'en suis pas fière, crois-moi.
Je suis tout d'abord entrée dans l'église, parce que j'aimais les églises, avant. Maintenant j'en ai peur, mais c'est une autre histoire. Le bénitier, source d'eau, j'ai bu. Je sais. J'avais SOIF. Le tronc, j'avais FAIM, je me suis servie, il fermait mal, c'était un vieux tronc en bois, ma main pouvait passer dans la fente. J'ai récupéré quelque chose comme 5 francs. Je suis ressortie, j'ai traversé la place, je suis entrée dans la boulangerie, j'ai acheté deux Nuts avec mon butin.

Je suis allée m'assoir sur un banc, et je les ai mangés.
J'aimerais te dire que je suis allée remettre la monnaie dans le tronc, mais ce serait mentir.
Ensuite j'ai refait en sens inverse le chemin parcouru, et je suis rentrée.
Personne ne s'était rendu compte de mon absence, ça valait bien la peine, tiens!

Mais encore aujourd'hui, je me sens coupable d'avoir pillé le tronc. Mais peu de temps après, j'ai payé mon larcin, au centuple. Je te raconterais, un jour, si tu es sage!

14 juillet 2009

angel se souvient cet été là (3)

J'étais toute petite, je pense que j'avais 5 ans. J'étais en vacances pour un mois d'été chez ma tante, en Provence. Elle habitait cette petite barraque sympa, collée à une grosse maison très classe, et avec la grande maison, il y avait une piscine. La dame qui habitait là m'aimait bien, je ne m'en souviens pas, c'est ce qu'on m'a raconté. De toutes façons quand j'étais petite tous les adultes m'aimaient bien, tu parles, j'étais déjà un moulin à paroles, et plutôt très en avance sur mon âge, alors je devait être rigolote hein. Pis je ne me démontais pas, non plus.
Bref.

La piscine.
Je crois bien que j'avais le droit de me baigner dedans, parce que la dame de la grande maison elle m'aimait bien. Mais par contre y'avait un très léger tout minuscule détail de rien qui faisait un peu hic, je ne savais pas nager. Je savais barboter comme un chien, et encore, à peine, c'était relativement pitoyable.

Je me souviens très bien de ce jour-là, j'étais au bord de la piscine, possible en tite toulotte, possible le tutu à l'air. J'étais debout et je regardais l'eau, sans doute y avait il un insecte mort à la surface, une feuille, que sais-je. Les enfants de la dame étaient là, ou peut-être était-ce son neveu et sa nièce, ou ses petits enfants, je ne sais plus. Il y avait une fille un peu plus âgée que moi, 7 ans je crois, et un grand garçon de 13 ans, pour qui j'avais un peu le béguin. Lui aussi il m'aimait bien. Il n'y avait que nous trois.

Je me souviens très bien, j'étais debout sur le bord de la piscine, je regardais l'eau si bleue, le soleil tapait au-dessus de nos têtes. Les cigales. Le mistral par instant.

Je me souviens très bien d'avoir reçu comme un grand coup dans le dos, et PLOUF, à la baille la gamine. Le garçon venait de passer derrière moi en courant, et m'avait poussée sans le faire exprès.

Je me souviens d'avoir coulé.
Je me souviens que mes yeux étaient grand ouverts sous l'eau, si bleue, si lumineuse, si fraîche.
Je me souviens comme dans un rêve avoir traversé toute la largeur de la piscine, sous l'eau, dans une nage que je ne saurais refaire ou expliquer, totalement instinctive, je savais que je devais procéder ainsi pour ressortir et retourner à l'air libre.
Je me souviens avoir émergé de l'autre côté, et qu'il m'attendait, qu'il m'a tendu la main, et qu'il m'a sortie de là.

Je ne remercierai jamais assez mes parents de m'avoir emmenée aux séances de bébé nageurs quand j'avais 3 mois: les réflexes qu'on y travaille m'ont sauvée la vie.

Je crois qu'il s'appelait Yann, mais je n'en suis pas sûre.
J'ai appris à nager l'été suivant.
Et je n'ai jamais eu peur de l'eau.
Comme quoi...

13 juillet 2009

angel se souvient cet été là (2)

Le quatre quart au fin fond de l'Aveyron, donc.

Je ne me souviens pas du goût du quatre-quart.
Il devait être bon.
Pis j'aime bien le quatre-quart, alors je devais être contente d'en avoir au goûter.
Je ne me souviens pas non plus de que j'ai mangé le soir.
Je me souviens que je devais aller à la pêche le lendemain matin avec mon père et mon frère.
J'avais très envie d'y aller, parce que j'adorais la pêche. Pas trop trop tuer les poissons, mais l'idée de les attraper, j'aimais bien. Et les manger aussi, tu parles. Pis tfassons mon père il ne gardait que ce qu'on allait passer à la poêle, le reste retournait aussi sec à la baille, sauf une fois une grosse tanche violette et dorée, qu'on a gardé un peu dans une grande bassine, par fierté, et qu'on a remis à la rivière un peu plus tard.

Je me souviens donc que je me suis couchée, et que je voulais dormir vite, pour aller à la pêche le lendemain avec mon père.
Je me souviens surtout que je n'arrivais pas à dormir.
Je me sentais mal.
Vraiment, vraiment pas bien.
Et c'est là que je l'ai entendue, ma mère, qui est allée dehors au fond du champ, pour vomir tripes et boyaux. Puis mon père, puis mon frère.
Je me souviens combien je restais immobile, simulant le sommeil pour m'en convaincre, afin de ne pas subir leur triste sort.

Pour moi vomir c'est l'acte physique complètement atroce, c'est comme une petite mort, je cherche à tout prix à éviter d'en arriver là, croyez-moi, je n'aurais jamais pu être de ces filles qui se font vomir pour rester mince, parce que la seule idée de vomir me révulse.
Je me souviens de cet état légèrement comateux, entre la veille et le sommeil, nauséeux à l'extrême, je flottais comme un grumeau dans une pâte visqueuse, j'étais vraiment mal.
Je me souviens que j'ai lutté jusqu'au bout.

Ce n'est que vers 6 heures du matin, peu avant l'heure du lever, que la mort dans l'âme je suis sortie, et que je suis allée rendre leur liberté aux parts de quatre-quart qui dansaient le pogo de l'horreur pure dans mon estomac.

Pendant très longtemps, je n'ai plus mangé de quatre-quart.
Personne ne s'en étonnera, je crois...

Hum, ce ne serait pas l'heure d'aller goûter là par hasard? non?

12 juillet 2009

angel se souvient cet été là (1)

Mes parents, très souvent, louaient un gîte pour les vacances. On n'avait pas des masses de sous, alors ma mère épluchait les guides - pas d'internet à l'époque, pour trouver LA location pas chère dans un joli coin. Une année elle a déniché une sorte de grand chalet/cabane de jardin améliorée, au miyeu d'un champ, en Aveyron. Moi j'aimais vachement le coin. J'avais 12 ans je crois. Y'avait une super balançoire dans le champ, et j'adorais m'y balancer, jusqu'au jour où je me suis faite piquer par une saloperie de taon, à la cuisse. S'il n'avait pas fait si chaud, j'aurais bien passé tout le reste de l'été en gros jean, tellement ça douille, ce truc. Bref.
Mais les deux souvenirs les plus vivaces, ce furent le troupeau de mouton, et le quatre-quart.
Je te raconte.

Le champ où se trouvait notre "maison" que franchement ça ressemblait à une sorte de grande caravane sans roues hein, était mitoyen d'un pâturage rempli de moutons. Quand je les voyais derrière la barrière ça allait. Ils étaient super pas fûtés, mais meugnons quand même. Allez si, c'est mignon un mouton, allez. Moué. Ce n'étaient absolument pas des moutons pour faire joli sur la carte postale, mais des vraies bestioles qui faisaient des aller-retours pâturage/bergerie, avec de la boue dans les pwals, et qui passaient tute la journée à brouter de l'herbe desséchée avec l'air inspiré de JP Pernaut qui présente la culture du terroir.

Un soir, alors que je me baladais dans les environs, toute seule, genre imagine j'étais entrain de faire un bouquet de fleurs des champs pour mettre dans la cabane de jardin king size, quand tout à coup j'entends comme un énorme bruit qui se rapproche. Qui enfle, démesurément, et là, au détour du virage du petit chemin de terre, je vois le troupeau. Au galop. Oui les moutons ça galope quand c'est l'heure de rentrer au dodo. Crois-moi. Et le pire, c'est que quand tu regardes dans leurs yeux, tout ce que tu vois, c'est le vide intersidéral. Là tu SAIS. Qu'ils ne t'éviteront pas, qu'ils ne dévieront pas leur course folle d'un micron pour ne pas t'écrabouiller.
Ils sont rapides, ils sont déterminés, ils sont environ 150, ils couvrent toute la largeur de l'étroit sentier.

et donc
tu te jettes dans le fossé
juste avant qu'ils ne te piétinent
et tu te bouffes l'herbe
(comme un mouton, con)
et
plus jamais
tu ne te retrouves sur le chemin du troupeau

A 12 ans, on apprend vite.



pour l'histoire du quatre-quart, c'est demain