Où l'on s'en va, ouin!
Les bagages sont prêts, la maison est impec', les enfants sont sagement assis devant la télé pendant qu'on termine les derniers préparatifs... Un gentil et charmant vieux monsieur vient récupérer les clés, il dépose ensuite Chéwi et les bagages à la gare. Je le rejoins à peine 10 minutes plus tard. On est très en avance, comme à notre habitude, tu penses, faudra pas qu'on rate ces précieux moments devant le panneau d'affichage à attendre désespérément que notre train soit affiché hein. On a prévu un petit pique-nique pour déjeuner dans le TGV, je me dis que ça devrait occuper LaPatate un petit moment de manger ses chips, et puis j'ai dans mon sac Mary Poppins le lecteur dvd chargé à bloc, avec le coffret des Barbapapas, une valeur sûre, j'ai également repositionné tous les stickers Barbapapas du livret sur la page blanche, il n'y plus qu'à recommencer à les coller n'imp', avec Barbamama reine de la lévitation. J'ai prévu aussi mon appareil photo, bien chargé, pour pouvoir lui montrer les photos des vacances, il adore, il nomme tout le monde, je me dis que ça aussi, ça fera un bon petit quart d'heure de gagné, voire plus si je lui montre deux fois les 500 photos... Et puis on a l'argument majeur pour que Monsieur Patate se tienne tranquille: des ptits paquets de chipes, iiiiiiiiih, des chipes des chipes des chipes!
On embarque dans le tgv, on réussit à caser tous les bagages, je replie la poussette, tout va bien, et là, bien sûr, à 5 minutes du départ, MaPatateFarceur remplit sa couche. Chéwi attend le départ du train et l'emmène pour le changer. Je me dis que je gagne 10 minutes de tranquillité à lire Vargas, peinarde, les deux autres, ayant avalé leur comprimé anti-gerbouille, jouent calmement .
Chéwi revient, tout va bien, tout est calme, et il distribue le pique nique.
Je donne un paquet de chipes à MaPatate, et là, mes amis, c'est l'hallu!
Où Angel trouve que ses enfants ce sont les mieux du monde
Incroyable, MaPatate mange ses chipes, en regardant le paysage par le minuscule bout de fenêtre qui nous est attribué, et, la main encore dans le paquet de chipes, il s'endort! NON?? SI!!!
Ouhlalalala, trop la classe mwajdi, hop, je te l'attrape, je le met sur moi, un pied de chaque côté, la tête entre les nénés, et roupille mon ptit père, maman bouquine! Ahahahahah, c'est mer-vei-lleux. La Lutine, après avoir englouti son repas, s'est endormie comme une ptite marmotte shootée, la tête sur son sac. PitiGasson, barbouillé malgré le comprimé, auquel il ne fait pas confiance, passera la quasi totalité du trajet immobile avec un sachet en plastique sous le menton, okazou. Il finira par s'endormir sur place, sans avoir bien sûr vomi quoi que ce soit. Et le plus hallucinant, c'est que toutes les 45 minutes, MaPatate se réveillait, se rasseyait à sa place, avalait une ptite poignée de chipes en regardant le paysage, et se rendormait en moins de 5 minutes. Donc rebelotte, je le reprenais sur moi. TOUT LE VOYAGE comme ça. Ca valait bien le coup que je stresse et que je prépare des trucs pour le distraire, c'est bien simple, je ne l'ai pas entendu pendant 3h30!
Par contre, ce que j'ai entendu, ce sont les autres passagers, ah ils ont bon dos les petits enfants qu'on accuse de partout comme étant les pires catastrophes ambulantes qui peuvent te tomber sur le coin de la binette quand tu voyages en train! Déjà, la ptite nénette de genre 20 ans assise à côté de Chéwi, a commenté à haute et intelligible voix, sans prendre ne serait-ce que la peine de baisser le ton - chuchoter, tu n'y penses pas! TOUTES ses photos de vacances à son père de l'autre côté de l'allée, et crois-moi, y'en avait... Difficile de se concentrer sur sa lecture quand Machine te raconte la bouffe allemande dans ses moindres détails gastronomiques que franchement je m'en bats l'oeil moi des saucisses, raaaaaaaa. Et quand elle a eu fini, j'ai pu espérer un minuscule instant qu'elle allait fermer sa grande bouche, mais que nenni, elle a décidé de lancer un concours de Rubik Cub avec sa soeur et son père, et bien sûr, moult commentaires enthousiastes sur leurs performances respectives. Raaaaaa².
Et je te passe sur le fond du wagon réquisitionné par une colo d'ados plutôt insupportables, braillards et bruyants, sur les ptits anglais devant moi qui jouent au Uno, jeu bien connu pour être calme et silencieux, mouarf, et le plus délirant, le gars qui se met carrément à jouer (mal) de l'harmonica. Non mais je rêve? On se croirait dans le métro à l'heure de pointe, ils vont finir par me réveiller MaPatate ces abrutis.
On notera aussi la présence d'une femme, petite cinquantaine d'années, seule, qui pendant 3 heures 30 de voyage, assise de l'autre côté de l'allée, en face de moi, n'a STRICTEMENT rien fait. Mais quand je dis rien, c'est rien. N'a pas mangé, ne s'est pas levée, n'a pas lu, joué, téléphoné, regardé le paysage, absolument RIEN. Ah si, elle a du sourire trois fois. Mazette. Je dois avouer que j'étais relativement impressionnée, perso j'en suis incapable. Elle doit avoir une vie intérieure d'une richesse insoupçonnée, ou alors d'un vide intersidéral...
Où tu maudis les trains de banlieue et Chéwi
C'est bien simple, arrivés à Paris, on a deux possibilités: soit on prend un métro pendant une grosse dizaine de minutes, et ensuite un train de banlieue pour une grosse demi-heure, ce qui nous fait avec les correspondances, un maximum - et je vois hypra large, d'une heure et demi de trajet, soit on refuse de prendre le métro avec les bagages, la poussette, et les gniards, comme Chéwi, et on enchaîne trois trains de banlieue, ce qui avec des correspondances optimales, comme à l'aller, te donne une petite heure de trajet. Sauf qu'au retour, les mêmes correspondances sont tout simplement atroces. Sans mentir, on a mis 2h30 pour faire Paris-La Zonmé, contre 50 minutes à l'aller. 2 HEURES TRENTE bon sang. Juste une heure de différence avec le trajet en TGV, aaaaaaaaaaaaaahhhhhhh l'angoisse. Et bien sûr, Chéwi nous fait des blagues très drôles, comme se tromper de quai, comme ça on retrimballe tous nos bagages dans l'autre sens, ahahahahahah mon amour, je suis pliée (vraiment) en deux là hein.
Quand on arrive enfin à la maison, c'est le soulagement, et aussi le blues, la veille à la même heure, on était les doigts de pieds en éventail sur la plage à l'île de Ré. Sniiiiiif!
Les vacances sont finies. Il faut défaire les bagages...
(mais y'a mon ordi, iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih)