06 avril 2010

angel est trau ma ti sée

Alors hier moi j'étais super motivée, j'emmène les enfants jouer au square pour que leur père puisse tranquillement (tous en choeur) co rri ger ses co pies, et voilà qu'en revenant à la zonmé, PAF, le truc pas prévu du tout du tout du tout au programme.

Je t'explique. Moi j'étais peinarde dans la rue, je tenais MaPatate par la main - sinon il fugue, oui oui - et PitiGasson et LaLutine étaient à mes côtés. On rentrait pour déjeuner. On va pour traverser la rue, quand tout à coup, c'est le drame.
Mon pied trébuche dans je ne sais quoi, et sans que j'ai le temps de réagir, PAF, je me ramasse par terre. En plein milieu de la première partie du passage piéton, une douleur fulgurante m'explose le genou droit, qui a absorbé la plus grosse partie du choc. Et là je me rends compte que j'ai fait tomber MaPatate, l'entraînant dans ma chute. Il est allongé en plein milieu des lignes blanches. L'angoisse! La douleur est toujours là, violente, atroce, j'ai envie de pleurer, j'ai envie de rester allongée jusqu'à ce que ça passe, un jour peut-être. Sauf que mon fils est allongé par terre et que nous sommes sur un passage pour piétons, un de ceux où même si le ptit bonhomme est vert, tu as quand même des voitures qui passent en venant d'une autre rue... Donc je réunis toutes mes minuscules forces et je me relève, et je relève mon fils qui n'a rien - il a de l'entrainement dans le ramassage de tronche, contrairement à sa mère - et je termine de traverser, en serrant les dents.

L'histoire pourrait s'arrêter là, sur mon héroïsme plus fort que la douleur de la mort qui tue. Sauf que non.
Parce que je suis une SuperChochotte figure toi, ami lecteur, amie lectrice.
Et qu'arrivée sur le trottoir d'en face, je m'écroule contre le grillage en chouinant tout ce que je peux que ça fait mal ça fait mal ça fait maaaaaaaal ahhhhhhh j'ai MAAAAAAAAAAAL, ce qui fait tout de suite moins héroïque, surtout devant trois enfants un peu stupéfaits d'avoir vu leur môman se ramasser le gadin du siècle. Et là, horrifiée, je sens les symptômes caractéristiques du malaise vagal qui se déploient dans mon (gros) corps tout chamboulé par une douleur vachement méchante, believe me. Et je sais qu'il ne me reste qu'une seule chose à faire pour éviter de m'évanouir en pleine rue devant mes trois mômes dont un fugueur potentiel.

C'est la mort dans l'âme que je fais quelques pas encore pour m'allonger sur un petit chemin goudronné qui mène à un parking.
Me voilà allongée sur le trottoir, par une belle journée de printemps, je vois le ciel bleu au dessus de ma tête et les branches des cerisiers japonais.
Là tu as trois réactions très différentes selon l'âge et la sensibilité des enfants.
MaPatate à qui je tiens toujours fermement la main s'assoit à côté de moi, et finit même par s'allonger, je pense qu'il a cru que c'était un nouveau jeu, genre "dodo trottoir". Il est super sage du coup, et c'est bien, parce que je n'ai pas du tout la force de le gérer.
PitiGasson reste debout à côté de moi, blanc comme un linge. Il est persuadé que je me suis cassé la jambe et son empathie naturelle fait qu'il n'est super pas dans son assiette.
LaLutine, à qui j'ai filé mon portaibeule, panique pour composer le n° de la maison, alors qu'elle sait parfaitement utiliser l'appel rapide... elle finira par réussir à téléphoner à Chéwi, qui arrivera dans une jolie course slalom entre les poubelles de l'avenue alors que je serais déjà relevée depuis longtemps, mais complètement boiteuse.

Moi je vous le dis, sortir dehors c'est dangereux quand même. Rester dans son canapé à regarder des films pour ne pas voir la peau du genou toute arrachée, c'est mieux.
Trau ma ti sée je suis.
Et je ne sais toujours pas ce qui m'a fait trébucher, selon PitiGasson il n'y avait strictement rien pour me faire tomber, je n'ai donc aucune idée de ce dans quoi ma ballerine a shooté avant que je m'écroule telle la bouse de base.
Encore un complot intergalactique pour m'enquiquiner, je le sais bien!!


[bobo!]

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