1.
Je rentre de la piscine avec mes grands cet après-midi, et c'est l'heure de la récréation. Je leur donne comme d'habitude un petit goûter dans la cour, après l'effort le réconfort. Les moyens sont exclus du goûter, les petits aussi, c'est un privilège de grands.
Après avoir distribué les biscuits à mes grands - ceux de SuperRemplaçante sont en sortie toute la journée - je vais m'occuper de mon papillon handicapé, c'est que j'ai une vie très compliquée figurez-vous. Je vais ajouter un brugnon coupé en deux dans le carré des fraisiers, et récupérer le ptit fugueur qui s'était hasardé jusque sous un buisson. Il monte sans souci sur mon doigt maintenant, j'ai un papillon handicapé ET apprivoisé, how cool is that?
Bref.
Je reviens m'assoir sur le banc de la récré, où j'ai laissé mon téléphone, mon trousseau de clés, et le paquet de biscuits entamé.
Je trouve devant le banc deux de mes élèves de moyenne section, T. et T.
T. est une petite fille souvent silencieuse qui n'aime pas trop l'école parce qu'il y a trop de monde, mais qui aime beaucoup sa maîtresse. Elle a une vie super chouette en dehors de la classe, dont elle adore me raconter les moindres détails. Sa maman est en train de devenir une amie, et son faux-papa est le chouette type qui nous a construit notre boîte à chenilles et qui l'approvisionne en orties fraîches tous les deux jours - nos chenilles de paon du jour sont en train de grimper au plafond de la boîte, bientôt les cocons!! T. a beaucoup de caractère mais ne le montre pas de premier abord, vu qu'elle est très réservée. Je l'apprécie beaucoup.
T. est la plus jeune de mes moyens, la plus jeune de ma classe donc. Elle a la peau d'une jolie couleur chocolat, un sourire éclatant, des yeux plein de malice, et un caractère en acier trempé. En petite section on l'appelait Le Che. Pour vous situer. Un peu rondouille, toujours bien plantée sur ses petites jambes, elle n'a pas la langue dans sa poche, et a tendance à commander son petit monde. Son idole? Sa maman. Sa maîtresse ensuite. Mais elle entend bien me faire passer par le chas de son aiguille, la coquine.
Je m'assois sur le banc, et je les regarde, bien droites devant moi.
T. parle la première, en s'adressant à sa comparse:
- Tu sais, moi je ne bougerais pas de là, tant que Maîtresse ne m'aura pas donné un gâteau.
T. de rétorquer:
- Ou alors, on attend qu'elle se relève, et on lui pique des gâteaux dans le paquet. Oui Maîtresse, on va te piquer tes gâteaux!
Et les deux de me regarder droit dans les yeux.
Alors oui elles ont eu un biscuit chacune.
Et oui je les garde l'année prochaine.
Pas possible que je ne les vois pas grandir, ces deux-là.
Pas possible.
2.
Ce soir, complètement vannée par ma journée, je décide de faire un break dans le boulot, pour reprendre plus en forme demain à l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai remplir mes livrets.
Je me dis que j'ai envie de faire quelque chose de nouveau, de plaisant, un truc pour me détendre.
Et donc je décide de faire des frites maison dans ma friteuse toute neuve.
Je me lance dans la lecture des pictogrammes du mode d'emploi, histoire de ne pas faire de boulettes - ahaha.
Ayant à peu près compris le truc, j'épluche mes pommes de terre, les coupe en grosses frites irrégulières, les met à éponger entre des feuilles de sopalin, comme un gros mille-feuilles de frites.
Je m'enquiquine un moment à monter la poignée du panier, c'est que la technique et moi, on n'est pas vraiment super copines. Mais j'y arrive.
Je verse l'huile dans la cuve, et réalise que la bouteille d'1l ne suffit pas. J'envoie l'Ado, much motivée par les frites, en acheter deux autres à la supérette.
Enfin, je peux faire cuire ma première fournée de frites. 6 minutes quand l'huile est chaude.
Elles sont joliment dorées.
Je prépare le panier de la deuxième fournée, et quand je referme la friteuse, je me rends compte que le couvercle n'a pas bien cliqué d'un côté.
J'appuie dessus avec deux doigts de ma main gauche.
Pile au dessus des petits trous d'aération.
Donc oui on peut se brûler avec une friteuse, même si elle a un couvercle.
Ca n'arrive qu'à moi.
Pourtant les pictogrammes étaient clairs: TOUCHE PAS AU COUVERCLE ABRUTIE!
Damned.
Bobo.
Pis bah ce sont juste l'index et le majeur de ma main gauche, j'en ai pas super super besoin pour remplir mes livrets demain, non?
Quoi je suis gauchère?
Pas grave.
Les frites?
Délicieuses selon ma fille, et selon LaPatate:
- Ben écoute, maman, c'est la première fois, donc tu apprends hein, la prochaine fois ce sera mieux, plus croquant j'espère, tu sais, comme des vraies frites, tiens, comme celles-là.
Et il me montre les frites parfaites en photo sur la bouteille d'huile.
Ok.
J'en connais un qui n'est pas prêt d'en remanger des frites.
Groumphhh.
17 juin 2014
- 168 -
rangé au pif dans:
débilitude,
j'aime mon kravail,
J'assure pas une cahouète,
la bouffe c'est sacré,
les mômes c'est l'Fun,
MaGrossePatate
blog comments powered by Disqus
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)