07 mars 2006

je veux dééééjeuuuner en paiiiiiiiiiiiix!

Le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée. Ne me dites pas que vous n’étiez pas au courant, tout le monde le dit voyons ! Même l’envers des paquets de céréales, ceux qui vous proposent de faire un régime en mangeant plein de céréales sucraillées, deux fois par jour. Pouah.
Je m‘en tamponne un peu en fait de savoir si le petit déjeuner est important ou non, et quel est son grade dans la hiérarchie de la bouffe quotidienne. Juste je voudrais pouvoir déjeuner tranquille. Le matin il faut que je recharge les batteries pour la journée, et cela inclut le fait que j’ai 20 minutes de calme, avec un bol de thé, de la confiture, des tartines, de la compote et un yaourt.
Avant, si vous savez bien avant, l’époque QJAUC (Quand J’Avais Une Connexion), je prenais mon petit déjeuner devant mon ordi, en rentrant de l’école. Je mangeais peinarde en faisant mon tour des … sniffff…. Non je ne peux pas l'écrire, c’est trop dur. Enfin vous savez bien, mon tour des b*l*o*g*s. Ouin. Pour atteindre la tranquillité absolue, j’avais une super ruse de Super Mozeur de mon côté, une arme secrète que l’on se refile sous le manteau sur les bancs des squares : je mettais un DVD à Monsieur Deuzan. 20 minutes allez, ce n’est pas la mort des neurones du gnome hein, il survivra ! Ok, j’accorde que ce n’est pas glop, mais c’est ça ou il se récupère une mère affreusement de mauvaise humeur : mes 20 minutes de tranquillité sont absolument indispensables pour ma survie mentale et mon équilibre psychologique. Et puis cet enfant a un problème comportemental aigu : il refuse de jouer seul dans sa chambre. Il est à moins de 4 mètres de moi, mais il faut croire qu’un gouffre nous sépare, dès lors que je lui tourne le dos dans mon fauteuil.

De toutes façons, maintenant que la période QJAUC (uhuhu c’est facile à prononcer en plus, allez on essaie : kjok ! Trop bien, vous êtes doués) est entre parenthèses (pour combien de temps, seul Dieu le Provider nous le dira), le temps du dvd est révolu. Enfin, soyons francs, je ne suis pas subitement devenue une excellente mère ayant absorbé sagement sans rien revomir tout son Pernoud et son Antier, non non non, juste là c’est moi qui squatte la téloche. J’ai bien tenté le petit déjeuner devant un magazine sur la table de la cuisine, mais comme qui dirait que le loustic a pété un câble, et il ne peut pas jouer dans la cuisine à mes pieds, non, non, non. Donc je me prépare mon petit déj’ en rentrant de l’école, et je m’installe devant un épisode de Friends. C’est là la terrible vie de la fille qui subit une pénitence d’abstinence ouebesque hein : après avoir rematé l’intégrale de Sex and the City, on attaque Friends, 10 saisons, y’a du boulot. Oui, vous pouvez sortir vos kleenex, je sais bien que je fais pitié.

Un petit déjeuner devant un épisode de Friends, durée 20 minutes, voilà qui ne devrait pas être bien sorcier. Hier matin, je teste.
Je rentre de l’école, l’enfant est de bonne humeur, à peine débarrassé de ses trois couches de fringues anti-froid, le voilà qui joue dans le salon. Il fait un vacarme d’enfer, mais ma préparation de petit dej’ n’en est pas affectée. Pendant que le pain grille et que l’eau du thé frémit, j’opère un rapide transfert de toute la ferme little People de la chambre vers le salon, j’installe tout près de la fenêtre, la ferme, l’écurie, le puits, les tracteurs, les animaux, les personnages. Je retourne terminer mon plateau en cuisine et enfin, je viens m’affaler devant ma série. A peine me suis-je posée que Monsieur Deuzan est vivement intéressé par le contenu de mon plateau. Je lui propose des gâteaux, pour m’en débarrasser. Non il veut du pain grillé. Je vais donc lui faire griller une tranche. Je reste calme. Je la lui donne, je m’installe, j’allume la télé, le magnétoscope, je commence à étaler la confiture. Je mange, je rigole, mais quel bonheur. J’entends un grand BANG dans la cuisine. Les chats ont probablement fait tomber le grille pain. Je braille depuis le canaprout, Monsieur Deuzan en rajoute une couche, deux chats couillons et penauds sortent à toute berzingue de la cuisine. Je reprends mon petit déjeuner.
Tiens Monsieur Deuzan a fini sa tranche de pain. Pas bête Monsieur Deuzan a une mémoire. Une mémoire sélective très performante. Par exemple il oublie aussitôt quand je lui dis de ranger son bronx, c’est comme si une tornade avait emporté mes paroles tout aussitôt que je les ai prononcées, mais quand je propose des gâteaux, même 10 minutes plus tôt, j’ai sans le savoir gravé mes paroles dans le marbre éternel des circonvolutions de son cortex.
Monsieur Deuzan me demande donc les gâteaux. J’appuie sur Pause, je vais dans la cuisine, je lui mets 4 sablés dans un bol, je les lui donne. Ah bah non, Monsieur Deuzan il ne veut pas de sablés, comme il me l’explique en ougandais médiéval, non il veut des boudoirs. Suis-je sotte, vraiment, une mère bonne à fiche à la poubelle hein. Je lui en apporte deux, mais non il en veut trois. Quelle riche idée ai-je eu de lui apprendre à dénombrer. Je lui refile ses trois boudoirs, je me retiens de les lui bazarder dans la tronche, je veux déjeuner en paix quoi. C’est d’ailleurs à cette seule volonté absolue d’épargner au maximum mon moment de tranquillité que Monseigneur Casse Couille doit d’être encore assis sur ses fesses à gouverner sa ferme, au lieu de se retrouver en exil dans sa piaule à coup de pied au derche.
Alors que Monsieur Deuzan a déjà mangé deux boudoirs et demi, et fait brailler 15 fois son tracteur au son de Hiahahihaho, un autre grand BANG en provenance de la cuisine. Il s’agit, je n’en doute plus, d’une Ligue visant à me faire perdre et ma patience légendaire (si je vous assure, je suis très patiente…… environ 30 secondes par jour) et le fil de mon épisode de Friends. Et non le fait que je l’aie vu 32 fois n’y change rien. Cette fois ci je me lève, et je vais constater qu’une casserole se retrouve maintenant en équilibre sur la grille de la gazinière : visiblement elle a été le point de chute d’un chat grimpé sur le placard pour choper des boudoirs. Monsieur Deuzan me regarde très sérieusement remettre la casserole en place, et enfermer les boudoirs dans une boite hermétique. Nous retournons dans le salon, pour constater que la moitié de boudoir restant est entrain de se faire consciencieusement émietter par deux psychopathes en fourrure. Nous avons été feintés, et pas qu’un peu ! Devant l’enfant révolté par temps de méchanceté féline, il me faut aller chercher un autre boudoir, après avoir jeté le cadavre du précédent à la poubelle : ce n’est pas parce qu’on a deux ans que l’on a envie de manger un boudoir à la salive féline. Beurk.

Conclusion : J’ai réussi à prendre mon petit déjeuner devant Friends, en environ 4 à 5 périodes. Je ne me suis pas énervée. Je suis une héroïne du quotidien. Cependant, j’ai pris bonne note que la prochaine fois je devrais enfermer les chats dans la salle de bain, prévoir un buffet consistant pour mon glouton de gamin, et ajouter un Xanax à mes vitamines du matin. Lalalalalalala. Ou alors je me lève une demi-heure avant tout le monde ?
Nan je déconne.
blog comments powered by Disqus