03 mars 2006

today: no glamour inside

Ce matin il fait glauque. La bruine matinale s’est transformée en flaques gigantesques, qu’il faut stratégiquement éviter à l’approche des véhicules hippomobiles, à moins qu’on soit pris d’une folle envie de se faire hydrater le futal et les converses de bon matin. Il tombe des cordes en fait. Il fait moche. J’ai beau regarder partout, il n’y a rien qui réveille la pupille, qui fasse sautiller un peu le cœur, histoire de réveiller la machine encore endormie. Monsieur Deuzan cocoone sous la bulle de la protection pluie de sa poussette, la Lutine se dépêche d’aller à l’école, les tresses planquées sous la capuche de l’imper rouge, seule touche de couleur dans un monde gris et mouillé, un monde sale et triste. Pouah.
Evidemment mon parapluie si trendy de Hache et Aime a rendu l’âme, il est devenu un réel danger public et il a fallu l’abattre, mesure préventive, le cadavre n’est pas encore enseveli, ou alors on s’en est chargé à ma place, je n’en avais pas le courage. Je suis nue tête sous la flotte, alors que j’ai lavé mes cheveux hier matin, merdouillasse quoi, c’est trop pas juste. Justement j’ai bien besoin de me retrouver toute trempée, une petite pneumonie, ça fera bien sur mon CV de mars, où s’alignent déjà sagement un syndrome grippal, une angine, et mon petit dernier, trop il est mimi et roudoudou, le rhume de cerveau carabiné, celui qui t’attrape le crâne et l’écrabouille, environ 36 000 fois par jour, ouais, c’est chouette.
Je marche dans les rues détrempées, j’évite les flaques, j’évite les voitures, mes lèvres sont comme pas épilées, pleine de petites peaux mortes dues aux nuits à dormir la bouche ouverte pour essayer de respirer, j’essaie de rester un minimum souriante, mais allez-y, vous, faut le vouloir, surtout quand on s’est finalement résolue à mettre la grande écharpe autour de sa tignasse plutôt que de son cou, pour ne pas avoir des dreads détrempées en rentrant à la maison. Je ressemble à une babouchka déprimée en arrivant devant l’école, heureusement que le ridicule ne tue pas. Sinon je serais tombée depuis longtemps au champ d’honneur des mères sans voiture qui emmènent leur enfant à l’école, alors que manifestement la météo est foncièrement hostile.


Mais je sais ce qu’il me faut*, le remède à la grisaille absolutissime , il me faut un magnifique parapluie coloré, un truc plein de peps, king size, un parapluie tellement too much qu’il en sera furieusement hype.

Non mais parce qu’il paraît qu’au mois de mars la météo va continuer de me pisser sur la tête, alors autant prendre les devants avant de me transformer en serpillière humaine.


La phrase qui n’a rien à voir mais quand même un peu :

Je me suis toujours demandé, en voyant la pub Tahiti douche, là où les gens dansent à moitié à oilpé en se savonnant comme dans un téléfilm éwotique de la 6, dès qu’il tombe des trombes des tonnes de flotte sur leurs goules extasiées, ce qui se passerait si la pluie cessait de tomber avant qu’ils ne soient rincés ? Hum ?


* en plus d'une connexion, cela va sans dire.
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