Pour ce faire je n'ai rien trouvé de mieux que de me préserver du temps pour moi.
Et ce temps pour moi, c'est quand ils sont couchés. Du moins les garçons, vu que l'Ado il faut la sortir de sa chambre à la barre à mine, croyez-moi, ma tranquillité est grandement épargnée de ce côté là.
Coucher les garçons, c'est super facile. Obtenir le silence, rien de moins évident. On pourrait croire que c'est là chose aisée, après tout l'un a 10 ans passés et l'autre tout bientôt 7 ans. Que nenni, mon pauvre ami. Voilà que dès les petits pieds glissés sous les couettes, ça se chicane, ça parle, ça se dispute, ça s'insulte aussi des fois, ça râle, ça chouine, et ça couine. Dans mon chamallow, le silence et la tranquillité.
D'abord, j'ai expliqué:
- J'ai besoin de calme et de silence, c'est mon moment à moi, pour que je sois reposée et détendue pour bien m'occuper de vous demain. J'ai besoin que vous soyez silencieux quand vous êtes couchés, même si vous ne dormez pas tout de suite. C'est important pour moi, merci de respecter ça.
Résultat: peau de zob.
Mes mômes, ces ingrats sans coeur.
Ca se paiera tellement mais tellement cher à l'adolescence, je dis ça je dis rien.
Ensuite j'ai menacé, avec les punitions que je suis capable de mettre en oeuvre, merci bien, je ne suis plus une bleue, je maîtrise la tactique:
- Ok, ce n'est pas compliqué. Zèbre, si je t'entends parler, tant pis pour toi, demain tu n'auras pas le droit d'aller à l'école en trotinette. Et Patate, si je t'entends parler, tant pis pour toi, je ne viendrais pas te faire coucou à la cantine.
J'ai aussi ajouté la variante spéciale LeZèbre est un Gros Relou:
- Ok, je ré-entends le son de ta voix, et voilà ce qui va se passer: demain je viens te voir à la cantine, quand tu déjeuneras avec tes copains, et je viendrais te faire un gros câlin en te disant des petits mots doux. Possible même que j'apporte ton doudou. C'est toi qui voit.
Les résultats sont largement plus probants, mais le procédé me vide de mon groove: il faut répéter plusieurs fois, et gérer ensuite les supplications pour faire lever la punition. Dans tes rêves, mon gars.
Mais ce soir, j'ai trouvé LA technique ultime, en me basant sur une connaissance fine et précise de la psychologie de mes fils - oui bon, j'ai eu une épiphanie, c'était super:
- Ok, je vais être très claire, écoutez-moi bien, je ne répèterai pas: le premier qui parle, je demande à l'autre d'aller se coucher dans mon lit.
Et là, les amis, un silence absolu s'est abattu sur la chambre des garçons.
Je t'explique: ils rêvent tous les deux de dormir avec maman, ces gros bébés, et sauf circonstance exceptionnelle - gros chagrin, forte fièvre - ils peuvent se brosser Gaston pour venir me fourguer leurs pieds froids sous le nez. Et de surcroît, il est pour eux hors de question que l'autre y aille, la jalousie fraternelle n'étant pas un mythe.
Ahah!
Je suis tellement fière de moi.
Ca durera ce que ça durera, mais quel bonheur de ne plus rien entendre depuis 50 minutes autre que le cliquetis de mon clavier dans le calme et le silence de l'appartement apaisé.
VICTOIRE, je crie ton nom!
Eh bien c'était super intéressant, didon
