6h05, je me lève, j'ai dormi 3h, c'est l'équivalent d'une grosse sieste. La faute à commencer réellement les bagages à 22h, et d'être une grosse maniaque hystéro de je range tout bien et j'oublie qued'. Je suis toutafé fraîche, reposée et concentrée. Not.
7h15, tout le monde est habillé, les pique-niques individuels sont dans les sacs, chacun est propre, habillé, coiffé, équipé de sa valise, les lits sont faits, les portes des chambres et les volets clos, les chats ont été nourris et leurs litières nettoyées. Ce n'est pas de l'exploit, c'est le combo extraordinaire de l'organisation militaire conjugué avec le fait de se lever à l'aube. Et une pincée de miracle divin.
7h20, tout le monde est en bas de l'immeuble, et la caravane, bruyante des roulettes des valises sur le bitume, peut s'ébranler dans la rue totalement déserte.
7h30, tout le monde est sur le quai, et
7h40 tout le monde est dans le train pour Paris. Tout le monde a la tête dans le chamallow, il faut bien le préciser, vu que je réussis à roupiller en douce sans avoir à résoudre aucun conflit. C'est dingue!
8h15, tout le monde descend du train et s'apprête avec courage, détermination, héroïsme et serrage de biceps, à vivre la partie la moins fun du voyage qui nous mène à la plage. Il s'agit d'emprunter les couloirs et dédales d'escaliers de la ligne 12 qui rejoint Montparnasse. Ben je vais te dire spa une sinécure. Des escaliers partout, des petits, des moyens, des grands, des qui montent et des qui descendent, des que tu vois tout de suite, des qui se révèlent dans toute leur démoniaque amplitude au détour d'un couloir. Autant les petites valises de LaPatate et du Zèbre sont faciles à manier et légères, autant le gros sac à roulettes de L'Ado, et ma valise de compet, c'est moyennement épanouissant, vois-tu. Ce soir encore mes épaules pleurent. Et je vais payer demain matin. Non mais après, c'est chouette, hein, tu t'émerveilles de tout ce que le GoodKarma place sur ta route: fabuleux escalators magiques, délirants plans inclinés, extraordinaires tapis roulants, lieux de toutes les béatitudes.
8h50, Montparnasse, compostage de l'unique billet commun - la modernité, l'écologie, l'économie toussa - attente patiente devant le tableau d'affichage. Ai-je précisé que nous sommes tous les 4 dans un état de fatigue empiré par un travail répétitif et violent des biceps? La catatonie guette.
9h00, nous nous installons dans le TGV, sens contraire à la marche, histoire que je n'ai pas refilé des comprimés de Nautamine pour rien hein, après avoir déposé dans le porte bagage ma grosse valise et le gigantinorme sac de l'Ado. Je suis vraiment costaud, mais pas tous les jours non plus ça ira merci bien. Heureusement que j'avais plus de 3 heures de trajet ensuite pour essayer de me refabriquer des muscles.
LaPatate s'assoit à côté de moi, sa valise à ses pieds, côté fenêtre. LeZèbre fait de même avec sa soeur à ses côtés.
9h30 le TGV quitte le quai et il arrivera sans souci à Bordeaux quelques heures plus tard. Rien à signaler, les deux grands dorment, mangent, dorment, LaPatate dort, mange, joue à rien avec beaucoup d'entrain dans un silence relatif, et moi je regarde deux épisodes de série avant que ma batterie ne déclare forfait, je mange, je dors. Enfin j'essaie, ça coïncide avec la phase active de LaPatate qui me force à lui retrouver les liaisons manquantes dans Marabout Bout d'ficelle. Joie.
12h40 environ, on finit par émarger intacts du TGV, c'est une grande victoire. Il s'agit maintenant de rejoindre le quai A pour choper le TER pour Arcachon. Il est où le quai A? Beh écoute, pour te répondre franchement, il est juste à l'opposé du quai du TGV. On a beau marcher d'un bon pas, rapide, déterminé, motivé, je me rends bien compte que ça sent le roussi de chez Cramé & Cie. Ca ne loupe pas: pas de
places assises, et 50 minutes de trajet pour arriver à Arcachon. Misère. J'arrive à stocker les trois gamins sur des strapontins devant les toilettes - glamour un jour, glamour toujours - et je reste debout dans le compartiment bagages, à côté des deux grosses valises mit ordis inside. Prudence un jour, prudence toujours. Et comment bloguer sans ordi, hein, je vous le demande? Je sais que j'ai votre approbation!
13h10, on débarque à Arcachon, il fait un temps magnifique, on est fatigués mais heureux, et je compte sur ma sublime jupe orange bien flashy pour que le ChouetteMari d'AmélieChouette me repère. Ce qu'il ne manque pas de faire. Il porte un tee-shirt Angry Birds, les enfants le reconnaissent immédiatement comme l'un des nôtres. 25 minutes de trajet plus tard, au milieu des superbes forêts de pins, agrémenté d'une conversation intéressante, et de la surexcitation de LaPatate.
Un peu avant 14h, nous voilà devant une chouette villa, avec un jardin, une terrasse où manger dehors, avec un auvent électrique, c'est magique, tout est joli et sympathique, et vu le DVD de Chihiro édition limité avec un morceau de pellicule, et le Calvin et Hobbes en anglais, les mêmes qu'à la maison, on est clairement dans notre élément. Une chouette discussion sur l'annulation honteuse de Firefly - quand je vous dis qu'on est chez des gens bien sous tout rapports! - les codes du wifi, et nous voilà seuls. En attendant que la femme de ménage finisse son oeuvre - adorable femme de ménage d'ailleurs - nous filons voir l'océan, à 10 minutes à pied. Une petite escalade de dune plus tard et le voilà!
Emerveillement, trois enfants non pshités à la crème solaire, se roulent dans le sable et s'extasient. Il fait un temps superbe, mais un peu claquée par le voyage, je décide de retourner à la maison.
Et là.
Ben disons qu'on a du mal à retrouver la maison.
C'est qu'on est des champions nous.
Tu nous colles devant un rond point d'où partent 4 rues, bah... on s'est trompé de rue. Pécadille.
On a bien fini par retrouver la bonne maison, et s'écrouler sur les chaises de la terrasse.
Où les enfants ont pu boire du jus d'orange et faire une étude comparative des différents parfums de Jelly Beans, avec dégustation à l'appui. Démarche scientifique, on appelle ça.
Le reste de la journée a consisté à défaire les bagages, ranger nos petites affaires, faire les lits, appeler au secours pour la FreeBox qui ne m'aime pas alors que je suis SUPER gentille avec les box moi, je les aime d'amour, je les vénère, je n'ai pas compris. Du coup le gentil mari est revenu pour pratiquer les gestes de premier secours et sauver la connexion. Au passage, explication du fonctionnement de la télé, LaPatate allait entrer en dépression, sinon. On a eu enfin le calme après. L'enfant surexcité et épuisé par le voyage ne trouvait pas le bouton OFF. Merci Gulli.
J'ai réussi à faire que tout le monde se douche, et à préparer le repas: salade de concombre - pour trouver une planche à découper, un fouet à main, un épluche légumes, et l'huile, dans une maison qui n'est pas la tienne quand tu as dormi seulement trois heures et que tu t'es enquillé quasiment 7h de voyage, disons que tu as besoin de ton Ado, et du chat FB sur ton téléphone pour appeler AmélieChouette à l'aide! - et pâtes à la sauce tomate, c'est qu'on fait dans la haute gastronomie, voilà voilà.
Manger dehors, jouer aux 7 familles dehors, le bonheur.
Coucher les monstres. Le bonheur².
Dans le silence, fermer les volets de la maison, aller prendre sa douche. Bonheur décuplé.
Enfin, s'assoir au petit bureau de la chambre, et bloguer...
Les vacances, ça y est, on y est.
Félicité.
Bonus Le + et le - de la journée:
LaPatate:
Le - S'assoir sur les strapontins du train gris et ne rien faire pendant très longtemps.
Le + Pique niquer dans le tgv, et aller voir l'océan
LeZèbre:
Le - Se faire enquiquiner par son petit frère dans le TGV et le TER
Le + La plage. La plage. La plage.
L'Ado:
Le - Tout ce qui descend et qui monte.
Le + Prendre enfin une douche chaude, dans sa salle d'eau privative de sa suite personnelle.
Angel:
Le - Se lever à 6h du matin après une nuit de 3h. L'horreur.
Le + Rencontrer le mari d'AmélieChouette et découvrir la maison: la nouveauté, dans les gens comme dans les lieux, c'est le paradis.
Jus d'orange et JellyBeans, le goûter des champions.
