21 juillet 2014

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Attention ce billet n'a aucune vocation à être drôle, distrayant ou léger. Il s'agit de ce type d'écrit libératoire et structurant que j'ai besoin parfois de mettre ici. Dont acte.

Il est des fois.
Il est des fois où je sens qu'il faut que je pose le fardeau, quelques instants, pour réfléchir à comment poursuivre le chemin.
Il est des fois où un simple enchaînement de faits, si ridicules soient-ils à l'échelle de ma vie, entraîne dans son sillage un bouleversement plus profond.

Ce n'est plus possible.
Je ne peux plus vivre comme ça.

Alors oui c'est super bien écologiquement, éthiquement, et économiquement parlant de vivre dans la moindre consommation. J'en suis persuadée, et j'en vois les bénéfices depuis des mois que j'en ai fait ma ligne de conduite - légèrement obligée par le fait que je n'ai pas un radis de trop à dépenser dans des babioles ou des futilités, et que je suis obligée de déployer toute l'étendue de mon système D pour que mes enfants gardent une vie sympa, rigolote, et chouette.
Ecrire ici en fait partie, c'est un immense plaisir pour moi, c'est extrêmement gratifiant, les retours sont globalement extra, et les bonus, ah les bonus, eux ils sont carrément démentiels. J'ai une télé et une cuisinière pour le prouver, plein de petits cadeaux de partout, une maison pour les vacances, au bord de la mer, des entrées au zoo, et j'en passe. L'échange, ici, est in-cro-ya-ble. Ca me nourrit d'une force de vie dont j'ai grand besoin, tout en corroborant ce qui devient ma nouvelle philosophie: la juste rétribution des actes.
Mais il n'en reste pas moins que courir après l'argent, au bout d'un moment, et je sais que plein parmi vous l'expérimentent quotidiennement, c'est usant. Moralement, physiquement, ça étire, ça étiole, ça écrase.

Et j'en ai marre.

D'un tout petit flexible de douche qui a craqué on arrive à une situation totalement catastrophique, vu que ce petit con de plombier, en posant le nouveau robinet aujourd'hui, a accentué, ou créé, accidentellement ou non, une fuite de bonne taille sous ma baignoire et qu'il n'a pas pu réparer - il ne m'a même pas proposé de nouveau rendez-vous ou devis pour ce faire, vu l'énormité de la tâche, la baignoire ayant été raccordée, posée, et emmurée de la façon la plus tartignolle qui soit par un amateur branquignolle à souhait, qu'il repose en paix.
Si je ne fais rien, je vais vers le dégât des eaux.
Pour l'instant si je veux utiliser l'eau, je dois éponger ensuite, et c'est moyen facile, l'accessibilité étant plutôt limitée.
Bref.
A 5 jours d'un départ en vacances longuement attendu et souhaité par les enfants et moi après trois années très dures, j'avoue, ça plombe un peu l'ambiance. Si, quand même.
Bref.

C'est là que je réalise que j'en ai marre.
Que je ne peux pas continuer comme ça.
A déployer des trésors d'ingéniosité pour mettre quelques petits sous de côté, pour qu'ils s'évaporent comme neige au soleil à chaque fois que le sort décide de péter un truc quelque part dans mon périmètre.
A m'inquiéter, me stresser, me projeter, en permanence, sur ce qui risque de me tomber sur le coin du nez.

C'est là que je décide qu'il faut que ça change.
Que je ne veux plus flipper, m'angoisser, partir en vrille, pour des saloperies d'histoire d'argent.
Et que le meilleur moyen de solutionner ce problème, c'est d'en avoir.
De l'argent.

Voilà comment j'ai décidé de devenir riche.
Enfin riche, entendons-nous bien, suffisamment aisée pour ne pas m'angoisser.
Je ne sais pas encore comment, mais je suis super déterminée.
Bien sûr, papa, maman, je vous rassure, je ne vais pas aller braquer la Caisse d'Ep'.
Ni autres solutions peu glorieuses ou illégales.
Un changement de carrière, écrire un best-seller, épouser un millionnaire sont les options pour l'instant retenues.

Vendredi je décide de changer mon flexible de douche.
C'est gravement parti en sucette.
Lundi je décide de devenir riche.
M'est avis que ça risque d'être mouvementé.
Pas grave, vous serez là pour m'accompagner dans les virages.

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