Non mais ça me gonfle un chouïa d'être une Femme Serpillère depuis 5 mois. J'essaie encore d'assurer sur les quelques derniers bastions qui ne se sont pas effondrés (passer l'aspirateur n'en fait pas partie). Là il s'agissait de remercier dignement les maîtresses de mes enfants, qui font du super boulot et qui sont au demeurant fort sympathiques. Et puis je met un point d'honneur à offrir un cadeau aux instits pour Noyel ET la fin de l'année scolaire, parce que moi j'adore quand les parents m'offrent deux fois des cadeaux (même si ce sont deux fois des chocolats et que je suis au régime, bande de sadiques!).
J'avais le choix entre mercredi après-midi, prendre le bus, me rendre à la ville voisine dans cette super boutique british qui vend des trucs sublimes et délicieux, hyper bon goût, emballage soigné, succès assuré; et mardi soir, voiture, Alix et deux de ses soeurs, centre commercial, possiblité de dégotter des trucs sympas au Torchon à Carreaux ou au Printemps.
Evidemment je choisis la soluce deux, vu que je suis Serpillère Woman, et que le bus me fout une troille de tous les diables: descendre à n'importe quel arrêt pour aller s'allonger sur le trottoir, je ne recommande à personne. Personne. Même toi là-bas, c'est dire.
Donc bon, je suis Alix dans ses pérégrinations de magasinage Speuchieul Noyel. Et déjà Toy's ça m'achève. Je l'attends dehors, assise, pendant qu'elle reste trois plombes à ronger son frein à la caisse. Je veux mourir. Je sens le malaise qui monte, comme une vague, je cherche une position plus adaptée, je commence à paniquer, je cherche des yeux où je vais pouvoir m'allonger sans être trop grotesque. Ca ne va pas du tout.
Je me lève, prête à aller m'allonger dehors, dans le froid et la nuit, à l'abri des regards, comme le chien quitte sa maison pour aller mourir seul dans les bois, un peu. Ca va bien les violons là, je trouve?
Mais Alix arrive enfin, et nous repartons, et marcher me fait du bien, et je me sens moins mal. Direction la Keufna, et précisément la Keufna For Kids. Et là, c'est chouette, tout au fond du fond, il y a un grand canapé d'angle, plus ou moins en retrait. Sans complexe aucun, de toutes façons je n'ai pas trop le choix, je m'y allonge, en position de sécurité, côté gauche tout ça, et limite je dors. Alix en profite pour faire ses courses et m'apporte ses trouvailles au fur et à mesure. Nickel. Je me dis que tout va bien aller, il ne nous reste plus que deux/trois magasins à faire, emballé c'est pesé, je vais trouver des cadeaux somptueux pour les maîtresses, et on pourra rentrer et ce sera bonheur.
On arrive aux caisses. Et là, l'horreur. Partout, des files
immenses de gens les bras chargés de zillions de trucs. Ce n'est pas possible. Il y en a pour une demi-heure d'attente. Et encore si on choisit la bonne file. J'avise la caisse prioritaire handicapés/femmes enceintes. Au moins 15 personnes, aucune ne répondant au bon critère. Let's go. C'est ma troisième grossesse, je ne l'ai jamais fait, si je dois le faire, c'est
maintenant. Dans tous les cas, je ne peux pas poireauter une demi-heure debout, ou assise dans un coin. No way. J'attrape les articles d'Alix, je me cambre un max histoire que ça se voit bien que JE PORTE LA VIE NOM D'UN PETIT JESUS, et je passe devant tout le monde. Un gars est entrain de payer, un autre a déjà posé ses affaires sur la caisse, et tranquille comme jamais, je pose mes articles
devant les siens. Sans un mot. Avec le petit sourire serein de la parturiente épanouie mais fatiguette un peu. Je ne suis même plus moi-même, je flotte au dessus de moi, très haut, quelque part vers le plafond. D'un geste subtil et tout en finesse, Alix me file sa CB discrètement. Je la prends sans la faire tomber, c'est un exploit. Personne ne me dit rien, je ne le crois même pas. Mon dieu c'est si facile que ça en fait? Et dire que je m'en faisais tout un monde, quelle bêtise, quel temps perdu, quelle fatigue accumulée au cours des deux autres grossesses. Si j'avais su. Le caissier encaisse les articles, et au moment de payer, Alix me souffle son code, et bien sûre, mononeurone que je suis, je me gourre, ripage de doigts. Je recommence, c'est bon. Alix me prend les sacs des mains:
laisse tu ne peux pas porter ça c'est trop lourd!Je souris, et je m'en vais.
JE L'AI FAIT.
Je suis passée à une caisse prioritaire en grillant tout plein de monde énervé par l'horaire tardif et les courses de Noyel. Je suis une héroïne. Acclamez moi!
Je me demande encore comment je ne me suis pas évanouie en sortant du magasin. L'adrénaline, peut-être.
Trop j'ai une vie de folie. YEEEEEE PEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE!
(non l'effet euphorisant de la chose n'est toujours pas retombé)Supplément Le téléphone est mon ami:La trop rigolote
Eulalie vient de me faire pleurer de rire avec sa dernière note. Moi j'en étais restée
là c'est dire si je suis une petite joueuse.
Supplément Je suis trop en forme:Les deux prochaines notes sont déjà écrites, autant dire que vous êtes assurés d'avoir une note par jour jusqu'au 22, c'est fou!