Bah au bout de 6 ans de blog - et oui, ça fait 6 ans aujourd'hui que je blogue, c'est quand même assez fou, quand j'ai commencé, PitiGasson avait tout juste 6 mois, LaLutine, tu sais celle qui rentre au collège en septembre, n'avait que 4 ans et demi, et LaPatate n'était encore qu'une idée - bref au bout de 6 ans de blog, j'ai envie de changer mes billets d'anniversaire. J'ai envie de raconter un truc, et pas juste youhou j'ai eu plein de cadeaux. Donc ça c'était pour le préambule.
Aujourd'hui, les vitres de ma cuisine sont propres.
Évidemment, pour beaucoup d'entre vous, cela ne veut rien dire du tout, rapport que vous êtes tous et toutes probablement de remarquables fées et lutins du logis, et que votre home sweet home brille en toutes occasions de mille feux. Chez moi, euh, non. Je ne suis pas une acharnée du ménage - par contre le rangement, oh misère, ne vient pas mettre le boxon chez moi je te vire à coup de tatane dans le tutu - à part en quelques rares occasions. Notamment la fameuse période de SPM, à savoir quand le KM s'annonce de façon hyper subtile - caractère de dogue qui vient de se faire marcher sur les coucougnettes, et pulsions hystériques de rangement et de nettoyage, type "raaaaaaaa mais cet appart est immonde, mais raaaaaaaa comment on peut vivre dans cette crasse sans mourir à la seconde" et ce à la simple vue de miettes égarées et oubliées sur la table du petit déjeuner. Ambiance.
Et donc aussi quand je stresse. Pas le petit stress habituel, non non non, on ne parle pas ici de la petite flippe après avoir regardé ton compte en banque, le résultat d'une éval' d'un môme (ok il a rien pigé, on recommence), le planning affiché dans l'entrée (biiiih mais comment je vais réussir à tout faire moi, il va me pousser des bras et des clones pendant la nuit, ou bien?). Non, non, le VRAI gros stress.
Le VRAI de VRAI. Celui qui te retourne les tripes, celui qui t'empêche de respirer, qui t'interdit de manger la moindre nourriture, qui t'obsède, te remue, ne te lâche pas. Qui t'étouffe à petit feu. Lentement mais sûrement.
Aujourd'hui, après un mois à le repousser vaillamment - allez-vous en méchantes pensées négatives, bouh bouh vilaines, vite, regardons un épisode de cette délicieuse série plutôt que de penser à la sauce dont on va m'arroser avant de me bouffer - et ensuite 8 jours à le laisser grandir - nooooooooooooooon me piquez pas mon super boulot absolument parfait que jamais j'aurais pu rêver mieux et que j'imaginais même pas l'avoir quand je l'ai mis tout en haut de ma liste, ouste ouste les méchants c'est MON travail - aujourd'hui donc, le stress s'est déployé dans toute sa splendeur, profitant d'un triple combo: 1. ce sera mon grand retour au boulot après 7 ans d'élevage de gnomes en miyeu naturel, 2. ça fait trois jours que le Chéwi il est po là et que j'assure des miyons de krucs toute seule avec une organisation au pixel près, et je dors pas des masses 3. c'est mon anniversaire et mon charmant employeur me l'a chouré.
Attaque massive du stress sur ma personne, donc. Je n'étais pas fraîche. Depuis le matin 6H50 que je me suis levée, j'avais beau préparer le sac à dos du pique-nique pour la sortie scolaire de mon fils, emmener LaPatate jouer avec ses potes, attendre que ma fille rentre seule de l'école - mit portaibeule, of course, et SMS "qu'est ce qu'on mange??" - pour déjeuner avec elle, rien n'y faisait: je pensais seulement à ce fichu mail qui devait arriver dans ma boîte pro, pour confirmer ou non l'obtention de mon poste chéri adoré d'amour je le veux donne le moi tussuite. In fer nal.
Est arrivé le moment où je n'en pouvais plus. J'étais rentrée chez moi vers 11h00, m'étais jetée sur ma boîte pro, et rien du tout. A 14h00, toujours rien. Une flaque d'angoisse étalée sur mon parquet, voilà ce à quoi j'étais réduite, parce qu'o bli ga toi re ment, s'il n'y avait rien, ce n'était pas du tout parce que ma chargée de dossier était en train de regarder au tutu des poules dans FarmVille hein, non non non, c'était parce qu'il y avait un problème, un GROS problème, et spécifiquement sur MON cas.
L'enfant dormait, les deux autres étaient ou à l'école, ou en sortie, j'étais là à me ronger les sangs. Ben figure-toi que pour moi dans ces cas là, y'a qu'une seule chose qui me sauve: nettoyer sauvagement le moindre truc craspouec qui me tombe sous la mirette. C'est ainsi qu'hier j'ai récuré intégralement la gazinière et le frigo, au lieu de faire une sieste pour récupérer de ma nuit écourtée.
Je suis allée dans ma cuisine, et ça m'a sauté aux yeux: les vitres et l'encadrement de la fenêtre feraient s'évanouir d'horreur Béatrice et Danièle. Je me suis dit que plutôt que d'actualiser frénétiquement ma boîte pro en faisant monter à chaque clic ma tension d'un cran, il était enfin temps de laver les vitres de la cuisine. LE truc que je fais moins d'une fois par an, rapport que toutes les autres vitres de l'appart, no problemo, je gère, mais celles-là elles me foutent la trouille, debout sur le marche-pied et le vide de deux étages, ça le fait moyen, on va dire.
Pendant plus d'une demi-heure j'ai pshhhiiiiiitté, sopaliné, récuré à l'éponge, essuyé, re-pssshiiiitté, re-sopaliné, récuré et essuyé, jusqu'à ce que mes vitres soient si propres qu'on ne les voit plus et l'encadrement si blanc qu'il éblouisse. Je te jure. Maintenant quand je rentre dans ma cuisine mon premier réflexe est de me demander qui m'a volé mes vitres, c'est dire.
Et puis je suis retournée actualiser ma boîte pro, et il n'y avait rien. Ah mais alors, aurais-je nettoyé les vitres en vain? Non! Ce n'était pas possible. J'ai donc appelé l'Iha, histoire de dire dites donc là-dedans, ça suffit de me faire lanterner maintenant, je VEUX ma réponse, et je la veux TOUT DE SUITE sivlouplé madame. C'est mon anniversaire alors y'en a marre hein, c'est MECHANT de faire se ronger les sangs aux gens de cette façon, bouuuuuuuh vilains vilains vilains administrateurs!
Tu t'en doutes, ça sonnait occupé, m'est avis qu'elles avaient décroché pour se prendre un café en ricanant, les garces!
Et là j'ai craqué, j'ai cherché le n° de ma section syndicale sur le oueb, et j'ai téléphoné. En moins d'une minute trente j'avais ma réponse. J'ai hoqueté un merci, j'ai raccroché, et j'ai fondu en larmes.
Les nerfs.
(à 17h20 le mail est arrivé dans ma boîte pro. iha, spécialiste en torturage de gens. )
Maintenant j'ai des vitres de cuisine parfaitement propres et aussi un poste parfait.
Joyeux anniversaire!
ce billet est dédié à tous mes contacts fb qui ont attendu, croisé les doigts, envoyé des ondes positives, et qui m'ont soutenue pendant toute cette énorme angoisse, avec beaucoup d'humour et de gentillesse!vous êtes formidables!