Jour 6
la laverieComme je suis la fille super organisée (et stressée) de la laïfe, arrivée à la veille de faire les bagages pour repartir à la zonmé, je flippe des tonnes de linge sale à ranger dans les valises, et moi je suis désolée, mais ranger du linge sale dans la valise, ça me débecte. Cherche pas. C'est pas explicable. Je m'autorise un minimum de linge sale, genre le contenu d'une petite machine en rentrant, et stout. Et là, ça tombe bien, y'a une laverie dans la rue, genre à moins de 100 mètres, impec.
Pis bon je veux pas dire mais quel meilleur argument peux-tu trouver pour te barrer deux heures et lire tranquille que " je vais à la laverie, pffffff, tout ce linge à laver, relou, mais bon, je me sacrifie, allez jouer à la plage, hein"? Bon ok faut porter le sac de linge sale jusque la laverie, et crois-moi, 5 jours de linge sale pour une famille de 5, ça fait un peu lourd, mais après c'est peinard. Tu balances tout dans la machine, tu lances le biniou, et tu t'installes avec Stephanie pour rigoler comme une bécasse aux facéties de Grandma Mazur et soupirer bêtement à chaque description de Morelli.
Sauf que bien sûr, la laverie n'est pas vide, et te voilà en train d'aider les bourgeoises parisiennes qui ont décidé de laver une couette et trois chemises avant de rentrer dans la capitale, parce que bon, c'est comme ça, tu es in ca pa ble de fermer ta grande gueule devant l'incompétence des gens, y'a comme une fibre Mère Térésa qui s'active, c'est limite flippant. Et me voilà donc en train de lire l'étiquette lavage de la couette, d'indiquer quelle machine convient le mieux, quel programme sélectionner, et quelle séchante il faudra utiliser, et à quelle puissance, ensuite. Raaaaaah. Bon enfin, quand le linge est propre, faut le sécher. Logiquement la centrale de paiement permet de programmer plusieurs cycles de séchage de 10 minutes chaque, sauf que visiblement ma tronche ne lui revient pas, puisque je suis obligée de la nourrir toutes les 10 minutes et elle me recrache ma monnaie jusque dans la poubelle en dessous, la garce!
Au final, du linge tout propre, tout sec, tout plié et prêt à remettre dans les placards, et une faim de loup! Et comme j'arrive après la bataille pour le repas, ahahahaha je peux manger avec mon bouquin, trop bien.
la plage (toujours)Comme à chaque fois on nous dit qu'il fait moche et qu'au final il fait beau, on va à la plage, tranquillou, et puis de toutes façons c'est marée ultra basse, et figurez-vous qu'il n'y a rien qui plaise autant à mon mec que de marcher sur la grève à marée basse, et d'y dénicher des miyons de trésors à partager avec ses gamins. Et donc pendant que tous les 4 ils s'extasient sur les mini crabes, les bernard l'ermite (vas-y j'ai la flemme de chercher le pluriel, oh), les ptites méduses et les grosses méduses (biiiiih), les bigorneaux, les coques, et j'en passe, tu t'en doutes, je suis allongée sur ma serviette, maillot de bain, paréo, huile qui sent bon et vernis de pétasse, et je bouquine du polar chicklitt ricain. Et quand il fait un pwal froid pour moi, je rajoute une serviette par dessus, et je m'endors comme une bouse. Non mais je suis désolée, mais ça ce sont des vacances, des vraies!
Jour 7
jeux de sable & gossipsLe matin, vu que dans ce bled les squares sont au nombre de deux, et qu'ils sont loin d'être la porte à côté ni même particulièrement attrayants, ben qu'est ce que tu fais histoire que tes minots ils se dégourdissent les mollets et évitent de jouer à la balle rebondissante entre les murs de l'appart? Ben tu vas à la plage. Bah oui. Sauf que bon pas pour te baigner, t'es pas fou non plus, juste pour jouer dans le sable, parce que ça tombe bien, du sable, y'en a des tonnes, partout partout partout, et pas de caca de chien dedans en plus, si ce n'est pas la classe (mais des mégots de clope oui, les gens sont des porcs).
Donc Chéwi et moi on s'installe le tutu sur les planches, les doigts de pied dans le sable, et on laisse les trois loulous avec seaux, pelles, rateaux et moules, et allez-y, construisez nous des châteaux, nous on bouquine, mais on veut voir du résultat hein, alors hop hop hop, on creuse, on remplit, on démoule, on se défonce, merci bien.
Pis comme la lecture au bout d'un moment c'est un peu surfait, avec Chéwi on joue à la Fashion Police, et on rigole comme des andouilles, parce qu'en vrai on est des super méchants, et la mamie avec sa combi courte orange à motifs, et ses Crocs rose layette, désolée, mais c'était juste pas possible, de même pour la mère de famille bon teint, son pantalon rouge vif, et sa marinière assortie, le style cyrillus fait peut-être fureur à Deauville, mais il faut bien l'avouer, c'est hideux.
Et on a bien halluciné aussi sur la nana qui enlève les tee shirts de deux petits gamins qui l'accompagnent, les envoie dans le sable avec seaux et pelles, leur demande de faire un sourire pour la photo - elle les mitraille à fond - et ensuite s'indigne qu'ils ne reviennent pas immédiatement sur les planches se rhabiller et aller déjeuner. Limite elle trépignait la dame, on a bien ri, mais en même temps, mettre des mômes dans le sable et s'attendre à ce qu'ils y restent seulement trois minutes, c'est se mettre le doigt dans l'oeil jusque la cheville, et aller-retour.
mioume le resto!Dernier jour de vacances, flemme absolue, resto. Logique imparable. Et comme depuis une semaine j'observe au passage les contenus des assiettes et le comportement des gens à table, je sais un peu près lequel choisir. Ce sera donc la petite crêperie sans prétention sur la place de la mairie, j'ai vu les gens terminer leurs assiettes -pourtant copieuses- ça me semble donc une bonne idée, contrairement à la brasserie à côté, aux prix prohibitifs, et dont les gens pinaillent dans l'assiette... Et j'ai bien fait, car les plats sont effectivement copieux, très simples mais très bons - crêpes et moules frites seront nos choix, crêpes pour les filles, moules frites pour les gars, ça ne s'invente pas - et les serveurs tout à fait charmants, gentils et souriants, ce qui est toujours un plus quand tu débarques avec trois enfants dont deux particulièrement remuants.
Et donc après le délicieux repas sans vaisselle à laver et sans courses au préalable, mini sieste, et direction la plage, ça tombe bien, il fait un soleil éclatant, alors que la météo, toujours aussi fiable, prévoyait de la pluie à gogo.
les mouettes et le goélandDes fois quand tu es sur ta serviette, tute seule parce que lâchement abandonnée par les explorateurs fous partis à la recherche du crabe et de la méduse géante, tu t'endors la tête sur ton bouquin. Ca n'a pas du tout de rapport avec le fait que tu as mangé ta crêpe oeuf/fromage + la moitié des moules frites de LaPatate. Du tout. Tais-toi. Et donc quand tu dors, au bout d'un moment tu te réveilles, oui je sais, c'est fou. Et là, tu ouvres un oeil, tu tâtonnes pour trouver ton tiliphone dans ton sac, et tu te rends compte que t'as dormi 45 minutes, et que t'es toujours toute seule sur ta serviette. Ah. Depuis plus d'une heure, absolument personne n'est venu te réclamer une serviette, un gâteau, à boire, ou que sais-je encore.
Limite c'est inquiétant. Surtout qu'en scrutant la mer tout là-bas loin, tu vois super pas ton mec et tes mouflets. Ok.
Tu pries qu'ils n'aient pas été emportés par le seul grand requin blanc de la côte deauvilloise, et tu te replonges dans ta lecture.
Quand tu avises une mouette qui se tient à moins de 10 m de toi.
Et là, paf, un accès de folie, tu lui files une céréale, tu sais les Trésor de Kellog's, des petits trucs fourrés au chocolat là, que LaPatate il pourrait en manger sur la tête d'un pouilleux.
Tu jettes la céréale à la mouette.
Erreur fatale.
Après tu as quinze mouettes.
Qui te regardent.
Biiiiiiiiiiiiiih.
Tu rejettes une céréale à TA mouette, qui l'engloutit vite fait, et qui ensuite se transforme en Bad Mouette, attation ça rigole plus elle défend sa céréale, elle se fait toute grosse, elle rentre la tête dans les plumes et vas-y que je marche de façon belliqueuse vers les autres, en criant comme une damnée que ce sont MES CEREALES CASSEZ VOUS LES GUEUSES!
Ah bah didon. Elle a pas l'air contente la bestiole, elle fait PEUR!
Et moi je suis morte de rire.
Et je redonne des céréales.
Faut voir les mouettes faire du sur place pour repérer la céréale et descendre en piqué. Hilarant. C'est bien le seul intérêt qu'on peut trouver à la bestiole, faut dire.
Pis là t'as un goéland qui arrive, et il a du rouge sur son bec, il a du buter de la mouette avant, et je peux te dire qu'elles filent droit les excitées, le king est dans la place, mais comme il est lent et pas très futé, elles lui chourent les céréales quand même.
Et c'est à ce moment là que mes enfants reviennent, et que LaPatate fonce dans les mouettes mit goéland, et y met une belle pagaille. Hin hin hin. C'est mon fils le plus fort et ce sont SES céréales d'abord.
bagagesEt puis voilà, c'est l'heure de rentrer, et tu sais que tu vas devoir faire les bagages, et pffff c'est déprimant. En une heure c'est bouclé, tu as réussi à tout faire tenir dans les valises, tu n'as rien oublié, youhou, il est 21h00, tu peux aller t'écrouler dans ton lit sans te laver les dents parce que t'as déjà rangé la brosse à dents. Pffff tiens.
Jour 8
ménage&vadrouillagePendant que Chéwi fait le ménage, je suis chargée de m'occuper des enfants dehors, et d'acheter le pique nique du midi. Parce que la blague, c'est qu'on doit libérer l'appartement à 11h00, pas une minute plus tard, et le train est à 14h10. Misère quoi.
Donc acheter le pique nique, ça te prend pas longtemps, et ensuite tu fais quoi dans la ville sans square quand tu as rangé les jeux de plage dans les valises?
Ben tu improvises.
Donc j'ai fait séance photo devant la bibliothèque maintenant défunte de Deauville, ça tombe bien il y a trois mini supports en pierre pour des statues qui ne sont plus là, et donc un enfant sur chaque, et c'est parti. Ils ont bien rigolé, et ça nous a occupé une bonne vingtaine de minutes.
Ensuite visite du marché, avec d'abord passage à la pharmacie pour PitiGasson qui a trouvé malin de tomber sur des marches et de se bousiller méchamment au niveau du tibia.
Je marche très très lentement pour que mon petit blessé puisse suivre et pour gagner du temps en extérieur, raaaaaa, quelle maligne je fais. Et je rentre pile pour 11h00, on récupère notre chèque de caution malgré le lit bébé toujours pas replié hin hin hin, et on descend tous les bagages pour une nouvelle traversée de la Caravane de l'Angoâsse à travers les rues de la ville. Youpi. C'est parti pour quasi trois heures d'attente à la gare, heureusement il fait très beau, le lieu est joli, et les enfants, grâce soit rendue aux Nintendo DS, sont hyper sages.
dedans le trainMoi je suis désolée mais à chaque fois que je prends le train avec mes loupiots je suis hype fière d'eux. Les gens ils tirent grave la gueule quand on arrive, genre ahhhhh noooon on est maudiiiiiiiiiiits, TROIS enfants d'un coup, misère de misère ça va être l'enfer, mais en fait ça dure super pas, parce qu'au bout de 10 minutes qu'on est installés, LaLutine et PitiGasson sont le nez dans leur DS à comparer leurs avancées dans le jeu Pokemon, et LaPatate ronfle sur moi pendant que je bouquine. Le tout pendant les deux heures de trajet. Ahahaha ça vous en bouche en coin hein. Oui je crâne si je veux. Spa tous les jours non plus, faut les voir à la supérette les trois affreux, on en recause, hein.
Par contre avec le train le souci c'est que des fois il s'arrête, et il y a des gens qui montent. Et là c'était la troupe de scouts. On a cru mourir quand ils sont passés à côté de nous, tellement ils sentaient le pas lavé et le saucisson. Une horreur. Les gens ouvraient des yeux effarés et fronçaient leur nez, et franchement il y avait de quoi, quelle puanteur, sérieux! Et bruyants et cons avec ça. Affligeant. Y'en a un qui est venu demander à Chéwi ce que ça faisait de porter des lunettes, a priori c'était le gage d'un jeu alakon entre scouts de bon aloi à qui ça ne suffit pas d'empuantir le wagon, faut aussi enquiquiner le passager. Chéwi est resté très zen, rapport que bon les merdeux de cet âge-là, ça va il gère. Tsé c'est quoi le truc le plus atroce que mon Chéwi il a sorti à un élève - oui je sais je digresse, mais c'est mon blog, oh -?
L'élève lui demande s'il a sa copie. Chéwi lui répond: Ah bah non, je ne l'ai pas, je l'ai directement envoyée à tes parents, assortie d'un billet pour deux heures de colle.
Qu'il est méchant, ce n'était même pas vrai, c'était une blaaaague. Bref.
Le contrôleur qui passait à l'arrivée pour vérifier que tout le monde était descendu, et donc nous on y était encore, on n'aime pas trop trop les bousculades, il a dit que les scouts dans un wagon c'était l'angoisse totale, et que vraiment il était dégoûté. Ben tiens tu m'étonnes mon gars, j'ai encore l'odeur de saucisson pourri dans le nez, là.
Et un train de banlieue plus tard, et nous voilà chez nous. Et tu me crois tu me crois pas, c'est toi qui voit, mais arrivés à 17h15 dans notre appartement, à 18h00 tous les bagages étaient rangés impec. Et la lessive des fringues sales tournait gentiment dans la machine. Sans que je me lève du canapé, juste en ouvrant les valises et en dispatchant les affaires à ranger entre mes elfes de maison, payés non pas en chaussettes, mais 3 euros chacun. Eheh.
Et c'est ainsi que s'achève la fabuleuse série des vacances à la plage, et restez connectés, un autre billet devrait arriver demain, surtout qu'il est déjà écrit. Et oui.