Là, vraiment, j'ai envie de chialer. Mais pourquoi donc, me demanderez-vous, attentifs et polis, et concernés, je sais que vous êtes tous des lecteurs farpaits.
Je n'ai pas pleuré après ma nuit à 39°5, entrain de rissoler dans mon jus (mon dieu, demain Chéwi ne va retrouver qu'une flaque de gras dans le lit, ce seront mes pauvres restes), à rêver en boucle des trucs incompréhensibles, je suis juste allée chercher une bouteille d'eau pour essayer de rester un minimum aqueuse.
Je n'ai pas pleuré quand ma maman venue en renfort pour m'aider avec la Boulette, a flanqué par terre mon portable, le truc de gueudin qui n'arrive jamais, le fil de l'alim' qui s'est coincé dans l'absence d'accoudoir de mon fauteuil en osier Hic et Ah, mon portable s'est fracassé les megabytes sur le parquet, sous mes yeux ébahis, j'ai poussé un hurlement. Ma mère a failli mourir d'un arrêt cardiaque, elle était contente d'être viendue chez oim, pour le coup. Je n'ai pas pleuré, j'ai juste démarré la bécane en priant qu'elle vive encore, et elle avait survécu, elle est trop forte ma Poupoune.
Je n'ai pas pleuré quand à 12 00 ma température était toujours à 39°6, parce que le gentil médecin m'a rappelée pour me dire que oui l'ibuprofène était autorisé pendant l'alaitement, et j'ai pu me taper une super descente de fièvre en moins d'une heure, j'ai sué comme une truie dans un sauna, je n'ai pas pleuré, je suis juste allée prendre une douche.
Je n'ai pas pleuré quand après la plus longue sieste de sa courte existence, ma Boulette s'est réveillé tout chiffoné avec 38°4. J'ai juste envoyé son papa acheter des suppos de Doliprane pour un bébé de 6 kilos.
Je n'ai pas pleuré quand 3 heures plus tard, à 22:30, mon fils a grimpé à 39°3. J'ai juste décroché mon téléphone pour appeler SOS Médecins.
Je n'ai pas pleuré non plus quand la gentille opératrice m'a clairement expliqué qu'un bébé si jeune avec autant de fièvre, il ne devait absolument pas rester à la maison, mais être vu rapidement aux urgences pédiatriques. J'ai juste appelé ma super belle-mère, envoyé Chéwi chercher le siège auto à la cave, et préparé le sac à langer de mon fils, avec le carnet de santé, la carte vitale, les couches, un change, le produit à cul, les cotons, sa petite couverture...
Je n'ai pas pleuré quand la gentille médecin des urgences a prononcé les mots ponction lombaire. J'ai juste ouvert des grands yeux, et je me suis demandé qui donc venait de m'assomer d'un coup là? Hum? Et ensuite j'ai patiemment et poliment négocié qu'on attende pour lui faire cet acte douloureux et risqué, car il avait probablement attrapé mon virus. Hors de question que l'on fasse subir ça à mon bibou, le dos des bébés est mou et ils n'appréhendent pas, on utilise des petites aiguilles, mais mes fesses oui, viens que je te donne un coup de marteau piqueur entre les omoplates madame. Je veux bien qu'on élimine toutes les possiblités d'infections avant de déterminer que la fièvre est d'origine virale, mais faut pas charrier non plus.
Je n'ai pas pleuré quand j'ai compris qu'un bébé de moins de trois mois avec plus de 39° de fièvre admis aux urgences pédiatriques se voit obligatoirement hospitalisé. J'ai juste demandé s'il y aurait un lit pour moi dans sa chambre, et si l'on pouvait rédiger un certificat pour que le papa n'aille pas travailler et s'occupe des deux autres loustics. Ce qui a été fait.
Je n'ai pas pleuré quand on a sorti un pauvre lit pliant d'un placard, et qu'on a mis une perf à mon bébé, qu'on lui a attaché les capteurs de l'électro cardiogramme et le capteur de sat'. J'ai juste appris à manipuler mon bébé avec précautions pour ne pas emmêler les fils, et j'ai essayé de faire mon lit pour dormir quand je le pourrais. Ma gentille et adorable belle-mère était allée chercher un sac préparé par Chéwi, totalement dégoûté, avec des affaires pour moi et pour la Boulette Bouillotte, j'ai ouvert le sac, enfilé des vêtements confortables, j'ai disposé la jolie couverture offerte par Deedeen sur les barreaux du lit de la Boulette, pour le protéger des lumières du couloir, et déposé devant les trois doudous trouvés dans le sac: le chien hochet qui trône habituellement dans le berceau, le petit crocodile qui lui tient compagnie, et le hochet zèbre offert par Pando, celui qui fait pouet, et que la Boulette adore.
Je n'ai pas pleuré les deux jours qui ont suivi, à voir mon bébé enfermé dans moins de 3 m² , lui qui suit toujours la petite troupe toute la journée dans son landau, qui voit défiler du paysage à longueur de temps. J'ai juste essayé de l'occuper avec ses trois doudous, les carrés de sa couverture, la boîte à sons trouvée dans la chambre. Je lui ai raconté plein de bêtises aussi.
Je n'ai pas pleuré quand les capteurs de l'electro-cardiogramme, mal adaptés aux nourrissons, faisaient sonner le monitoring pile quand il était en sommeil profond (il respirait pas assez souvent, l'andouille de bébé, non mais franchement) ce qui est trop chouette pour le réveiller, mouarf, ce n'est pas comme si je venais de passer deux plombes à l'endormir. Pas plus que je n'ai râlé de ce capteur de sat' relou qui n'arrêtait pas de buguer et de se mettre en alarme. Je n'ai pas chialé de cette perf accrochée au mur qui m'empêchait d'aller jusqu'à la table à langer, j'ai juste sorti le petit tapis à langer du sac de la Boulette, et je l'ai changé sur mon lit de camp, avec son produit à cul perso, ses cotons, et ses couches. Tout était tellement différent de la maison, je voulais qu'il garde quelques repères, si minuscules soient-ils.
Je n'ai pas pleuré de ne pas pouvoir bercer mon bébé autrement qu'en oscillant sur moi-même, ni de ne pouvoir le calmer autrement qu'en lui donnant le sein. J'ai juste arrêté de compter les tétées, et je pense que la Boulette a largement explosé son record. Il ne serait pas incroyable que cet enfant ait tété plus de 15 fois dans la journée de mercredi. Surtout que dès midi sa température était redevenue normale, et l'appétit a suivi.
Je n'ai pas pleuré de fatigue lors des deux nuits en service pédiatrique. Pourtant j'aurais pu, quand je venais de passer 25 minutes de tétées, et 15 minutes de berçage, pour endormir mon chtit bisou tout décalqué, en me fiant au monitoring pour repérer le sommeil profond (rythme cardiaque entre 130 et 135, on a vraiment que ça à foutre hein, c'est largement pitoyable), que je le déposais dans son lit à barreaux en me hissant sur la pointe des pieds, en essayant de ne pas emmêler tous ses fils et sa perf, et que paf, la lumière du couloir se ralllumait pile sur sa ptite bouille, et que ça le réveillait, car cet enfant n'envisage de dormir la nuit que dans le noir quasi total... J'ai juste pris mon mal en patience, et récupéré à chaque fois mon bébé pleurant, me suis assise en tailleur sur mon lit de camp, l'ai remis au sein, en me disant, bah je vais bouquiner, tant pis, j'ouvrais mon livre, le bébé têtait, bien éveillé, je lisais quelques lignes, et paf, la lumière du couloir s'éteignait, et je me retrouvais dans le noir, ahahahahahahaha, je vous jure que j'ai pensé que c'était un complot spécifiquement contre ma goule.
Je n'ai pas pleuré non plus quand le mercredi midi l'infirmière m'a appris que je ne serais pas nourrie, que seul le petit déjeuner était préparé pour les parents accompagnants, et ce entre 8h et 9 h, je l'avais raté car 1. je dormais un petit peu et 2. je donnais la tétée lors du bon crénau, et puis de toutes façons, je ne voulais pas laisser mon fils tout seul. J'ai juste été hyper soulagée que ma mère soit venu me voir, elle a filé au monop' m'acheter de la bouffe de lusque, bio, diététique, et originale, merci maman, uhuhuhuhuhu, ce qui m'a permis de tenir les deux repas du mercredi et le petit dej' du jeudi, en ayant pris grand soin d'écrire "maman de la Boulette" sur ma salade de quinoa aux graines germées, mon sandouich à la brique de vache, tomate cerises et graines de tournesol, et ma compote bio avant de les déposer dans le frigo commun. Mouarf. J'en profite pour remercier ma mère publiquement de m'avoir fait découvrir les macarons au chocolat de chez Paul, mais créer une addiction chez son enfant 33 ans après sa naissance, c'est mal!
Je n'ai pas pleuré de rester toute la journée en face de la chambre de Crapouille, 4 ans à vue de nez, hospitalisé depuis au moins une journée quand je suis arrivée avec ma Boulette, et qui repartirait facile 2 jours après nous... Crapouille, diabétique, allait se faire poser une pompe à insuline. Maman Talons Aiguilles et Papa Portable ne lui parlaient pas très gentiment ouhla non non non: tu es vilain, vraiment tu es vilain avec tout le monde! (là c'était sa mère) ou tu es vraiment rien qu'une teigne (là c'était son père), j'en passe et des meilleures, des menaces de fessées pour manger la semoule, jusqu'aux mensonges devant l'enfant sanglotant qui réclame son papa parti pour la nuit oui si tu termines ton plateau, papa va revenir, je vais le chercher, oh il m'a dit qu'il arrive... Là j'avais juste envie de me lever et d'aller expliquer la laïfe à des parents assez pourris pour mentir à un gamin hospitalisé mais je me suis abstenue, bien sûr. Il était relou Crapouille, mais franchement, il avait de quoi le loustic, parce que des parents qui promettent des baskets spiderman si tu manges ta tartine, franchement, y'a de quoi les pousser à bout...
Je n'ai pas pleuré quand on est finallement sorti de l'hosto avec un bébé sans fièvre depuis plus de 24H, et que ma gentille, adorable et complètement folledingote belle-mère, m'a planté devant sa voiture avec le bébé dans les bras, le sac à langer et mon sac de voyage, parce qu'elle avait paumé ses clés de bagnole. Moment d'immense solitude, mais j'ai juste tapé la discut' avec une nana sur le parking, histoire de faire passer le temps jusqu'à ce que Fofolle the First accrédite ma thèse des clés de ouature glissées dans la doublure de son sac, muf muf muf (non mais y a même retrouvé le second trousseau, perdu depuis un bail, c'est dire).
En fait, même si du lundi 17 00 au jeudi 18 00 c'était bien pourri de chez pourri, j'ai tenu le coup. Je n'ai pas pleuré. Je me répétais comme un mantra: on teste ma zénitude là, on teste ma zénitude, je vais y arriver.
Sauf que.
Sauf que j'ai fini par craquer. Et vous savez quand? Quand on m'a dit que c'était bon, que la Boulette allait pouvoir rentrer à la maison, et alors qu'il s'était finallement endormi dans son lit-cage, je me suis rendue aux toilettes. Et que j'ai constaté avec des yeux comme des soucoupes et une incrédulité de la taille du Massachusset au moins, que le Ketchup Monster était de retour, moins de 2 mois après la naissance de la Boulette, et mois de 4 semaines après la fin des suites de couches. Alors que j'allaite intégralement, all day and night long, open bar, free nibs for baby, non mais c'est quoi cette arnaque?
Là, oui, j'ai chialé. Le retour de la patacul, mes amis, ça tue la zénitude de n'importe qui. Faut être préviendu.
Ketchup Monster 1- Angel 0
bonus track portnaouak:
devinette:
je pisse sur la pile de bodys propres et je chie sur le thermomètre
qui suis-je?
info veri interessante:
j'ai enfin cédé aux sirènes de la modernité et du capitalisme et que sais-je encore... Oui je viens de prendre un abonnement pour avoir un téléphone portable. Rien à voir avec son look bien sûr. Bien sûr.
mille mercis
à Altaïr, pour Malevil, que je vais pouvoir relire pour la 439ème fois avec bonheur
à ma Paula, pour m'avoir enfin permis de lire Le Philibert de Marilou, de la très talentueuse Capucine.
Z'êtes des amours.
Je n'ai pas pleuré après ma nuit à 39°5, entrain de rissoler dans mon jus (mon dieu, demain Chéwi ne va retrouver qu'une flaque de gras dans le lit, ce seront mes pauvres restes), à rêver en boucle des trucs incompréhensibles, je suis juste allée chercher une bouteille d'eau pour essayer de rester un minimum aqueuse.
Je n'ai pas pleuré quand ma maman venue en renfort pour m'aider avec la Boulette, a flanqué par terre mon portable, le truc de gueudin qui n'arrive jamais, le fil de l'alim' qui s'est coincé dans l'absence d'accoudoir de mon fauteuil en osier Hic et Ah, mon portable s'est fracassé les megabytes sur le parquet, sous mes yeux ébahis, j'ai poussé un hurlement. Ma mère a failli mourir d'un arrêt cardiaque, elle était contente d'être viendue chez oim, pour le coup. Je n'ai pas pleuré, j'ai juste démarré la bécane en priant qu'elle vive encore, et elle avait survécu, elle est trop forte ma Poupoune.
Je n'ai pas pleuré quand à 12 00 ma température était toujours à 39°6, parce que le gentil médecin m'a rappelée pour me dire que oui l'ibuprofène était autorisé pendant l'alaitement, et j'ai pu me taper une super descente de fièvre en moins d'une heure, j'ai sué comme une truie dans un sauna, je n'ai pas pleuré, je suis juste allée prendre une douche.
Je n'ai pas pleuré quand après la plus longue sieste de sa courte existence, ma Boulette s'est réveillé tout chiffoné avec 38°4. J'ai juste envoyé son papa acheter des suppos de Doliprane pour un bébé de 6 kilos.
Je n'ai pas pleuré quand 3 heures plus tard, à 22:30, mon fils a grimpé à 39°3. J'ai juste décroché mon téléphone pour appeler SOS Médecins.
Je n'ai pas pleuré non plus quand la gentille opératrice m'a clairement expliqué qu'un bébé si jeune avec autant de fièvre, il ne devait absolument pas rester à la maison, mais être vu rapidement aux urgences pédiatriques. J'ai juste appelé ma super belle-mère, envoyé Chéwi chercher le siège auto à la cave, et préparé le sac à langer de mon fils, avec le carnet de santé, la carte vitale, les couches, un change, le produit à cul, les cotons, sa petite couverture...
Je n'ai pas pleuré quand la gentille médecin des urgences a prononcé les mots ponction lombaire. J'ai juste ouvert des grands yeux, et je me suis demandé qui donc venait de m'assomer d'un coup là? Hum? Et ensuite j'ai patiemment et poliment négocié qu'on attende pour lui faire cet acte douloureux et risqué, car il avait probablement attrapé mon virus. Hors de question que l'on fasse subir ça à mon bibou, le dos des bébés est mou et ils n'appréhendent pas, on utilise des petites aiguilles, mais mes fesses oui, viens que je te donne un coup de marteau piqueur entre les omoplates madame. Je veux bien qu'on élimine toutes les possiblités d'infections avant de déterminer que la fièvre est d'origine virale, mais faut pas charrier non plus.
Je n'ai pas pleuré quand j'ai compris qu'un bébé de moins de trois mois avec plus de 39° de fièvre admis aux urgences pédiatriques se voit obligatoirement hospitalisé. J'ai juste demandé s'il y aurait un lit pour moi dans sa chambre, et si l'on pouvait rédiger un certificat pour que le papa n'aille pas travailler et s'occupe des deux autres loustics. Ce qui a été fait.
Je n'ai pas pleuré quand on a sorti un pauvre lit pliant d'un placard, et qu'on a mis une perf à mon bébé, qu'on lui a attaché les capteurs de l'électro cardiogramme et le capteur de sat'. J'ai juste appris à manipuler mon bébé avec précautions pour ne pas emmêler les fils, et j'ai essayé de faire mon lit pour dormir quand je le pourrais. Ma gentille et adorable belle-mère était allée chercher un sac préparé par Chéwi, totalement dégoûté, avec des affaires pour moi et pour la Boulette Bouillotte, j'ai ouvert le sac, enfilé des vêtements confortables, j'ai disposé la jolie couverture offerte par Deedeen sur les barreaux du lit de la Boulette, pour le protéger des lumières du couloir, et déposé devant les trois doudous trouvés dans le sac: le chien hochet qui trône habituellement dans le berceau, le petit crocodile qui lui tient compagnie, et le hochet zèbre offert par Pando, celui qui fait pouet, et que la Boulette adore.
Je n'ai pas pleuré les deux jours qui ont suivi, à voir mon bébé enfermé dans moins de 3 m² , lui qui suit toujours la petite troupe toute la journée dans son landau, qui voit défiler du paysage à longueur de temps. J'ai juste essayé de l'occuper avec ses trois doudous, les carrés de sa couverture, la boîte à sons trouvée dans la chambre. Je lui ai raconté plein de bêtises aussi.
Je n'ai pas pleuré quand les capteurs de l'electro-cardiogramme, mal adaptés aux nourrissons, faisaient sonner le monitoring pile quand il était en sommeil profond (il respirait pas assez souvent, l'andouille de bébé, non mais franchement) ce qui est trop chouette pour le réveiller, mouarf, ce n'est pas comme si je venais de passer deux plombes à l'endormir. Pas plus que je n'ai râlé de ce capteur de sat' relou qui n'arrêtait pas de buguer et de se mettre en alarme. Je n'ai pas chialé de cette perf accrochée au mur qui m'empêchait d'aller jusqu'à la table à langer, j'ai juste sorti le petit tapis à langer du sac de la Boulette, et je l'ai changé sur mon lit de camp, avec son produit à cul perso, ses cotons, et ses couches. Tout était tellement différent de la maison, je voulais qu'il garde quelques repères, si minuscules soient-ils.
Je n'ai pas pleuré de ne pas pouvoir bercer mon bébé autrement qu'en oscillant sur moi-même, ni de ne pouvoir le calmer autrement qu'en lui donnant le sein. J'ai juste arrêté de compter les tétées, et je pense que la Boulette a largement explosé son record. Il ne serait pas incroyable que cet enfant ait tété plus de 15 fois dans la journée de mercredi. Surtout que dès midi sa température était redevenue normale, et l'appétit a suivi.
Je n'ai pas pleuré de fatigue lors des deux nuits en service pédiatrique. Pourtant j'aurais pu, quand je venais de passer 25 minutes de tétées, et 15 minutes de berçage, pour endormir mon chtit bisou tout décalqué, en me fiant au monitoring pour repérer le sommeil profond (rythme cardiaque entre 130 et 135, on a vraiment que ça à foutre hein, c'est largement pitoyable), que je le déposais dans son lit à barreaux en me hissant sur la pointe des pieds, en essayant de ne pas emmêler tous ses fils et sa perf, et que paf, la lumière du couloir se ralllumait pile sur sa ptite bouille, et que ça le réveillait, car cet enfant n'envisage de dormir la nuit que dans le noir quasi total... J'ai juste pris mon mal en patience, et récupéré à chaque fois mon bébé pleurant, me suis assise en tailleur sur mon lit de camp, l'ai remis au sein, en me disant, bah je vais bouquiner, tant pis, j'ouvrais mon livre, le bébé têtait, bien éveillé, je lisais quelques lignes, et paf, la lumière du couloir s'éteignait, et je me retrouvais dans le noir, ahahahahahahaha, je vous jure que j'ai pensé que c'était un complot spécifiquement contre ma goule.
Je n'ai pas pleuré non plus quand le mercredi midi l'infirmière m'a appris que je ne serais pas nourrie, que seul le petit déjeuner était préparé pour les parents accompagnants, et ce entre 8h et 9 h, je l'avais raté car 1. je dormais un petit peu et 2. je donnais la tétée lors du bon crénau, et puis de toutes façons, je ne voulais pas laisser mon fils tout seul. J'ai juste été hyper soulagée que ma mère soit venu me voir, elle a filé au monop' m'acheter de la bouffe de lusque, bio, diététique, et originale, merci maman, uhuhuhuhuhu, ce qui m'a permis de tenir les deux repas du mercredi et le petit dej' du jeudi, en ayant pris grand soin d'écrire "maman de la Boulette" sur ma salade de quinoa aux graines germées, mon sandouich à la brique de vache, tomate cerises et graines de tournesol, et ma compote bio avant de les déposer dans le frigo commun. Mouarf. J'en profite pour remercier ma mère publiquement de m'avoir fait découvrir les macarons au chocolat de chez Paul, mais créer une addiction chez son enfant 33 ans après sa naissance, c'est mal!
Je n'ai pas pleuré de rester toute la journée en face de la chambre de Crapouille, 4 ans à vue de nez, hospitalisé depuis au moins une journée quand je suis arrivée avec ma Boulette, et qui repartirait facile 2 jours après nous... Crapouille, diabétique, allait se faire poser une pompe à insuline. Maman Talons Aiguilles et Papa Portable ne lui parlaient pas très gentiment ouhla non non non: tu es vilain, vraiment tu es vilain avec tout le monde! (là c'était sa mère) ou tu es vraiment rien qu'une teigne (là c'était son père), j'en passe et des meilleures, des menaces de fessées pour manger la semoule, jusqu'aux mensonges devant l'enfant sanglotant qui réclame son papa parti pour la nuit oui si tu termines ton plateau, papa va revenir, je vais le chercher, oh il m'a dit qu'il arrive... Là j'avais juste envie de me lever et d'aller expliquer la laïfe à des parents assez pourris pour mentir à un gamin hospitalisé mais je me suis abstenue, bien sûr. Il était relou Crapouille, mais franchement, il avait de quoi le loustic, parce que des parents qui promettent des baskets spiderman si tu manges ta tartine, franchement, y'a de quoi les pousser à bout...
Je n'ai pas pleuré quand on est finallement sorti de l'hosto avec un bébé sans fièvre depuis plus de 24H, et que ma gentille, adorable et complètement folledingote belle-mère, m'a planté devant sa voiture avec le bébé dans les bras, le sac à langer et mon sac de voyage, parce qu'elle avait paumé ses clés de bagnole. Moment d'immense solitude, mais j'ai juste tapé la discut' avec une nana sur le parking, histoire de faire passer le temps jusqu'à ce que Fofolle the First accrédite ma thèse des clés de ouature glissées dans la doublure de son sac, muf muf muf (non mais y a même retrouvé le second trousseau, perdu depuis un bail, c'est dire).
En fait, même si du lundi 17 00 au jeudi 18 00 c'était bien pourri de chez pourri, j'ai tenu le coup. Je n'ai pas pleuré. Je me répétais comme un mantra: on teste ma zénitude là, on teste ma zénitude, je vais y arriver.
Sauf que.
Sauf que j'ai fini par craquer. Et vous savez quand? Quand on m'a dit que c'était bon, que la Boulette allait pouvoir rentrer à la maison, et alors qu'il s'était finallement endormi dans son lit-cage, je me suis rendue aux toilettes. Et que j'ai constaté avec des yeux comme des soucoupes et une incrédulité de la taille du Massachusset au moins, que le Ketchup Monster était de retour, moins de 2 mois après la naissance de la Boulette, et mois de 4 semaines après la fin des suites de couches. Alors que j'allaite intégralement, all day and night long, open bar, free nibs for baby, non mais c'est quoi cette arnaque?
Là, oui, j'ai chialé. Le retour de la patacul, mes amis, ça tue la zénitude de n'importe qui. Faut être préviendu.
Ketchup Monster 1- Angel 0
bonus track portnaouak:
devinette:
je pisse sur la pile de bodys propres et je chie sur le thermomètre
qui suis-je?
info veri interessante:
j'ai enfin cédé aux sirènes de la modernité et du capitalisme et que sais-je encore... Oui je viens de prendre un abonnement pour avoir un téléphone portable. Rien à voir avec son look bien sûr. Bien sûr.
mille mercis
à Altaïr, pour Malevil, que je vais pouvoir relire pour la 439ème fois avec bonheur
à ma Paula, pour m'avoir enfin permis de lire Le Philibert de Marilou, de la très talentueuse Capucine.
Z'êtes des amours.