Mais vraiment.
Vraiment.
Genre elle hurle à la mort qu'on l'assassine dès lors qu'on s'approche un peu trop près d'elle avec le coton et le pshiiiit qui pique pas. Bon ok ça c'est quand elle avait entre 2 et 10 ans, elle s'est un peu calmée depuis. M'enfin depuis sa naissance, elle ne supporte pas qu'on la touche, qu'on pratique un soin quelconque sur elle. Les vaccins? La pédiatre s'en souvient encore, je le vois à son petit sursaut quand elle me dit bonjour à chaque fois qu'on se croise dans la rue. Elle a pris sa retraite aux 3 ans de ma fille, je dis ça je dis rien.
Lui filer du doliprane en pipette quand elle était bébé? Deux pipettes. Une pour l'empêcher de serrer les dents. L'autre pour lui donner sa dose de médoc dose-kilo par dose-kilo, histoire de savoir où tu en es quand elle te recrache à la figure le médoc de l'enfer avec lequel il semble redoutablement évident que tu tentes de l'empoisonner.
Une écharde dans le pied? Bon courage pour la lui enlever AVANT l'arrivée des services sociaux alertés par la totalité du voisinage qui pense que tu es en train de démembrer ton gosse en prenant ton temps.
Le sérum phy ou pire l'eau de mer en spray? Over her dead body. Jamais réussi. A priori j'aurai du la décapiter AVANT d'introduire quoi que ce soit dans sa narine. Je me suis dit que le rhume allait passer tout seul hein, allez on va dire ça, pouf pouf pouf.
Imagine quand ses minuscules clous en améthyste ont migré à l'intérieur de ses lobes d'oreilles. Elle était encore en primaire, j'ai du l'emmener aux urgences. Je peux te dire que le gaz hilarant comme méthode anesthésique, ça ne fonctionne pas sur ma gamine, elle n'a pas du tout rigolé didon, par contre elle a montré que ses poumons savaient fonctionner à pleine puissance. C'est bon spa la peine de me regarder comme ça les gens de l'hôpital là, faut vous plaindre au service après-vente, ce n'est pas ma faute si on lui a monté l'alarme de série, qu'à peine tu la touches ça la déclenche.
Bref.
Ma fille chérie prépare activement les Jeux Olympiques des Douillets, et elle vise l'or.
Sauf que.
Hier sur le chemin du retour vers ma maison, je reçois un SMS de ma chère et tendre enfant:
Mère, dans la vie d'une femme il y a trois moments douloureuxEvidemment, elle a fait ça en plein hiver. C'est d'une logique im pa ra ble.
N'1: les règles
N'2: l'épilation
N'3: l'accouchement.
Aujourd'hui, j'ai fait le numéro 2. Adieu, mes jambes de caribou. Adieu!
Argument: Aaaaaaah, maintenant je peux mettre des shorts!
Comme quoi "il faut souffrir pour être belle" traverse les âges sans prendre une ride, je suis relativement épatée.
Cependant on parle de l'ado qui part au Collège de l'Enfer comme ce matin, vêtue en tout et pour tout d'un collant, d'une jupe courte, d'un simple t-shirt manches longues, d'une veste en jean ouverte, et d'un tour de cou. Dehors, moins de 5°. Elle n'a pas compris pourquoi j'ai braillé qu'elle remonte fissa l'escalier et qu'elle aille enfiler son manteau. Bah oui, pourquoi? La pneumonie, c'est la maladie à la mode, il semblerait.
Tu vas voir que demain elle essaie de se barrer discretos en short, jambes nues, avec ses tongs et un débardeur.
Ca se termine quand l'adolescence déjà?
comment ma fille s'imagine aller au collège, alors qu'on est au mois de janvier








