- Oui je me sens bizarre, et j'arrête pas de tousser, kof kof kof.
Je l'ai envoyée se coucher, parce que bon, si je ne tombe pas dans les pièges du gamin de 6 ans, spa pour trébucher dans ceux de l'Ado de 14 ans, franchement.
Ce matin, elle vient me voir la mine défaite:
- J'ai passé une nuit horrible, et j'ai 38°6.
Et c'était vrai. Oui j'ai regardé le thermomètre.
Donc elle est restée dans son lit avec comme consigne de m'appeler si moindre souci, et de boire un maximum - hop tiens une bouteille d'eau - et de se reposer au maximum aussi, dormir c'est su-per, tu dors.
Je me suis bien enquiquinée sur le chemin à essayer de trouver le 01 de l'annexe de son Collège de l'Enfer où sont exilés tous les élèves de 3ème. Vas-y pour chercher sur le minus Internet de ton mobaïle, en pleine rue, avec tes deux loustics qui essaient de te raconter toute leur vie en trois minutes chrono. Rien sur Google, rien sur le site du Bahut Démoniaque, far-pait. Heureusement SuperCheffe l'avait dans son iPhone, elle est tellement mais tellement plus practical que moi, mon dieu, j'ai tant encore à apprendre!
J'ai donc pu informer les surveillants qu'ils allaient devoir se passer de la lumineuse et douce présence de ma tendre fille en leurs locaux ce jour, rapport qu'elle était microbienne à outrance, et avait monté son thermostat sur un poil trop chaud.
A 11h45 l'Ado m'appelle, elle a 39°3, elle se meurt, je lui dis d'aller prendre 1g de paracétamol. Elle rappelle 5 minutes plus tard:
- J'ai 39°5 et je peux pas me lever, j'y arrive pas. J'ai essayé, j'y arrive pas, je peux pas bouger.
Ben je panique pas du tout du tout, j'envoie juste chier le cameraman qui était dans ma classe et qui voulait que je fasse une présentation à la con et zéro naturelle pour le dvd souvenir des élèves - élèves que je n'ai pas trucidé au prix d'une grande force morale et d'une éthique professionnelle en béton armé - et je file. Bien ouej' ma fille, timing perfect!
Je rentre à la maison fissa, je trouve l'enfant un peu pas fraîche, faut bien avouer, genre méduse échouée sous sa couette, avec le teint blême et le cheveu en bataille... Un emballage de pain au choc' dans la cuisine, et une tasse avec un reste d'infusion rose/litchi sur sa table de nuit me montrent que ce matin c'était encore gérable, la partie sympa de je suis malaaaaaaaade et je vais pas au cooooooollèèèèèèèègeeeeeuuuuuuh nananananèreuuuuuh.
J'ouvre ses fenêtres pour renouveler l'air mortibus ratibus infectus de sa piaule, elle a 39°7, c'est fabuleux, je lui file son gramme de paracétamol, je lui prépare un comprimé de 400mg d'Advil dans une ptite boîte avec un post-it " à prendre après 15h si tu as plus de 39°5", je lui colle sur son bouquin un autre post-it avec le 01 de l'école, au cas où je n'entende pas mon portable, vu comment mes élèves sont sages et charmants et mignons aujourd'hui - a priori y'a eu braderie sur la chianterie ces jours derniers et ils s'en sont gavés hier soir, les gueux.
Et je lui prépare son repas, aka je chauffe la mini pizza prévue, sors la salade de concombres que je lui ai préparé la veille au soir, ajoute une compote, le tout sur un platal, et voilà le travail, best mum of the year, au moins.
Elle mange, rapport que c'est une Ado, et que même dans son sommeil, elle bouffe, figurez-vous. Seule explication que j'ai trouvée à la dévastation récurrente de mon frigo et de mes placards.
Je repars travailler, à 15h j'envoie un sms pour savoir si elle a décidé de poursuivre dans sa carrière de haut-fourneau, et un autre à 15h45 n'ayant pas eu de réponse. La douce enfant dormait, elle a 37°1, c'est merveilleux, youpi.
Le temps de rentrer chez moi elle avait déjà 38°6, et le temps que ses frères soient couchés, paf 39°2.
J'ai réussi à faire en sorte qu'elle aille se doucher, ce qu'elle a réussi, bravo bravo, non sans aller se recoucher cash avec son peignoir. La voir se remettre en pyjama un certain temps plus tard était assez lol, vu qu'elle ne veut pas se mettre debout. Je suis cruelle je sais.
En tous cas elle va plutôt bien, je vous rassure, vu le nombre d'épisodes de Once Upon A Time qu'elle s'ingurgite. Je me souviens de comment elle était horriblement pénible à soigner quand elle était bébé ou petite, et je me dis, que franchement, l'évolution positive est à la portée de tous, parce que croyez-moi elle revient de loin. Faut voir la taille du comprimé de paracétamol, c'est limite une pastille Vichy le truc, et elle avale ça sans broncher. Un putain de miracle, voilà ce que c'est.
Bon ben en attendant, j'ai personne pour remplir le lave-vaiselle et le lancer, personne pour fermer les volets de l'appart - le Chargé des Volets du Matin a refusé de faire double-emploi, le ptit personnel de nos jours, je vous jure! - et personne à qui dire de faire ses devoirs nom d'une jambe en bois!
Ah et maintenant elle se mouche.
C'est glamour.
Je rends l'antenne, et vous bizoute fort.
pas de bisous, garde tes crobes, oh!
ps: Oui elle va aller voir un médecin demain si pas d'évolution, et elle aimerait remercier comme il se doit la charmante personne qui lui a envoyé via la wishlist du blog TROIS carnets à dessin, illuminant ainsi sa journée, parce que zéro info dans le paquet, donc merci Anonyme, n'hésite pas à t'identifier dans les commentaires, via mail, twitter, FB, signaux de fumée, ou pigeon voyageur. On t'aime, voilà!


















