18 juin 2014

- 169 -

Ah c'est décidé, ce mercredi je remplis mes 30 livrets, comme ça je suis débarrassée pour samedi matin, où je vais passer 4 heures, oui oui, 4 heures, à remettre les livrets aux parents, à raison de rendez-vous de 5 minutes, avec des périodes intermédiaires de 30 minutes pour absorber mes éventuels retards.

30 livrets c'est parti, mon kiki.

Alors déjà, euh.
Terminer de corriger les évaluations des grands ce serait pas mal.
Je m'y colle, et puis tiens, pendant qu'on y est, je rédige les notices explicatives des évaluations, parce que je n'aurais pas le temps de les expliquer et détailler aux parents en 5 minutes, donc pop pop pop, deux notices à rédiger.

Bah didon il est midi et demi déjà.

Faut faire à manger.

Bah oui, il y a deux enfants à nourrir, ne les oublions pas, parce que croyez-moi ils sont super champions pour ne pas se faire oublier.
D'ailleurs rédiger mes notices explicatives avec comme fond sonore les épisodes de Pokemon, c'était tiptop moumoute régaloute. Merci mon fils.

Alors ensuite, le repas préparé, servi, dégusté, débarrassé, voilà ce qui se passe.

Comme à chaque fois que je dois remplir mes livrets, quoi.
La meuf pas prévisible.

J'ai une folle envie, mais je m'interdis formellement, de:
- regarder toute une saison d'une série, fuck les livrets, au feu les évals, marre!
- ranger impec au carré mes placards.
- nettoyer à fond la cuisine et la salle de bain, et didon, les vitres, là, un petit coup, ce serait pas du lusque.
- me laver les cheveux, dépoilage des gambettes, masque à l'argile, manucure et pédicure, il faut prendre soin de soi, c'est important.
- ranger les dvds des enfants dans les classeurs à dvds, je n'en ai fait qu'un sur les trois, pof pof pof.

Bien évidemment je sais reconnaitre cette Fourbe Procrastination quand elle pointe le bout de son nez, donc je résiste fortement, et je ne cède pas à l'appel de Tout Sauf Les Livrets.

Je m'autorise:
- les sms aux copines
- checker Facebook de temps à autres sur mon téléphone
- une sieste, parce qu'il faut être reposée pour remplir les cochonneries de livrets.

Imagine bien que ma sieste a duré un temps bien plus long que prévu, entre autres parce que LaPatate m'a réveillée à trois reprises, ainsi que des personnes bruyantes en bas de l'immeuble, et quant à mon petit voisin du dessus, ça tombe bien qu'il soit dans ma classe, parce qu'il va payer cher demain. Le saut à l'élastique ou ce qui y ressemble juste au dessus de ma tête, ce n'est pas cool. PAS COOL.

Debout à 17h00, donc.
Avec 30 livrets à remplir, donc.

Tu y ajoutes la gestion de LaPatate qui s'embêêêête - va faire les courses avec ta soeur! - le coup de fil du BFF, seule personne qui avait une chance de passer mon barrage téléphonique, bien joué gars, et la catastrophe made in Patate, à savoir le renversage de sirop de cassis sur les évaluations des grands, ainsi qu'une seconde préparation de repas, et un douchage/lavage de tifs de Patate, il est 23h et j'ai rempli 14 livrets.
Quatorze.

Je gère trop là.
Trop.

Plus que 16.
Seize.

C'est parfait.
Par-fait.

J'y retourne.
Pfffff.

Encore 16 livrets, mais quel échec!

L'année prochaine, je loue une piaule dans un monastère tout en haut d'une montagne.
Obligé.
Vital.

17 juin 2014

- 168 -

1.
Je rentre de la piscine avec mes grands cet après-midi, et c'est l'heure de la récréation. Je leur donne comme d'habitude un petit goûter dans la cour, après l'effort le réconfort. Les moyens sont exclus du goûter, les petits aussi, c'est un privilège de grands.
Après avoir distribué les biscuits à mes grands - ceux de SuperRemplaçante sont en sortie toute la journée - je vais m'occuper de mon papillon handicapé, c'est que j'ai une vie très compliquée figurez-vous. Je vais ajouter un brugnon coupé en deux dans le carré des fraisiers, et récupérer le ptit fugueur qui s'était hasardé jusque sous un buisson. Il monte sans souci sur mon doigt maintenant, j'ai un papillon handicapé ET apprivoisé, how cool is that?

Bref.

Je reviens m'assoir sur le banc de la récré, où j'ai laissé mon téléphone, mon trousseau de clés, et le paquet de biscuits entamé.

Je trouve devant le banc deux de mes élèves de moyenne section, T. et T.

T. est une petite fille souvent silencieuse qui n'aime pas trop l'école parce qu'il y a trop de monde, mais qui aime beaucoup sa maîtresse. Elle a une vie super chouette en dehors de la classe, dont elle adore me raconter les moindres détails. Sa maman est en train de devenir une amie, et son faux-papa est le chouette type qui nous a construit notre boîte à chenilles et qui l'approvisionne en orties fraîches tous les deux jours - nos chenilles de paon du jour sont en train de grimper au plafond de la boîte, bientôt les cocons!! T. a beaucoup de caractère mais ne le montre pas de premier abord, vu qu'elle est très réservée. Je l'apprécie beaucoup.

T. est la plus jeune de mes moyens, la plus jeune de ma classe donc. Elle a la peau d'une jolie couleur chocolat, un sourire éclatant, des yeux plein de malice, et un caractère en acier trempé. En petite section on l'appelait Le Che. Pour vous situer. Un peu rondouille, toujours bien plantée sur ses petites jambes, elle n'a pas la langue dans sa poche, et a tendance à commander son petit monde. Son idole? Sa maman. Sa maîtresse ensuite. Mais elle entend bien me faire passer par le chas de son aiguille, la coquine.

Je m'assois sur le banc, et je les regarde, bien droites devant moi.

T. parle la première, en s'adressant à sa comparse:
- Tu sais, moi je ne bougerais pas de là, tant que Maîtresse ne m'aura pas donné un gâteau.

T. de rétorquer:
- Ou alors, on attend qu'elle se relève, et on lui pique des gâteaux dans le paquet. Oui Maîtresse, on va te piquer tes gâteaux!

Et les deux de me regarder droit dans les yeux.

Alors oui elles ont eu un biscuit chacune.
Et oui je les garde l'année prochaine.
Pas possible que je ne les vois pas grandir, ces deux-là.
Pas possible.

2.
Ce soir, complètement vannée par ma journée, je décide de faire un break dans le boulot, pour reprendre plus en forme demain à l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai remplir mes livrets.
Je me dis que j'ai envie de faire quelque chose de nouveau, de plaisant, un truc pour me détendre.
Et donc je décide de faire des frites maison dans ma friteuse toute neuve.
Je me lance dans la lecture des pictogrammes du mode d'emploi, histoire de ne pas faire de boulettes - ahaha.
Ayant à peu près compris le truc, j'épluche mes pommes de terre, les coupe en grosses frites irrégulières, les met à éponger entre des feuilles de sopalin, comme un gros mille-feuilles de frites.
Je m'enquiquine un moment à monter la poignée du panier, c'est que la technique et moi, on n'est pas vraiment super copines. Mais j'y arrive.
Je verse l'huile dans la cuve, et réalise que la bouteille d'1l ne suffit pas. J'envoie l'Ado, much motivée par les frites, en acheter deux autres à la supérette.
Enfin, je peux faire cuire ma première fournée de frites. 6 minutes quand l'huile est chaude.
Elles sont joliment dorées.
Je prépare le panier de la deuxième fournée, et quand je referme la friteuse, je me rends compte que le couvercle n'a pas bien cliqué d'un côté.
J'appuie dessus avec deux doigts de ma main gauche.
Pile au dessus des petits trous d'aération.
Donc oui on peut se brûler avec une friteuse, même si elle a un couvercle.
Ca n'arrive qu'à moi.
Pourtant les pictogrammes étaient clairs: TOUCHE PAS AU COUVERCLE ABRUTIE!

Damned.
Bobo.

Pis bah ce sont juste l'index et le majeur de ma main gauche, j'en ai pas super super besoin pour remplir mes livrets demain, non?
Quoi je suis gauchère?
Pas grave.

Les frites?
Délicieuses selon ma fille, et selon LaPatate:
- Ben écoute, maman, c'est la première fois, donc tu apprends hein, la prochaine fois ce sera mieux, plus croquant j'espère, tu sais, comme des vraies frites, tiens, comme celles-là.

Et il me montre les frites parfaites en photo sur la bouteille d'huile.

Ok.
J'en connais un qui n'est pas prêt d'en remanger des frites.

Groumphhh.

16 juin 2014

- 167 -

1.
Le car part à 7h30.
Nous n'attendrons pas les retardataires.
Veuillez venir vers 7h00, pour avoir le temps d'enregistrer les bagages.

Me voilà donc dehors à 6h45 avec mes fils, réveillée depuis 5h39, levée à 6h00, moi qui d'habitude n'émerge que vers 6h30 et refuse de poser le pied par terre avant au minimum 7h15.
Arrivés seconds devant l'école à 6h55.
Youpi! Victoire! Vive moi!

Départ réel du car?
7h55.

Pendant une heure LeZèbre m'a ignorée pour parler avec ses potes genre je suis trop un dur et non je ne colle pas ma mère à mort depuis hier matin que j'ai percuté que je n'allais pas la voir pendant 5 jours.
Pendant une heure LaPatate m'a collée, câlinée, enquiquinée, saoulée, au point que j'ai failli le coller discretos dans la soute du car, histoire d'avoir la paix.

Au départ du car je n'en pouvais tellement plus, qu'avisant sa maîtresse sur le trottoir devant l'école, je le chope par la main et l'entraîne devant elle: Tiens, tu vas aller directement avec ta maîtresse comme ça je vais avoir un peu la paix.
Je plaisantais, mais voilà que l'instit - ai-je déjà dit ici à quel point cette femme est formidable, jolie, drôle, vive et pétillante? non? c'est un bonheur - lui dit: Ah oui, Patate, viens, on y va.
Le gamin tétanisé.
Genre spa possible.
J'essaie de le sauver de là, parce que j'ai pitié un peu.
J'argumente: bah non, je comptais lui faire faire ses devoirs dans ma classe, on ne les a pas faits hier...
Et elle de répondre que no problemo, il pouvait toutafé faire sa lecture avec elle dans la classe.

La tête du môme!
Rien que pour ça, ça valait le coup de se lever à 6h00.

Quoi je suis impitoyable?
J'assume!

2.
Hier après-midi, pour récompenser LeZèbre de m'avoir accompagnée à la brocante où il s'est fait super suer ET où je n'ai strictement rien trouvé pour lui, j'ai accepté de lui installer un nouveau jeu sur le Kindle. Et donc il adore le nouveau jeu. Le nouveau jeu c'est le bonheur, c'est la vie, c'est la transcendance, l'alpha et l'omega, le top de la classe internationale.
Bref.
Il kiffe.

Ce matin, quand il se lève, je lui dis que ahahahahahaha, pas d'ordi et pas de tablette pendant 5 jours. L'angoisse mon gars, tu vas tenir le choc?
Il me dit qu'il doit absolument aller voir la tablette pour lui dire au revoir, qu'elle ne s'inquiète pas sans lui.
Il file dans ma chambre.
En ressort quelques minutes plus tard, imitant à merveille les sanglots et le désespoir:
- Elle m'a dit dégaaaaaaaaageeeeeeuh.

J'en suis encore morte de rire.
Mon fils fait rarement des blagues, mais quand il s'y met, c'est réussi.
Ou alors c'est que je n'étais pas réveillée.

3.
En classe nous sommes toujours à fond les ballons sur le projet PetitesBêtes, et donc voilà qu'un de nos cocons parti en week-end chez le faux-papa de Petite T. - c'est ce monsieur qui m'a construit une super boîte à chenilles avec porte vitrée - a éclos, et qu'un paon du jour attend d'être libéré. Donc ce matin, l'appel fait, on va dans notre petite allée pour lâcher le papillon.
Il accepte de grimper sur mon doigt, ouvre ses ailes.
Ne s'envole pas.
Ah.
Il ferme ses ailes.
Rouvre ses ailes.
Ne s'envole toujours pas.
C'est là que je remarque que la partie supérieure de l'une de ses ailes est atrophiée.
Mais?
J'ai un paon du jour handicapé, moi.
Me vla bien.
J'explique aux élèves que ce papillon ne volera jamais.
Mais qu'on va faire au mieux pour qu'il survive le plus longtemps possible.
On est donc allé le poser dans le carré de fraisier, entouré de petits rondins de bois.
Là on s'est rendu compte qu'il sait voleter, mais voler, effectivement, c'est foutu.
J'explique que quand ses ailes sont repliées, il ressemble à une feuille morte, il est camouflé.
Que quand il ouvre ses ailes, les yeux dessus font penser à un chat, et que les oiseaux font se sauver.
Et on rentre en classe.

En repartant ce soir, je suis allée voir mon carré de fraisier, et mon ptit handicapé y était toujours. J'y ai déposé quelques cerises trop mûres, et j'ai repli une pelle en plastique des gamins avec un peu d'eau, pour faire une petite mare.
Sur le chemin du retour je me suis documentée en consultant MonAmiWiki, et donc, demain, on cueillera avec LaPatate des trèfles et des pissenlits dans la friche pas loin de l'école, pour les donner au paon du jour,  priori ça fait partie de ses fleurs favorites.

Mmmmmhhhhhh.
Je pense qu'il n'y a pas que mes élèves qui sont à fond.

4.
De l'intérêt de corriger les évaluations sur la pelouse et d'avoir son petit voisin du dessus dans sa classe?
Quand on arrive à son dossier d'évaluations et qu'on remarque qu'il y a une double feuille incomplète parce qu'il était absent, pas besoin de le faire rattraper sur le temps du déjeuner ou pendant une récré.
On lui demande si ça le botte de faire ça tout de suite, je te prête un crayon et une gomme, et je te fabrique un référent comme en classe, t'en penses quoi?
Il a dit oui, et il a eu tout bon, et j'ai pu observer de près ses procédures de résolution, ce qui à 30 élèves dans la classe est quasi impossible.
Bingo.

15 juin 2014

- 166 -

Deux dimanche matins de suite que je m'enquille une grosse brocante.

Celle de dimanche dernier a été hyper fructueuse, celle de ce matin, beaucoup moins.
Cependant si j'apprécie d'aller faire les brocantes parce que je suis fauchée et que ça me permet d'habiller entre autres ma GrandeBringue à moindres frais et avec plein de jolis vêtements, souvent de marque - vive la jupe Desigual à 5 euros ou le tee-shirt Moschino à 2 euros,  et je ne parle pas du sac Pip Studio tout neuf à 3 euros celui-là je ne m'en suis pas encore remise. C'est que la Donzelle n'en finit pas de grandir, et que ce n'est pas évident d'habiller une ado de 14 ans et demi qui mesure 1m70 pour 55 kilos, s'habille en 38 et chausse du fuckin' 41.
J'en profite pour chercher jeans et tee-shirts pour les gars, des jeux Wii pas cher, et de la vaisselle, qui est un peu ma passion cachée, chut. Chut j'ai dit.
(et des sacs, mais ça c'est une évidence).
Bref.

Cette année je suis assez estomaquée parce que ce que je n'avais pas trop remarqué l'année dernière. A savoir des attitudes qui me semblent curieuses. Les gens, mesdames et messieurs, sont tout aussi intéressants que ce que l'on peut trouver sur les étals.
Petit florilège.

Les vendeurs qui ont décidé que la brocante c'était e-bay moins les frais de port: ils entendent te vendre leurs affaires avec une petite ristourne sur le prix boutique, voire une grosse ristourne, mais clairement ils se plantent de cible. Donc Madame, je doute que tu vendes en pleine chaleur ton gilet Chloé à 100 euros, même s'il vaut 500 euros en boutique. M'est avis que tu vas repartir avec. Il est moche en plus.

La dame de ce matin qui m'annonce 15 euros pour cette jolie petite jupe en velours rouge imprimé, c'est une Lacroix vous comprenez. Ben oui je comprends madame, vraiment, mais 1. ce n'est pas dans mon budget, et 2. je vois mal ma fille aller au bahut en jupe couture ou bien?  Elle fera le bonheur d'une fashionista si d'aventure il y en a une qui passe par là...

Les vendeuses qui veulent te vendre leurs fringues H&M ou Redoute à 5 euros pièce. Ben oui, je passe. Autant faire les soldes sur le site de l'un ou les soldes dans les boutiques de l'autre. Au moins ce sera
neuf...

Les vendeuses, mes préférées, qui ont pigé l'esprit borcante, à savoir vider leurs placards, en vendant à 1 ou 2 euros leurs vêtements grande distrib' ou boutique, et 5 euros max le truc un peu fashion. Il faut parfois fouiller, mais ça vaut le coup.

Du côté des acheteurs, j'ai repéré aussi des cas. Déjà les malotrus qui en 30 secondes chrono fichent en l'air les piles bien ordonnées de vêtements. Ca me laisse pantoise, moi qui manipule précautionneusement les piles, et replie ce que je déplie. Mazette ce que les gens sont sans-gêne.

Ensuite ceux qui marchandent. Alors oui marchander c'est fun, sympathique, et économique, on est bien d'accord. Oui on peut demander une réduc si on prend deux au lieu d'un, oui on peut demander une petite ristourne d'un euro, mais là, j'ai vu du lourd.
La nana qui veut faire baisser le prix d'une paire de Birken enfant, en dessous de 5 euros, parce qu'il y a une petite tâche là - endroit invisible que seules les fourmis peuvent apercevoir.
Les personnes qui scrutent et exigent, comme si elles étaient en boutique, ça me laisse rêveuse. A cheval donné on ne regarde pas les dents, m'a-t-on toujours appris.
Mais le pire ce sont ces femmes qui veulent absolument faire baisser des prix déjà ridiculement bas, et qui n'entendent pas le mot non. Ce jean enfant qui vaut 70 euros en boutique, que la vendeuse vend à 1 euro, ce n'est pas suffisant. L'acheteuse a décidé que ce serait 50 centimes. Même pas le prix d'une baguette de pain. Pour un vêtement comme neuf, impeccable, propre et repassé. La dame prend le jean et tend une pièce de 50 centimes alors que la vendeuse a dit que non, ce serait 1 euro, que ça va aller là. Wokééééé.

Je sais bien que c'est la crise, mais ce serait sympa de se souvenir du savoir-vivre et de la bienséance, des fois, vraiment.

Je me sens vieille en écrivant ce billet, vous n'avez pas idée.

14 juin 2014

- 165 -

Des fois il est important que nos enfants prennent des petites leçons de vie, par eux-mêmes.
Alors non je ne suis pas subitement devenue Rousseauiste et laisse tomber mes mômes de la falaise pour prouver que j'ai raison en leur laissant expérimenter par eux-même que c'est dangereux, ce serait con. Oui, Rousseau, t'étais un peu limité sur ce coup là, mec.
Je me souviens d'une copine d'une de mes tantes qui retient la main de ma tante, ma tante voulant empêcher la petite fille de la dame, environ 4 ans, de se brûler sur une tasse de thé. J'avais 16 ans, je n'avais pas encore lu Rousseau, mais lu Libres Enfants de Summerhill, et je savais déjà que les limites doivent être posées, les enfants poussés à l'autonomie, et qu'on doit les protéger des dangers.

Bref.

Ce soir, SuperCheffe s'apprête à nous rejoindre en bas de l'immeuble, les gars et moi, pour aller voir le feu d'artifice. Il est 21h30, il fait encore très très jour, et bien chaud. LaPatate et LeZèbre sont encore vêtus de leurs tenues de sport du matin, ils ont juste troqué leurs baskets contre des nu-pieds.
Je leur dis, que hum, quand même, on va rentrer vers minuit, ce serait bien de demander à leur soeur de descendre leurs gilets. Ils sont tous les deux en pantacourts de sport, tout légers, et si LaPatate porte un tee-shirt manche courtes, LeZèbre est lui en débardeur.

Ils protestent tous les deux que ahhhh non alors c'est bon maman on n'a pas froid, ça ira, non mais noooooon pas les gilets, noooon, mais ça va, c'est bon quoi.

Je me suis dit ok.
J'en ai un poil assez de répéter constamment les mêmes litanies, de devoir argumenter sans cesse, de finir par imposer dans les grincements de dents, parce que c'est comme ça et puis c'est tout.
J'ai laissé couler.
Je me suis dit, ils verront bien, ils ne me la referont pas deux fois.

A 23h, quand la nuit était bel et bien tombée sur le grand parc, quand ils ont eu leur chamallow posé dans l'herbe fraîche et humide, et que la température avait bien bien bien chuté, j'ai bizarrement eu deux petits gars ventousés sur moi pendant tout le spectacle, à la recherche de chaleur corporelle.

Curieux non?
Non?

Hin hin hin.

Ils ont tous les deux très facilement reconnu que Maman a TOUJOURS raison, et qu'il faut TOUJOURS écouter Maman.
Entre deux tremblements et claquements de dents.

Note pour l'année prochaine:
- apporter un plaid pour poser les chamallows
- apporter des polaires parce que la nuit est fraîche
- apporter un thermos de thé parce que la nuit est polaire
- apporter des lunettes de protection - SuperCheffe s'est pris un résidu dans l'oeil, moyen glop
- apporter des boules Quies, LaPatate a eu super peur du bruit.

Et oui moi aussi j'ai eu froid.
J'avais pas pris ma veste.
Ahah.
M'en fous, j'ai eu deux radiateurs humains.



le retour à la maison

13 juin 2014

- 164 -

J'ai passé une journée non-stop - je suis encore en train de cuisiner à l'heure où je tape ces lignes, c'est dire - et pas particulièrement reposante, ni physiquement, ni nerveusement. J'ai enchaîné les grosses courses après ma journée d'école, et ensuite la première vague de préparation de la valise du Zèbre, qui part en classe verte.
Demain matin, c'est travaillé, en parallèle avec une manifestation sportive à laquelle participent mes élèves.
L'après-midi, pendant que leur père prendra les enfants trois heures, j'irai travailler à l'école, vu que j'ai tellement de travail pour tout rendre le 27 à 16h30, que je doute de dormir beaucoup les deux semaines qui arrivent.
A 18h, quand je récupère les enfants, je vais avec LeZèbre faire des courses au centre commercial, j'ai zappé des trucs sur la liste de ce que je dois mettre dans la valise. Spa comme si j'avais passé mon aprem' du mercredi chez Decath', bien ouej', une fois de plus.
A 21h, j'ai rdv en bas de chez moi avec SuperCheffe et ses fils: on va ensemble assister à un feu d'artifice, je pense donc me coucher au minimum à minuit bien bien passé.
C'est super parce que je vais à une brocante dimanche matin, et qu'il serait bien que j'y sois vers 9h, avec mes gars, bien sûr!
Et que je ne rentre pas trop tard, car vers 14h30 je suis invitée avec mes enfants à l'anniversaire de l'une de mes élèves, et vu qu'elle est bien choupinette, j'y vais, je lui ai même choisi un petit cadeau et une carte.
Le dimanche soir sera consacré au marquage de tous les composants de la valise du Zèbre, merci mon voisin du dessus pour son marqueur indélébile.
Et tsé quoi?
Faut que je sois à 7h15 devant l'école lundi, avec mes fils, pour fiche LeZèbre, sa valise, et son comprimé de Nautamine dans le car.
Tu pourrais te dire que la semaine à suivre devrait être peinarde avec deux enfants seulement?
Je dois finir mes évaluations, finir de les corriger, et remplir 30 livrets pour samedi matin, où je reçois les parents pendant 4h.

Toi aussi tu as envie d'aller te mettre sous ta couette à la lecture de ce billet?
Fais comme moi, et regarde les photos qui suivent.
Un papa d'élève est venu ce matin avec trois paons du jour dans une petite caisse recouverte de tulle: pour que les élèves les voient, ils sont sortis de leurs cocons hier, et parce qu'on élève des chenilles qu'il nous a également passées, des chenilles de paon du jour aussi, dont deux sont déjà en cocon.
Notre mission: les relâcher.
Sauf que dans le couloir devant ma classe, par un bâillement assez large du tulle, l'un d'entre eux s'est échappé dans le couloir devant ma classe.
Je l'ai rattrapé avec mon doigt et j'ai vite ouvert la porte du patio:


Je me suis dit qu'on allait relâcher fissa les deux autres, et ne pas attendre la récréation du matin, et c'est en arrivant à la porte extérieure de ma classe, qui donne sur ma petite allée privative, que ce second fugueur s'est fait la malle, se posant sur ma porte:



Le troisième, je l'ai relâché moi-même et les élèves ravis l'ont regardé s'envoler loin loin loin.

Et ce sont ces tout petits moments de rien qui font que je tiens le coup quand je suis la tête dans le guidon.
Pas vous?

12 juin 2014

- 163 -

1.
A priori j'ai un karma relativement moisi en ce qui concerne faire mon boulot vite et bien en ce moment. Après le big failed d'hier soir, aussi appelé la Pelouse de l'Angoisse, voilà qu'à 16h45, mes élèves partis, mon fils en train de goûter, je me fiche devant mon ordi pour préparer vite fait bien fait du matos pour demain. Il s'agit juste de remplacer une phrase par une autre dans des tableaux hyper basiques, afin que j'imprime et découpe ensuite. Logiquement? 25 minutes et c'est torché, dont 3 minutes sur l'ordi.
Sauf que mon ordi a décidé que non.
J'ouvre Writer, j'ouvre mon fichier coccinelle, je vire la phrase de la coccinelle, et je commence à taper la phrase du ver de terre. Cherche pas. Bref
Donc.
C'est qu'au bout de 4 lettres environ, le logiciel décide de déverser chaque nouvelle lettre dans la cellule du dessous, ce qui est tout à fait pratique, lisible, et pertinent.
Pas du tout chiant.
Je réessaie plusieurs fois, et même résultat.
Je ferme le document, rouvre le document.
Même résultat.
Je ferme le document, ferme le logiciel, rouvre le logiciel.
Même résultat.
Je ferme le document, ferme le logiciel, redémarre l'ordi.
Même résultat.
Je décide d'écrire ma phrase en dehors du tableau, et de la copier coller dedans.
Ca marche.
DTC l'ordi.
Reste à enregistrer sur la clé usb, à aller imprimer dans le bureau, et le découpage en faisant faire les devoirs à LaPatate.
Suis partie de l'école à 18h45.
Ravie.
Karma en plaqué or.

(je te le dis ou pas que le fait de sauter des lignes tout seul, mon ordi vient de le refaire pendant la rédaction de ce petit 1. et que j'ai donc bien compris que je dois taper au kilomètre sans me planter, sinon c'est mort?)
 (je flippe pas du tout de la mort imminente de mon clavier)
(le Retour du Râmen Vengeur)



2.
Dans les devoirs de LaPatate il y avait savoir écrire le verbe chanter au présent.
Donc il s'entraîne sur l'ardoise, et se plante à multiples reprises.
A un moment je m'absente, en faisant une pause dans mon découpage, pour aller nourrir les poissons du bassin.
Je reviens dans ma classe, l'enfant me montre son ardoise: il a tout bon didon, c'est fou, non?
Je l'ai félicité, mais je lui ai dit que pour être vraiment sûr sûr qu'il savait le faire tout seul comme un grand, il allait recommencer. Bon je dois aller aux toilettes, mais j'emporte ton cahier de références avec moi, tu m'en veux pas, je veux vraiment être sûre sûre sûre que tu y arrives tout seul par toi-même.
Réponse du gamin:
- Hum, je crois que ça risque d'être moins bon, quand même, hein, maman.

LaPatate, 7 ans, la triche dans le sang.
C'était moins bon.
Mouarf.

3.
La grande histoire d'amour de ma fille avec le lave-vaisselle.
Elle devrait le lancer le midi quand elle a fini de déjeuner, et le vider en rentrant du  collège vers 17h20.
Que nenni. Elle le lance vers 18h30, parce qu'elle se dit que je ne vais pas tarder à débouler, et que bon, mieux vaut, rapport aux amendes sur son argent de poche. Bienvenue chez Angel, Monarchie absolue.
Donc.
Arrive très vite le moment du dîner, le lave-vaisselle est loin d'être fini, et vu que la pénurie de petites cuillères a laissé place à la pénurie de fourchettes, je suppose en rapport avec un exil de masse vers la chambre de l'Ado, il ne reste que 2 fourchettes pour 3 enfants.
J'explique à l'Ado que vu mon objectif actuel de leur faire capter par tous les moyens possibles que leurs actions ont des conséquences, elle se passera de fourchette pour ses gnocchis (encore eux??).
Alarmée, elle rétorque:
- Mais, alors, je mange avec quoi??

Ce à quoi je réponds, agacée par tant d'adolescence réunit en si peu de mots:
- Avec une cuillère!

Non mais.

4.
Pendant que le repas se prépare, LaPatate, tout prop' tout shampouiné, est en train de dessiner à son petit bureau. Il vient me montrer son chef-d'oeuvre, ce sont des oiseaux, qu'il a dessiné en regardant des images qu'il a gardées dans son cerveau - comme je te le dis. Il me présente donc l'ara, l'aigle, la cigogne et le cygne, et me demande lequel je préfère.
J'ai dit la cigogne.
Non mais c'est vrai, elle est hyper classe, non?

Mon fils, ce génie du dessin

11 juin 2014

- 162 -

La fille qui entre dans un tunnel de boulot jusqu'au 27 juin compris, elle ferait mieux de revoir certaines stratégies de dépilage de taf, si elle compte remplir correctement ses objectifs.

Donc on oublie emporter ses évals sur la pelouse, avec l'ordi aussi, pour préparer la clé usb des photos à remettre à la chouette maman qui peut les imprimer à son kravail.

Alors oui avec ce soleil éclatant c'est tentant, et puis LeZèbre peut s'entraîner sur son skate tout neuf, et LaPatate jouer dans l'herbe, mais!

Mais la grande fille du RDC vient s'assoir en face de toi pour discuter de sa future orientation post-bac. Elle a envie de rejoindre le Mammouth, comment procéder, quelle voie emprunter exactement, mais en même temps, elle ferait bien une école de langues...

Mais tes enfants attirent les autres enfants, donc tu te récoltes les deux filles du 1er, dont le père voit là une super occasion d'être peinard, et la fille de ta voisine/copine du 3ème te demande depuis son balcon si elle peut venir jouer un peu plutôt que d'aller faire les courses avec son papa? Bah oui ma poulette.

Le voisin/copain revient des courses et avec le papa des filles du 1er ils discutent co-propriété et te demandent ton avis, donc tu le donnes, vu qu'il n'est pas encore arrivé le jour où tu resteras muette sur un quelconque sujet. Misère.

La voisine/copine rentre du boulot, et puis elle commence à discuter, et puis la chef du syndic rentre du taf, et on se fait un mini réu de copro sur la pelouse, et ma petite voisine du 3ème va promener mon ChatVache pendant que mes fils continuent à jouer, et je n'ai corrigé que 3 évaluations. C'est l'heure de rentrer faire dîner les enfants.

Voilà voilà.
Je ne suis pas rendue.
Un monastère avec service de baby-sitting inclus, dans le coin?
Non?

Ca ne va pas être facile facile tout ça.

10 juin 2014

- 161 -

 Exemple de nuit où j'aurais préféré de pas me lever pour aller faire pipi?
Quand arrivée dans les toilettes je réalise qu'il y a 7 rouleaux vides de PQ posés sur le réservoir. SEPT.
Je vais me recoucher déprimée de la vie, vu que j'ai donné naissance à trois enfants qui font des efforts considérables, renouvelés, et constants pour oublier la présence de poubelles sur leur lieu de vie. Ces gamins à qui ne viendrait jamais à l'idée le fait de jeter par terre dans la rue un papier de bonbon, ont zéro complexe à laisser par terre dans le salon l'emballage de l'eskimo, le sachet de la brioche à la framboise, le papier de malabar, ou des céréales du petit déjeuner.
Désespoir.

Exemple de matin où j'ai particulièrement envie d'aller me recoucher?

Quand mes fils à 7h50 dans ma chambre s'engueulent pour savoir si l'univers est infini ou non. LaPatate pense que oui, et qu'autour c'est le néant, LeZèbre pense que non, vu que le néant n'est pas concevable: le rien est déjà quelque chose.
Migraine.

Exemple d'après-midi où j'ai envie de quitter ma classe en trombe pour aller me glisser sous ma couette?

Quand le grand L. décide que pour dessiner son papa sur la carte pour dimanche, ce serait bien de se mettre debout sur sa chaise. Il va au CP l'année prochaine, tout va bien.
Quand le grand CSP. (oui un prénom composé de trois prénoms, ça existe) qui va lui aussi au CP l'année prochaine, me montre le résultat de sa carte au bout de 45 minutes: des ronds au crayon papier. Plein de ronds. Point de papa.
Quand le moyen M. a colorié de façon unicolore la totalité de son papa en marron, qu'il a grabouillé l'envers de la carte, et que présentement il lèche la carte. Oui tu as bien lu. J'ai récupéré mes yeux par terre, en ce qui me concerne.



Exemple de soir où j'ai envie d'aller me coucher tôt?

Quand l'Ado, sommée de ranger sa commode, arrive dans le salon avec un énorme tas dans les mains, et le dépose dans le sac des chaussettes orphelines, l'air de rien, super norme, youpilavie. Si on y ajoute qu'il me manque un grand verre à pois et des fourchettes, je commence à me poser de sérieuses questions quant à la possibilité de vivre au dessus d'un vortex glouton. Ca, ou le fait que mes enfants soient des bordéliques feignasses. La deuxième explication, bien que fort probable, me fait douter de l'existence même de la génétique. Ah on me souffle à l'oreille qu'on est deux sur le coup. Ca explique, alors.


[ no comment ]

09 juin 2014

- 160 -

- Il fait super chaud et lourd
- Hier j'ai fait 4 heures de brocante en plein cagnard
- Je n'ai presque pas dormi de la semaine
- J'ai bossé comme une folle cette semaine et j'ai géré des crises like a boss
- Cette nuit il y a eu un gros orage avec des grêlons gros comme des noix et je suis traumatisée par le boucan que ça a fait, c'était un peu la fin du monde
- C'est un jour férié, hein, ne l'oublions pas

Voilà toutes les bonnes voire excellentes raisons pour lesquelles je n'ai strictement rien fichu de ma journée.

Vous n'avez pas besoin de savoir qu'en fait j'ai découvert une série post-apocalyptique que je n'avais encore jamais vue, et que donc, je n'ai fait que ça.
Non.

Dans tous les cas, je nierais.
Le traumatisme des grêlons est parfaitement logique en plus.
Méchants grêlons.

Je vous laisse, je retourne à mon invasion alien et à la résistance humaine, voilà voilà voilà.

Je regardais une série peinarde dans mon lit, quand tout à coup.... 
ATTAQUE DE GRÊLONS!

08 juin 2014

- 159 -

Ce soir, une fois LeZèbre endormi - il a tapé une giga crise, donc paf, au lit avant tout le monde - LaPatate, L'Ado et moi avons décidé de jouer à Zanimatch, direct sur mon lit, cosy cosy.
La dernière fois que LaPatate avait joué à Zanimatch, c'était avec sa soeur, c'était sur la table du salon, il avait perdu, il avait mordu ses cartes de rage.Pépère le môme, tu vois.
Donc là on était un poil anxieuses, et on l'a bien prévenu qu'il devait apprendre à perdre avec le sourire.
Comme j'ai gagné la première partie, il a juste râlé.
Et il a gagné la seconde partie.
Je pense que tout le quartier est au courant, impec.
Sa soeur a gagné la troisième et dernière partie, il n'a rien dit.

Enfin si, il a dit:
- Tout le monde a gagné, chacun notre tour! C'est super!

Sa soeur a ajouté:
- Tout est super génial!

Et comme elle me l'a refichue dans la tête, je m'en débarrasse en vous la mettant ici, gniark gniark:



ah tu es content d'être venu sur le blog, hein!

07 juin 2014

- 158 -

La fille.
Non mais la fille quoi.

La fille elle fait sa coloration, parce qu'enfin il semblerait que son cuir chevelu soit suffisamment cicatrisé pour.
La fille est surbookée parce que c'est ce fuckin' mois de juin une fois de plus et qu'il y a tellement de choses à faire que limite elle ne sait plus où elle habite à part dans sa culotte, et encore.

La fille surbookée fait ce qu'elle fait de mieux: le multitasking.

Donc pendant la pause de la couleur, hophop elle prépare la sauce courgettes/pitipois/cacahuètes pour les pâtes, et puis pouf pouf pouf elle trie toutes les fringues des gars sorties du sèche-linge.
Le minuteur de la couleur sonne et voilà que la fille n'a pas fini de plier le linge sec, et puis il faut préparer les pâtes maintenant que la sauce est prête, et accessoirement, rincer la couleur, ce serait pas mal.

Vite vite vite, elle plie les derniers vêtements et demande aux gars d'aller tout ranger dans les placards, vite vite vite elle va dans la cuisine, l'Ado a bien mis l'eau des pâtes à chauffer mais pas de gros sel, tiens mais flupke le bocal de gros sel est vide, est-ce qu'il reste une réserve quelque part, ah oui, là, coincé entre la boîte des aides culinaires pour gâteaux et les boîtes de pulpes de tomate, un demi-sachet de gros sel, super, et vite vite vite, le temps de pose de la coloration est dépassé depuis un moment, vite, vite, vite
et là
la fille
elle vide le demi-sachet de gros sel
dans l'eau des pâtes.
Et se met bien sûr à piailler immédiatement devant sa bêtise abyssale.
Vide la casserole d'eau mit gros sel dans la passoire fine.
Il y a maintenant du gros sel qui sèche dans la cuisine de la fille, c'est original.

Et puis la fille quand la casserole d'eau chauffe à nouveau avec juste la bonne quantité de gros sel pour une cuisson optimale des pâtes, elle se précipite dans la salle de bain
et misère il y a plein de taches de produit dans le lavabo,
vite vite vite l'éponge, elle frotte frotte frotte
rince l'éponge
se voit dans le miroir
et voit la grosse grosse trace de couleur entre l'arrière de son oreille droite et sa nuque
et vite vite vite avec le côté gratgrat de l'éponge, elle frotte frotte frotte
avant de réaliser qu'elle se nettoie la peau au grattoir.

Des fois, la fille, elle est vraiment fatiguée.
Des fois, la fille, elle va aller se reposer vite fait.

Hop.

(mais avant, il faut passer un coup de balai dans cette turne c'est monstrueux c'est pas possible c'est  argh!)

ben écoute... je.... oui.

06 juin 2014

- 157 -

C'est toujours quand je m'y attends le moins qu'il attaque.
Donc là c'était ce soir, après l'école, après une journée à 28° - un élève de moyenne section en moonboots a été vu en train de courir dans la cour, je te jure -  après ma semaine costaud de boulot dont deux jours de direction à gérer des crises de mois de juin et une déléguée de parent d'élève dont je ne vais pas tarder à me faire une descente de lit, bref, ce soir, pendant qu'on faisait nos grosses courses de la semaine.

Devant le rayon gnocchis, il a fondu sur sa proie.
Tu remarqueras l'habile transition avec le billet précédent, life is a circle, be a part of it!

- Maman, j'ai deux questions pour toi.

- Ah.

LaPatate, évidemment, tu l'avais deviné.
J'avais moyen envie, mais comme je suis une gentille maman j'ai souri, en attendant la suite.

- La première question, c'est comment est né l'univers?

- Je.... Ben écoute, figure-toi qu'on ne sait pas, donc je ne peux vraiment pas te répondre.

Si quelqu'un dans la salle connait la réponse, qu'il n'hésite pas à se manifester dans les commentaires, surtout.

Et comme je n'aime pas rester sur un échec, j'ajoute, en m'adressant aussi à l'Ado et au Zèbre:

- Tiens d'ailleurs j'ai lu sur internet, que si des extra terrestres sur une planète à 65 millions d'années lumière de chez nous regardaient là tout de suite notre planète Terre, ils verraient les dinosaures.

- Oh?

s'étonnent l'Ado et LeZèbre.

Donc j'explique:

- Et bien oui, s'ils sont à 65 millions d'années lumières de nous, l'image qu'ils peuvent voir à travers leur télescope est celle de la Terre il y a 65 millions d'années. Avec des dinosaures donc. Ils ne peuvent pas nous voir maintenant. Une année lumière c'est la distance parcourue par la lumière en une année. C'est une distance vraiment énorme. Et donc certaines étoiles que l'on voit la nuit, en fait, elles ont déjà disparu, elles n'existent plus, mais nous on voit enfin leur lumière*.

Et ma fille de rétorquer, avec un air hyper blasée d'ado de compet':

- Donc c'est comme si là tu crois que tu me parles, tu continues de me parler, mais je ne suis plus là, je suis déjà partie.

J'ai éclaté de rire, je pense que ma réputation est définitivement grillée à la supérette.

Et ça n'a rien à voir avec le fait qu'ensuite on soit tombé nez à nez et en extase devant un lot de tapettes tue-mouche en forme de main, que j'ai illico presto transformées en Machine à Baffes avec démonstration à la clé sur mes trois cobayes préférés, et que ça ait ensuite dégénéré en tentatives de high five mit tapettes tue-mouche, puis en double high five synchro, LeZèbre une tapette, L'Ado une tapette, moi deux, on synchronise et on rigole comme des cons.
Non.

Bref, à part ça je peux vous annoncer que mon congélo présente un magnifique cas de passif-agressif, puisqu'il attend le jour le plus chaud depuis des mois et des mois et des mois pour réclamer un dégivrage.
Alors oui quand tu pètes de chaud, tu es ravie de t'assoir devant le congélo, mais quand tu es vendredi soir et à la limite de la catalepsie, dégivrer le congélo ne fait pas partie de ton programme.
Aller te coucher, si, par contre.
J'y vais, du coup.

Des bisous, et à demain!


* toute rigueur scientifique est bien évidemment absente de ce billet, merci de ne pas me huer dans les commentaires.

Bonus pour ceux qui lisent jusqu'au bout du bout:
La deuxième question patatoïde était:
- Comment est apparue la vie sur Terre?
C'était la soirée Colle ta Mère, apparemment, et on ne m'avait comme d'habitude pas prévenue: je n'avais donc  pas révisé.

05 juin 2014

- 156 -


Pendant que je prépare mes légumes pour mon curry de pois chiches, je demande au Zèbre de bien vouloir remuer les gnocchis à la sauce tomate dans la poêle, afin qu'ils n'attachent pas.

- Ah mais maman, ça brûle!

- Meuh naaaaaan.

- Si y'a des ptites gouttes qui sautent et c'est brûlant et ça fait mal!!

- Oui enfin, moi je le fais d'habitude, et ça ne me fait rien, tu serais pas un poil chochotte par hasard?

- Non! Je suis beaucoup chochotte! Je suis poilu chochotte!


Je suis fière de lui du coup, parce qu'à 10 ans et demi, savoir dire qu'on n'est pas un mâle un vrai un tatoué un qu'a peur de rien, je trouve ça plutôt génial, vu la société stupide dans laquelle on persiste à vivre.
Vive mon fils.

Mais la prochaine fois, viens remuer les gnocchis autrement qu'en boxer, tu verras, ça change tout.
Andouille.

04 juin 2014

- 155 -

Comment faire passer la pilule auprès du Zèbre de devoir venir encore avec sa mère à l'école pour bosser, alors que déjà hier on en est parti à 20h30, et qu'en plus là sa Patate de frère est babysitté par l'Ado?
Hum?

C'est que moi je n'ai pas le choix, il me faut mes dossiers d'évaluations pour demain, soit 30 livrets pour ma classe et 31 pour SuperRemplaçante, parce que je rends les livrets le samedi 21, bigre de bougre.
Et c'est long, d'imprimer recto-verso le dossier des grands, 28 fois, et l'agrafer ensuite.
C'est long, de photocopier mon dossier des moyens, 9 pages, pour 33 mômes.
Et de le mettre en dossier. Et de l'agrafer.
Ne pas oublier d'imprimer les consignes de passation des évals des grands.
Ne pas oublier de photocopier les addendums à découper des évals des moyens.
Départ de l'école: 20h55.

Et pourtant, Zèbre ravi.
Comment j'ai fait?
Comme d'hab.
J'ai dit oui au truc pour lequel je dis toujours non.
(penser à varier le truc interdit hein, sinon après c'est mort)
Et donc l'enfant m'a équipée de l'un des deux talkie-walkie de l'école et s'est chargé de toper l'autre.
Vive le PPMS (plan particulier de mise en sécurité, le truc hyper cool - euh non - qui te dit ce que tu dois faire en cas d'invasion alien, d'explosion nucléaire, ou de tempête de sable, et que tu dois confiner les 94 gnomes dans deux salles, sans wawas).
Vive le PPMS et son obligation de talkie-walkie, financés par la mairie, donc.

Me voilà donc avec mon talkie, et lui le sien.
L'objectif, lui filer des missions.
Alors il a du aller chercher les clés de la réserve, dans la classe de SuperCheffe, pour me rapporter une canette de Perrier, bien fraîche, merci bien.
Il a du faire des tours d'inspection, pour vérifier que tout était fermé et pas d'intrus dans le périmètre.
Il est allé faire des livraisons de dossiers dans ma classe et celle de SuperRemplçante.
Le tout équipé de mon trousseau de clés, bien sûr.

Il s'est aussi amusé à planquer mon talkie, et à me faire deviner où il était, ce qui l'a énormément amusé, mais moi beaucoup moins, vu que j'avais un peu autre chose à faire, genre bosser, tiens.

Il s'est mis en planque et m'a tenue informée de mes déplacements et mouvements, alors que bon, hum, j'étais déjà au courant que j'étais dans la cuisine en train de ranger le produit pour nettoyer la vitre du photocopieur, merci bien, nounouille.

Bref, il s'est éclaté.

Mais curieusement, quand je lui ai suggéré comme nouvelle mission de sortir de l'école et de s'éloigner le plus possible, pour qu'on puisse juger scientifiquement de la portée des talkie (plusieurs kilomètres je crois), ben il n'a pas voulu.
Genre il avait faim, genre.
Pas drôle le gamin.

M'enfin, il a été bien gentil et m'a aidée à mettre en pages les 31 livrets des moyens, divisant ainsi mon temps de travail par deux.
Mais il avait faim hein.
C'était pour rentrer plus vite, tu penses.

Sûre que demain il va crâner auprès de son petit frère qu'il a eu le droit de jouer avec les talkies.
Su-per.

Je me demande si je ne pourrais pas les emprunter à l'école le week-end, pour lui faire ranger sa chambre?
Hum?