Non mais c'est vrai c'est quoi cette famille dans laquelle il est tombé ce pauvre bébé là, qui se jette par terre comme s'il avait 10 ans de Comédie Française au compteur, en pleurant toutes les larmes de son petit corps potelé. On lui interdit tout à cet enfant martyrisé, c'est une honte. A chaque fois qu'il fait preuve d'inventivité, de créativité, d'esprit d'initiative, voilà qu'on le renvoie dans ses buts, parfois en haussant la voix, souvent en lui faisant les gros yeux, et tout le temps en employant ce curieux vocable dont il ne parvient pas à saisir le sens, ça fait un truc comme NAAAAAAN, vraiment, impossible de saisir la signification intrinsèque de ce borborygme que pourtant tout le monde se plait à utiliser à son encontre, dans le seul but évident de le contrarier.
MaPatate est multi-traumatisé, et totalement freiné dans ses ambitions exploratoires, et ce, en permanence. Ce n'est plus possible.
Rendez-vous compte!
On lui interdit de repêcher dans la cuvette des wawas le papier toilette oublié de la chasse d'eau, avec la fourchette de la dînette de sa soeur. Il ne saura même pas quel goût il a, c'est terriblement frustrant.
On refuse qu'il déchire d'un coup pourtant net et précis, quasi une frappe chirurgicale, la couverture d'un ouvrage de pédagogie pourtant sans aucun intérêt, car édité par la Maison Mère et périmé depuis plusieurs années.
On lui défend de se mettre debout sur le canapé, sous le mince prétexte qu'il a un équilibre plutôt précaire, et qu'il se livre à des danses de la victoire peu propices à la bonne tenue de sa verticalité.
On lui retire des mains toutes sortes d'objets tout à fait fascinants, bridant ainsi son appétit de découverte du monde qui l'entoure. Il avait pourtant grandement envie de tester les ciseaux de sa soeur, d'inventorier tout le contenu du gros pot à crayons du bureau maternel, de vérifier si la pelle à litière va bien dans la litière comme son nom l'indique, de voir si lui aussi il peut attraper une tarentule dans Animal Crossing d'un habile coup de filet, d'étaler lui-même le Mytosil, etc etc etc.
On l'empêche de grimper dans le four, pourtant éteint, et ce malgré qu'il ait montré à tous et à de nombreuses reprises que son format encore réduit lui permettait aisément d'entrer entièrement dedans, après avoir escaladé la porte ouverte. Ne parlons même pas de son projet final de refermer la porte quand il aurait été entièrement au chaud dans le four, ça lui brise le coeur qu'on ne le laisse jamais rien faire jusqu'au bout. De la même façon, il n'a pas non plus le droit de se ranger dans le tambour de la machine à laver, non mais, vraiment, c'est hyper mesquin.
On l'arrête dès lors qu'il tente de se rafraîchir le cucul dans le bol d'eau des chats, alors que bon tout le monde le dit qu'il fait chaud. On l'arrête aussi dès qu'il cherche à revoir le système de rangement des DVDs, alors que tout le monde sait bien que le principe thématique/alphabétique ne remplacera jamais le bon vieux dawa des familles dans lequel on met n'importe quel disque dans n'importe quel boîtier et de préférence après l'avoir frotté sur le plancher avant...
[non papa, non maman, pas avec vos DVDs, juste les nôtres, on arrête de faire un infarctus devant son écran, merci. Oui oui mes parents sont DVDlâtres, ils ont une sympathique collection qui dépasse facilement les 500 titres.]
On se formalise et on hurle dès lors qu'il exerce ses armes blanches sur autrui, à savoir ses dents et ses ongles. Visiblement griffer et mordre n'amusent personne, c'est super curieux, parce que quand même c'est franchement pratique pour se faire obéir et faire régner la terreur?
Et on passera sur le fait qu'on le nie dans son autonomie grandissante, en ne le laissant pas se charger seul de tout ce qui concerne son hygiène, parce que bon si on l'écoutait, ce serait vite plié, il resterait le cul merdeux et à pwal, comme un petit éléphanteau que personne ne vient l'escagasser avec le changement de couche ou le bain, il se ferait une grosse croûte protectrice de crasse et ça irait bien hein. De la même façon, on n'est pas très tolérant envers ses pratiques alimentaires consistant à tout attraper avec les doigts, se le fourrer violemment dans le bec, mâchouiller vaguement la chose, et recracher un magma très ragoûtant dans son bavoir, avant de se resservir dans le pré-mâché pour un deuxième inspection gustative, voire une troisième. Ne parlons même pas de tenir tout seul le verre d'eau, visiblement ce n'est pas au programme de s'arroser les orteils et ceux des autres, c'est trop pas le fun dans cette maison, c'est limite le goulag. Non mais bonjour comment la confiance elle ne règne pas du tout hein.
Bien sûr, on jettera un voile pudique sur le fait qu'il est totalement honteux qu'on n'empêche une si mignonne et choupinoute personne de poursuivre son Grand Dessein, à savoir passer toutes ses journées et toutes ses nuits accroché aux mamelles de sa reum. Vraiment, c'est trop méchant, on aurait entendu prononcer les mots "biberon" et "chocolat en poudre" que ça ne l'étonnerait guère. Alors que bon tout le monde il le sait bien qu'il n'aime pas le chocolat, pffffff.
Pauvre pauvre pauvre bébé.
On lui dit ou pas que jusqu'à ses dix-huit ans c'est Maman qui commande?
Hin hin hin.
MaPatate est multi-traumatisé, et totalement freiné dans ses ambitions exploratoires, et ce, en permanence. Ce n'est plus possible.
Rendez-vous compte!
On lui interdit de repêcher dans la cuvette des wawas le papier toilette oublié de la chasse d'eau, avec la fourchette de la dînette de sa soeur. Il ne saura même pas quel goût il a, c'est terriblement frustrant.
On refuse qu'il déchire d'un coup pourtant net et précis, quasi une frappe chirurgicale, la couverture d'un ouvrage de pédagogie pourtant sans aucun intérêt, car édité par la Maison Mère et périmé depuis plusieurs années.
On lui défend de se mettre debout sur le canapé, sous le mince prétexte qu'il a un équilibre plutôt précaire, et qu'il se livre à des danses de la victoire peu propices à la bonne tenue de sa verticalité.
On lui retire des mains toutes sortes d'objets tout à fait fascinants, bridant ainsi son appétit de découverte du monde qui l'entoure. Il avait pourtant grandement envie de tester les ciseaux de sa soeur, d'inventorier tout le contenu du gros pot à crayons du bureau maternel, de vérifier si la pelle à litière va bien dans la litière comme son nom l'indique, de voir si lui aussi il peut attraper une tarentule dans Animal Crossing d'un habile coup de filet, d'étaler lui-même le Mytosil, etc etc etc.
On l'empêche de grimper dans le four, pourtant éteint, et ce malgré qu'il ait montré à tous et à de nombreuses reprises que son format encore réduit lui permettait aisément d'entrer entièrement dedans, après avoir escaladé la porte ouverte. Ne parlons même pas de son projet final de refermer la porte quand il aurait été entièrement au chaud dans le four, ça lui brise le coeur qu'on ne le laisse jamais rien faire jusqu'au bout. De la même façon, il n'a pas non plus le droit de se ranger dans le tambour de la machine à laver, non mais, vraiment, c'est hyper mesquin.
On l'arrête dès lors qu'il tente de se rafraîchir le cucul dans le bol d'eau des chats, alors que bon tout le monde le dit qu'il fait chaud. On l'arrête aussi dès qu'il cherche à revoir le système de rangement des DVDs, alors que tout le monde sait bien que le principe thématique/alphabétique ne remplacera jamais le bon vieux dawa des familles dans lequel on met n'importe quel disque dans n'importe quel boîtier et de préférence après l'avoir frotté sur le plancher avant...
[non papa, non maman, pas avec vos DVDs, juste les nôtres, on arrête de faire un infarctus devant son écran, merci. Oui oui mes parents sont DVDlâtres, ils ont une sympathique collection qui dépasse facilement les 500 titres.]
On se formalise et on hurle dès lors qu'il exerce ses armes blanches sur autrui, à savoir ses dents et ses ongles. Visiblement griffer et mordre n'amusent personne, c'est super curieux, parce que quand même c'est franchement pratique pour se faire obéir et faire régner la terreur?
Et on passera sur le fait qu'on le nie dans son autonomie grandissante, en ne le laissant pas se charger seul de tout ce qui concerne son hygiène, parce que bon si on l'écoutait, ce serait vite plié, il resterait le cul merdeux et à pwal, comme un petit éléphanteau que personne ne vient l'escagasser avec le changement de couche ou le bain, il se ferait une grosse croûte protectrice de crasse et ça irait bien hein. De la même façon, on n'est pas très tolérant envers ses pratiques alimentaires consistant à tout attraper avec les doigts, se le fourrer violemment dans le bec, mâchouiller vaguement la chose, et recracher un magma très ragoûtant dans son bavoir, avant de se resservir dans le pré-mâché pour un deuxième inspection gustative, voire une troisième. Ne parlons même pas de tenir tout seul le verre d'eau, visiblement ce n'est pas au programme de s'arroser les orteils et ceux des autres, c'est trop pas le fun dans cette maison, c'est limite le goulag. Non mais bonjour comment la confiance elle ne règne pas du tout hein.
Bien sûr, on jettera un voile pudique sur le fait qu'il est totalement honteux qu'on n'empêche une si mignonne et choupinoute personne de poursuivre son Grand Dessein, à savoir passer toutes ses journées et toutes ses nuits accroché aux mamelles de sa reum. Vraiment, c'est trop méchant, on aurait entendu prononcer les mots "biberon" et "chocolat en poudre" que ça ne l'étonnerait guère. Alors que bon tout le monde il le sait bien qu'il n'aime pas le chocolat, pffffff.
Pauvre pauvre pauvre bébé.
On lui dit ou pas que jusqu'à ses dix-huit ans c'est Maman qui commande?
Hin hin hin.